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A 24 ans, Valentin Roques a déjà une solide expérience de la voiture électrique. Au point d’avoir osé le quotidien en Peugeot e-208 pendant son stage Erasmus en Hongrie et d’avoir choisi un métier en rapport avec sa passion. Selon lui, il valait mieux avoir un certain badge de recharge en poche pour voyager comme il l’a fait en Croatie, Slovaquie et Slovénie.
Aujourd’hui, Valentin Roques est directeur des opérations et du développement pour Casawatt. Cette société créée en 2023 a développé une solution pour faciliter la gestion des frais de recharge des véhicules professionnels branchés au domicile des collaborateurs. L’intérêt de notre lecteur pour les véhicules électriques (VE) est cependant bien plus ancien : « J’ai grandi dans une famille fan de voitures et de sport automobile avec un angle orienté thermique. Pour ma part, j’ai toujours préféré les électriques qui m’apparaissaient plus modernes ».
Sa première expérience en VE, ce n’était toutefois pas avec un modèle sportif : « Je suis ingénieur de formation. Ce qui m’attire dans l’électrique, c’est la techno radicalement différente d’une thermique que je trouve trop complexe. Le VE me semble bien plus pertinent. Ma première fois au volant d’une électrique, c’était avec une Citroën Ami qui n’était pas la mienne. On était loin de mon désir d’avoir un jour une électrique sportive. Jeune permis, j’ai commencé avec une Volkswagen Golf IV à moteur 1,6 l essence de 105 ch ».
Deux VE ont été en compétition : « Dans ma recherche d’une électrique, je voulais un modèle puissant avec un châssis typé sport. J’ai hésité un moment entre la Peugeot e-208 et une BMW i3s ». Ce n’est toutefois pas cette dernière qui a été retenue : « Ce qui m’a fait un peu peur la concernant, c’est le coût de l’entretien, en particulier pour les pneus fins qui s’usent vite, mais aussi la coque en carbone qui n’est pas rattrapable en cas de choc. Il ne me restait plus qu’à trouver la Peugeot e-208 qui me conviendrait ».
Valentin a vite réagi lorsqu’il a vu sur LeBonCoin une bonne affaire à ne pas laisser passer : « C’était en décembre 2023, une Peugeot e-208 en finition GT Line mise en circulation en décembre 2020 était proposée à 17 500 euros. Venant de rentrer d’un leasing, elle avait 50 000 km. Elle valait 38 000 ou 39 000 euros neuve. L’annonce a été publiée à 8h00 et j’ai acheté cet exemplaire à 10h00 sans même le voir. J’étais vraiment très content d’avoir cette voiture plus moderne que ma Golf et au comportement routier plus sportif ».
On comprend très bien la satisfaction de notre lecteur à la lecture de ce passage d’un article de Soufyane : « Avec son regard perçant full LED et ses grandes jantes de 17 pouces, la GT Line est reconnaissable de loin. Elle reçoit aussi la détection d’angle mort, le freinage d’urgence, l’écran central de 10 pouces, la caméra de recul et les radars avant ou le pare-brise acoustique ». Le jeune électromobiliste est davantage dans l’émotionnel : « Je trouve le look de la e-208 GT Line très très sympa ».
Il est aussi admiratif de la proposition de Peugeot : « C’est une belle adaptation d’avoir réussi à implanter dans une citadine au départ thermique une batterie de 50 kWh. Elle a tout d’une grande dans un petit format. Ce qui m’a facilité les déplacements depuis la banlieue nord pour venir à Paris avec un stationnement gratuit en Ile-de-France. J’étais allé chercher la mienne à Arpajon, dans l’Essonne ». Pour un encombrement de 4,06 x 1,75 m, la Peugeot e-208 pèse à vide entre 1,46 et 1,53 tonne, selon finition.
Avec le recul, Valentin est devenu plus nuancé, concernant notamment la batterie et l’héritage thermique de la Peugeot e-208 : « Il est question d’une capacité nette de 46,3 kWh. En passant par un boîtier OBD, je n’ai jamais vu ma voiture recharger à plus de 41 kWh. Le SoH [NDLR : Etat de santé de la batterie] de ces modèles de première génération avait du mal à se maintenir dans le temps. Il y avait des problèmes de fiabilité, mais je n’ai pas eu la panne du chargeur embarqué et le remplacement du compresseur de clim a été pris en charge par Peugeot ».
Stellantis a été créé le 16 janvier 2021, soit quelques jours après la mise en circulation de la e-208 de notre lecteur : « L’approche de PSA a été trop légère concernant l’expérience utilisateur. En reprenant le logiciel des thermiques, on a une mauvaise prédiction de la conso avec une autonomie délirante qui s’écroule à la fin. J’ai toutefois eu un modèle qui fonctionnait bien. Rouler pour le plaisir avec un modèle thermique a un impact environnemental ; une électrique redonne la liberté de rouler et se prête tellement à circuler dans Paris ».
