Grâce aux nouveaux essais menés par l’équipe de Jeff Dahn en partenariat avec Tesla, les futures batteries lithium-ion pourraient durer 10 000 cycles de charge sans grande dégradation.

Voilà un an, en septembre 2019 exactement, nous pensions que Tesla avait percé dans la technologie des cellules de batteries. L’avancée devait permettre de passer la barre des 1 million de miles ou 1,6 million de kilomètres, contre 650 000 km environ pour celle d’une Model 3. Les dernières nouvelles sont encore meilleures selon Electrek relayant l’information.



Des résultats encore plus prometteurs

Chercheur du laboratoire de l’université de Dalhousie (Canada) financé en partie par Tesla dans un programme de 5 ans (2016-2021), Jeff Dahn a publié les nouveaux résultats concernant la technologie lithium-ion dans une visioconférence sur YouTube. La principale information communiquée concerne l’analyse du comportement après 3 ans de charge et décharge de sa technologie. Il opère notamment avec des batteries « 5 à 10 fois plus petites que celles d’un téléphone ».

Le bilan est exceptionnel, avec 10 000 cycles donnant une perte de capacité presque négligeable. Exemple : sur des cycles de charge/décharge à 80 %, la capacité conserve plus de 90 % de son volume initial. J. Dahn estime ainsi qu’en rechargeant 350 kilomètres par cycle, on obtient une endurance de 3,5 millions de kilomètres. C’est 87 fois le tour de la Terre et 10 fois la distance Terre-Lune ! Le Canadien prendrait-il pour base les 430 km d’autonomie d’une Tesla Model 3 Standard Plus cru 2020 avec 80 % de charge (344 km) ?

Pour comparaison, la durée de vie des batteries actuelles dépasse 10 ans pour une capacité supérieure à 70 %. Dahn présente aussi les résultats après des charges à 25, 50, 75 et 100 % (ci-dessous), les cycles de 25 à 50 % n’entraînant aucune dégradation de capacité après 15 000 cycles !

3,5 millions de km, est-ce utile ?

L’endurance des pièces Tesla est un des arguments avancés par Elon Musk. Il n’y a pas seulement les batteries, mais aussi le moteur pouvant dépasser un million de kilomètres. Cependant, cela a-t-il un intérêt de posséder une batterie pouvant durer 3,5 millions de km, soit bien plus que la voiture ? Jeff Dahn pose lui-même la question dans sa présentation et nous pouvons répondre par l’affirmative pour de nombreuses raisons :

  • La perte de capacité est minime du début à la fin de vie. Après 10 ans de charges régulières, vous pourriez donc garder une autonomie similaire.
  • L’arrivée de batteries à la durée de vie prolongée permet d’anticiper l’arrivée massive de la technologie V2G qui occasionne de nombreux cycles de charge/décharge supplémentaires.
  • Si la technologie avance rapidement, rendant obsolète la batterie, cette dernière pourrait trouver une seconde (et longue) vie pour un autre véhicule (bateau par exemple) ou du stockage d’énergie comme à Porto Santo.

Electrek met également en avant les services d’autopartage et notamment les fameux robotaxis que promettait Musk en 2019 dont le taux d’utilisation sera bien plus élevé qu’une voiture classique.

Enfin, cette faible dégradation des batteries a une conséquence logique : les cycles de renouvellement seront réduits, ce qui va dans le sens de l’écologie. Bien sûr, tout cela reste encore de la théorie et il faudra encore plusieurs années avant de voir débarquer sur le marché des batteries lithium-ion aussi performantes.