Test prise renforcée connectée Sparklin Spark 1 : la recharge idéale pour les gîtes, hôtels, campings et Airbnb ?

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La prise renforcée connectée Spark 1 avec un câble branché / Image : AP.

Offrir un accès à la recharge aux clients en voiture électrique est un vrai atout pour les propriétaires de meublés de tourisme, auberges, gîtes, hôtels, campings, entre autres. Si l’installation de bornes peut être coûteuse et leur gestion complexe, une start-up française propose une alternative inédite et nettement moins chère. Avec sa prise renforcée connectée Spark 1, Sparklin espère démocratiser et simplifier les solutions de recharge pour les professionnels. Nous l’avons testée, de l’installation jusqu’à la monétisation.

Si vous fréquentez les campings, vous avez certainement déjà aperçu ces pancartes interdisant formellement la recharge d’une voiture électrique sur les emplacements. Des propriétaires d’hébergements saisonniers vous ont peut-être refusé l’accès à une prise pourtant présente sur leur parking. Autrement, des hôtes plus généreux vous ont probablement offert la recharge, sans vraiment savoir combien cela leur coûte ni s’ils disposent d’une installation électrique adaptée.

Malgré l’essor du véhicule électrique, l’accès à la recharge « à destination » reste encore anarchique de nos jours. Et c’est un vrai frein à sa démocratisation : sans possibilité de se recharger à l’arrivée sur son lieu de vacances, la seule solution est de se brancher sur des bornes publiques. Des bornes parfois occupées, défectueuses, éloignées de l’hébergement et souvent très chères.

Offrir la recharge aux clients peut coûter très cher

Les propriétaires d’hébergements de vacances peuvent être rebutés à l’idée de laisser leurs clients se recharger gratuitement. Il faut d’abord investir dans une coûteuse borne de recharge. Comptez entre 1000 et 1500 € dans la plus simple des configurations, et bien plus si le choix se porte sur une borne avec fonctions avancées (contrôle d’accès, monétisation…) ou si l’installation est complexe (tableau éloigné, puissance de raccordement insuffisante…).

Une fois la borne installée, quid de la facturation des recharges ? Il est tout à fait possible de l’offrir à ses clients, mais cela peut représenter des montants conséquents selon le niveau de fréquentation de l’établissement et le contrat de fourniture d’électricité choisi. Une année de recharges à hauteur d’un plein par jour (50 kWh) équivaut à 3 620 € d’électricité au tarif bleu « base » d’EDF. Des miettes pour un palace, mais une lourde charge pour un petit gîte.

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Une prise renforcée très économique à l’achat et à l’installation

L’une des solutions pour populariser la recharge à destination vient probablement d’une petite prise renforcée connectée commercialisée par la start-up nantaise Sparklin, la « Spark 1 ». Cette prise recharge plus lentement : 3,7 kW contre 7,4 kW pour une borne, soit un plein de 50 kWh en 13 h 30 (au lieu de 7 h sur une borne). Mais ce n’est pas tellement problématique, car les utilisateurs s’y branchent généralement le soir et récupèrent leur véhicule le lendemain matin, entièrement chargé ou presque.

Surtout, la Spark 1 est nettement plus économique qu’une wallbox, à l’achat comme à l’installation. Vendue autour de 300 € TTC, elle coûte deux à trois fois moins qu’une borne premium. Son raccordement nécessite un câble de plus petite section (2,5 à 4 mm²) et des protections plus modestes, donc bien moins chères. Grâce à sa puissance plafonnée à 3,7 kW, elle ne doit pas obligatoirement être installée par un électricien disposant de la qualification IRVE, ce qui permet de mettre en concurrence un plus grand nombre d’installateurs. On peut donc estimer autour de 800 € TTC le coût total d’installation d’une Spark 1, matériel, fournitures et main-d’œuvre comprise.

Installation de la prise renforcée connectée Spark 1

C’est évidemment moins cher lorsque la prise est installée sans faire appel à un professionnel. Nous l’avons fait, sans difficulté. Dans un premier temps, il faut installer la ligne d’alimentation de la prise. Dans le tableau général, un disjoncteur de 20 A doit être placé en aval d’un interrupteur différentiel type A ou F de 25 A. Nous déroulons ensuite une couronne de câble 3 x 2,5 mm² en gaine ICTA longue de 10 mètres. L’ensemble coûte autour de 80 €, en choisissant du matériel de célèbres marques françaises.

