Depuis le début de l’année 2016, le nombre de véhicules électriques en circulation dans les rues de Kiev est en forte augmentation, passant de 730 véhicules en 2015 à environ 2000 pour l’année en cours.

Le marché du véhicule électrique n’est plus un marché de niche comme durant les précédentes décennies, les taux de pénétration de cette catégorie sont en augmentation dans de nombreux pays (1% du marché neuf en France et 22% en Norvège).



A Kiev, la grande majorité des voitures électriques en circulation sont des Nissan LEAF d’occasion provenant des États-Unis. Ainsi, quelques une des 230 000 LEAF vendues dans le monde depuis le début de sa commercialisation en 2010 ont trouvé en Ukraine une seconde vie. Parmi les autres V.E importés, on retrouve quelques Ford Focus électriques et des Toyota Rav4 électriques venant également du marché Nord-Américain. Les véhicules électriques achetés neufs en Ukraine sont en revanche très rares (BYD e6, Tesla, Mitsubishi I-MiEV…).

De forts atouts économiques

Le prix de l’électricité en Ukraine est particulièrement bon marché. Pour un particulier consommant moins de 100 kWh/mois, le prix du kWh est d’environ 0,024 €. La Nissan LEAF consommant de l’ordre de 13,5 kWh/100km, le prix sera de 0.34 € pour parcourir 100 km.

En comparaison avec un véhicule thermique, le prix d’un litre de carburant est d’environ 0,75 €. En prenant une voiture moyenne du parc automobile ukrainien consommant 8,5 l/100 km en agglomération, le prix au 100 km est de 6,4 €.

A l’utilisation, la voiture électrique est ainsi presque 20 fois moins onéreuse qu’un véhicule thermique habituel.

Les raisons environnementales

Le développement des V.E est particulièrement cohérent lorsque l’électricité provient de sources renouvelables comme en Norvège où l’électricité provient à plus 98% de sources renouvelables non-émettrices de CO2.

En Ukraine, l’électricité est majoritairement répartie entre énergies fossiles (environ 47%) et nucléaire (45 %). 1 kWh généré annuellement à l’échelle du pays émet 518 grammes de dioxyde de carbone.

Ainsi, la Nissan Leaf en France émet en moyenne 11 grammes de CO2 par km et 70 grammes de CO2 par km en Ukraine. En comparaison, les petits véhicules hybrides tels que la Toyota Yaris hybride présentent une émission de dioxyde de carbone légèrement supérieure. Cependant, les véhicules hybrides de petite cylindrée ne sont pratiquement pas présents en Ukraine où la consommation moyenne du parc s’établie à 8,5 l/100 km, soit environ 207 grammes de CO2 par km. Une évaluation qui ne compte pas d’autres polluants dangereux pour la santé : particules fines, oxydes d’azote, COV, benzène, monoxyde de carbone…

En Ukraine, la Nissan LEAF est responsable environ de trois fois moins d’émissions de CO2 que le véhicule thermique moyen.

Des politiques à engager

La question de l’indépendance du pays a toujours été importante en Ukraine. Cette question a gagné de l’importance au cours de la précédente révolution. Par exemple, la traçabilité des produits dans les supermarchés indique l’origine des produits (couleur du drapeau et nom du pays).



Concernant l’énergie et le secteur de l’automobile, il n’y a pas encore eu de travail similaire. Même si l’Ukraine dispose de réserves non-négligeables d’hydrocarbures, la demande dans le pays nécessite de faire appel à l’importation (en grande partie depuis de la Russie). Le véhicule électrique mériterait ainsi d’être soutenu par le gouvernement ukrainien qui y trouverait deux avantages essentiels : la baisse de la dépendance aux hydrocarbures russes et l’amélioration de la qualité de l’air.