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Les raisons qui incitent des automobilistes à adopter l’électrique sont très diverses et relèvent parfois de l’anecdote. C’est le cas de Loïc, qui a un jour croisé une Nissan Leaf 2 alors qu’il circulait sur une voie rapide. Cette voiture qu’il ne connaissait pas l’a surpris par la vivacité avec laquelle elle s’est extraite d’un rond-point. Il ne lui en a pas fallu davantage pour pousser la porte d’une concession et en acheter un exemplaire neuf en finition N-Connecta fin 2018. Avec 156 000 km au compteur fin janvier 2026, ce premier VE pour le foyer continue de servir à une famille de 5 personnes.
En 2018, Loïc roulait en Opel Meriva essence : « Je n’y connaissais rien en électriques. En constatant en sortie d’un rond-point sur une route à deux fois deux voies l’accélération d’une voiture inconnue pour moi, je me suis dit qu’elle devait être bien pêchue. Bien incapable d’identifier une Leaf, même si ça avait été l’ancien modèle, j’ai poussé la porte d’une concession Nissan pour retrouver et essayer cette voiture qui m’avait tant étonné. Je n’aime pas la vitesse, mais les accélérations franches, si, pour doubler en toute sécurité, par exemple ».
L’essai n’a pas duré longtemps : « Moins d’une heure avec le commercial assis à côté. J’ai été surpris par le couple et la puissance disponible dès 0 km/h, puis j’ai apprécié le silence ainsi que les vives accélérations linéaires, sans à-coups. J’avais l’impression d’être dans une auto-tamponneuse, sans les tamponnements bien sûr ! Étant technophile, je n’ai eu aucune gêne à passer à l’électrique. J’ai ressenti un tel coup de cœur pour cette Nissan Leaf, que je n’ai pas essayé d’autres VE ».
Cette voiture électrique est dans le foyer depuis un peu plus de 7 ans : « Je l’ai achetée pour moi, en voiture secondaire du foyer. Au début, ma femme, qui n’a jamais eu à conduire une voiture automatique, ne voulait pas l’essayer. Il a fallu une situation un peu particulière pour qu’elle apprenne à s’en servir. J’avais dû sécuriser un point d’accident dans ma rue en positionnant la Leaf avec les warnings activés. Je n’étais pas sur place quand un pompier a demandé de bouger la voiture. C’est lui qui a dû le faire ».
La première électrique du foyer calaisien est une « Leaf 40 kWh N-Connecta avec la technologie d’aide à la conduite ProPilot. Lors de son achat, une borne de recharge était offerte. J’ai préféré payer un peu pour avoir un modèle Hager avec gestion dynamique de délestage. La puissance de recharge s’adapte ainsi aux autres consommateurs en service, comme le ballon d’eau chaude ou le chauffage. Comme elle vient juste de lâcher, je viens d’en faire installer une nouvelle fonctionnant de la même manière ».
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Nissan Leaf d’occasion – Prix, versions, fiabilité : voici tout ce qu’il faut savoir avant d’acheterHabitant en maison individuelle, Loïc a pu recharger chez lui le plus souvent. Une situation idéale pour une utilisation économique. Il a même connu mieux au début : « En partenariat avec Nissan, il y avait chez Auchan des bornes rapides avec connecteur CHAdeMO accessibles gratuitement. Ayant assuré des missions pour cette enseigne, je pouvais aussi me brancher sur des prises renforcées sans avoir à payer quoi que ce soit ».
Finalement tout le monde utilise aujourd’hui cette Leaf : « Mes deux filles de 21 et 18 ans s’en servent. L’aînée la préférait même au Peugeot 3008 PureTech sur lequel elles ont pu faire la conduite accompagnée. Comme maintenant nous n’avons plus que des électriques, mon fils découvre la pratique avec la Leaf et passera donc un permis boîte auto. Sept ans plus tard, cette voiture répond toujours à des besoins chez nous et nous comptons bien la garder tant que nous ne rencontrerons pas un gros problème avec elle ».