L’installation de la prise renforcée est certainement la partie la plus simple. La Spark 1 est livrée prête à monter avec son presse-étoupe, bouchon obturateur, des vis inox et deux capuchons d’étanchéification. La visserie nécessaire pour fixer la prise au mur n’est toutefois pas incluse. Le tout est accompagné d’un mode d’emploi très complet, qui détaille même les couples de serrage, la longueur de dénudage et les types de câbles recommandés.

La Spark 1 dans son emballage / Image : AP.
Le contenu de la boîte de la Spark 1 / Image : AP.
La boîte de la Spark 1 / Image : AP.

Fiche technique de la prise renforcée connectée

Sparklin Spark 1

Puissance de charge maximale

3,7 kW

Intensité

16 A

(non réglable)

Tension

220-250 V, monophasé

Connecteurs

– Prise type E/F 2P+T

– Raccordement de l’alimentation par bornier de type Wago jusqu’à 4 mm²

Types de câbles d’alimentation recommandés

U-1000 R2V, H07 RN-F (avec embouts), FR-N1X1G1

Passage du câble d’alimentation

Haut, bas ou fond de prise. Presse-étoupe et bouchon obturateur fournis.

Interface

– Application smartphone (pour l’utilisateur)
– Site internet de gestion (pour le propriétaire)
– 2 LED en façade

Fonctionnalités

– Contrôle d’accès par application smartphone (par scan du QR code ou géolocalisation)
– Monétisation des recharges (paiement par CB sur l’app smartphone, via Stripe)

– Différenciation des tarifs de recharge selon l’utilisateur (possibilité de créer des communautés d’utilisateurs)

– Différenciation des recharges personnelles et professionnelles.

– Gestion de la facturation, notes de frais et sessions de recharge (exports possibles)

– Mesure de la puissance et de la consommation d’électricité, avec historique

– Plateforme de gestion de la prise via site internet (l’application smartphone est dédiée aux utilisateurs)

– Communication OCPP

Connectivité

– 4G(LTME), 5G Ready (abonnement mensuel nécessaire)
– Wifi, Bluetooth (selon version)

Matériau de la prise

Polypropylène, vis inox, joints caoutchouc

Dimensions (L x H x P) et poids de la prise

16,4 x 10,1 x 7,8 cm
0,5 kg

Température de fonctionnement

-20 à +45 °C

Résistance

– Étanchéité : IP66 (IP55 si passage du câble en fond de prise)
– Chocs : IK08
– Résistance aux produits chlorés pH 10-11, alcalins pH 9-10, acides pH 3, tenue au brouillard salin 168 h, autoextinguibilité 850° C / 30 s pour les pièces isolantes maintenant en place les parties sous tension, 650 °C pour les autres pièces en matières isolantes.

Sécurités

Aucune protection intégrée dans la prise (elles doivent être installées en amont sur le tableau d’alimentation)

Compatible Green’up

Non

Normes et certifications

CE, TÜV Sud, IEC 60884-1, NF EN 60669-2-1, 2014/53/UE (RED), NF C 61-314, NF C 14-100, NF C 15-100, NF C 17-200

Garantie

2 ans

Origine

Conception : France

Matériel : Chine

Assemblage : Tunisie

Fixer le boîtier au mur

La première étape consiste à visser le boîtier contre le mur. Rien de bien compliqué : il y a quatre orifices faciles d’accès. Les deux trous situés dans le compartiment de gauche, où se trouve la prise, doivent être équipés de vis coiffées des deux capuchons d’étanchéification fournis. À noter que le compartiment de droite est scellé, donc inaccessible. Seul un cache permet d’accéder aux deux autres trous de fixation murale.

Le joint d’étanchéité qui entoure le dos de la prise semble de très bonne qualité. Il comble parfaitement le jour entre le mur et la prise, si bien qu’en la dévissant, il laisse apparaître son empreinte sur le mur. Un second joint, placé entre le cache de la prise et le compartiment, est amovible : attention à ne pas le vriller ou l’endommager.

La prise Spark 1 fixée au mur / Image : AP.
La trace laissée par le joint / Image : AP.
Détail du joint externe / Image : AP.
Une vis de fixation murale avec son capuchon d'étanchéification (fourni) / Image : AP.
Détail du joint interne / Image : AP.

