Scania teste son premier camion solaire en Suède

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Photographie : Scania

Scania, filiale du groupe Volkswagen, teste actuellement son premier camion à énergie solaire sur les routes suédoises. Un véhicule hybride rechargeable de 560 chevaux équipé de panneaux solaires.

Un camion à énergie solaire sur les routes suédoises

Les premiers tests de ce camion à énergie solaire sont le résultat d’un travail collaboratif entre Scania et ses partenaires industriels et universitaires. L’entreprise, dont le siège est situé à Södertälje, en Suède, se donne pour mission de « réduire les émissions de carbone et redéfinir l’avenir des transports en Europe ». Scania souhaite qu’il n’y ait plus aucun camion thermique d’ici à 2040.

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Scania travaille notamment avec l’université d’Uppsala, Eksjö Maskin & Truck, Midsummer (une suédoise spécialisée dans l’énergie solaire), Ernsts Express et Dalakraft. Une collaboration entrz plusieurs entités suédoises. Pour Stas Krupenia, responsable de la recherche chez Scania, « l’objectif de ce projet est de favoriser le passage à un système de transport durable ».

Objectif : réduire les émissions dans les transports

Il explique que c’est la première fois que « des panneaux solaires sont utilisés pour faire fonctionner un camion ». Selon Stas Krupenia, « cette source d’énergie naturelle peut réduire considérablement les émissions dans le secteur des transports ». Scania est bel et bien à l’avant-garde d’une nouvelle génération de camions.

Pour le moment, l’énergie solaire ne suffit pas à recharger complètement la batterie du camion mais lui permet de parcourir des kilomètres supplémentaires. Erik Johansson, directeur du projet et professeur de physique à l’université d’Uppsala, voit en cette initiative un « potentiel énorme pour l’atténuation des impacts climatiques liés au transport de marchandises ».

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Les chercheurs précisent que l’énergie solaire générée par le système peut aussi « alimenter la réfrigération de la remorque ». Sur la remorque du camion, le champ solaire est presque équivalent à celui d’une maison équipée de panneaux. Dans un pays comme l’Espagne où les heures d’ensoleillement sont nombreuses, le camion pourrait parcourir 10 000 kilomètres uniquement grâce à l’énergie solaire.

L’énergie solaire dans l’industrie automobile

Le prototype réalise actuellement des essais sur les routes publiques suédoises, sous la houlette de l’entreprise de transport Ernsts Express. D’ici à quelques semaines, Scania publiera les résultats de ce test et donnera la marche à suivre pour la suite de l’aventure. L’énergie solaire fait son trou dans l’industrie automobile au fil des années.

Récemment, des chercheurs indiens de l’Odisha University of Technology and Research ont publié une étude sur l’amélioration du rendement de l’énergie solaire grâce à l’intelligence artificielle. Appliqué aux véhicules électriques, leur modèle pourrait peut-être (enfin) permettre aux voitures solaires de se développer à grande échelle.

Où en sont les camions électriques ?

Scania fait partie des principales entreprises à travailler sur des projets en lien avec les camions électriques. La firme suédoise a notamment dévoilé une nouvelle gamme en 2022 avec des batteries allant jusqu’à 624 kWh pour tracter des remorques pouvant peser jusqu’à jusqu’à 64 tonnes. Pour Fredrik Allard, responsable de la mobilité électrique chez Scania, « l’objectif est de vendre 50 % de camions électriques d’ici à 2030 ».

Il faudra aussi compter sur Volvo Trucks dans la course aux camions électriques. Cet autre géant suédois a livré 683 camions électriques au cours du premier trimestre 2023 (+ 264 % par rapport à la même période en 2022). Le groupe Volvo et ses marques occupent la première place sur le marché des camions électriques. Un rapport de Price Waterhouse Coopers Strategy (PwC) estime que les modèles électrifiés dépasseront les camions à combustion interne avant la fin de la décennie.