Chez notre lecteur, la Leaf n’a jamais effectué de gros trajets : « Elle a toujours été un véhicule secondaire. Comme nous habitons dans un village, elle nous sert pour les achats dans les commerces qui sont, au plus proche, à 7 km de chez nous. Nous nous en servons aussi pour aller à Calais à 17 km, Boulogne-sur-Mer à 30 et Saint-Omer à 32. Cette voiture roule donc principalement sur des départementales, en zones urbaines et rurales, avec quelques portions de voies rapides à 110 km/h ».
La compacte japonaise s’aventure très peu sur autoroute : « Quand c’est le cas, nous ne dépassons pas le 110 km/h en général. Le plus loin où nous sommes allés avec cette voiture, c’est à Bruges en Belgique et à Amiens [NDLR : respectivement à environ 130 et 150 km de chez eux]. En raison de la puissance maximale de recharge à 50 kW, nous faisions en sorte de ne brancher qu’une seule fois, et juste ce qu’il fallait pour rentrer ».
Avec plus de 156 000 km au compteur fin janvier 2026, l’autonomie de départ s’est un peu réduite : « Quand elle était neuve, nous pouvions faire sans problème un aller-retour de 210 km jusque Lille après recharge complète. Désormais, avec les températures de janvier, l’autonomie est au maximum de 180 km. Il nous faut donc faire une recharge intermédiaire. On s’arrête alors le plus souvent pas plus de 20 minutes pour un 10-50 % qui nous permettra de revenir chez nous ».
Grâce à un boîtier ODB, Loïc connait l’état de santé SoH de la batterie de sa Leaf : « Il est actuellement à 86 %. Par rapport à l’été, la conso augmente en hiver de 15-20 %, passant d’environ 14 à 17 kWh/100 km ». Notre lecteur emmène sa voiture à l’entretien tous les ans : « Selon ce qu’il y a à faire, ça me coûte de 190 à plus de 300 euros. À l’achat, j’avais pris l’offre à 300 euros comprenant les trois premières révisions. Passer par Nissan a permis de bénéficier de la garantie de 7 ans. La voiture n’est plus couverte désormais ».
Au final, la Leaf n’a pas causé beaucoup de souci : « Pour éviter les patinages lors des démarrages avec cette traction, je conduis toujours en mode Eco. Je n’ai fait changer qu’une fois les plaquettes à l’avant — celles à l’arrière sont encore bonnes –, et les pneus me durent bien 50 000 km. Je vais devoir demander prochainement le remplacement des rotules, ce qui est normal avec ce kilométrage ».
Bricoler permet parfois de réaliser des économies : « J’ai eu un problème sur l’engrenage du boîtier Type 2 qui empêche de débrancher le câble en cours de recharge. S’accompagnant parfois de drôles de bruits ou du blocage intempestif du connecteur, il est assez fréquent. La pièce coûte 400-450 euros, soit plus de 600 euros avec la main d’œuvre chez Nissan. Grâce au forum d’Automobile Propre, j’ai pu réparer moi-même en perçant l’engrenage et en forçant un petit clou dedans. Ça fonctionne ainsi depuis plus de 20 000 km ».
Avec le recul, Loïc apprécie encore plus sa Nissan Leaf 2 : « Son coût à l’usage en optimisant les offres promotionnelles de fourniture d’électricité chez moi, le confort des sièges, le plaisir de conduite, le coffre relativement grand, une bonne efficacité énergétique. Elle a été la première voiture neuve que j’ai achetée. Auparavant, je prenais des occasions peu kilométrées et encore sous garantie. Le gros point noir de cette Leaf, c’est sa puissance de recharge en courant continu ».
Cet inconvénient fait que notre lecteur reste prudent à l’heure de conseiller à d’autres l’achat de cette électrique : « En voiture principale et pour partir en vacances avec, non ! Mais elle est parfaite en véhicule secondaire juste pour faire de la ville et ne pas s’écarter beaucoup plus de 100 km de chez soi. En occasion, les prix de la Nissan Leaf vont s’écrouler. Il va y avoir des affaires à faire. D’autres modèles un peu plus chers mais avec connecteur CCS et une recharge un peu plus rapide sont plus intéressants ».
