Certains estiment qu’un plein d’électricité revient plus cher qu’un plein d’essence. À l’inverse, des propriétaires de voitures électriques affirment rouler gratuitement. Comment se faire un avis éclairé au milieu de ces affirmations contradictoires ? Il n’y a pas de vérité absolue. Le coût de la recharge dépend principalement du lieu où vous branchez. Automobile Propre décrypte pour vous les différents tarifs de recharge d’une voiture électrique.

La recharge à domicile

90 % des utilisateurs de voiture électrique rechargent à domicile selon l’AVERE (l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique). Cette solution est la plus économique et la plus pratique de toutes. Plus besoin de faire de détour à la station, vous rentrez chez vous et branchez votre véhicule sur une simple prise ou wallbox. Le geste prend quelques dizaines de secondes, comme pour un smartphone. Vous utilisez ainsi une électricité bon marché, au même tarif que celle qui fait tourner votre machine à laver ou éclaire vos ampoules.

Estimer le coût de la recharge est très simple dans ce cas : il suffit de multiplier la consommation de votre véhicule par le tarif du kWh de votre contrat d’électricité. Par exemple, si vous possédez une Renault ZOE R110 (13,2 kWh/100 km) et un abonnement au tarif base réglementé 9 kVA (0,165 €/kWh au 01/06/21), vous serez facturé l’équivalent de 2,18 €/100 km. À titre de comparaison, l’essence revient autour de 7,50 €/100 km, le diesel à 7 €/100 km et l’éthanol E85 à environ 5,50 €/100 km. Quelle est l’énergie la moins chère ? La question est vite répondue comme dirait un certain influenceur.

La recharge sur bornes publiques

Hélas, tout le monde n’a pas la possibilité de se recharger à domicile. L’alternative est donc de se brancher aux bornes publiques. Il en existe de plusieurs types. Certaines délivrent de faibles puissances (2,3 à 7 kW) et chargent donc lentement quand d’autres peuvent atteindre les 300 kW pour un plein en quelques dizaines de minutes. Avec autant de différences et un nombre élevé d’opérateurs de recharge, les tarifs peuvent être très contrastés et parfois incompréhensibles.

Il arrive que des bornes peu puissantes soient plus chères que des superchargeurs. Ainsi, il est difficile de donner un exemple type du coût de recharge aux 100 km sur bornes publiques. Il faut tout de même savoir que ces bornes sont généralement plus coûteuses qu’à domicile. C’est logique : en plus de l’énergie, l’opérateur doit couvrir de nombreuses dépenses : travaux, raccordements, matériel, logiciels, maintenance, systèmes de paiements, loyers, taxes et redevances… D’une certaine manière, il est donc normal de payer ce service un peu plus cher.

Les tarifs sont obligatoirement affichés

Dans tous les cas, les exploitants de bornes sont dans l’obligation de préciser leurs tarifs. Attention toutefois à bien vous fier aux tarifs de l’opérateur de mobilité si vous utilisez un badge différent de celui de l’exploitant de la borne. Il est en effet rare de pouvoir payer par carte bancaire sur la plupart des bornes. C’est pourquoi il existe des badges universels comme le Chargemap Pass, Plugsurfing ou KiwhiPass, entre autres. Ces derniers facilitent la recharge en autorisant l’accès et le paiement à différents réseaux de bornes partout en Europe.

Que vous utilisiez ou non un tel badge, vous êtes dans tous les cas en mesure de vérifier la tarification avant de vous brancher. Celle-ci peut être appliquée selon la quantité d’énergie (au kWh) comme dans une station essence, mais aussi en fonction du temps passé (à la minute, au quart d’heure, à l’heure, etc.) ou bien au forfait (tel prix pour une recharge, ou telle quantité d’énergie), parfois même une combinaison des trois.

Sur autoroute, en fonction de votre véhicule et du badge que vous avez choisi, les tarifs peuvent devenir très salés, jusqu’à devenir moins avantageux que le thermique. Notez bien que sur les bornes facturant au temps, recharger au-delà de 80 % n’est généralement pas pertinent. En effet, alors que la puissance est réduite au-delà de ce niveau, vous continuez à payer la recharge à un tarif fixe.

Quelques exemples

Pour y voir plus clair, voici quelques exemples au volant d’une Peugeot e-208 qui doit être rechargée de 20 à 80 %.

  • Sur une borne ultrarapide Ionity (autoroute) qui facture 0,79 € la minute, la recharge vous coûtera 25 € pour environ 30 minutes d’attente.
  • Sur une borne AC 22 kW du réseau local eborn (ville et campagne), qui facture 0,264 € le kWh, vous payerez 7,26 € pour environ 2 h 30 d’attente.
  •  Sur une borne AC 22 kW du réseau local LaRecharge (ville et campagne), qui facture à la fois au forfait et au temps, vous dépenserez 3,30 € pour une recharge nocturne et 8,25 le jour.
  • Chez vous où l’électricité est facturée au kWh, vous ne payez que 5,08 € en heures pleines, 3,71 € en heures creuses et même 3,08 € si vous avez souscrit à une offre heures « super creuses ».

Sachez qu’à ces tarifs (bornes publiques uniquement) peuvent parfois s’ajouter des frais de lancement et/ou commissions facturés par votre opérateur de mobilité (de l’ordre de quelques dizaines de centimes à quelques euros). N’oubliez pas qu’il existe aussi des bornes gratuites, bien qu’elles soient de plus en plus rares. Pour les localiser, vous pouvez utiliser des sites et applications spécialisés comme ceux proposés par Chargemap.