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Qu’elles soient thermiques, hybrides ou électriques, certaines voitures laissent une empreinte tellement forte chez leurs utilisateurs que leur remplacement apparaît inenvisageable. C’est le cas pour Francis qui ne tarit pas d’éloges sur les BMW i8 Roadster et i3S de son foyer.
Si la BMW i8 est toujours perçue aujourd’hui comme un ovni parmi les voitures hybrides rechargeables, douze ans après son lancement, c’est parce qu’elle se présente sous la forme d’un coupé 2+2 avec des portes qui s’ouvrent en élytre. « BMW voulait montrer son savoir-faire dans l’hybridation », explique Francis, chef d’entreprise de 74 ans installé dans la région de Montluçon (03). Son propre exemplaire est encore plus étonnant : « Il s’agit d’un roadster ayant reçu un kit d’un carrossier américain pouvant évoquer la voiture de Batman ».
Notre lecteur a acquis son exemplaire en 2018, l’année de la commercialisation de cette déclinaison. Dès sa sortie, cette BMW i8 a reçu pour la propulser un moteur trois cylindres essence 1,5 l TwinPower Turbo développant une puissance de 170 kW (231 ch) pour un couple maximal de 320 Nm. Le bloc est piloté par une boîte automatique à six rapports. C’est quatre de plus que celle associée à la machine électrique qui active les roues avant. Là, on a des valeurs un peu plus modestes : 105 kW (143 ch) et 250 Nm.
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Automobile Propre donne la parole à ses lecteurs : racontez-nous votre expérience au volant d’une voiture électrique !Il ressort de cette architecture une puissance cumulée de 275 kW (374 ch). Grâce à la batterie lithium-ion Samsung (96 cellules) de 11,6 kWh de capacité brute, dont 9,4 exploitables, l’autonomie électrique annoncée à l’époque en cycle mixte NEDC était de 53 km, sur les 600 qui pouvaient être atteints en mettant dans la boucle le réservoir d’essence de 42 l.
Francis se souvient très bien des circonstances qui l’ont amené à la BMW i8 Roadster : « En 2018, je roulais en 635 cabriolet. J’étais parti pour acheter une Porsche Panamera diesel. J’ai pu en essayer une sur une journée et 400 km. Au bout d’une centaine, j’avais l’impression de m’ennuyer à son volant : je n’étais pas dans ma voiture. J’avais connaissance de l’arrivée de la i8 et suis allé chez BMW pour demander à la découvrir. Au bout de 60 km sur les routes de la Creuse, j’ai appelé ma femme pour lui dire que j’avais trouvé ma voiture ».
Un point a été décisif : « J’ai retrouvé la très grande précision de la conduite BMW. Si je passe au ras d’un trottoir, je le sais. C’est quelque chose que je n’avais pas avec une précédente Audi Quattro au volant de laquelle je me faisais parfois peur. La i8, je la place exactement comme je le veux. C’est pourquoi je ressens tant de plaisir à rouler dedans, y compris au vent l’hiver avec une veste en cuir, à la façon des Anglais avec leurs décapotables. J’aime cette sensation de ne pas être enfermé en roulant ».
Cet attachement à la précision dans la conduite puise certainement dans la mission professionnelle que notre lecteur assure toujours : « J’ai créé mon entreprise il y a 25 ans dans le domaine de la métallurgie de l’usure. Mon rôle est d’identifier tous les endroits où il y a des risques importants d’usure précoce. Je l’ai par exemple fait pour le tunnelier qui a creusé sous la Saône le tunnel de Caluire long de 3 400 m et dont des éléments, comme la vis de remontée des débris à la surface, présentaient une usure importante déjà au bout de 140 m de percement ».
Aujourd’hui, des propriétaires de BMW i8 voient d’abord et déjà ce modèle comme un véhicule de collection qui doit sortir peu souvent. Ce n’est pas la vision qu’en a Francis. Lui multiplie les occasions de rouler avec son roadster : « Il a maintenant dans les 165 000 km. Je m’en sers par exemple pour rendre visite à mes clients en France comme en Espagne ou en Allemagne. C’est vrai que j’ai dit à mes enfants que cette voiture prendra de la valeur car elle est atypique et il y a quelque chose de magique en elle ».