Du côté de Tesla, la production de masse du Semi prend du retard. Le constructeur américain avait annoncé une production de 50 000 unités annuelles pour 2024. C’était une nouvelle fois trop ambitieux. Pour le moment, Tesla ne produit que cinq exemplaires de son camion électrique par semaine. C’est trop peu pour espérer se faire une place sur un marché de plus en plus concurrentiel.

Quelques premiers modèles ont en revanche déjà été livrés. PepsiCo possède par exemple un total de 36 camions électriques. L’entreprise américaine a même récemment fait le point sur les performances du Tesla Semi. Dejan Antunovic, le responsable du programme d’électrification chez PepsiCo, estime que le camion électrique de Tesla affiche une consommation de 105,7 kWh/100 km. Exactement ce que promet Tesla.

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Boltonil y a 3 ans

Wow. Merci pour ces infos 🥰
20 Milliards d'€, soit même pas 2% du budget annuel de l'état, je trouve que le jeu en vaut la chandelle moi... ou pas d'ailleurs, car je pense que le monde du transport est sur le point de vivre une révolution, et pas sûr que le ferroviaire en sorte gagnant.
PS : "l’incurie de l’aménagement du territoire" >> J'adore ^^ c'est violent mais j'adore.

Boltonil y a 3 ans

Il y a quand même pas mal de semi et de porteurs qui font des dessertes de proximité, et dans ce cas, le train n'est pas adapté. Pour ceux-là, tourner sur batterie a du sens.
PS : les batteries LFP sont hyper sûres et question pollution je pense qu'on y gagne par rapport à de l'hydrogène ou du gazole.

JMV59910il y a 3 ans

Hélas "eifel" pas si trivial (j'ai 30 ans de R&D ferroviaire derrière moi); en France (réseau SNCF) le meilleur gabarit disponible pour le fret est le GB1 (et encore seulement sur 2 lignes nord-sud et qui gardent la priorité aux convois voyageurs même un TER avec 50 passagers passe devant...) celui-ci libère B=2.90m et H=4.20m au rail (ce qui impose des solutions sophistiquées genre wagon-plumier (ModaLohr) ou les pneus du camions sont à 200mm du rail (donc wagon très cher sous gabarit bas GI3 (procurez vous copie de la fiche UIC506), investissement spécifique de SNCF-Réseau avec des terminaux sophistiqués et spécifiques, et peu compétitif par rapport au cout du TKM routier). Le gabarit des LGV , le GC (non accessible au fret en l'état du code UIC) libère B=2.90m et H=4.70m ; ce serait déjà un peu mieux (quoiqu'un portage des pneus du camion à 700mm du rail nécessitera des bogies "spéciaux" donc onéreux) pour votre "solution" dont on devine qu'elle est inspirée des pratiques des navettes porte-camions EuroTunnel (dont je suis un des créateurs) : gabarit spécifique qui libère B=4m et H=5.35m ; pour l'anecdote les TGV roulent dans un gabarit ferroviaire, le GC trop grand (et de beaucoup) pour eux et le fret compte ces cm en France dans GB voir G1 ; c'est aussi ça l'incurie de l'aménagement du territoire en France. Pour plus d'info : cherchez "20191121232306_1.3_Gottfried_EYMER__ECR__Les_enjeux_du_G_400.pdf" qui démontre la situation singulière de la SNCF par rapport à tous les réseaux européens à l'est du Rhin (DB-OEBB-DSB-PKP-CFF/SBB et j'en oublie) et qui explique pourquoi le fret ferroviaire stagne à 10% du transport terrestre en France quand il est à 20% en Allemagne et 35% en Suisse et en Autriche. Une autre conséquence du "tout TGV" (en rappelant que seules 2 LGV sont rentables Paris-Lyon et Paris-Lille).La mise en place du gabarit P400 partout sur le réseau SNCF permettrait de doubler le trafic fret ferroviaire , le gabarit ET partout de le quadrupler (mais là il faudrait allouer un budget estimé à au moins 20 GEuro).

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