La suite de votre contenu après cette annonce

Si chez Franck aujourd’hui, une Kia EV6 a remplacé un Hyundai Kona, la Skoda Citigo e iV qui a permis au foyer de passer à l’électrique en 2020 est toujours là, assurant un service sans faille au quotidien. Parce qu’elle revêt une valeur très symbolique, c’est elle que notre lecteur a voulu mettre en avant.
En dehors de la pétanque, une triplette est en électricité un système permettant de raccorder trois prises domestiques. Le mot a été détourné au début des années 2010 pour qualifier celles que j’appelais les C-ZiMiOn : Citroën C-Zero, Mitsubishi i-MiEV et Peugeot iOn. Puis le vocable a été étendu un peu plus tard aux trois jumelles Volkswagen e-Up!, Seat Mii Electric et Skoda Citigo e iV. Si chacune présente quelques particularités, c’est cette dernière qui est la plus rare.
Premier modèle électrique de la marque tchèque, ses livraisons débutées en France à l’année 2020 ont vite été arrêtées, sacrifiées sur l’autel de la « prémioumisation ». Pourtant, pour bien des électromobilistes, sa petite bouille si différente en faisait la plus belle des trois citadines branchées du groupe VW : « C’était la moins chère des trois, car en version Ambition d’entrée de gamme elle n’avait pas la recharge CCS et ne pouvait avoir de chauffants, même en option, ni les sièges, ni le pare-brise ni le volant ».
Celle utilisée chez Franck depuis plus de cinq ans est en version supérieure Style. Ce qui lui apporte en particulier « des jantes 16 pouces en alliage, la recharge rapide CCS 40 kW, le radar de recul, le régulateur de vitesse non adaptatif, la climatisation automatique et du cuir sur le pommeau du sélecteur de marche ».
La réflexion de Franck pour un passage à l’électrique remonte à bien plus loin que la commercialisation chez nous de la Skoda Citigo e iV : « En 2013, je roulais en Fiat Punto diesel mais m’intéressais déjà au VE. J’habitais alors en Vendée à Pouzauges, et l’un de mes voisins travaillait pour Mia Electric dans les Deux-Sèvres. Ingénieur, il a été en particulier chargé du combiné compteur de vitesse. Ça m’avait interpelé ».
Nouvelle confrontation avec le VE l’année suivante : « En arrivant en Bretagne, j’ai remarqué des Renault Zoé en recharge chez Leclerc à Pont-L’Abbé. Je pensais qu’on pouvait les louer, mais quand j’ai souhaité le faire, on m’a répondu que ces véhicules étaient à disposition des cadres de l’établissement. Sur la route entre cette ville et Quimper, on voyait rouler les Zoé à 100 km/h. Puis la Volkswagen e-Up! est sortie, et quelques années plus tard la deuxième génération avec la batterie 32 kWh ».
À lire aussi
Témoignage : Kiliam fait 100 000 km par an en voiture électrique à petite batterie !De quoi tenter notre prof d’EPS : « C’est le modèle de Skoda que je préférais. Dans cette période de Covid que j’ai attrapé, on cochait toutes les cases pour bénéficier d’un maximum d’aides, bonus + prime à la conversion. En cherchant, j’avais vu une Citigo rouge à Lorient, puis une Mii à Dieppe. C’est finalement une Citigo en gris Tungsten métallisé, en vente à Angoulême, qui a retenu davantage notre attention. Immatriculée en février 2020, ce modèle d’exposition était considéré comme neuf en juin suivant, avec 510 km seulement au compteur ».
Entre Pont-L’Abbé et Angoulême, il y a environ 500 km : « J’ai acheté cette voiture un peu comme on achète un litre de lait. Je n’avais jamais essayé de voiture électrique, je n’ai pas vu le véhicule avant de l’acheter, tout s’est passé par téléphone avec la concession. En déduisant les aides, son prix d’achat a été ramené de 24 200 euros tout compris, à 13 200. Avant d’aller la chercher, j’ai regardé des vidéos sur Internet et recueilli des avis sur le forum d’Automobile Propre ».
