On est monté à bord du Renault Niagara : le pick-up qui veut conquérir l'Amérique latine

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Le nouveau Pickup Renault Niagara
La nouveau Renault Niagara dans sa version définitive. Visuel : M. Torregrossa

Renault vient de lever le voile sur son nouveau pick-up, le Renault Niagara. Taillé pour l’Amérique latine, ce premier modèle du plan futuREady n’est pas prévu en Europe et débutera sa carrière en versions thermiques, une déclinaison hybride étant prévue pour plus tard. Nous l’avons approché en avant-première. 

Il y a des présentations qui sonnent bizarrement à nos oreilles européennes. Celle du Renault Niagara en fait partie. Voilà un véhicule dessiné au Brésil, développé entre le Brésil et l’Argentine, assemblé à Córdoba, destiné aux clients brésiliens, argentins et colombiens… et que vous ne verrez probablement jamais dans une concession française. Pas de version électrique, pas de version hybride rechargeable, et même pas d’hybride simple pour le lancement. Sur le papier, l’exercice a de quoi surprendre pour Automobile Propre.

Sauf que c’est précisément ce qui le rend intéressant. Le Niagara est le premier modèle issu du plan futuREady, celui qui doit voir Renault lancer 14 nouveaux véhicules « hors Europe » d’ici 2030, avec l’objectif de réaliser la moitié de ses ventes à l’international et d’y porter la part de modèles électrifiés à 50 % du mix. Autrement dit : la marque au losange assume de commencer cette offensive par un pick-up thermique. Et le challenge est de taille !

« Lancer un pick-up en Amérique latine, c’est un grand défi », reconnaît Fabrice Cambolive, CEO de la marque Renault. « Ce véhicule est au carrefour de plein de choses : un mélange entre un véhicule particulier et un utilitaire dans ses usages. Travail la semaine, loisir et famille le week-end. »

Un pick-up qui ne traversera pas l’Atlantique

Autant l’écrire tout de suite : a ce stade, il n’y a aucun plan pour le lancement du Renault Niagara en Europe. La raison est double. D’un côté, la fiscalité française et européenne s’est considérablement durcie sur ce type de carrosserie, avec un malus qui rend le segment quasiment inexploitable commercialement. De l’autre, la demande y est structurellement faible. Renault d’ailleurs avait déjà retiré son Alaskan du catalogue européen dès 2020.

Et pour la future version hybride ? Même réponse. Elle reposera sur le moteur HR13, un bloc absent du catalogue européen. La porte est donc fermée à double tour, y compris pour l’électrification à venir.

Au final, le choix de la marque au losange est pragmatique. En Amérique latine, le pick-up représente environ 80 % des immatriculations de véhicules utilitaires. Rien qu’au Brésil, près de 500 000 unités ont été écoulées sur la seul année 2025 !  C’est un segment qui pèse plus lourd que les berlines dans plusieurs pays de la région. Difficile pour Renault de passer à côté d’un tel volume.

Le Renault Niagara côté style

Un SUV posé sur une caisse de pick-up

Visuellement, le Niagara s’inspire du concept éponyme présenté en 2023 et joue sur plusieurs tableaux. La face avant reprend les codes des grands pick-up : calandre verticale, capot haut aux nervures marquées qui se fondent dans les ailes, bouclier inférieur avec antibrouillards à LED et sabot de protection.

Comme sur le concept, le nom « Renault » apparait en toutes lettres au centre de la calandre noire, avec cette fois une finition à motif pixelisé. Un choix délibéré, nous explique-t-on, pour reprendre les codes esthétiques du segment. A noter : ce logo a la capacité d’être illuminé, mais avec une disponibilité qui dépendra de la réglementation des différents marchés visés. Autre référence à l’univers du pickup, le nom « Niagara » est également estampé directement dans la tôle du hayon. Là encore, la pratique est courante sur le segment.

Avec 4,94 m de long (4,91 m en 4×2) pour 1,72 m de haut, le Niagara affiche des proportions bien plus généreuses que celles de l’Oroch, limité à 4.69 m de long. De profil, épaules marquées, passages de roues élargis et lignes tendues font le travail. En revanche, les jantes de 17 pouces de la version présentée détonnent un peu dans des passages de roues aussi imposants. Si l’aspect pratique a manifestement primé sur l’esthétique, Renault confirme que des 18 pouces seront aussi proposées. Ouf !

À bord du Renault Niagara

Ambiance connectée et Google embarqué

C’est là que Renault joue sa carte la plus sérieuse. La planche de bord horizontale accueille un écran multimédia de 10,1 pouces et une instrumentation numérique de 10,2 pouces, pour une expérience que Renault qualifie de « digitale native ». Le sélecteur de vitesses électronique libère la console centrale. Un chargeur à induction est de la partie.

Surtout, le Niagara devient le premier pick-up à embarquer le système OpenR Link avec Google intégré. On retrouvera ainsi Google Maps, un Play Store pour installer ses propres apps mais aussi un assistant conversationnel basé sur Google Gemini. Sur un marché où les concurrents affichent parfois un certain retard technologique, c’est un argument que Renault compte bien faire valoir.

RENAULT NIAGARA (LB3P4) – PHASE 1

Sur le reste de l’habitacle, on retrouve une planche de bord matelassée selon les versions, un éclairage d’ambiance à LED jusqu’à 48 couleurs, des sièges avant à réglages électriques et une sellerie tissu surpiquée et brodée. Les surpiqûres, justement, apportent une vraie touche premium à des sièges par ailleurs assez athlétiques.