La différence entre un collectionneur et un utilisateur passionné qui connaît bien sa sportive se voit sur circuit : « Il m’arrive de goûter de la piste avec mon roadster, en particulier à Magny-Cours. Je suis tombé une fois sur un autre propriétaire de BMW i8, mais qui roulait plutôt tranquillement sur le circuit quand moi je m’amusais un peu à chatouiller ceux en M2 et M3. C’est là que j’ai appris qu’il fallait descendre de 600 grammes la pression des pneus avant de s’élancer. Ça m’avait étonné, mais la pression revient vite avec l’échauffement ».
Pour quelqu’un qui se déplace beaucoup comme notre lecteur, 165 000 km au compteur de sa i8, c’est finalement assez peu : « Maintenant, je ne fais plus que 15 000 à 25 000 km par an, en utilisant aussi des voitures de la société. Mais, au début de ma boîte, je roulais beaucoup plus, avec un record à 136 000 km sur une année. Il y a eu aussi 18 mois pendant lesquels je n’ai pas pu conduire mon roadster, dont six après une opération avec interdiction de rouler ».
Le roadster a été lui-même immobilisé pendant pratiquement un an : « Je n’ai jamais rencontré de problème particulier avec ma i8 qui fonctionne vraiment très bien, est facile et plaisante à conduire et ne présente pas de défauts. Une fois, j’ai toutefois été surpris en sortie de courbe par de la neige fondante sur une autoroute en Normandie. Après avoir réussi à contrôler sa trajectoire dans un premier temps, la voiture a fini par taper à gauche sur le béton ».
Témoignage : après 8 ans en hybride rechargeable, Bertrand n’est pas encore prêt à passer à l’électriqueLe temps nécessaire pour effectuer la réparation s’est allongé pour deux raisons : « Le Covid est passé par là, touchant aussi les équipes dans les garages. Ma voiture a dû être rapatriée chez un spécialiste des coques en carbone, puis transportée vers Lyon, dans un établissement agréé par BMW. Il fallait juste changer un panneau latéral et l’atelier avait la pièce. Mais, à défaut de procédure communiquée par BMW, il a été un temps envisagé de remplacer la coque complète. Finalement, BMW a fait parvenir la procédure et seul l’élément a été changé ».
Après 165 000 km, l’autonomie annoncée au tableau de bord reste très proche de l’origine : « Quand je branche l’i8, j’ai 50 km l’été, et actuellement 45 mi-avril. En mode Sport, quand la batterie est déchargée, je retrouve de l’ordre de 30 km d’autonomie électrique en 30 km d’autoroute. Ce qui me sert ensuite à rouler sans le moteur thermique en ville. Sur les voies rapides, l’hybridation sert surtout à répondre vivement lors des accélérations. J’ai alors une conso d’essence entre 8,2 et 8,5 litres. À 250 km/h entre Karlsruhe et Stuttgart, ça monte à 20 l ».
Avec ses jantes de 22 pouces et son kit, le roadster de Francis attire les regards : « Ce n’est pas quelque chose que je recherche. Au contraire même, il m’arrive de me garer un peu à l’écart de mon lieu de rendez-vous pour ne pas qu’on me voit arriver avec cette voiture. Pour moi, c’est uniquement le plaisir de la conduire qui me fait prendre mon i8. En revanche, beaucoup de personnes la prennent en photo, même lorsque je roule. À l’arrêt, je propose à l’occasion aux enfants de s’asseoir dedans pour cela ».
Des gens n’hésitent pas à venir rencontrer notre lecteur : « Du fait de sa forme qui sort de l’ordinaire, on vient me demander ce que c’est que cette voiture. Ça arrive aussi quand je l’emmène au garage pour la révision ou que je fais le plein d’essence dans une station-service. Ça peut être aussi bien des jeunes de quartiers que tout autre personne, c’est vraiment très divers. Sur l’autoroute, des gens, y compris des motards, me font des signes amicaux, chacun à sa manière. C’est quasiment en permanence ».
