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Fini le temps de la batterie domestique pachydermique, hors de prix et installable uniquement par un professionnel. Il est aujourd’hui possible de s’équiper d’un système de stockage solaire prêt-à-brancher performant et modulable en fonction des besoins de chacun. La Jackery Solar Vault 3 Pro Max, que nous avons testée, en fait partie. Cette batterie empilable accepte une puissance photovoltaïque élevée, est capable de délivrer jusqu’à 2500 W au foyer et dispose d’une capacité de stockage et donc d’un prix entièrement personnalisables.
Lorsqu’on la voit logée assez discrètement dans un coin du balcon, difficile de s’imaginer que cette batterie est capable de diviser par deux notre facture d’électricité. Jackery, énième start-up chinoise de la batterie domestique, nous a pourtant envoyé une configuration pas des plus compactes : une unité Solar Vault 3 Pro Max associée à deux batteries d’extension pour une capacité de stockage cumulée de 7,56 kWh.
Ce modèle lancé au printemps 2026 est totalement empilable, ce qui permet de réduire l’espace occupé au sol. Il est ainsi possible de choisir son stockage, de 2,52 kWh jusqu’à un maximum de 15,12 kWh. Dans notre configuration, la tourelle de batteries fait environ 80 cm de haut avec son socle, pour un prix de 2 157 €.
Cette modularité est aussi pratique pour l’installation, puisque chaque unité pèse autour de 25 kg. Contrairement à d’autres batteries de grande capacité en un seul bloc frôlant les 100 kg, la Solar Vault 3 peut être manutentionnée par une seule personne et sans outils, unité par unité.
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Fiche technique de la Jackery Solar Vault 3 Pro Max | |
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Caractéristiques solaire DC | |
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Plage de tension PV max. |
16 – 60 V |
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Courant d’entrée PV max. |
4 x 28 A |
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Courant de court-circuit PV max. (Isc) |
4 x 32 A |
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Puissance d’entrée MPPT max. |
4000 W (4 x 1000 W) |
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Nombre de MPPT et d’entrées MC4 |
4 / 4 |
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Caractéristiques réseau AC | |
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Puissance de sortie max. |
2500 W (limité à 1600 W si unité seule) |
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Courant de sortie nominal |
10,9 A |
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Tension et fréquence de sortie nominale |
Monophasé, 230 V @ 50 Hz |
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Puissance d’entrée max. |
3680 W (limité à 1800 W si unité seule) |
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Courant d’entrée max. |
16 A |
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Facteur de puissance |
0,8 |
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Caractéristiques prise hors réseau AC | |
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Puissance de sortie max. |
2500 W |
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Tension et fréquence de sortie nominale |
Monophasé, 230 V @ 50 Hz |
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Courant de sortie nominal |
10,9 A |
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Courant de sortie max. (mode bypass) |
3680 W |
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Puissance d’entrée max. |
2500 W |
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Courant d’entrée max. |
10,9 A |
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Facteur de puissance |
0,8 |
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Caractéristiques de la batterie | |
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Chimie |
LiFePo4 |
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Capacité de stockage |
2,52 kWh (modulaire par palier de 2,52 kWh jusqu’à 15,12 kWh, soit six unités empilées) |
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Tension nominale |
41,6 V DC |
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Plage de tension |
32,5 – 45,5 V DC |
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Courant de charge et décharge max. |
46 A / 48,8 A |
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Durée de vie estimée |
6000 cycles @ 70 % SOH @ 90 % DOD |
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Autres caractéristiques | |
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Plage de température de fonctionnement |
-20 à +55 °C |
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Indice de protection |
IP 65 |
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Poids |
26,5 kg (unité seule) |
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Dimensions |
485 x 248 x 282 mm (unité seule) |
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Communication |
Wi-Fi 2,4 GHz Bluetooth |
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Intégration |
Compteurs tiers MQTT |
Au sommet de la pile, nous retrouvons en quelque sorte l’unité « cerveau » de la batterie. Outre un stockage de 2,52 kWh, ce bloc embarque sur sa tranche gauche quatre paires de connecteurs solaires MC4 acceptant un total de 4 000 W. Chaque paire est reliée à son propre suiveur MPPT de 1000 W, ce qui constitue un atout considérable : l’on peut connecter des panneaux ou groupes de panneaux solaires d’orientations et inclinaisons très différentes sans dégrader la production totale.
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Sur la tranche droite, la connectique n’est pas aussi exotique. La Solar Vault 3 Pro Max propose une prise AC hors-réseau capable de fournir jusqu’à 2500 W de puissance en 230 V (3680 W en mode bypass uniquement, qui utilise directement l’énergie du réseau sans tirer sur la batterie, mais qui nous semble peu utile).
Cette prise permet une alimentation de secours en cas de coupure du réseau. Il est possible d’y brancher un réfrigérateur, un ordinateur, une box internet et un climatiseur mobile, par exemple. Prévoyez cependant une rallonge (très) longue et une multiprise si la batterie se trouve loin des appareils à alimenter en cas d’urgence.
Plus bas, on retrouve un connecteur réseau AC verrouillable par vis (type PV-AC du fabricant chinois CNNT), sur lequel on branche le câble réseau fourni. C’est à travers ce câble, relié à une prise domestique, que la batterie injecte l’électricité sur le réseau de votre logement (jusqu’à 2500 W).
Un port Ethernet, pour connecter la batterie à internet avec une plus grande stabilité que le Wifi 2,4 GHz, complète la connectique. On regrettera l’absence de port LAN/RS485 qui permettrait de relier directement le Solar Vault 3 Pro Max à l’indispensable compteur connecté pour une optimisation très fine de l’autoconsommation solaire.
Enfin, on remarquera la présence d’une vis de mise à la terre, comme sur toutes les batteries à carcasse métallique. Nous aurions préféré une connexion équipotentielle directement intégrée à la prise réseau AC, plus simple et esthétique. Cette mise à la terre est toutefois indispensable si la batterie n’est utilisée qu’en mode hors réseau.


