Notre Alpine A290 est un gouffre à électrons

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Dès son arrivée dans le parc de notre groupe, tout le monde s’est arraché l’Alpine A290 Première Édition. Mais l’occasion qu’un membre de la rédaction en prenne le volant s’est enfin présentée pour nous permettre de faire un retour d’usage avec à la clé quelques interrogations existentielles… Voici notre tout premier bilan, sans filtre, avec la petite bombinette électrique.

Au cas où vous auriez raté l’information, notre bonne vieille Renault Mégane E-Tech EV60 a tiré sa révérence juste avant l’été en tant que cheval de trait de l’entreprise, après 3 ans de bons et loyaux services et 130 000 km aux quatre coins de l’Europe sans la moindre histoire. La remplacer dans le parking (et nos cœurs) a donc fait l’objet d’une réflexion intense. L’effectif ayant explosé durant cette période, il a été décidé dans les plus hautes sphères de tripler notre parc, et c’est ainsi que sont arrivées successivement une BYD Seal Propulsion, une Tesla Model 3 Grande Autonomie Transmission Intégrale (dont on reparlera très bientôt) et enfin, depuis fin septembre, une Alpine A290 dans sa version Première Édition, une série suréquipée limitée à 1955 unités avec plaque numérotée, stickers sur les portières et 220 ch. Entrée, plat, dessert.

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Et, heureusement que j’ai pu l’essayer à la sortie du modèle, car l’enthousiasme parmi les collègues pour prendre le volant de la petite bombinette très très (très) bleue a été tel que je n’ai pas eu le loisir d’en prendre le volant entre le moment où je l’ai ramenée personnellement de la concession fin septembre et le week-end dernier, alors qu’elle s’approche des 6 000 km au compteur en à peine deux mois. Pas de quoi profiter des petites routes des Vosges cependant, c’est plus un prétexte pour faire un premier point sur notre collaboration avec la Dieppoise Douaisienne sur un classique Strasbourg/Mulhouse/Strasbourg par l’autoroute tout ce qu’il y a de plus utilitaire.

Les premiers retours des collègues sont unanimes : la bouille est craquante, c’est très amusant à conduire, mais qu’est-ce que ça boit ! Et l’historique de l’ordinateur de bord est là pour le prouver puisque la consommation moyenne sur le total de 5 792 km s’établit à 20,8 kWh/100 km… Avec ce chiffre en mémoire, pas étonnant de voir une autonomie annoncée avec 100 % de charge de seulement 265 km, soit 100 de moins que le chiffre officiel selon la norme WLTP. C’est peu, on ne va pas se mentir.

Plusieurs pistes d’explication sont possibles : pied lourd collégial d’un côté ? Boulimie en électrons de l’autre ? Températures s’approchant progressivement de zéro depuis la rentrée par-dessus ? Ou un mélange des trois ? C’est avec ces questions en tête que je me lance dimanche dernier (ne jugez pas mes week-ends, s’il vous plaît) sur le plus basique des itinéraires donc : 130 km dans un sens puis dans l’autre sur une deux fois deux voies qui alterne à parts plus ou moins égales une limitation à 110 et à 130 km/h, le tout effectué au régulateur. Ah oui, détail qui a son importance : la température navigue entre -1 et -2°C au petit matin ce jour-là.

Mais, après avoir remis les compteurs à zéro avec ventilation réglée sur 2 à 20°C, le doux espoir de faire l’aller-retour sur une charge complète sans passer par la case bornes — ce que feu la Mégane identiquement motorisée savait parfaitement faire même au plus froid de l’hiver — s’efface au bout de seulement quelques kilomètres. 20, 22, 24 puis 25 kWh/100 km, la consommation ne cesse de s’envoler pour se stabiliser à 26,4 kWh/100 km, avec une arrivée à 25 % de charge. Oui, au bout de 130 km.

Profitant de la batterie chaude, j’anticipe alors la charge sur une borne Electra pour le retour le soir. La courbe est un peu étrange, avec un pic tardif à 78 kW autour des 50 %, mais le temps final est proche de ce qu’annonce la fiche technique sans préconditionnement, avec 30 minutes pour arriver à 84 %. Ce qui m’a juste laissé le temps d’échanger avec Soufyane, grand maître du Supertest, à propos de la consommation stratosphérique.