Lorsqu’il a reçu sa e-208, Valentin était en école d’ingénieurs : « Je pouvais recharger gratuitement sur le parking de l’établissement via une prise renforcée. J’ai beaucoup fait de longs trajets en rechargeant chez Lidl et IECharge. C’était le début de l’obligation d’équiper les bornes d’un terminal pour carte bancaire [NDLR : depuis août 2024, pour les chargeurs DC de plus de 50 kW], mais il fallait encore passer par les applis. Ça s’est amélioré depuis. On fait des focus énormes sur la durée de la recharge, en oubliant que l’on perd parfois beaucoup de temps lors de la phase d’identification et de lancement ».
La voiture électrique de Valentin est sortie des frontières : « Le plus long trajet que j’ai réalisé avec ma Peugeot e-208, c’était 1 500 km sur deux jours pour rejoindre mon lieu de stage Erasmus à Budapest. Je m’étais documenté juste deux jours avant de partir concernant la recharge. Intégrée à l’UE, la Hongrie est soumise aux mêmes directives européennes que la France. Je n’ai jamais eu à me dire que je ne trouverais pas de bornes sur le trajet. Il y avait des stations Ionity tout le long, et j’ai pu me recharger tous les 200 km ».
Le jeune électromobiliste n’a pas eu à laisser sa voiture dans la rue : « Je suis resté cinq mois à Budapest. Au départ, je pensais que ça ne coûterait pas cher de stationner dans les rues : heureusement que j’ai trouvé un garage avec une prise qui m’a permis de recharger au tarif raisonnable de 0,20 euro le kilowattheure. En étant sur place, j’en ai profité pour faire des road trips en Croatie, Slovénie et Slovaquie. On ne voit quasiment que du Ionity dans ces pays, et ça s’est toujours bien passé ».
Juste de petites peurs : « C’était en Croatie, une borne ne voulait pas démarrer ; j’ai appelé l’assistance Ionity qui a fait un reboot à distance, ce qui a débloqué le problème. Au retour, à l’approche de la frontière, je n’avais plus que 5-6 % d’énergie dans la batterie, et pas de station Ionity. Il faisait entre 0 et 5° C. Je n’ai pas pu me dépanner chez un opérateur local. J’ai tout de même pu rejoindre une station Ionity en Hongrie, en roulant pendant 2 km en mode tortue. Je m’étais dit que ce serait impossible d’y arriver ».
La sérénité de Valentin en Europe centrale et orientale a beaucoup reposé sur un seul réseau de recharge : « Ionity a vraiment fait un beau travail dans ces pays, et mon badge Ionity Passport a fonctionné partout pour un kilowattheure à 0,40 euro, moins cher qu’en payant par carte bancaire. C’était vraiment cool de rouler en Croatie avec la Peugeot e-208 sur de superbes routes en côte avec des vues magnifiques. J’y suis resté une semaine, et autant en Slovénie où je roulais 200 à 300 km par jour, soit une recharge quotidienne ».
Sauf pour le retour en Hongrie : « Là, j’ai fait 600 km. Où j’ai eu peur, c’est en Slovénie, quand sur une route de montagne en terre je me suis pris une pièce en métal dans le cache en plastique sous la voiture. C’est passé à 5 cm du radiateur d’eau. Sur route, sans clim, j’ai une conso de 14-15 kWh/100 km. J’aurais bien aimé pouvoir comparer avec une e-208 plus récente avec le moteur moins énergivore et la nouvelle batterie ».
Sur autoroute, l’autonomie peut vite s’effondrer : « Sur mon trajet Paris-Budapest, j’étais monté à 150 km/h sur l’Autobahn. Il ne faut pas s’attendre alors à plus de 100 km. A 130, on peut compter sur environ 180 km en partant avec une batterie à 100 % et en la déchargeant bien. La conso est alors de l’ordre de 22-23 kWh/100 km. Les pneus neige aggravent un peu les chiffres. Là où la Peugeot e-208 est optimale, c’est en ville. Concernant la puissance de recharge, j’observe 80 à 90 kW au mieux, mais pas les 100 kW promis par le constructeur ».
Valentin Roques n’a plus aujourd’hui sa Peugeot e-208 : « Je viens de la revendre alors que son compteur avait franchi les 100 000 km. Je reste satisfait de l’utilisation de cette voiture que j’ai vraiment beaucoup appréciée pour son design et son confort de conduite. J’ai été triste de la voir partir, car sa vente marque la fin d’une histoire. Elle a trouvé acquéreur en moins de six semaines à 12 000 euros : je l’avais mise en vente sur LeBonCoin ».
Et maintenant ? « Pour l’instant, j’économise pour ma future voiture électrique. Il y a bien deux modèles qui me tentent mais qui sont encore trop chers, même en occasion, c’est le Porsche Taycan et la Hyundai Ioniq 5 N. Pour cette dernière, je me dis que la simulation d’un moteur thermique y compris avec le changement des vitesses avec les palettes, ça a l’air amusant, mais je trouve que le bruit n’est pas forcément utile. Exploiter autant de puissance dans le silence, ça doit être assez sympa, et même très agréable ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Valentin Roques pour son très bon accueil, sa réactivité et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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