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Les applications mobiles pour voitures électriques deviennent incontournables pour gérer recharge, confort et sécurité. Cette étude révèle comment les conducteurs les utilisent… et ce qui les agace encore.
Il fut un temps où la télécommande à distance d’une voiture se limitait à verrouiller les portes. Aujourd’hui, pour un nombre croissant de conducteurs de voitures électriques, l’application mobile du constructeur est devenue un véritable tableau de bord numérique, au point de sortir le smartphone presque à chaque trajet.
Alors certes, les applications mobiles destinées à faciliter ou enrichir l’expérience et les interactions avec sa voiture ne sont pas nées avec l’électrique. Mais c’est probablement l’électrique qui leur a donné leurs lettres de noblesse et les a rapidement rendues incontournables.
Si, avec une thermique, l’app était un « truc en plus » loin d’être indispensable et même parfois considéré comme un gadget quelque peu intrusif, à l’heure de l’électrique, l’application mobile est devenue un compagnon indispensable, qui non seulement ajoute des fonctionnalités, mais peut s’avérer très utile, voire critique pour le bon fonctionnement de la voiture.
C’est donc devenu un enjeu majeur pour les constructeurs, ou en tout cas cela devrait. Car dans la réalité, ces derniers semblent bien inégaux face à cet impératif technique et commercial. Cela étant, l’enjeu est tel qu’un puissant cabinet d’études et d’analyses comme JD Power en a fait un sujet d’enquête, dont les résultats viennent d’être publiés. Voici ce qu’il faut en retenir.
J.D. Power a interrogé près de 2 000 propriétaires de voitures électriques aux États-Unis pour établir ce rapport, en analysant plus de 70 critères spécifiques aux véhicules électriques et plus de 350 bonnes pratiques. L’institut a également inclus des marques européennes et chinoises, signe que l’enjeu dépasse largement les frontières américaines. Cela étant, l’étude est donc centrée sur les USA, et l’on sait que certaines exigences sont différentes chez nous, sans parler des infrastructures, qui influent certainement sur les usages, comme par exemple la planification d’itinéraire. Les résultats indiqués sont donc à prendre avec un certain recul, en attendant d’avoir peut-être un jour une enquête identique spécifique à l’Europe.
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Peut-on vraiment faire une voiture électrique low-tech ?Mais, même en mettant de côté mon indécrottable attirance pour tout ce qui est technologique et connecté, je me rends compte que je ne pourrais plus me passer de l’application de ma voiture électrique. Que ce soit pour vérifier l’état de charge avant un départ, programmer la climatisation (quel bonheur de s’asseoir dans un habitacle frais en pleine canicule) ou trouver la borne idéale sur un trajet, elle s’est imposée comme un réflexe, presque autant que mettre la ceinture.
L’étude 2025 de J.D. Power sur les applications de véhicules électriques confirme cette tendance : ces outils numériques sont devenus une extension naturelle de la voiture. Ils permettent de verrouiller ou déverrouiller les portes, lancer le préchauffage ou le refroidissement, planifier une recharge et même payer directement sur une borne publique. Mais malgré cette place centrale dans l’expérience de conduite, tout n’est pas encore parfait. La vitesse d’exécution et la fiabilité restent notamment des points de friction.
Quelques chiffres, donc. En 2025, près d’un tiers (32 %) des conducteurs de voitures électriques hors Tesla utilisent leur application à chaque trajet, contre seulement 17 % un an plus tôt. Chez Tesla, la proportion grimpe à 79 %, en hausse par rapport aux 69 % observés en 2024. Une forte progression qui reflète la confiance croissante des utilisateurs et la multiplication des usages quotidiens : suivi de la recharge, réglages à distance, planification d’itinéraires avec arrêts aux bornes. Cependant, si cette adoption massive s’explique par la praticité évidente de l’outil, l’étude souligne également que la satisfaction n’atteint pas encore le même niveau, principalement à cause de lenteurs et d’incohérences dans le fonctionnement.
D’ailleurs, pour beaucoup d’utilisateurs, attendre que l’application réponde peut très vite devenir agaçant. Près de 46 % des propriétaires de voitures électriques estiment qu’un délai de 3 à 5 secondes est le maximum tolérable pour exécuter une commande à distance. Et 40 % des clients Tesla attendent un retour quasi instantané, en seulement 1 à 2 secondes. Cette exigence se ressent dans les notes : Tesla obtient un score de 8,3/10 sur l’importance de la rapidité, contre 7,4 pour les autres marques. Côté satisfaction, la marque californienne atteint 7,9 contre seulement 5,5 pour les concurrents. Autrement dit, Tesla n’est pas seulement rapide, elle répond aux attentes de ses clients, ce qui lui donne un avantage compétitif évident.
Si la vitesse est essentielle, la fiabilité de la connexion l’est tout autant. Malgré une légère amélioration, 37 % des utilisateurs d’applications hors Tesla rencontrent encore des pertes de connexion ou des mises à jour retardées, contre 40 % l’an dernier. Chez Tesla, la situation s’est nettement améliorée : seuls 19 % des clients rapportent des soucis, contre 35 % un an plus tôt. Des données qui montrent l’importance des mises à jour régulières et d’une communication claire de la part des constructeurs. Un simple bug peut suffire à casser la confiance et à décourager l’usage, voire conduire certains utilisateurs à ne plus jamais lancer l’application, jusqu’à la désinstaller.