Lui n’est pas étonné : il a en effet passé la Renault 5 EV52 150 ch au crible du Supertest par 0°C en début d’année et a enregistré une consommation en étant stabilisé à 110 et à 130 km/h de respectivement 20,1 et 24,4 kWh/100 km, ce qui révèle l’appétit féroce de la plateforme par temps froid. En fin de journée, le retour vers la préfecture du Bas-Rhin par 2°C voit la consommation moyenne baisser nettement pour finir à 24,1 kWh/100 km sur l’aller-retour, avec une arrivée à 26 % de charge. C’est moins pire, mais ça reste très élevé et on constate bien qu’il y a une taxe Alpine par rapport à la Renault, déjà peu économe dans ces conditions. Probablement à aller chercher principalement du côté des masses non suspendues, des pneus en 225 de large classés B contre 195 classés A et de l’aéro plus chargée. Si on applique la différence constatée par Soufyane avec la R5 entre le même test par 0 et 14°C, on peut cependant espérer retrancher de 1,5 à 2 kWh/100 km dans quelques mois quand les températures seront plus clémentes.

Voilà maintenant quelques jours que je l’ai rendue et je crois que je ne saisis tout simplement pas le concept de cette Alpine A290 pour l’instant. Celui de la Renault 5 est, lui, très clair : c’est une voiture utilitaire dans le sens noble du terme, avec une personnalité qui apporte une touche de fun dans les déplacements quotidiens et qui peut occasionnellement prendre paisiblement la route pour une destination plus lointaine si nécessaire. Polyvalente et homogène. Et, même si sa sœur en survêtement est, allez, à 85 % identique, sa fonction est bien plus floue, avec des performances ainsi qu’un réglage agressif de l’amortissement et de la direction paraissant excessifs pour aller et venir du boulot, sans pour autant atteindre la radicalité qui la rendrait véritablement enthousiasmante sur circuit. Que reste-t-il finalement à faire avec une telle voiture passion ? Quelques balades enjouées sur nationale à la rigueur, mais pas de roadtrip, ça c’est certain. Remarquez que cette question existentielle peut aussi se poser pour les Mini Cooper SE et Abarth 500e.

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Je vois déjà d’ici les commentairessur cette A290 puisque je les ai lus sur Twitter qui paraît fréquenté (entre autres) par une multitude d’ayants droit de Jean Rédélé : « ce n’est pas une Alpine de toute façon ». Là où je les rejoins, c’est qu’une A110, avec son moteur de berline, son poids plume et ses suspensions souples, peut offrir un confort et une efficience étonnants. Même une antique R5 Alpine Turbo est capable de se montrer tout à fait économe quand on ne fait pas souffler l’escargot, ce qui, turbo de l’époque oblige, est possible sur une grande partie du compte-tours. Ce sont des voitures à deux visages, là où l’A290 paraît n’avoir qu’une expression que l’on peine à identifier formellement qui plus est.

Mais c’est un peu tôt pour avoir une conclusion définitive : elle a encore 34 mois devant elle pour se révéler et nous séduire.

Renault 5
EV40 95 ch
Renault 5
EV40 120 ch
Renault 5
EV52 150 ch
Alpine A290
180 ch
Alpine A290
220 ch
Capacité de batterie utile (kWh)4040525252
Autonomie WLTP
(km)
312312410380364
Consommation mixte (kWh/100 km)14,514,514,915,816,5
Puissance (ch)95120150180220
Couple (Nm)215225245285300
Capacité utile4040525252
Poids de la batterie (kg)237237297297297
Puissance de charge maxi en AC (kW)1111111111
Puissance de charge maxi en DC (kW)80100100100
Temps de charge DC de 15 à 80 % (min)30303030
Vitesse maxi (km/h)130150150160170
0 à 100 km/h (s)12987,46,4
Masse à vide (kg)1 3531 3721 4491 4791 479
Prix (à partir de)24 990 €27 990 €31 490 €39 000 €42 200 €