La Solar Vault 3 est l’une des batteries les plus simples à installer parmi celles que nous avons testées jusqu’ici. Il suffit de poser le socle (vendu séparément 119 € tout de même), qui n’est pas obligatoire mais permet de surélever le bloc de 6 cm pour le protéger des flaques d’eau au sol, entre autres. Sur cette base, on insère simplement les éventuelles batteries additionnelles BP2500. Il y en a deux dans notre cas, mais le système en supporte jusqu’à cinq, en plus du Solar Vault 3 de tête.
Chaque module s’empile l’un sur l’autre. L’opération est simple mais doit être réalisée délicatement pour éviter d’endommager la connexion électrique, qui s’effectue par des prises solidaires situées sur le dessus et sous chaque batterie additionnelle. Enfin, on positionne le Solar Vault 3 au sommet de la tour. Chaque unité peut être fixée au mur (et c’est très vivement conseillé pour éviter tout basculement), mais aucun dispositif ne permet, curieusement, d’arrimer les unités entre elles. Gare, donc, à ne pas tenter de soulever ou déplacer l’ensemble, sous peine de risquer une déconnexion brutale ou d’endommager les connecteurs.
Une fois le bloc constitué, on procède aux branchements. Notre centrale solaire étant constituée de deux champs : l’un de deux panneaux et l’autre de six panneaux, nous avons opté pour des adaptateurs parallèles en « Y ». Ainsi, deux panneaux sont reliés sur chaque paire de connecteurs MC4 pour une puissance installée totale de 3600 Wc. Notez qu’avec une tension d’entrée solaire maximale de 60 V, les branchements en série sont, de fait, pas encouragés.
Nous branchons ensuite le câble réseau sur le port dédié côté batterie et sur une prise domestique étanche côté logement. Attention : ne branchez jamais de batterie sur une prise que vous ne connaissez pas. Il est très fortement recommandé d’utiliser une prise robuste câblée à minima en 2,5 mm² sur une ligne dédiée directement reliée au tableau électrique général et protégée par un interrupteur différentiel ainsi qu’un disjoncteur de 16 A (dans le cas du Solar Vault 3).
Pour bénéficier d’une connexion internet extrêmement stable, nous relions également la batterie en Ethernet, bien que la connexion Wifi ait correctement fonctionné lors de notre test.
Pour optimiser l’autoconsommation solaire, un accessoire indispensable à nos yeux doit être installé : le Jackery Smart Meter, un compteur connecté. Ce petit appareil surveille en temps réel la puissance consommée par le logement. Mesure qu’il transmet à la batterie afin qu’elle injecte la quantité exacte d’électricité correspondante. Ainsi, presque aucun kilowattheure n’est injecté gratuitement dans le réseau public. Le taux d’autoconsommation est donc grandement amélioré. La batterie stocke ce qui n’est pas consommé et n’injecte que le strict nécessaire au logement.
Ce compteur est parfois offert lors de l’achat d’un Solar Vault 3 ou à l’occasion de promotions, mais vendu 99 € pour la version monophasée s’il est acheté séparément, ce qui est assez cher.
L’installation du compteur sur le tableau électrique est un peu plus fastidieuse que la mise en place de la batterie. Il faut disposer d’un minimum de connaissances en électricité. Le compteur doit être câblé en aval d’un disjoncteur 2 A. Il est fourni avec un tore de mesure à clipser sur la phase d’alimentation générale du logement (attention à respecter le sens du courant, inscrit sur le tore).