Raccorder l’alimentation

Une fois le boîtier fixé, il reste à réaliser le raccordement électrique. Une étape d’autant plus pratique que les orifices sont déjà percés. Il suffit donc de visser le presse-étoupe fourni à l’endroit de son choix (arrivée haute ou basse). Pour une arrivée sans câble apparent, directement au dos de la prise, la notice préconise de réaliser un joint d’étanchéité.

Nous enfilons le câble d’alimentation préalablement dénudé dans le presse-étoupe. Un bornier à connexion automatique de type Wago facilite ensuite les branchements. Il accepte des fils de 2,5 à 4 mm². Un autocollant indique l’emplacement de chaque fil. Trois terminaux sont réservés à l’entrée, les trois autres à la sortie, vers la prise.

Celle-ci est d’ailleurs déclipsable, ce qui est d’une grande aide pour l’installation. Les trois fils de la prise sont déjà vissés en usine (nous contrôlons toutefois le serrage, qui nous a paru un peu lâche puisque nous avons pu ajouter un bon quart de tour de vis sans trop forcer). Leur extrémité doit ensuite être insérée dans le bornier Wago.

Insertion du câble dans le presse-étoupe / Image : AP.
Insertion des fils dans le bornier / Image : AP.
Détail du bornier / Image : AP.
Détail de la prise / Image : AP.
La prise à clipser / Image : AP.
La prise raccordée au bornier / Image : AP.
Le boîtier est prêt à être refermé / Image : AP.

Une prise qui paraît robuste

Après un ultime contrôle des branchements, il ne reste plus qu’à refermer la prise. Nous plaçons d’abord le cache de droite, simplement clipsé, puis celui de gauche, à fixer avec deux minuscules vis inox équipées d’un petit joint (fournis).

Ça y est, la prise est prête. Elle paraît robuste, bien que faite en polypropylène, alors que la plupart des prises sur le marché utilisent du polycarbonate ou du polyéthylène. Chaque plastique a ses avantages et inconvénients : si le polypropylène est habituellement sensible aux grands froids (il résiste moins aux chocs sous températures négatives), il a une excellente tenue aux agressions chimiques et résiste bien à la chaleur jusqu’à 100 °C.

Fermeture du boîtier / Image : AP.
Le cache à droite est simplement clipsé / Image : AP.
Détail de la face droite / Image : AP.

Mise en service et configuration

Nous fermons les disjoncteurs pour donner vie à la Spark 1. Une des deux LED en façade s’allume en orange, le temps d’établir la connexion au réseau 4G. Elle passe au vert quelques minutes après. Ces LED changent également de couleur et clignotent lentement selon l’état de la recharge (véhicule branché, en charge, prise disponible ou hors-service).

Il est temps de la configurer sur la plateforme « Spark Pilot » mise à disposition des propriétaires par Sparklin. Contrairement à l’interface dédiée aux utilisateurs de la prise, le Spark Pilot n’utilise pas d’application smartphone mais un site internet. Plus pratique à utiliser sur un ordinateur, il peut aussi être consulté sur un mobile malgré une ergonomie moindre.

L'interface Sparklin Pilot / Image : AP.
L'interface Sparklin Pilot / Image : AP.
L'interface Sparklin Pilot / Image : AP.

Se faire payer les recharges en quelques minutes

Les options de configuration sont nombreuses. La prise peut être laissée en accès libre ou contrôlé, les recharges payantes ou non. Il est même possible de créer des communautés d’utilisateurs et de choisir pour chacune un tarif de recharge spécifique ou une gratuité. Le propriétaire peut librement régler le tarif au kilowattheure (kWh) de la recharge et le montant des frais d’accès éventuels.

La mise en place du paiement par carte bancaire est très simple : nous l’avons fait en quelques minutes. Il suffit de renseigner les coordonnées de sa société, son RIB et de répondre à quelques questions posées par le partenaire Stripe, l’intermédiaire choisi par Sparklin pour les transactions. Nous nous sommes facturé notre propre recharge pour le test, sans constater le moindre problème.

Seule déception : les frais plutôt élevés prélevés par Stripe à chaque recharge (0,39 €). Bien qu’imputés au client, donc sans impact pour le propriétaire, ces frais sont forfaitaires. Ils ne s’adaptent pas au montant rechargé, ce qui peut être frustrant pour l’utilisateur. Le montant total des recharges est directement viré sur le compte bancaire renseigné chaque 1ᵉʳ du mois.

L'interface Sparklin Pilot / Image : AP.
L'interface Sparklin Pilot / Image : AP.
L'interface Sparklin Pilot / Image : AP.