Depuis septembre 2024, le foyer est 100 % électrique pour sa mobilité : « Et je ne reviendrai pas en arrière. Ma fille aînée a voulu un moment prendre une Toyota Aygo afin de rejoindre l’établissement dans lequel elle poursuit ses études. Je l’aurais vue davantage avec une MG4 64 kWh. Finalement, elle a pris un appart qui élimine le besoin d’une nouvelle voiture ».
Le Peugeot 3008 thermique a fini par être remplacé par un Tesla Model Y : « J’aime vraiment bien conduire les électriques et je ne pourrais plus me passer du One-Pedal. J’ai complètement changé ma façon de conduire, qui est désormais plus souple et dans l’anticipation. Berlinoise, ma Model Y est une version Standard avec des batteries LFP. L’espace à bord est très bien, que ce soit pour les bagages ou les passagers quand on voyage à cinq. J’ai acheté deux sacs isothermes qui tiennent dans le frunk avec les produits frais ».
L’autonomie et la vitesse de recharge sont bien meilleures qu’avec la Leaf : « De 10 à 45 % dans la batterie, la puissance est à 170 kW. Pour les 20 % suivants, on est encore entre 150 et 100 kW. Dans mon historique, je vois que ma dernière recharge de 11 à 80 % n’a pris que 18 minutes. Tout cela permet de se déplacer bien plus loin. Depuis Calais, nous sommes allés deux fois à Paris, à Loudéac en Bretagne à 600 km, et 3 ou 4 fois à Gérardmer dans les Vosges. Cette année, nous avons prévu d’aller en camping en Vendée ».
Qui conduit le Model Y ? « Un peu tout le monde, mais principalement moi. En ville, son gabarit est assez gros et les manœuvres ne sont pas facilitées. Pour tous mes déplacements confondus, les 100 km me coûtent 3,24 euros, et ça tombe à 2,75 quand je recharge essentiellement chez moi avec un kilowattheure à 0,13 euro TTC aux heures creuses. Quand je compare avec le Renault Austral que quelqu’un a pris récemment dans mon entourage familial, le coût de l’énergie me revient trois à quatre fois moins cher ».
Maintenant qu’il roule en électrique, Loïc s’intéresse de bien plus près aux nouveaux VE : « Je visionne les vidéos de Max BLD, de La Chaîne EV et d’Automobile Propre et participe aux forums. Aujourd’hui, si je devais changer ma Model Y, ce serait certainement contre une XPeng G6 ou G9. Ces voitures électriques chinoises sont de belles concurrentes aux Tesla ».
Notre lecteur n’hésite pas à donner quelques conseils : « Ne surtout pas prendre une voiture électrique, même une citadine, sans recharge rapide. Renault le permet dans des modèles d’entrée de gamme, mais des acheteurs risquent de le regretter ensuite. Ce sont souvent ceux qui n’ont pas l’habitude du VE et en achètent un comme une thermique, sans trop se poser de questions concernant le ravitaillement en énergie ».
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Témoignage : « Il faut que XPeng se bouge ! », estime Gérard, utilisateur d’un G6Pour lui, « il ne faut pas hésiter à sortir de l’autoroute pour recharger. Ca va peut-être prendre 10 minutes, mais avec davantage de chance de tomber sur des places libres et un kilowattheure moins cher. Il y a pas mal d’apprentissage à faire pour bien utiliser un VE quand on est novice. Avant, aux bornes, en attendant la fin de la recharge, on s’échangeait nos astuces entre électromobilistes. C’est hélas en arrière tout ça, et c’est bien dommage. Maintenant, on trouve même des VE non branchés garés devant des bornes. Des tensions sont à prévoir avec ce type de comportements ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Loïc pour son excellent accueil et son témoignage qu’il nous a proposé à la suite de notre appel auprès des lecteurs.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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