Dépourvu de port Ethernet contrairement à de nombreux compteurs concurrents, le Jackery Smart Meter doit être impérativement connecté à internet en Wifi. Une longue antenne filaire est d’ailleurs fournie pour améliorer le signal. Un port RS485 est bien présent sur le dessus du compteur, mais rien ne permet de le relier côté batterie, ce qui est bien dommage. Il y a donc un peu de latence dans la communication entre le compteur et la batterie, ce qui laisse quelques kilowattheures s’échapper vers le réseau public.
Alternativement, le Solar Vault 3 Pro Max peut être appairé à d’autres compteurs connectés tiers, comme le Shelly Pro 3 EM. Nous avons également testé cette configuration, qui s’est avérée très peu efficace. En cause : le délai particulièrement long de communication entre les deux appareils. Peu réactive aux variations de nos consommations, la batterie a injecté régulièrement de grandes quantités d’électricité dans le réseau public.
Pour les plus geeks, l’appareil est compatible MQTT, il peut donc être intégré à des applications tierces comme Home Assistant.
L’étape finale de l’installation se passe sur l’application smartphone Jackery. Le Solar Vault 3 s’y appaire sans encombre en Bluetooth (qui peut aussi être utilisé au quotidien si l’on ne souhaite pas connecter l’appareil à internet). Sur l’application, on accède à une panoplie de réglages globalement basiques. À commencer par le plus important : le choix de stratégie énergétique.
Une mode « IA » promet une gestion selon les prix de l’électricité (intéressant pour les contrats à tarification dynamique), la production solaire et la consommation. Ce mode peut être affiné, par exemple en favorisant un peu plus le solaire aux heures creuses. Un mode « autoconsommation », que nous avons exclusivement utilisé, permet de réduire au maximum l’utilisation d’électricité provenant du réseau. Un mode « personnalisé » laisse l’utilisateur gérer les horaires de charge et décharge selon un planning horaire et hebdomadaire libre. Enfin, un mode « tarifaire » régit les périodes de charge et décharge seulement en fonction des prix de l’électricité.


Autrement, l’application ne propose pas de réglages ni d’informations très poussées. On peut seulement ajuster le plancher et le plafond de décharge, la puissance de sortie maximale vers le réseau (900 W par défaut, 2500 W après acceptation d’un message d’avertissement concernant la qualité de l’installation électrique) et régler le tarif de l’électricité. Nous avons tenté de trouver nos tarifs parmi ceux des contrats et fournisseurs listés dans l’application, sans succès. Il a donc fallu les renseigner manuellement.
La présentation des statistiques de production et de consommation est très simplifiée. On relève quelques bugs transitoires (l’affichage de la puissance en kWh au lieu de kW), sans gravité toutefois. Nous aurions surtout aimé pouvoir consulter le bulletin de santé de la batterie, comme le fait le concurrent Ecoflow notamment. Cela permet de connaître l’état détaillé : SOH, nombre de cycles équivalents, durées d’utilisation à haute et basse température, etc.


À l’usage, la batterie s’est montrée globalement très efficace. Les quatre traqueurs MPPT ont tiré le maximum de nos deux champs de panneaux photovoltaïques, tutoyant leur puissance nominale (plus de 3100 W mesurés en pic sur 3600 Wc installés). Toutefois, les performances se sont brutalement dégradées lors des premières canicules. Installée sur un balcon plein sud, la Solar Vault 3 a régulièrement stoppé la production solaire dès que la température affichée dans l’application dépassait les 42 °C (pour une température extérieure de 37 à 40 °C).
Une perte sèche, que nous avons tenté de compenser en abritant la batterie sous un parasol. Si l’appareil est étanche et peut tout à fait être installé en extérieur, la notice préconise de le protéger du soleil. L’ombrage a réduit le nombre et la durée des mises en sécurité, mais n’a pas suffi à les faire cesser totalement. Ce comportement est très frustrant puisqu’il a causé une réduction significative de la production photovoltaïque.
En parallèle, la batterie nous a satisfait par son silence absolu même à pleine puissance. Le refroidissement étant passif, il n’y aucun bruit de ventilation. Contrairement à d’autres batteries concurrentes, nous n’avons pas non plus remarqué de grésillement ni de sifflement lié au fonctionnement de l’onduleur et de l’électronique.
Sur les deux mois de test en plein été, la Solar Vault 3 Pro Max a permis d’injecter 601,8 kWh d’électricité solaire, dont 572,3 kWh ont été réellement consommés par notre logement. Cela représente une économie de 100 € tout pile sur notre facture, malgré les déconvenues liées aux canicules. Il faudrait environ six années pour rentabiliser la batterie dans notre configuration, ce qui n’est pas si mauvais. N’hésitez d’ailleurs pas à utiliser notre simulateur de rentabilité de batterie domestique pour estimer le temps de retour sur investissement de votre projet.
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Production et autoconsommation de la Jackery SolarVault 3 Pro Max (reliée à une centrale solaire de 3600 Wc à expositions multiples) | |||
| Mois | Production solaire (kWh) | Injection sur le réseau (kWh) | Taux d’autoconsommation |
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Juillet 2026 (batterie appairée au compteur Shelly) | 391,6 | 71,6 | 81,7 % |
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Aout 2026 (batterie appariée au compteur Jackery) | 281,8 | 29,5 | 89,5 % |

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