Grâce aux projets de fabrications de batteries se multipliant sur le continent, l’Europe espère ne plus dépendre de l’Asie pour alimenter les voitures électriques.

L’Europe se lance à corps perdu dans l’électrification de l’automobile. Toutefois, si la plupart des voitures sont fabriquées sur le continent, ce n’est pas le cas des batteries. Ce sont les fabricants asiatiques qui remportent la mise, dont le Chinois CATL, le Japonais Panasonic, ou le Sud-Coréen LG Chem. L’UE n’a compris que récemment cet enjeu industriel crucial, mais veut rattraper rapidement son retard.

« Je suis confiant qu’en 2025, l’UE sera capable de produire assez de cellules comblant les besoins de l’industrie automobile européenne » avance Maros Šefčovič lors de la Conférence Européenne sur les Batteries selon Euractiv. Cet évènement avait d’ailleurs vu Elon Musk donner des informations sur le futur Semi ou une éventuelle compacte Tesla en Europe.

Outre les projets des constructeurs ou des spécialistes type Envision ou Svolt, l’UE mise sur son « Airbus des Batteries ». L’Union financera notamment Automotive Cells Batteries (PSA-Total), BMW et Umicore. Le vice-président de la Commission européenne est convaincu que cela sera suffisant pour alimenter 6 millions de voitures électriques. Sa confiance est telle qu’il espère même créer un marché à l’export.



Des batteries également plus propres ?

Le but n’est pas seulement de réduire la dépendance, mais aussi d’assurer une maîtrise des enjeux environnementaux. En effet, les batteries dépendent également du minage de métaux, ne respectant pas certains standards de pollution ou sociaux dans certains pays. « Même si l’on extrait du lithium, nous devrions toujours l’envoyer en Chine pour le raffiner » ajoute M. Šefčovič.

Ainsi, la Commission européenne annonçait en septembre une Alliance des matières premières. Son but est d’utiliser « 80 % de lithium de sources européennes à l’horizon 2025 ». Mais l’enjeu sera colossal. Dans son discours du 4 septembre 2020, Šefčovič estimait que « l’Europe aura besoin de 60 fois plus de lithium et 15 fois plus de cobalt en 2050 ».