Renault revendique la meilleure habitabilité arrière de la catégorie, avec 200 mm d’espace aux genoux, et une banquette dont les dossiers s’inclinent de 25 degrés.  Les cinq places sont annoncées comme faciles à vivre. Dans les faits, la place centrale arrière reste pénalisée par le tunnel de transmission et le débord de la console, comme presque partout ailleurs.

Côté rangements, le Niagara fait le job : bacs multiples, accoudoir central avec porte-gobelets et, derrière la banquette, un compartiment de 36 litres accessible depuis l’habitacle en rabattant les dossiers. Pratique pour cacher des objets à la vue.

La benne offre 938 litres et une charge utile de 654 kg. Le couvre-benne coulissant à enrouleur protège le chargement de la pluie et de la poussière tout en laissant un accès rapide. La surface de benne reçoit un revêtement protecteur et huit anneaux d’arrimage ceinturent le plateau. S’y ajoute une prise 12 V permettant de brancher un du petit outillage directement depuis la benne. Un porte-gobelet est même intégré au hayon. Renault annonce une capacité de remorquage de 710 kg,.

En matière d’aides à la conduite, l’équipement est tout aussi complet : régulateur adaptatif avec Stop & Go, alerte et maintien dans la voie, reconnaissance des panneaux, surveillance de l’attention, freinage d’urgence automatique, alerte d’angle mort, alerte de trafic transversal arrière avec freinage automatique en marche arrière, et une caméra panoramique 360°. Un stationnement mains libres est également disponible.

Le Niagara côté technique

1.3 turbo, flex-fuel… l’hybride pour plus tard

Sous le capot, le Niagara embarque un seul bloc : un 1.3 turbo à injection directe (GDi), compatible essence et flex-fuel selon les marchés. Il développe 115 kW (156 ch) en 4×2 et 120 kW (160 ch) en 4×4, pour 270 Nm de couple maximal. Deux boîtes au choix : une manuelle à six rapports ou une EDC à double embrayage, également à six rapports, pilotée par l’e-shifter.

Le nouveau Renault Niagara : un pick-up taillé pour l’Amérique Latine

Dans les pays d’Amérique latine, la compatibilité flex-fuel n’est pas un détail. Au Brésil, l’éthanol issu de la canne à sucre représente une part majeure du carburant consommé, avec un bilan carbone bien plus favorable que l’essence fossile. C’est, pour l’instant, la seule réponse « propre » du Niagara. Conçue sur la base du moteur Renault HR13, l’hybridation est aussi au programme. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Interrogée sur les caractéristiques de ce futur Renault Niagara hybride, la marque a balayé la question : les détails techniques seront communiqués en « temps voulu ». En d’autres termes : le flex-fuel brésilien fera office de transition, l’hybride attendra !

Pas de marché pour l’électrique

Interrogé sur l’absence de version électrique ou hybride rechargeable, Fabrice Cambolive ne se dérobe pas. « On voit une tendance, mais l’électrification sur ce segment arrive trop doucement. Ce n’est pas le premier élément de différenciation. » Pour faire court : Renault considère qu’il n’y a pas de besoin identifié sur l’électrique et l’hybride rechargeable dans cette catégorie et sur ces marchés.

Le Renault Niagara face à la concurrence

Le Fiat Toro, Ram Rampage et GM Montana dans le viseur

Renault en est conscient : le marché du pickup est très disputé et la marque devra faire à des références déjà bien installées. Les principaux concurrents cités sont les Fiat Toro, GM Montana, Ram Rampage et Ford Maverick. Renault estime toutefois arriver avec un produit neuf face à des modèles parfois vieillissants et mise notamment sur la connectivité pour convaincre.

Le positionnement reste malgré tout celui d’un outsider, au point que ce soit littéralement le nom d’une des finitions. Pour autant, Fabrice Cambolive insiste : « on ne part pas de zéro », rappelant que Renault est déjà installé en Amérique latine et figure parmi les leaders du fourgon avec le Master.

La commercialisation du nouveau Renault Niagara est attendue avant la fin de l’année. Trois marchés principaux sont visés : le Brésil, l’Argentine et la Colombie, avant une extension progressive à d’autres pays de la région par l’importation. La capacité initiale de l’usine de Córdoba est d’environ 65 000 unités par an, dont près de 70 % destinées à l’export.

Les tarifs, eux, ne sont pas encore arrêtés. C’est pourtant là que se jouera l’essentiel : sur un segment où les acheteurs sont fidèles à leurs marques, il faudra que Renault parvienne à se faire une place sur un segment où sa légitimité reste encore à prouver…

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DrDisasteril y a une heure

Après pourquoi pas? Cet utilitaire n’est pas vilain et bien moins cher obligatoirement que le Nissan Navarra qui s’est fortement embourgeoisé et idem pour le Volkswagen Amarok désormais basé sur le Ford Ranger.


Souvenez-vous du Renault Alaskan, Mercedes Classe X. Ils ont été un échec cuisant en Union européenne et le Renault Alaskan avait poursuivi sa carrière au Brésil.


Une variante hybride HEV sera intelligente pour des pays dont le Brésil encore une fois dont le réseau de charge est quasiment inexistant..

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