Pour le rapatriement qui a donc aussi été le premier long voyage en électrique pour Franck, il y avait la découverte de la recharge : « Je n’y connaissais rien, mais j’ai commandé un badge Chargemap. Je me suis rendu en train à Angoulême. A la concession, je n’ai essayé la Citigo que sur 300 mètres sur le parking. Le commercial m’a dit : ‘Vous oubliez votre pied gauche pour conduire cette voiture’ ».
Le retour avec la citadine électrique s’est finalement « très bien passé » : « J’avais prévu trois recharges dont la dernière à Auray. Je n’ai pas eu besoin des 500 km du trajet pour vite m’apercevoir de la différence avec une Fiat Punto qui tombait en lambeaux. Revenu chez moi, j’ai eu le droit de prendre la Citigo pendant une semaine, puis ce fut ma femme qui l’a trouvée très sympa. On avait fini par se faire un planning d’utilisation ».
Franck conserve pour cette Citigo toute la fraîcheur des moments de son adoption : « C’est cette voiture qui nous a mis le pied à l’étrier, et même qui nous a donné le virus de l’électrique. La première raison de cet achat était écologique. Rouler en diesel pour aller récupérer à 7 km des légumes bio d’un producteur local me paraissait aberrant. J’ai d’ailleurs mon slogan : ‘La voiture électrique fait partie d’un régime qu’on devrait tous faire’ ».
À travers l’utilisation de sa citadine, il adopte une posture de militant : « VE + vacances en avion, c’est non ! VE + achats sur Amazon, c’est non ! VE + raisin chez Lidl produit en Inde, c’est non ! Je trouve dommage de continuer à consommer du pétrole sans conscience. La Citigo n’étant pas si connue, les gens viennent facilement me voir. J’en profite pour leur présenter une autre façon de voir les choses, en particulier concernant l’électromobilité ».

D’ailleurs la Peugeot 308 diesel encore dans le foyer devait aussi dégager : « Il nous fallait un modèle familial pour nous 4, dans un budget raisonnable. J’ai proposé le Hyundai Kona. Nouveau confinement Covid en pleine transaction réalisée à distance via WhatsApp avec une famille laotienne installée à Toulouse. Nous étions en avril ou mai 2021. Le couple de sexagénaires a voulu faire affaire avec moi ‘parce que j’étais le premier et le plus sympa’. Je leur ai amené des spécialités bretonnes, et ils m’ont invité à déjeuner avec eux ».
Franck a voulu amortir le plus vite possible l’achat de cette voiture, avec une habitude originale qui perdure : « La plupart des recharges, de l’ordre de 60 %, sont réalisées gratuitement sur les bornes des supermarchés qui y ont gagné ma clientèle. Ainsi à Quimper et Loctudy, en tout trois fois par semaine. En contrepartie, je fais chaque fois quelques courses ou déjeune sur place. La gratuité s’étendant sur une heure de branchement, si je ressors du magasin au bout de 15 minutes, il m’en reste 45 pour faire du footing ».
En exploitant ainsi très régulièrement les bornes AC, la recharge n’est que très partielle, mais suffisante : « La batterie reprend 20 à 22 % d’énergie. Le reste du temps, la Citigo est rechargée en 10 A sur une prise domestique à la maison. Elle parcourt chaque semaine de l’ordre de 300 km sur quatre jours : 2 allers-retours de 85 km pour Douarnenez + 2 AR de 55 km vers Quimper. Actuellement, son compteur totalise environ 83 300 km ».
Notre lecteur doute un peu des estimations qu’on lui a fournies pour l’état de santé SoH de la batterie : « Il y a 18 mois, chez Norauto, il a été évalué à 84,5 %. Mi-2025, Volkswagen m’a indiqué 85 %. Pourtant, je pense qu’il est plutôt à 88-90 % car je n’ai perdu que 25 à 30 km d’autonomie. En mode Eco+, j’ai une estimation au tableau de bord de 316 km après recharge complète, contre 340 auparavant. En mode Normal, je suis à 280-290 km ».
