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Parti en mars 2015, l’avion solaire Solar Impulse vient de boucler son tour du monde, parcourant 43.041 kilomètres sans consommer une seule goutte de carburant.

Parti samedi du Caire en Egypte pour son ultime étape, le Solar Impulse est arrivé sans encombre à l’aéroport Al-Bateen d’Abou Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, vers 4 heures du matin mardi au terme d’un vol qui aura durée 48 heures. L’avion solaire boucle ainsi son tour du monde après 43.041 kilomètres parcourus et près de 118 heures de vol au total.

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« Plus qu’un exploit dans l’histoire de l’aviation, c’est un exploit dans l’histoire des énergies renouvelables » a déclaré Bertrand Piccard à sa sortie de l’avion.

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Bertrand Piccard et André Borschberg à l’arrivée du Solar Impulse à l’aéroport Al-Bateen d’Abou Dhabi.

Un rêve datant de 2003

Pour Bertrand Piccard et André Borschberg, les deux pilotes se relayant sur le Solar Impulse, c’est un rêve vieux de 13 ans qui vient de s’accomplir. Si Bertrand Piccard, psychiatre et aérostier en Suisse, songe à développer un avion solaire dès 2003, ce n’est qu’en 2009 que le premier prototype voit le jour, le temps de convaincre les investisseurs de rejoindre ce pari un peu fou. Deux ans plus tard, le Solar Impulse réalise la première traversée de la méditerranée. Une expérience qui permet de valider en 2014 le développement du Solar Impulse 2 dédié au tour du monde.

Sur le plan technique, le Solar Impulse 2 est un avion monoplace de 22.40 m de long et 72.3 m d’envergure pour un poids total de 2300 kilos. Animé par 4 moteurs électriques de 17.5 cv chacun, il est recouvert de 17.000 cellules photovoltaïques s’étalant sur une surface de 270 m².

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De nombreuses péripéties

Si la dernière étape s’est déroulée sans encombre, le tour du monde du Solar Impulse n’aura pas été de tout repos et l’avion solaire a du interrompre sa course durant plusieurs mois à Hawaï en raison de soucis techniques.

Le cockpit du Solar Impulse ne laisse que 3.8 m3 d'espace au pilote.Surtout, certaines étapes ont été particulièrement longues et éprouvantes pour les pilotes qui ne doivent jamais s’endormir pour garder la main sur le contrôle de l’avion dont le mini-cockpit (3.8 m3) ne propose ni chauffage ni climatisation pour économiser l’énergie. Pour tenir le choc sur des étapes qui ont pu durer jusqu’à cinq jours et cinq nuits, Bertrand Piccard a notamment eu recours à l’autohypnose, une technique originale qui permet au pilote d’entrer dans une « semi conscience » qui lui permet de se reposer tout en conservant certains réflexes.

Pour tenir le coup sur les longues étapes, Bertrand Piccard a eu recours à l'auto-hypnose

Pour tenir le coup sur les longues étapes, Bertrand Piccard a eu recours à l’auto-hypnose

Prochaines étapes ?

A peine leur périple terminé, Bertrand Piccard et André Borschberg ont déjà des idées plein la tête. En premier lieu, il y a la création du Comité international pour les technologies propres (ICCT), une organisation dont le but est de fédérer entreprises et associations environnementales pour peser plus de poids sur l’échiquier politique. Quelques 400 structures auraient déjà manifesté leur intérêt de rejoindre le comité.

Ensuite, il y a les applications plus industrielles capitalisant sur l’expérience de l’équipe du Solar Impulse. Pour André Borschberg, il est notamment question de développer une nouvelle génération de drones stratosphériques, une alternative économique et écologique aux satellites spatiaux.

Quant à Bertrand Piccard, il prédit un bel avenir à l’avion électrique, prévoyant l’apparition d’avions capables d’embarquer une cinquantaine de passagers dans les dix ans à venir. L’aventure continue…

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