Le constructeur chinois Farizon passe à l'offensive en France avec une nouvelle gamme d'utilitaires électriques

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Le géant chinois Geely accélère son offensive sur le marché français des utilitaires électriques. À l’occasion d’un événement organisé à Rungis le 27 octobre 2026, sa marque Farizon a présenté plusieurs nouveautés. Le constructeur compte également multiplier les points de vente dans l’Hexagone. On fait le point.

Geely s’attaque aux pros en Europe

On connaît surtout Geely pour ses nombreuses marques automobiles, parmi lesquelles Volvo, Polestar, Zeekr ou encore Lotus. Mais le groupe chinois possède également une division spécialisée dans les véhicules utilitaires : Farizon. Après avoir officialisé son arrivée en France au printemps dernier, le constructeur passe désormais à la vitesse supérieure. Et il ne compte visiblement pas se contenter d’un seul modèle.

Le Farizon SV évolue pour 2027

La principale nouveauté présentée à Rungis concerne le Farizon SV. Ce grand fourgon électrique, qui entend notamment rivaliser avec notre Renault Master électrique, bénéficie de plusieurs évolutions pour son millésime 2027. Sa particularité ? Contrairement à certains utilitaires électriques dérivés de modèles thermiques, ce dernier repose sur une plateforme spécialement développée pour cette motorisation.

Ce choix technique permet notamment d’optimiser l’espace réservé aux marchandises. Selon les configurations, le SV peut embarquer jusqu’à 13 m³ de chargement et supporter une charge utile maximale de 1 290 kg. Le seuil de chargement, situé à seulement 520 mm du sol, devrait également faciliter le travail des professionnels qui multiplient les livraisons au cours de la journée. Mais c’est surtout sur le plan technique que le constructeur chinois veut faire la différence. Le Farizon SV millésime 2027 est désormais proposé avec deux types de transmission : une version à deux roues motrices, équipée d’un seul moteur électrique, et une déclinaison à transmission intégrale, dotée de deux moteurs.

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Cette dernière s’adresse aux entreprises qui travaillent dans des régions montagneuses ou dans des conditions météorologiques difficiles. Un positionnement particulier sur le marché des utilitaires électriques, où les versions à quatre roues motrices sont rares.

Jusqu’à 500 km d’autonomie, mais…

Côté batterie, Geely Farizon annonce deux capacités : 83 et 100 kWh. La version à deux roues motrices peut parcourir 384 km en cycle mixte WLTP. En usage exclusivement urbain, l’autonomie annoncée grimpe à 500 km. La déclinaison AWD n’est pas très loin derrière. Malgré son deuxième moteur, elle revendique 380 km en cycle mixte et 495 km en cycle urbain. Des valeurs correctes pour un utilitaire électrique.

Attention toutefois, ces chiffres correspondent à des configurations différentes : le SV 2WD atteint ses meilleures valeurs avec une batterie de 83 kWh, tandis que le modèle AWD utilise un accumulateur de 100 kWh. Comme toujours avec les utilitaires électriques, l’autonomie réelle dépendra fortement de la charge transportée, du parcours et des conditions météorologiques. Un fourgon chargé à bloc sur autoroute ne pourra évidemment pas espérer atteindre les valeurs obtenues en cycle urbain.

Geely avance également un argument intéressant concernant la recharge. Sans préciser la puissance, le constructeur annonce un 20-80 % de charge en seulement 18 minutes. Une performance qui pourrait permettre aux professionnels de limiter les interruptions pendant leurs tournées. Reste à vérifier cette promesse en conditions réelles.

Des tarifs à partir de 43 000 euros HT

Sur le plan commercial, Geely Farizon affiche des tarifs plutôt offensifs. Le nouveau SV à deux roues motrices démarre à 43 000 € HT, contre 50 500 euros HT pour la version à transmission intégrale. Soit un écart de 7 500 € entre les deux motorisations. Le constructeur propose plusieurs configurations de carrosserie, de L1H1 à L3H3, avec différentes longueurs et hauteurs. Les professionnels pourront donc choisir leur véhicule en fonction du volume de marchandises à transporter et de leurs contraintes d’exploitation.

Ces nouveaux tarifs constituent une évolution intéressante puisque, lors de son arrivée en France au printemps 2026, le Farizon SV était annoncé à partir de 49 000 euros HT. En guise de comparaison, le Renault Master électrique démarre en France à 50 000 € HT avant la déduction de la prime CEE de 10 630 € (montant maximum).

Des versions pour transporter des passagers

Geely ne compte pas limiter son offre au transport de marchandises. Le constructeur a également confirmé l’arrivée en France des Farizon SV Combi et SV Minibus, deux déclinaisons destinées au transport de personnes. Le premier vise les entreprises qui ont besoin d’un véhicule polyvalent, capable d’assurer différents déplacements professionnels. Le second s’adresse aux opérateurs de transport collectif. Tous deux reprennent la plateforme électrique du SV, mais avec un aménagement adapté à leurs missions.

Les commandes sont déjà ouvertes en France. Les premières livraisons du SV Minibus sont attendues au quatrième trimestre 2026, tandis que celles du SV Combi débuteront au premier trimestre 2027. Nous n’avons toutefois pas encore leurs tarifs.

Le Farizon V7E complète la gamme

Autre modèle mis en avant à Rungis, le Farizon V7E s’attaque à un segment différent. Plus compact que le SV, il cible principalement les livraisons urbaines et la distribution du dernier kilomètre. Un marché sur lequel les entreprises cherchent des véhicules capables de circuler facilement en ville tout en transportant des charges importantes.

Avec ses 6,95 m³ de volume utile, le V7E peut embarquer jusqu’à 1 373 kg de marchandises. Son autonomie atteint 328 km en cycle mixte WLTP. Ce modèle avait déjà été annoncé en France au printemps 2026, avec un prix de départ de 32 800 euros HT.

Ce modèle vient se positionner en face du Renault Trafic électrique. Une proposition qui pourrait intéresser les petites entreprises et les professionnels de la livraison, à condition que les coûts d’utilisation et le service après-vente soient au rendez-vous.

Doubler le réseau français en un an

Au-delà des véhicules, Geely veut aussi accélérer du côté du réseau avec l’ambition de disposer de 20 concessions et de 30 points de service après-vente en France d’ici la fin de l’année 2026. Et les objectifs sont encore plus élevés pour 2027. À cette échéance, Farizon vise plus de 40 concessionnaires et 80 points de service après-vente dans l’Hexagone.

Lors de son arrivée en France, le constructeur chinois avait annoncé viser 500 ventes en 2026, puis 5 000 en 2028 et jusqu’à 10 000 véhicules par an à l’horizon 2030. Des objectifs ambitieux pour une marque encore peu connue des professionnels français.

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Le constructeur a inauguré en avril 2026 un entrepôt européen de pièces détachées à Gaggenau, en Allemagne. Selon Geely, cette nouvelle plateforme permet désormais d’approvisionner les distributeurs en un à six jours ouvrés pour les commandes courantes, contre 40 à 60 jours auparavant. Un élément loin d’être anecdotique pour les entreprises, car chaque journée perdue peut avoir des conséquences financières. La disponibilité des pièces et la proximité des ateliers comptent donc autant que l’autonomie ou le prix d’achat.

C’est sur ce point que le Chinois sera le plus attendu. Avec des caractéristiques techniques intéressantes et des tarifs compétitifs, le constructeur dispose d’arguments pour attirer les pros. Mais face aux réseaux bien établis de Renault, Peugeot, Citroën ou Mercedes, il devra surtout démontrer sa capacité à accompagner ses clients sur la durée.

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