Pourquoi la nouvelle Dacia Spring n'a pas une batterie plus petite pour être encore moins chère

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250 km d’autonomie, cela vous semble peu ? C’est pourtant bien trop pour l’usage réel d’une petite voiture comme la Spring. Dacia nous explique pourquoi la Spring n’a quand même pas adopté une batterie plus petite.

Avec sa nouvelle génération, la Spring progresse dans de nombreux domaines, y compris l’autonomie. La voiture annonce désormais 250 km d’autonomie en cycle mixte WLTP, contre 220 à 230 km pour la précédente version selon les variantes. Un gain qui nous a presque surpris car on se souvient d’une déclaration surprenante de l’ancien patron de la marque, Denis Le Vot : « Si nous devions refaire la Spring, je réduirais la taille de la batterie de moitié « . 

S’il disait cela, c’est parce que Dacia avait la confirmation que la voiture était utilisée pour les petits trajets du quotidien. Selon les données annoncées lors de la présentation de la nouvelle version, les clients de la première Spring font en moyenne 34 kilomètres par jour.

Il semble donc inutile d’avoir une batterie qui permet d’en faire environ 200 en usage réel. Un raisonnement qui a tout son sens pour une marque comme Dacia qui cherche à avoir des prix au plus bas. Dans la mesure où la batterie reste l’élément le plus cher de la voiture, réduire sa taille permettrait de proposer un prix encore plus accrocheur.

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Limite psychologique

Mais il y a une limite psychologique pour les acheteurs, la barre des 200 km, comme nous l’a expliqué Hervé Barrière, chef de produit Spring, lors de l’avant-première du véhicule : « Proposer un véhicule avec par exemple une homologation à 180 km, qui pourrait convenir à un certain nombre de personnes, on voit que c’est assez déceptif, les gens ne sont pas encore prêts et ne sont pas allés suffisamment loin dans leurs habitudes électriques pour dire que cela leur suffirait au quotidien ». Les clients pensent aussi à l’autonomie réelle : « Quand vous arrivez déjà sur un cycle homologué à 200 km, ils sont réticents en se disant ‘au final, je n’aurai peut-être que 140 km’, cela devient compliqué ».

Il faut toutefois trouver le bon équilibre, « un compromis rassurant », que Dacia pense avoir trouvé avec ces 250 km. Mais Hervé Barrière indique qu’il faut encore faire de la pédagogie auprès d’acheteurs qui en voudraient encore plus alors que ce n’est pas utile avec ce genre de voiture : « Cela suffit, les clients font une trentaine de kilomètres par jour, on a assez avec une recharge dans la semaine. C’est du travail à faire et de la sensibilisation sur le changement de mentalité. On voit qu’avec ceux qui hésitent à passer à l’électrique, on a encore des freins, certains disent vouloir 300 à 400 km. En discutant avec eux, on arrive à leur montrer que dans leur quotidien c’est largement suffisant, d’autant que c’est souvent la deuxième ou troisième voiture du foyer ».

Et simple logique industrielle

Il y a aussi une logique industrielle. Cette Spring reprend la base de la Twingo et est fabriquée avec elle dans l’usine de Novo Mesto (Slovénie). La Renault est équipée d’une batterie LFP de 27,5 kWh et propose 263 km d’autonomie. La Spring aurait pu s’en distinguer avec une autonomie d’environ 200 km via une batterie plus petite et moins onéreuse… mais c’est justement en reprenant la même batterie que la Twingo que Dacia a pu réduire la facture.

Hervé Barrière explique : « Avec des effets de massification, on réduit nos coûts et cela permet aussi de proposer un véhicule moins cher, plutôt que de commencer à créer une diversité et demander à des fournisseurs des packs batteries différents, on ne s’y retrouverait pas économiquement ». Avoir une autre batterie sur la chaîne de montage, même plus petite, aurait donc été contreproductif, même pour le prix de vente final.

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