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Domdemigil y a 5 mois

Mais depuis quand une "bombinette" conçue pour le fun doit-elle être économique ?
Pour mettre ceci en perspective, je vais faire un retour sur le passé:
En 1988 j'ai acheté la Super5 GT Turbo phase 2 qui venait de sortir; 120 CV de pur plaisir qui ne demandaient qu'à s'exprimer pour taquiner Golf GTi ou 205 Gti qui en faisaient 10 de plus.à l'époque je résidais dans une grande ville du 93 et j'étais prompt à la faire bondir dès le feu vert allumé.
Sa consommation de super était gargantuesque en conditions "pied lourd" et il m'arrivait d'atteindre la réserve autour de 300 km car en m'amusant avec ce jouet, j'atteignais 16 (seize) litres/100 km. Il m'est même arrivé de "descendre" un plein en seulement 250 km d'autoroute, le compteur rivé à 195/200 tout le long. Autre temps, autres mœurs, insouciance, dangerosité, etc... Pas la peine d'argumenter en ce sens, il y a 40 ans c'était différent.
Revenons à la perspective et à l'esprit des "bombinettes".
J'avais acheté cette voiture en emmenant ma compagne de l'époque faire réviser sa Supercinq TL en concession. à attendre dans le hall, je faisais fait le tour de la voiture en exposition et un vendeur m'avait convaincu après un essai dans la foulée.
Deux mondes différents.
Autant la Super5 TL de ma compagne était sobre avec sont petit 1100 cm3 anémique, autant la mienne était goulue.
Autant la Super 5 TL était ennuyeuse, lymphatique, trop souple en suspensions, autant la GT Turbo était joueuse, nerveuse, rivée au bitume.
Autant l'une incitait au calme et à la prudence du quotidien, autant l'autre incitait à la débauche.
Autant l'une était économique à l'usage, autant l'autre était un gouffre budgétaire en essence, pneus, entretien pointu.J'étais presque "soulagé" lorsqu'en nous rendant au cinéma moins d'un an après l'achat, on a volé mon jouet. Lorsque l'assurance ma remboursé je suis redevenu raisonnable en prenant un diésel car nous avions d'autres projets.
Cette Alpine A290 ne déroge pas à la règle des voitures plaisir et elle n'a certainement pas été conçue pour battre des records de sobriété. Ceux qui l'achètent savent à quoi s'attendre. Ils l'achètent pour ne pas rouler dans la voiture de tout le monde, pour le fun, pour aller faire du rallye, des courses de côtes ou peut-être s'essayer un peu à la piste.
Son budget achat, usage et entretien doit certainement être doublé par rapport à la R5 électrique de base mais ça, on le sait dès le départ. On doit bien se douter qu'une voiture de 220 CV demandera un autre budget qu'une voiture de 95 CV. On doit bien se douter qu'un choix "passion" coûte plus cher qu'un choix "raison".
Et puis... Quand on aime, on ne compte pas !

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Pioupil y a 5 mois

Bizarre de ne pas "saisir le concept", qui est pourtant assez clair : c'est l'équivalent électrique d'une 205 gti ou d'une Renault 5 Alpine, une petite voiture de rallye "accessible". Le critère principal n'est donc pas la consommation sur autoroute par températures négatives, mais le chrono sur la course de côte du village. Comment prend-elle les virages, comment se comporte-t-elle à l'accélération, au freinage appuyé, etc... Pour l'autonomie sur autoroute, il faudra tester la 390, dont on attendra, par contre, des performances solides sur ce critère.

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Ducatevoil y a 5 mois

Ce mini test confirme une chose, ou plutôt 2....
Un : ces soi disant alpine n'en sont pas !!
Deux : Renault n'est malheureusement pas le meilleur dans l'efficience de la chaîne de traction, et notamment lorsque la vitesse devient plus élevée...
Mais pour en revenir au point 1, ces VE, citadines, se voulant, ou voulant faire croire à une quelconque sportivité, ne sont que poudre aux yeux, une hérésie en somme. Qui va faire une course de côte pour voir la différence avec une R5 !!! Ça n'a aucun sens !!!
Une R5 en pire, en fait. Et ce n'est pas une peinture ou 2, 3 artifices qui peuvent cacher une aberration, contre nature !!!
En fait, ça flatte... ou pas quand on finit par comprendre qu'elle n'a aucun intérêt !!! l'ego de certains qui bombent le torce devant le logo alpine... Mais à part ça, rien ne justifie, pour l'usage de telles voitures, de payer plus cher, beaucoup plus cher, pour un truc qui n'apporte rien de plus, bien au contraire....
On voit bien que ces constructeurs de voitures sportives sont à la rue quand il s'agit de changer de paradigme....

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