Et c’est là qu’arrive la question récurrente et souvent débattue de la fonctionnalité de planification d’itinéraire, et d’un certain paradoxe. Alors que plus de 70 % des utilisateurs disent vouloir des fonctions comme la planification de recharge, l’intégration d’arrêts sur un trajet ou le paiement direct à la borne, beaucoup ne les utilisent tout simplement pas. Chez les marques hors Tesla, 43 % des utilisateurs n’ont jamais programmé une recharge, 44 % n’ont jamais planifié un trajet via l’application et 54 % n’ont jamais payé une recharge publique par ce biais. Cela étant, je ne connais pas beaucoup d’applications natives proposées par les constructeurs qui intègrent un planificateur, cette fonctionnalité étant généralement « déléguée » en Europe à des apps externes, comme Chargemap ou celles de CPO comme Electra.
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Bornes de recharge : quel abonnement est rentabilisé le plus rapidement ?En revanche, certaines fonctions séduisent de plus en plus les conducteurs. Par rapport à 2024, l’intérêt pour la gestion des profils de conducteur (mode invité, mode voiturier) a bondi de 6,3 points. Les commandes à distance des vitres (+3,7 points), l’accès sans clé via smartphone (+2,2 points) et la consultation des caméras ou alertes de sécurité (+1,7 point) gagnent aussi du terrain. En parallèle, les fonctions de base restent plébiscitées : état du véhicule, mises à jour à distance, diagnostics ou bilans de santé électronique séduisent plus de 90 % des utilisateurs. Il n’est rien dit en revanche sur les fonctions statistiques proposées par certaines applications, parfois très complètes, notamment sur les critères d’efficience, de consommation et d’écoconduite.
Sans surprise, Tesla arrive en tête du classement général avec un score de 864 sur 1 000, et conserve la première place parmi les marques premium. Mercedes-Benz (839) et BMW (833) complètent le podium. Dans la catégorie des marques généralistes, MyHyundai avec Bluelink prend la tête avec un score de 820, suivi de Kia Access (808) et de Mini (797). Ces scores traduisent la capacité des constructeurs à allier ergonomie, rapidité et richesse fonctionnelle, mais aussi la différence d’approche entre certaines marques qui considèrent l’application comme un service central, et d’autres qui la voient encore comme un simple outil complémentaire.
À mesure que la voiture électrique s’installe dans le quotidien, l’application mobile devient un élément de fidélisation. Un utilisateur satisfait sera moins tenté d’aller voir ailleurs lors de son prochain achat. À l’inverse, un service mal conçu ou instable peut peser lourd dans la balance au moment de choisir un nouveau modèle.
C’est peut-être d’ailleurs ce que n’ont pas encore tout à fait compris ceux qui facturent un abonnement pour l’utilisation de leur application après quelques mois d’utilisation… et d’accoutumance.
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je vous donne une astuce pour l'usurpation d'identité avec la CNI . je n’envoie que des scans avec filigrane grâce à ce site officiel : https://filigrane.beta.gouv.fr/. "usage réservé pour la société machin"
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Mouais pour l'avoir testé cela reste de la daube comparé à l'app Tesla.
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Un article qui fait vraiment plaisir et qui est en face des attentes du quotidien. Autant pour l'accélération, la tenue de route, et autres critères où les différences sont dorénavant très faibles entre chaque marque, autant sur les systèmes multimédia embarqués et les applications mobiles il y a encore des écarts impressionnants entre les marques !
Et là Tesla est sans équivalent (même chez les chinois, j'ai une BYD Han en voiture de fonction la moitié de l'année et on commence à avoir des LI Auto et des XPeng pour les employés: aucun système n'arrive à la cheville de ce qu'offre Tesla).
L'application est intuitive (malgré sa grande richesse), fluide, fiable et très bien suivie (mises à jour fréquentes avec nouvelles fonctionnalités en sus).
Les constructeurs traditionnels se mettent le doigt dans l'œil jusqu'au coude en voulant facturer l'appli mobile.
C'est la même histoire que pour le GPS qui se répète: avant l'arrivée de Tesla, de Google et de CarPlay il fallait payer (et obligation le plus souvent d'aller en concession !) pour simplement avoir un GPS à jour. Ce business est mort depuis. Je prédis la même chose pour les appli mobile: soient les constructeurs se bougent soit un Apple ou un Google va leur expliquer le métier.
Les banques ont sorti au début des appli mobiles bancales, mais la plupart se sont bien rattrapées depuis (particulièrement les BoursoBank, Revolut et autres banques nées avec internet). Là les constructeurs automobile traditionnels passent pour des manches.
Pour revenir à mon usage des appli mobiles, mes principales fonctions:
- contrôle de la charge (surtout préciser si on veut charger jusqu'à 80% ou au-delà, ce qui manquait à l'appli de notre Zoé)
- sentinelle
- chauffage/climatisation à distance
- localiser la voiture Les autres fonctions c'est très rare.
Et tout ça est à portée d'un ou deux "tap" sur l'écran du mobile avec l'appli Tesla. C'est très clair que depuis le début les responsables produit et les ingénieurs Tesla sont aussi les premiers utilisateurs de leurs appli. C'est beaucoup moins clair chez d'autres marques où on se demande s'il y a un service QA qui teste quoi que ce soit avant diffusion de l'appli mobile.
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