Voiture électrique la plus vendue au monde, la Tesla Model 3 ne cesse de recevoir de nouvelles fonctionnalités et améliorations. Automobile Propre a pris le volant de la célèbre Tesla pour constater les dernières évolutions.

Depuis un an, nous avons eu plusieurs occasions de prendre le volant de la Model 3. Mais Tesla ne cesse de peaufiner sa berline électrique, grâce à des mises à jour régulières réalisées à distance. En ce début 2020, les évolutions sont déjà nombreuses. Cela change-t-il fondamentalement la conduite, ou cela relève t-il du détail ? La réponse dans notre essai.

Conduite à une pédale, le confort absolu

C’est dans une version Grande Autonomie que nous avons testé les différentes fonctionnalités de la Model 3. La mise à jour V10, annoncée en septembre 2019, a été corrigée plusieurs fois depuis.

On retrouve un intérieur spartiate, ici dans sa couleur blanche, trop blanche pour un usage quotidien, avec la peur des salissures. On apprécie toujours l’écran tactile, énorme mais ne perturbant pas la conduite, la vision du conducteur n’étant pas obstruée par aucun élément. Il manque cependant un affichage tête-haute pour les informations essentielles, obligeant à porter le regard loin de la route pour consulter la navigation GPS peu précise. L’insonorisation est bluffante, rivalisant avec les meilleures voitures haut de gamme, les bruits aérodynamiques ne se manifestant qu’au-delà de 120 km/h.

Pour 2020, la grande nouveauté est la conduite à une pédale. Ce que l’on a déjà expérimenté par exemple chez la Nissan Leaf perfectionne la Tesla. On peut ainsi freiner modérément jusqu’à l’immobilisation en relâchant la pédale d’accélérateur. Au final, on a véritablement freiné dans 10% des situations. Les caractéristiques ne bougent pas, avec les deux moteurs de 121 kW/165 ch à l’avant et 203 kW/276 ch à l’arrière.

En dimensions (4,69 x 1,85 x 1,44 m, et 1.847 kg à vide pour rappel), habitabilité et confort, pas de modifications. Tous les gabarits peuvent se loger aisément dans le vaste habitacle, que ce soit à l’avant ou à l’arrière. Le coffre arrière est gigantesque, surtout avec l’espace sous plancher, et son « frunk » à l’avant ! Seul bémol si on peut dire, l’ouverture est de type malle, mais pour les amoureux de hayon, le Model Y fera l’affaire.

Un Autopilot amélioré, mais pas encore parfait

Élément central et le plus populaire chez Tesla : la fonction Autopilot. Équipés de l’option « Capacité de conduite entièrement autonome » à 6.300 euros, nous avons pu tester les mises à jour de la Model 3. En effet, les améliorations comprennent la sortie automatique « Smart Summon » qui permet de faire avancer à distance le véhicule, par exemple pour sortir d’une place de parking. Par contre, elle n’est pas aussi poussée qu’aux États-Unis avec un refus quasi systématique de l’activation car il faut posséder minimum 20% de batterie. Elle n’a fonctionné qu’une fois après recharge, avec une vitesse de 5 km/h, et à une distance de 10 mètres sans obstacles. La voiture s’est immobilisée parfaitement devant nous, qui attendions à l’abri de la grêle.

Concernant l’Autopilot, il est de loin le système le plus performant en la matière. Mais il n’est pas dénué de défauts. Le plus gros de ses soucis est la régulation de vitesse. « Lisant » la mauvaise vitesse sur le GPS (et non les panneaux), la Tesla a plusieurs fois pilé sans que nous changions de voie. Pour le reste, la vitesse et la direction sont parfaitement maîtrisées, même la sortie d’autoroute/voie rapide. Le dépassement reste à action manuelle via commodo et validation, puis s’opère automatiquement. Outre-Atlantique, cette fonction est totalement automatique.

Tesla Model 3 écran Autopilot autonomie

A gauche, l’Autopilot indique la voie pour dépasser de manière automatique. A droite, la consommation sur autoroute.

En environnement urbain, l’Autopilot évolue sans grosse difficulté dans les voies bien délimitées et à basse vitesse. Néanmoins, pas de conduite automatique en intersections, et les (nombreuses) situations de travaux perdent la position. Peut-être cela sera t-il amélioré avec une prochaine mise à jour « Conduite automatisée en ville ».

Connectivité et multimédia : toujours plus de possibilités !

L’écran tactile reste le même que les tous premiers modèles de 2017. Malgré ses 3 ans d’âge, il reste en tête en matière de réactivité et d’ergonomie. Quel bonheur ! Il est très intuitif de passer d’un menu à l’autre, de parcourir les listes musicales, de séparer l’affichage entre radio et navigation. Lorsque l’on recharge, une demi-heure est rapidement comblée par les applications Spotify, Netflix ou Youtube (sur la chaîne Automobile Propre, what else?). Attention, les vidéos ne sont pas permises en mouvement, Monsieur ou Madame ne pourra pas savourer sa dernière série si vous conduisez. Par contre, vous pourrez jouer au « Car-aoke » à tout moment.

