Essai Renault Megane électrique EV60 : quelle autonomie réelle sur autoroute ?


Essai Renault Mégane e-tech : test consommation et vitesse de charge sur autoroute

Première compacte électrique du constructeur au losange, la Renault Mégane électrique appelle à plus de polyvalence que la ZOE. Que vaut-elle sur autoroute ? Nous avons pu tester la version EV60 lors d’un long trajet.

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Véritable événement au sein de la planète Renault, la nouvelle Megane électrique marque l’entrée dans une nouvelle ère. Premier grand lancement électrique depuis la sortie de la ZOE, en 2013 (on ne compte pas la discrète Twingo ZE), la compacte se distingue à la fois par son style et sa plateforme inédite. Après un premier essai réalisé fin 2021 sur une version de présérie, nous voilà de nouveau au volant pour mettre cette Megane électrique à l’épreuve sur un long trajet. L’occasion de mesurer sa consommation, son autonomie, mais aussi ses capacités de recharge rapide sur l’une des stations du réseau Ionity.

60 kWh et 220 chevaux

Côté technique, pas de changement par rapport au modèle que nous avions pu prendre en main en fin d’année dernière. Reprenant les éléments de la nouvelle plateforme CMF-EV de l’Alliance, notre modèle d’essai hérite ainsi de la meilleure des configurations. Cumulant 160 kW (220 ch) de puissance, le moteur est couplé à une batterie de 60 kWh. En cycle mixte WLTP, l’autonomie est annoncée à 450 kilomètres. En matière de recharge, nous avons aussi droit à la configuration maximale. Baptisée « Optimum Charge », celle-ci combine un chargeur embarqué de 22 kW à un connecteur combo autorisant jusqu’à 130 kW de puissance.

En matière de finition, nous sommes sur la configuration intermédiaire « Techno ». Intercalée entre la version de base Equilibre et le haut de gamme Iconic, celle-ci se distingue par sa carrosserie biton, ses jantes de 20 pouces et ses matériaux mêlant cuir et tissu recyclé au niveau de la sellerie et de la planche de bord.

Planificateur de charge Google intégrée

Pour les longs trajets, la Megane électrique se révèle plutôt bien armée. Premier modèle de la marque à intégrer le nouveau système R-Link, elle repose nativement sur une interface Android Automotive. Fournie par Google, celle-ci profite à la fois des différents services du géant américain, notamment Google Map et le Play Store, auxquels s’ajoute un planificateur d’itinéraire intégré. Développé à partir d’une base de données construite en propre (vive le scrap), celui-ci établit automatiquement une feuille de route, définissant les arrêts de charge à prévoir sur un trajet donné. Cerise sur le gâteau : les informations de la batterie sont directement communiquées au système. Cela permet d’adapter le scénario en fonction de la consommation et de l’état de charge de la batterie.

Au-delà du planificateur Google intégré, d’autres applications comme Chargemap ou ABRP pourront être installées via le PlayStore. En revanche, Renault n’a pas su nous dire si celles-ci auront accès, ou non, aux données de la voiture pour affiner leurs calculs.

Au volant

Pour ce premier essai longue distance de la Megane électrique, nous partons de Marbella, ville du sud de l’Espagne où Renault organise ses essais internationaux, pour prendre la direction du nord de Malaga où se situe la seule station Ionity du secteur.

Pour la navigation, nous définissons notre itinéraire directement sur Google Map. Cela permet aussi d’obtenir une estimation du niveau de charge attendu à l’arrivée. Si l’ergonomie et la fluidité du système sont vraiment au top, on a pu remarquer quelques petits bugs lors du trajet. Par exemple, il nous a fallu arrêter la voiture pour pouvoir réaccéder au réglage du bouton de volume. De petites imperfections que le constructeur devrait pouvoir régler grâce aux mises à jour réalisées à distance.

En matière d’aides à la conduite, les fonctionnalités offertes par cette Megane e-Tech se révèlent assez complètes. L’aide au maintien dans la voie est ainsi couplée au régulateur de vitesse actif. Celui-ci s’adapte aux voitures qui nous précèdent, mais aussi aux limitations de vitesse grâce à un système combinant la lecture des panneaux aux données GPS (celles et ceux qui n’ont pas peur de perdre leurs points pourront décocher l’option dans les paramètres). Côté insonorisation, les bruits aérodynamiques sont malheureusement un peu trop présents.