À l’utilisation, Franck relève des chiffres différents : « Sur l’année, l’autonomie moyenne est de 250-260 km. En été je dispose de 300-310 km, mais plus que 200-210 l’hiver. Le système m’indique une consommation moyenne de 12 kWh/100 km. Mais on sait qu’elle est faussée sur les 3 voitures du groupe. Sans même compter les pertes à la recharge, il faut la relever de 0,8 à 1 kWh/100 km ».
En plus de cinq ans, la citadine électrique s’est montrée particulièrement fiable : « La batterie 12 V a été remplacée une fois, ainsi que le capteur ABS avant droit qui générait plein de défauts. J’ai dû faire changer deux trains de pneus à l’avant, dont l’un à cause d’une ornière de chantier non signalée. En passant dessus à 70 km/h, des hernies sont apparues sur les flancs. J’apprécie un rythme de révision tous les 2 ans seulement, ou 30 000 km ».
Et puis il y a cet accident : « J’ai essuyé un refus de priorité qui a nécessité le remplacement du pare-choc avant, de l’aile gauche, et d’éléments de la direction. Au bout de six semaines d’immobilisation, j’ai récupéré ma Citigo comme neuve. En points forts, je note sa conso modérée, sa vivacité en mode Normal avec sa faculté à s’extraire rapidement des ronds-points, et son confort à bord même à quatre avec deux enfants. Mais il me manque un volant chauffant, et je trouve que l’absence de rétro-éclairage sur des boutons est une vraie mesquinerie ».
Avec les enfants qui grandissaient, le Hyundai Kona n’est finalement resté que quatre ans environ chez Franck : « C’était une très bonne voiture qui procurait un bon confort, avec une consommation moyenne de 15 kWh/100 km sur la durée et 60 000 km. Le coffre étant petit, nous devions en installer un sur le toit et j’avais monté un frunk à l’avant pour les câbles de recharge. Aux bornes rapides, ça prenait 40-45 minutes, et nous devions programmer nos arrêts avec les repas quand nous parcourions 800 ou 900 km ».
À lire aussi
Témoignage : j’ai traversé la France avec une voiture électrique à petite batterie (et je vais bien)L’exemplaire de notre lecteur a connu le fameux problème de réducteur : « C’est arrivé d’un coup après une recharge sur autoroute. Il n’y a pas eu de signe précurseur. Sans empêcher de rouler, ça s’est mis à claquer. Un support a d’abord été changé en concession, sans succès. Hyundai a fait traîner pendant six mois environ, et a fini par remplacer sous garantie le réducteur et le moteur alors que le bruit était devenu de plus en plus fort ».

Gavé par la lenteur de la recharge rapide et le coffre réduit, le père de famille a décidé de prendre en remplacement ce qui pouvait se faire de mieux : « C’était soit une Hyundai Ioniq 6 ou une Kia EV6. Finalement, c’est une EV6 à motricité intégrale en finition GT Line que nous avons depuis mai 2025. Elle appartenait à un Lyonnais inscrit sur le forum Automobile Propre. En neuf mois, nous avons déjà parcouru 19 000 km avec elle. Jamais je n’aurais pensé avoir un jour une voiture si phénoménale ».
Aujourd’hui, Franck pense conserver « le plus longtemps possible la Skoda Citigo et la Kia EV6. Elles font à peu près le même kilométrage annuel, mais pas de la même façon. C’est moi qui utilise la Citigo, sauf quand j’ai besoin de prendre l’EV6. La citadine enchaîne plutôt de petits et moyens trajets ».
À l’inverse, la Kia EV6 « va servir pour les déplacements plus lointains et les vacances en particulier. Nous avons vraiment trouvé l’équilibre avec les voitures qu’il nous faut ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Franck pour son accueil très amical et son retour qu’il nous a proposé à la suite de notre appel à témoignage.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
Le meilleur d'Automobile Propre, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques voiture électrique, voiture hybride, équipements & services et bien d’autres
S'inscrire gratuitement