En conduite justement, lorsque les yeux sont sur la route, la commande vocale récemment améliorée est très précise pour compenser. Destination, radio, climatisation, réglage de rétroviseur ou pour ouvrir la boîte à gants, tout est faisable à la voix. Seul hic, si la connexion 4G fait défaut, la commande est parfois indisponible pour certaines fonctions multimédia.

Tesla Model 3 écran youtube

Recharge rapide : juste le temps de regarder nos essais Automobile Propre sur Youtube !

A distance, l’application est très pratique pour consulter la recharge ou la charge (et suivre les quelques % de perte en nuit froide). Elle permet aussi de préchauffer l’habitacle, de situer sa voiture en cas d’oubli (ou de vol), de gérer le mode voiturier (pour prêt à un tiers ou ami), ou d’envoyer une destination consultée chez soi. On aurait cependant aimé pouvoir programmer et arrêter la charge à distance. En compensation, vous pouvez ouvrir les vitres, coffres, phares et actionner le klaxon.

D’autres fonctions, comme le « Joe Mode » baissant l’intensité des alertes, ou le mode « Sentinelle » fonctionnent parfaitement. Les images de ce dernier sont exploitables sur une clé USB, formatée en FAT32.

Autonomie et recharge, l’ouverture à l’évasion

Pour la partie électrique, rien ne change, et c’est tant mieux ! La Model 3 Grande Autonomie affiche 560 km théoriques en cycle WLTP. Sur grand trajet, nous avons réalisé un Paris-Caen, soit une distance de 227 kilomètres, sans l’angoisse de la panne. Nous étions à 85% au départ, et après une moyenne de 100 km/h incluant de très fortes accélérations, nous avions encore 15 % à l’arrivée. Précision, on a apprécié le fameux graphique de consommation, mais on aurait aimé un historique plus long que les 50 km maximums, ou sur le trajet complet.

Nous avons ensuite rejoint le Supercharger caennais pour tester les bornes, toujours en génération V2. Un pic à 140 kW fut atteint en quelques minutes, soit proche des 150 kW maximums théoriques, avant de diminuer à 130 kW vers 50%, et il a suffi 30 minutes pour passer des 10% restants à 80%. Après ce niveau de charge, la puissance diminue drastiquement. Nous avons laissé la charge pour constater ce phénomène habituel. La puissance était de 43 kW à 80%, voire 26 kW à 90%.

Tesla Model 3 écran charge Supercharger

Ici la recharge a atteint 139 kW (et 140 kW en pointe) sur un Supercharger

Avec un tarif de 0,24€/kWh, notre recharge n’a coûté que 16 euros. Un équivalent diesel type Mercedes-Benz C 300 d (au même prix) affiche une consommation théorique de 5,2 l/100 km (plutôt 10 l/100 km en pratique sur autoroute), avec un litre de gazole de 1,35 €/l. Le carburant revient ainsi à 30,65 euros, c’est deux fois plus qu’en électrique ! À noter, Tesla déploiera progressivement des Superchargers V3 (250 kW en pointe), les premiers arrivant fin 2020 en France.

Avec 91% au retour sur la capitale, nous avons tenté de rouler avec la meilleure efficience possible. Autoroute, portions à 90 km/h, ville, ce trajet très complet mais à vitesse rapide nous a fait arriver avec un niveau de batterie à 30%. Pas mal pour une distance supérieure à 200 kilomètres ! A noter, la conduite à une pédale facilite davantage la recharge en décélération. Le lendemain, nous avons ainsi pu parcourir 20 kilomètres sans perdre un seul pourcent de batterie !

Conclusion

L’expérience globale est toujours fascinante, que ce soit en confort, silence, conduite, vie à bord et multimédia. C’est un monde à part vis-à-vis d’une Renault ZOE ou d’un Hyundai Kona. Les mises à jour sont véritablement un plus sur la conduite à une pédale et le divertissement. L’Autopilot reste, de loin, le meilleur système de conduite semi-automatique existant. Cependant, la marque devra corriger quelques bugs persistants. Tesla possède indéniablement une avance confortable, en tous cas jusqu’à 2021. À ce moment-là, les rivales type BMW i4 et Mercedes-Benz EQE pourraient se manifester. La base est aussi très solide pour le futur Model Y, version SUV de la Model 3.

Enfin, parlons prix. La Tesla Model 3 Grande Autonomie coûte 57.800 euros, soit 54.800 euros après bonus. Le modèle de notre essai dispose des options « Capacité de conduite entièrement autonome » (6.300 €), jantes Sport 19 pouces (1.120 €), peinture Gris Nuit métallisé (1.050 €), intérieur noir/blanc (1.050 €). Au total, le véhicule revient à revient à 67.320 euros.

Autres versions, la Tesla Model 3 Autonomie Standard Plus coûte 49.600 euros, soit 46.600 euros après bonus. La Performance atteint 64.890 € et donc dénuée de bonus. Ces tarifs sont variables et évidemment valables au moment de l’écriture de cet essai.