Les taxis électriques roulent déjà partout… mais leur recharge reste un énorme défi

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Chauffeur branchant un taxi électrique Volvo EX30 Freenow sur une borne de recharge dans un parking.
La recharge des taxis électriques, comme ce Volvo EX30 Freenow, représente un défi quotidien pour les chauffeurs. © Wallbox

Wallbox et Freenow s’associent pour proposer des solutions de recharge aux taxis électriques et hybrides rechargeables dans cinq pays européens, dont la France. Une annonce logique, alors que plus de 60 % des véhicules actifs sur la plateforme sont déjà électrifiés ou hybrides rechargeables.

Wallbox et Freenow by Lyft veulent faciliter la vie des chauffeurs de taxi et des gestionnaires de flottes passés à l’électrique. Les deux entreprises annoncent un partenariat déjà déployé en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Irlande et en Espagne. Objectif : proposer aux conducteurs de véhicules électriques (BEV) et hybrides rechargeables (PHEV) inscrits sur la plateforme Freenow (application de taxis) des conditions préférentielles sur certaines bornes Wallbox.

L’accord couvre aussi bien la recharge à domicile que les installations en dépôt de flotte. Sur le papier, l’idée est simple : éviter que l’électrification des taxis ne se transforme en parcours du combattant dès qu’il faut brancher le véhicule. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large, où les plateformes de mobilité multiplient les partenariats pour structurer l’écosystème de recharge.

Des bornes pour taxis électriques, mais pas une solution miracle

Le partenariat repose sur trois modèles de bornes. Le Pulsar Max vise plutôt les chauffeurs indépendants rechargeant à domicile. Le Pulsar Pro et l’eM4 ciblent davantage les environnements partagés, les parkings professionnels et les dépôts de flottes. Wallbox met aussi en avant son réseau d’installateurs certifiés locaux pour accompagner le déploiement.

Sur le fond, le besoin est réel. Un taxi électrique ne recharge pas comme une voiture particulière utilisée pour faire les courses et partir en week-end. Les cycles sont plus fréquents, les temps morts coûtent cher, et une borne indisponible peut vite devenir un irritant majeur. Reste que l’annonce ne règle pas tout : le prix de l’électricité, la puissance disponible sur site, la gestion des pics de recharge et la maintenance restent des sujets très concrets pour les professionnels. La borne, c’est le début de l’histoire, pas le générique de fin.

Ignasi Alastuey, Chief Business Officer chez Wallbox, estime que « la transition vers la mobilité électrique dans le secteur des taxis dépendra de la simplicité, de l’accessibilité et de l’adéquation de la recharge aux besoins quotidiens des chauffeurs et des gestionnaires de flottes ». L’offre prévoit également des remises sur les équipements sélectionnés, un argument important pour des professionnels qui doivent déjà absorber le surcoût d’achat d’un véhicule électrifié.

Cette approche rejoint d’autres initiatives observées dans le secteur, comme le basculement de Hype vers l’électrique à batterie ou le développement de robots de recharge autonomes pour robotaxis. Le taxi électrique devient un marché à part entière, avec ses contraintes, ses volumes… et ses jolis maux de tête logistiques.

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Selon Freenow, plus de 60 % des véhicules actifs sur sa plateforme dans plus de 180 villes européennes sont déjà totalement ou partiellement électrifiés. Cette proportion s’explique notamment par les restrictions de circulation dans les zones à faibles émissions, les incitations nationales et la pression croissante exercée sur les plateformes de mobilité. Pour les chauffeurs, l’électrification n’est plus seulement une vitrine environnementale : elle devient parfois une condition pour continuer à travailler dans certaines grandes villes.

Felix Brand, Chief Strategy Officer chez Freenow, souligne que « travailler avec Wallbox permet d’offrir un accès à des solutions de recharge pratiques, fiables et adaptées aux besoins de notre communauté de chauffeurs, contribuant à rendre l’électrification plus viable à travers notre réseau ». Le discours est bien rodé, mais il pointe un vrai sujet : sans recharge accessible et prévisible, un taxi électrique perd vite une partie de son intérêt économique.

Pour Wallbox, ce partenariat permet aussi de renforcer sa présence sur le marché professionnel. L’entreprise, historiquement très identifiée à la recharge résidentielle, cherche à se positionner sur des usages plus intensifs. Les taxis et VTC représentent une cible intéressante : les véhicules roulent beaucoup, consomment beaucoup d’énergie et imposent des infrastructures plus robustes qu’une simple borne domestique installée dans un garage.

En ciblant les flottes de taxis et de VTC, Wallbox accède donc à un segment où les besoins en recharge, en maintenance et en supervision sont plus complexes, mais aussi potentiellement plus rémunérateurs. Pour Freenow, l’enjeu est différent : aider ses chauffeurs à suivre le rythme de l’électrification sans perdre en compétitivité. Car, sur le terrain, une voiture propre, c’est bien. Une voiture propre qui peut repartir rapidement avec une batterie pleine, c’est tout de suite plus utile.

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