Architecture 800 volts et près de 700 km d’autonomie : le nouveau Renault Trafic électrique en détail

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Renault profite de la journée presse de l’IAA Transportation, ce 14 septembre à Hanovre, pour dévoiler la version définitive du nouveau Renault Trafic électrique. Le fourgon inaugure une architecture 800 volts, une architecture logicielle centralisée et revendique près de 700 km en cycle urbain. Premières livraisons clients attendues en 2027.

Renault n’est pas venu les mains vides au grand salon du véhicule industriel de Hanovre (IAA Transportation). La marque au losange profite de l’événement pour présenter la version définitive de son nouveau Trafic électrique, enfin prêt à rouler.

Une architecture 800 volts qui fait la différence

Le nouveau Trafic repose sur ce que Renault appelle désormais la plateforme RGEV medium van, une base de type skateboard. Son architecture électrique fonctionne en 800 volts, une première dans la catégorie des fourgons moyens, où tous les modèles en vente aujourd’hui restent en 400 volts. Le constructeur en tire la promesse d’une recharge rapide de référence sur le segment des utilitaires légers en Europe.

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Sans communiquer à ce stade de puissance de charge maximale, le constructeur promet 280 km récupérés en vingt minutes, et jusqu’à 380 km sur la base d’un usage urbain. Si on sort la calculatrice, récupérer 280 km revient à injecter un peu plus de 48 kWh en vingt minutes, soit une puissance moyenne proche de 145 kW. De quoi laisser espérer du 200 kW en crête. C’est nettement mieux que ce que font les autres modèles du segment aujourd’hui, mais c’est aussi loin des pics qu’autorise le 800 volts sur une voiture particulière. Le bénéfice réel dépendra de la courbe de charge, que le constructeur ne détaille pas encore.

ModèleBatterieAutonomie annoncéeArchitectureRecharge rapide
Renault Trafic Van E-Tech electric (2027)81 kWhPlus de 470 km (non homologué)800 V280 km en 20 minutes
Ford E-Transit Custom71 kWh utilesJusqu’à 373 km WLTP400 V125 kW, 10 à 80 % en 29 minutes
Peugeot e-Expert 75 kWh75 kWh330 km WLTP400 V100 kW, 80 % en 45 minutes

Renault désormais seul aux commandes

Le nouveau Trafic ne devait pas être un projet Renault. Il est né de l’offensive FlexEVan puis intégré au sein de Flexis, coentreprise créée en 2024 avec Volvo Group et le groupe CMA CGM, chacun apportant ses moyens pour donner naissance à une famille d’utilitaires électriques sur une plateforme skateboard commune. Le Trafic en était le premier représentant, et la version fourgon devait être suivie de la Goélette et de l’Estafette. Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu. Après l’échec d’une procédure de conciliation début 2026, Renault Group a racheté les parts de ses deux partenaires, une opération finalisée en juin dernier. Volvo Group garde un pied dans l’affaire, puisque Renault Trucks doit commercialiser le véhicule à partir de 2027.

Et force est de constater que la page semble définitivement tournée. Le mot Flexis n’apparaît pas une seule fois dans les 2 700 mots du dossier de presse diffusé par Renault d’Hanovre, et la plateforme skateboard de la coentreprise y est rebaptisée RGEV medium van.

Près de 700 km d’autonomie (en ville)

Selon les chiffres provisoires de Renault, qui attend encore l’homologation officielle en cycle WLTP, l’autonomie en cycle mixte devrait dépasser les 470 km. Renault avance même près de 690 km en usage urbain, soit l’équivalent pour certaines professions de cinq jours de travail sans repasser par une borne.

Côté batterie, le pack cumule 81 kWh, soit une consommation qui tourne autour de 17,2 kWh/100 km selon nos calculs, contre un peu plus de 19 kWh/100 km pour un Ford E-Transit Custom de 71 kWh homologué à 373 km. S’il faudra évidemment confronter ces données à la réalité, Renault explique avoir beaucoup travaillé sur l’optimisation de la consommation avec trois leviers : un gain de 6 % sur le SCx, un groupe motopropulseur dont le rendement dépasse 90 %, et un arbitrage assumé entre capacité de batterie, masse et autonomie pour optimiser l’ensemble.

S’il n’en est pas fait mention dans le communiqué de Renault, une batterie 60 kWh est aussi annoncée sur le site du constructeur. Donnée pour 350 km d’autonomie en cycle mixte, elle sera lancée dans un second temps.

Côté pratique, le nouveau Trafic sera aussi doté d’une fonctionnalité Vehicle-to-Load (V2L). Outre le fait de pouvoir connecter différents appareils grâce à une prise située au niveau de l’espace de chargement, il facilitera également les travaux de conversion des partenaires carrossiers du constructeur. Certains équipements comme les groupes froid pourront ainsi directement s’alimenter sur la batterie grâce à une prise ePTO.

Sur son site, Renault confirme également l’arrivée de la charge bidirectionnelle (V2G) avec un lancement attendu en 2027.

Un utilitaire taillé pour la ville

Sur le terrain, c’est probablement l’encombrement qui fera la différence. Avec 1,89 mètre de hauteur, pour 5,27 mètres de long et 1,92 mètre de large sur la version la plus grande, le nouveau Trafic passe dans les parkings souterrains standards, ce qui reste rédhibitoire pour une partie des fourgons du segment. Autre point de différenciation : un rayon de braquage de 10,3 mètres comparable à celui d’une Clio. Un atout pour les tournées urbaines et les manœuvres en environnement restreint.

Les fondamentaux ne sont pas sacrifiés pour autant : avec 5,8 m3 de volume utile, le nouveau Renault Trafic électrique annonce pouvoir embarquer trois europalettes, le tout avec un seuil de chargement de 53 centimètres. Sa charge utile atteint 1,3 tonne. S’y ajoutent 2 tonnes de capacité de remorquage.

Si les premières prises en main permettront de le confirmer, Renault promet par ailleurs un confort de roulage proche de celui d’un véhicule particulier, grâce notamment à un essieu arrière multibras, argument rare sur un utilitaire.

Le premier véhicule du groupe à basculer sur une architecture SDV

Le nouveau Trafic est le premier véhicule de Renault Group, et le premier utilitaire en Europe selon la marque, à adopter une architecture logicielle centralisée baptisée SDV, pour Software-Defined Van. Concrètement, les quelque 80 calculateurs électroniques d’un véhicule classique laissent la place à deux supercalculateurs, pilotés par CAR OS, un système d’exploitation basé sur Android et développé avec Google.

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Les bénéfices indiqués sont ceux que l’on connaît désormais sur les voitures électriques les plus récentes : mises à jour à distance, maintenance prédictive, personnalisation des fonctions, et une valeur résiduelle censée mieux tenir dans le temps grâce à l’évolution continue du véhicule.

Une commercialisation d’ici la fin de l’année, mais toujours pas de tarif

Renault annonce une version fourgon disponible d’ici la fin de l’année. Un châssis cabine et une cabine approfondie compléteront la gamme en 2027 avec différents équipements proposés par les partenaires carrossiers du constructeur. À ce stade, aucune date d’ouverture des commandes n’est communiquée. Les véhicules ne devraient pas arriver chez les clients avant le début 2027.

Surtout, le dossier de presse ne comporte pas le moindre tarif. Ni prix d’appel, ni loyer… Renault revendique pourtant un coût total de possession inférieur de 10 % à celui d’un équivalent thermique, sans entrer dans le détail de sa méthodologie de calcul. Il faudra sans doute encore patienter quelques semaines pour en savoir plus…

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