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Nos voitures sont de plus en plus connectées, mais tous ces progrès ont une contrepartie gênante : la collecte de données. Des chercheurs de la Northeastern University, épaulés par Consumer Reports, ont analysé 21 voitures et 30 applications automobiles. Verdict, la quasi-totalité des applications étudiées communiquent avec des sociétés spécialisées dans la publicité ou l’analyse de données.
La voiture moderne n’est plus « juste » un moyen de transport. Elle est aussi un objet technologique à part entière. GPS, commandes à distance, Wi-Fi, connexion cellulaire, caméras, applications… Autant de nouvelles technos qui génèrent et échangent en permanence une quantité importante d’informations. Une nouvelle étude permet de mieux comprendre où certaines d’entre elles peuvent finir.

Pour mener leurs travaux, des chercheurs de la Northeastern University ont travaillé avec les experts de Consumer Reports. Ils ont étudié séparément les connexions Internet de 21 voitures de 19 marques et celles de 30 applications mobiles associées à ces véhicules. Autrement dit, les données observées pouvaient partir directement de la voiture, mais aussi des apps téléchargées ou actives à bord du véhicule (Waze, Google Maps, Spotify, YouTube, WhatsApp, etc.).
Cette distinction a son importance : pour les voitures, les chercheurs ont pu identifier les serveurs contactés, mais uniquement cela. En revanche, sur les applications mobiles, ils ont pu analyser plus précisément les données transmises et constater, dans certains cas, l’envoi du VIN, de l’adresse e-mail ou de la localisation du conducteur.
La méthode employée est intéressante. Les chercheurs ont notamment installé les véhicules dans une sorte de grande cage de Faraday (une enceinte utilisée pour bloquer les champs électromagnétiques) afin de bloquer leurs communications cellulaires. Le trafic pouvait alors être redirigé vers un réseau Wi-Fi contrôlé par l’équipe.
Des essais ont également été réalisés en roulant, avec des accélérations, des freinages ou des changements de direction.

Pour le patron de Ford, il est déjà « trop tard » pour contrer les constructeurs chinois en EuropeL’analyse des applications mobiles apporte en revanche davantage de détails. Sur les 30 applications testées, 28 ont communiqué avec au moins une entreprise spécialisée dans la publicité ou l’analyse de données. Plus préoccupant encore, sept applications ont transmis au moins une information permettant potentiellement d’identifier leur utilisateur : nom, adresse e-mail, numéro VIN du véhicule ou localisation précise.
Des applications de General Motors, Honda, Nissan ou Lincoln sont concernées. Certaines associaient le numéro VIN à une adresse e-mail ou à une localisation. Cela peut sembler anodin. Après tout, ce numéro d’identification est directement visible sur de nombreuses voitures. Mais associé à une adresse e-mail, un nom ou une position géographique, il peut permettre de rattacher précisément une voiture à son propriétaire.
Les chercheurs estiment que ce type d’information peut ensuite être croisé avec d’autres profils numériques constitués par des sociétés spécialisées dans la publicité ou le courtage de données. Et c’est là que ça commence à poser problème…
Parmi les destinataires repérés figurent plusieurs poids lourds du numérique. Consumer Reports cite notamment Alphabet (maison mère de Google), Amazon, Meta, Microsoft, Pinterest ou encore Reddit. Cela ne signifie pas que toutes ces entreprises récupèrent systématiquement la position exacte ou les habitudes de conduite d’un automobiliste. Certaines fournissent simplement des outils, des services cloud, des plateformes publicitaires ou des logiciels utilisés par les constructeurs.
C’est toute la difficulté du sujet… L’écosystème numérique d’une voiture est devenu très complexe. Un même groupe technologique peut fournir l’infrastructure informatique d’un constructeur tout en proposant parallèlement des outils de mesure d’audience ou de publicité. Les marques interrogées par Consumer Reports soulignent d’ailleurs que certains échanges peuvent provenir de pages web ouvertes depuis les apps, avec des cookies ou des outils de suivi intégrés par des sociétés tierces.
Du côté des voitures elles-mêmes, les écarts sont impressionnants. La Tesla Model 3 arrive largement en tête parmi les modèles testés. Et pour une fois, cette première place n’est pas flatteuse… Les chercheurs ont détecté 34 domaines associés à de la publicité, du suivi ou de l’analyse de données, auxquels s’ajoutent 45 autres domaines tiers.

Derrière, on trouve le Tesla Cybertruck avec 23 domaines liés à la publicité ou au tracking, puis le Cadillac Lyriq avec 10 et la Lucid Air avec 9. Une nouvelle fois, ces chiffres doivent être interprétés avec précaution. Un nombre élevé de connexions ne signifie pas automatiquement qu’une voiture « aspire » davantage de données personnelles qu’une autre. Il indique simplement qu’elle communique avec davantage de domaines classés par les chercheurs dans les catégories publicité, tracking ou analytics.
Les tests ont été réalisés aux États-Unis. Les résultats ne peuvent donc pas être transposés tels quels aux véhicules commercialisés en France. Les services connectés, les applications ou encore les serveurs utilisés peuvent différer selon les régions. Surtout, les constructeurs doivent en Europe composer avec le RGPD, qui encadre notamment la collecte et l’utilisation des données personnelles.
Plusieurs voitures testées sont néanmoins bien présentes chez nous. C’est le cas de la Tesla Model 3, du Cadillac Lyriq, de la Fiat 500e, du Subaru Solterra, du Nissan Ariya ou de la Mercedes EQS. Le Volvo C40, depuis rebaptisé EC40, fait également partie du panel. Cadillac commercialise aujourd’hui officiellement le Lyriq en France, tandis que Lucid prépare actuellement l’arrivée de la Air sur notre marché.
Cette étude a au moins le mérite de rappeler une chose : avec la généralisation des services connectés, les questions de confidentialité ne s’arrêtent désormais plus à notre ordinateur ou à notre smartphone. Elles sont aussi montées à bord de nos voitures. Voici le classement des voitures électriques étudiées qui concernent le marché français :
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