Chauffeur professionnel pour un grand groupe industriel français, Dominique a pu tester tous types de voitures fonctionnant à l’hydrogène. Il nous parle de son expérience au volant de la nouvelle Toyota Mirai. 

Nos essais aboutissent parfois à de jolies rencontres. Cela a été le cas lors de notre test de la Toyota Mirai. Lors d’un stop à la station située près de Jouy-en-Josas (78), nous avons pu rencontrer Dominique, un utilisateur de la première heure. Chauffeur professionnel, il a pu conduire la quasi-totalité des voitures à hydrogène du marché. Pour les lecteurs d’Automobile Propre, il dresse un bilan de son quotidien au volant de la nouvelle Toyota Mirai et sur les progrès réalisés par rapport à la génération précédente.

« Elle s’est largement améliorée par rapport à la première version. Je la trouve beaucoup plus jolie. En termes de confort, de qualité de finitions, on commence à entrer dans des statures plus intéressantes. Le seul défaut que je lui trouve, c’est la hauteur de garde au toit à l’intérieur. Dès qu’on dépasse les 1,80 m, on commence à toucher. C’est notamment le cas aux places arrière. Au-delà de ça, c’est vraiment une évolution indéniable en matière de tenue de route et de qualité de fabrication », note-t-il, comparant la nouvelle berline nipponne au SUV Nexo de Hyundai. « Le Nexo est un ton en dessous au niveau de la qualité de finition. Par contre au niveau utilité pratique et notamment au niveau du coffre, le Nexo est un véritable SUV. Sur la Mirai, on a un coffre qui est un peu réduit par la présence des réservoirs et des batteries. Maintenant, cela convient si on reste dans une utilisation commune. »

Une filière en constante évolution

« Je suis très sceptique quant à l’utilisation de l’hydrogène par rapport à l’électrique notamment parce que je ne comprends pas l’intérêt d’aller produire de l’électricité avec un carburant issu des énergies fossiles », interroge notre journaliste. « Vous parlez d’hydrocarbure pour produire de l’hydrogène, c’est ce que l’on appelle l’hydrogène gris ou noir. Maintenant, on parle surtout d’hydrogène bleu ou d’hydrogène vert, de l’hydrogène écologique », répond notre interviewé. « On est en train de faire en sorte de produire de l’hydrogène qui soit plus écologique, mais aussi plus facile à produire en grandes quantités. Aujourd’hui, le coût de l’hydrogène est assez élevé, on est à 12 €/kg, mais dès que les productions seront lancées, le prix va baisser et risque de baisser de façon considérable. L’hydrogène pourrait donc devenir rentable. Le rendement par rapport à une électrique est moins bon pour l’instant, mais entre la Toyota Mirai 2 et la Mirai 1 il y a déjà eu de grosses évolutions », poursuit-il.