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Jim Farley n’est pas du genre à minimiser la montée en puissance des Chinois. Le patron de Ford estime même qu’il est désormais « trop tard » pour que l’Europe puisse réellement endiguer leur progression. Un avertissement surtout adressé aux États-Unis, où les marques chinoises sont (pour l’instant) tenues à l’écart.
Jim Farley connaît plutôt bien son sujet. Depuis plusieurs années, le patron de Ford multiplie les déplacements en Chine et ne cache plus son admiration pour la vitesse à laquelle les constructeurs locaux développent leurs voitures. Cette fois, son message ne s’adressait pas directement à ses concurrents chinois, mais aux responsables américains.
Lors du congrès Automotive News organisé le 29 septembre à Detroit, Jim Farley a estimé que les États-Unis devaient prendre leur temps avant d’autoriser une arrivée massive des constructeurs chinois. Pour justifier cette prudence, il a cité l’Europe. Selon des propos rapportés par Reuters, il estime qu’il est désormais « trop tard » sur le Vieux Continent.
Le dirigeant s’appuie notamment sur la progression rapide des marques chinoises. Leur part de marché européenne, quasiment inexistante en 2020, a atteint 12 % en août 2026, selon les données de Dataforce citées lors de l’événement. À l’échelle mondiale, la part de marché des Chinois a progressé de près de 70 % entre 2020 et 2025.
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Pour le patron de Ford, les voitures électriques chinoises représentent une « menace existentielle »La dynamique est également visible dans les exportations. La Chine va expédier 12 millions de voitures à l’étranger en 2026, contre trois millions seulement en 2022.
Malgré cette déclaration, la position de Ford est délicate. Ce n’est pas juste un appel à fermer les frontières. Au risque d’être accusé de vouloir jouer sur les deux tableaux, Jim Farley reconnaît que son groupe continuera à collaborer avec des entreprises chinoises lorsque cela lui permet d’accéder à des technologies ou de réduire ses coûts.
Ford travaille par exemple avec CATL pour produire aux États-Unis des batteries moins chères. Le constructeur américain s’est également rapproché de Geely pour développer son activité électrique en Europe. Bref, on a là une stratégie à deux niveaux. D’un côté la firme de Détroit cherche à apprendre des groupes chinois et travailler avec certains d’entre eux. De l’autre elle souhaite éviter qu’ils n’inondent le marché américain.
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