Rentabiliser l’installation en six mois ?

En réglant le tarif de manière à réaliser une marge de 0,10 € par kWh (soit environ 0,30 €/kWh pour le client en se basant sur le tarif bleu « base » d’EDF), il est envisageable de réaliser un chiffre d’affaires de 150 € par mois à hauteur d’un plein quotidien de 50 kWh. De quoi rentabiliser très rapidement l’achat et l’installation de la prise, ainsi que l’abonnement mensuel obligatoire de 4,99 €/mois facturé par Sparklin (offert la première année).

Un établissement très fréquenté par des clients équipés de voitures électriques peut donc espérer un retour sur investissement en seulement six mois, dans le cas d’une utilisation très intensive de la prise.

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Une prise utile pour les véhicules de fonction rechargés à domicile

Parmi les autres fonctionnalités proposées par la Spark 1, on retrouve la possibilité de différencier les recharges privées et professionnelles. Utile pour les salariés disposant d’un véhicule électrique de fonction rechargé à leur domicile : les pleins effectués pour le travail sont automatiquement retranchés pour être défrayés par leur employeur. Un onglet est d’ailleurs réservé à la partie facturation, avec possibilité d’export de notes de frais, factures et récapitulatifs de sessions de recharge.

Une connexion au protocole OCPP est également présente, pour exploiter à travers différentes plateformes de recharge publiques. Il est aussi possible de configurer la prise de façon à ce qu’elle ne soit pas accessible au public et n’apparaisse donc pas sur la carte de localisation des prises publiques dans l’application Sparklin. Dans tous les cas, le service client Sparklin, contacté par téléphone, s’est montré très réactif pour répondre à nos questions sur la configuration de la prise. Par ailleurs, les serveurs utilisés pour faire fonctionner les services connectés sont basés en France, promet Sparklin.

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Facturer des recharges sans compteur certifié ? Possible mais risqué

La Spark 1 est équipée d’un compteur de consommation électrique qui n’est cependant pas certifié MID. Cela signifie qu’un utilisateur peut contester le montant de sa recharge, sans que le propriétaire de la prise puisse légalement s’y opposer. Pour une facturation « juridiquement opposable », Sparklin propose une version nettement plus chère, la Spark Plus, qui intègre un compteur MID et un écran e-Ink.

En testant l’interface côté utilisateurs (le client qui se branche sur la prise), nous avons cependant constaté que le compteur de la Spark 1 est assez précis. À l’issue d’une recharge de notre Renault Zoé, il affiche un total de 24,77 kWh contre 24,3 kWh relevés par notre compteur Shelly Pro 3EM. Nous n’avons jamais observé d’écart aussi faible lors de nos tests de bornes, câbles et prises de recharge pour véhicules électriques.

En veille, la prise Sparklin consomme peu malgré sa connexion 4G. Nous avons relevé une moyenne quotidienne de 33 Wh (soit 1,4 W de puissance moyenne), ce qui est comparable à n’importe quelle borne de recharge.

L'application Sparklin / Image : AP.
L'application Sparklin / Image : AP.
L'application Sparklin / Image : AP.

Une application smartphone pour les utilisateurs

Pour se recharger sur une prise Spark 1, l’utilisateur doit télécharger l’application smartphone Spark 1 (une de plus !) et créer un compte. Une étape qui nous parait superflue dans le cas de clients qui souhaiteraient se brancher rapidement, sans devoir renseigner leurs informations personnelles (e-mail et téléphone).

Ensuite, il suffit de scanner le QR code présent sur la prise pour consulter ses modalités d’accès (payant ou non). Les plus avertis remarqueront qu’il y a ici un risque d’arnaque au faux QR code. Un type d’escroquerie déjà constaté sur plusieurs réseaux de recharge, qui consiste à remplacer le QR code original par un code dirigeant vers une fausse page de paiement imitant la vraie.

Si la recharge est payante, le client doit renseigner sa carte bancaire et une préautorisation est effectuée. Il dispose ensuite de 1 minute 30 pour brancher son véhicule. La recharge se lance et l’application affiche instantanément les données en temps réel : durée de la recharge, consommation totale, puissance, autonomie récupérée estimée et, pour certains véhicules, le pourcentage de batterie. Un récapitulatif est disponible à la fin de chaque session. Nous n’avons pas relevé de bug ni de lenteurs lors du lancement de notre recharge de test.


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