Bientôt une nouvelle voiture ? « Tous les ans, je me dis qu’il faudrait que je la change, mais je n’arrive pas à m’en séparer. Je suis très déçu de BMW : j’aurais vraiment aimé que la marque donne une suite à ce roadster. J’aurais très certainement acheté sans trop me poser de question un modèle qui lui aurait succédé. D’autant plus que je suis aussi très content du concessionnaire Héli-Motors qui assure son entretien et celui de la BMW i3S que nous avons aussi. Ce sont des gens vraiment très bien ».
Commercialisée en France depuis fin 2017, la BMW i3s est une déclinaison sportive de la polyvalente électrique BMW i3. Et ce n’est pas qu’une question de marquage spécifique, ou de roues de 20 pouces, plus légères mais aussi un peu plus larges. Parmi les modifications apportées pour donner davantage de sensations au volant, on trouve une assiette abaissée de 10 mm, des suspensions plus fermes, des voies élargies de 40 mm, une nouvelle direction, et un moteur qui gagne un peu de couple (270 contre 250 Nm) et de puissance (135 vs 125 kW ; ou 184 vs 170 ch). Avec 160 km/h, la vitesse de pointe a aussi gagné 10 km/h.
Constituées de cellules Samsung SDI, la première batterie était créditée d’une capacité énergétique brute de 33,2 kWh dont 27,2 exploitables, pour une autonomie de 235-245 km en cycle mixte WLTP. À partir de novembre 2018, un plus gros pack de 42 kWh a été installé, promettant de faire grimper les chiffres entre 270 et 285 km.
C’est lui qui est monté sur l’i3S de notre lecteur : « Il manque encore une centaine de kilomètres. En hiver, l’autonomie n’est que de 150, contre 215-220 au mieux l’été. Ça va pour rouler en région parisienne ou dans des grandes villes comme Lyon. Mais c’est trop juste pour nous et c’est la raison qui nous ferait changer cette voiture. Mais elle est si plaisante et agréable en ville, et j’apprécie ses portes asymétriques. L’upgrade de la batterie n’est pas autorisé en France et c’est bien dommage. Pourtant ça se pratique bien en Belgique et en Allemagne ».
Si Francis avait déjà pensé à la BMW i3, « cette petite bagnole marrante », c’est le hasard qui l’a mis sur la route de sa i3S : « Je me suis toujours refusé à passer le permis moto. Au Canada, je suis tombé sur ces Can-Am à trois roues. Consultant régulièrement le magazine Interencheres, j’ai vu qu’il y en avait à vendre en neuf et occasion au Puy-en-Velay, avec des mises à prix pas très élevées. Je n’avais à ce moment-là pas regardé plus loin ».
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Témoignage : pour cet électricien, son Kia PV5 est sa carte de visite, sa batterie mobile et son support de testsC’est pendant les enchères qu’il a vu la BMW i3S qui l’a fait craquer : « Avec ses jantes sport, elle sortait de l’ordinaire. Elle avait neuf ou dix mois, saisie à la demande de la société de leasing car son conducteur ne pouvait plus payer les loyers. Avec le jeu des enchères, le prix est monté jusqu’à 13 500 euros. En comptant les frais et le transport, elle m’a coûté 18 000 euros, pour une voiture qui était cotée 40 000. Au départ, je l’ai prise pour mes déplacements à 100 km de chez moi. J’en étais enchanté, un vrai kart ».
Ca n’a cependant pas duré longtemps : « Roulant en Toyota C-HR, ma femme ne voulait pas essayer l’i3S au début. C’est à l’occasion d’une révision de sa voiture qu’elle a finalement conduit la petite BMW. Depuis, elle me l’a subtilisée. D’où ce surnom de ‘MaTa Voiture’ que j’ai donné à cette électrique qui a maintenant 42 000 km. Son style particulier fait qu’il sera très dur de la remplacer aussi. Il lui manque juste une caméra de recul, mais j’ai vu sur Internet qu’on pouvait en ajouter proprement une. Je n’ai juste pas trop le temps de m’en occuper ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Francis pour son excellent accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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