300 km d’autonomie sur autoroute ? Oui mais…

En privilégiant le mode de conduite intermédiaire « Comfort », la Megane e-Tech s’est révélée particulièrement frugale. Après plus de 250 kilomètres parcourus, l’ordinateur de bord nous annonce une consommation moyenne d’environ 19 kWh/100 km. De quoi laisser présager une autonomie réelle de l’ordre de 300 kilomètres.

Les conditions de ce premier test étaient toutefois idéales. Avec une température extérieure de l’ordre de 20 degrés, nous n’avons pas eu recours au chauffage ni à la climatisation. À cela s’ajoute la configuration des autoroutes espagnoles, limitées à 120 km/h. Dans des conditions moins favorables, par exemple en hiver et à 130 km/h, il faudra davantage tabler sur 230 à 250 kilomètres avec un plein. Sans doute un peu juste pour les voyages au long cours.

Batterie départ 100 %
Batterie arrivée 11 %
Distance parcourue 250 km
Consommation moyenne 19,2 kWh

Charge rapide : 127 kW en pointe

Pour mettre toutes les chances de notre côté, nous avons enclenché la navigation jusqu’au chargeur Ionity. Au-delà du guidage, cela permet aussi d’activer le préconditionnement de la batterie dont les cellules issues du Sud-Coréen LG affichent une plage de fonctionnement idéale aux alentours de 40 degrés.

Lorsque nous arrivons à la station de Casabermeja, au nord de Malaga, il nous reste 11 % d’énergie. Une fois raccordé, la puissance de charge atteint rapidement 127 kW. Proche des 130 kW annoncés par le constructeur, cette valeur décroît toutefois rapidement. Au bout de 7 minutes et un niveau de charge de 33 %, nous tombons sous la barre des 100 kW de puissance délivrée.

Au final, nous mettons 34 minutes pour atteindre le seuil des 80 % de recharge. La borne de recharge mesure 45 kWh délivrés, soit les 2/3 de la capacité du pack, avec une puissance de recharge de 50 kW qui demeure assez élevée malgré l’approche de la fin de charge. Un score correct, mais qui reste en deçà d’une Tesla Model 3 ou du duo Kia EV6/Hyundai Ioniq 5 dont la puissance en crête dépasse les 200 kW, raccourcissant ainsi les temps d’arrêts nécessaires.

Dispensée sur la borne, l’information de recharge est également affichée au niveau de l’écran d’instrumentation.

Temps Niveau de charge Énergie délivrée Puissance instantanée
0 min 11 %  – 127 kW
7 min 33 %  14 kWh 99 kW
10 min 39 %  18 kWh 88 kW
16 min 52 %  27 kWh 70 kW
20 min 58 %  31 kWh 65 kW
28 min 71 % 39 kWh 57 kW
34 min 8 0 %  45 kWh 50 kW

 

Nos mesures de recharge sur la Megane e-Tech EV60

Pour conclure

Bien plus polyvalente sur autoroute que la Renault ZOE, la Megane électrique sera sans doute un peu juste pour celles et ceux qui envisagent des longs trajets réguliers. En cause, un rayon d’action qui tournera davantage aux alentours de 250-280 km sur autoroute et des capacités en charge rapide qui imposeront des temps d’arrêt plus longs que sur d’autres modèles du marché.

Côté tarif, notre modèle d’essai débute à partir de 43 200 euros hors bonus dans sa finition intermédiaire Techno et grimpe même 44 700 € dans sa version « Optimum Charge ». C’est 3 000 € de plus que la version de base Equilibre (40 200 €).

À lire aussi Renault Megane électrique Evolution ER : une inédite version en préparation
On a aimé
  • Les aides à la conduite
  • La consommation maîtrisée
  • Le planificateur Google


On a moins aimé
  • Bruits aérodynamiques
  • Petits bugs sur l’infodivertissement

En savoir plus sur le véhicule Renault Megane électrique

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