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Après avoir longtemps échappé aux crash-tests indépendants, Ferrari pourrait franchir un cap symbolique avec la Luce. Une décision qui pourrait conduire à la destruction de plusieurs exemplaires d’un modèle vendu plus d’un demi-million d’euros pièce.
Depuis son annonce, la Ferrari Luce ne cesse de faire parler d’elle. D’abord, pour son architecture électrique atypique, ensuite pour son style qui a divisé les puristes, puis pour les nombreuses interrogations entourant ce modèle inédit dans l’histoire de Maranello. Aujourd’hui, c’est un tout autre sujet qui fait l’actualité : la sécurité.
Lors d’une présentation technique organisée à Rome, un porte-parole de Ferrari a confirmé que les exigences de l’organisme Euro NCAP faisaient partie des objectifs de développement de la Luce. Une déclaration qui peut sembler anodine mais qui constitue en réalité une petite révolution pour la marque italienne.
Jusqu’à présent, Ferrari n’a jamais soumis officiellement l’un de ses modèles aux crash-tests de l’Euro NCAP. La raison est simple : les supercars échappent généralement à ce type d’évaluation. Produites en faibles volumes, vendues à des tarifs très élevés et destinées à une clientèle spécifique, elles ne sont pas concernées par les mêmes attentes que les véhicules familiaux de grande diffusion.
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Ferrari Luce : on a découvert en avant-première la première Ferrari électrique (les puristes vont la détester)D’un point de vue réglementaire, aucun constructeur n’est obligé d’obtenir une note Euro NCAP pour commercialiser un véhicule en Europe. La participation repose essentiellement sur une démarche volontaire ou, plus rarement, sur l’achat d’exemplaires par l’organisme lui-même. Pour Ferrari, le jeu n’en valait habituellement pas la chandelle. Les protocoles sont conçus avant tout pour des véhicules de grande série et un mauvais résultat représenterait davantage un risque d’image qu’un véritable avantage commercial.
La Ferrari Luce occupe cependant une place particulière dans la gamme du constructeur. Contrairement aux supercars traditionnelles de la marque, il s’agit d’un modèle à cinq places et quatre portes pensé pour un usage quotidien plus polyvalent. Ferrari cible ici une clientèle susceptible d’utiliser son véhicule en famille, comme le montrent notamment la présence de fixations Isofix à l’arrière.
Dans ce contexte, les attentes en matière de sécurité deviennent naturellement plus importantes. Pour un acheteur prêt à dépenser autant dans une voiture électrique familiale de luxe, disposer d’une évaluation indépendante pourrait constituer un argument supplémentaire. C’est vraisemblablement ce qui explique la volonté de Ferrari d’intégrer les critères Euro NCAP dès la phase de développement du véhicule.
Si la Luce devait effectivement être évaluée par Euro NCAP, l’opération aurait un coût particulièrement spectaculaire. Une campagne complète nécessite généralement plusieurs véhicules destinés à être détruits lors des différents essais : choc frontal, impact latéral, collision contre un poteau ou encore tests de protection des occupants et des usagers vulnérables. Or, chaque Ferrari Luce est annoncée à un tarif de 550 000 €.
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Super Apple Car mais mauvaise Ferrari ? Voilà ce que les puristes pensent de la LuceAvec au minimum quatre exemplaires nécessaires pour réaliser l’ensemble des essais destructifs, Ferrari pourrait donc sacrifier plusieurs millions d’euros de voitures simplement pour obtenir une note de sécurité. Un record potentiel pour Euro NCAP, qui n’a jusqu’ici évalué que très rarement des modèles dépassant les 200 000 à 250 000 euros.
Au-delà de la sécurité pure, cette démarche témoigne aussi de la volonté de Ferrari de positionner la Luce comme un véhicule à part entière et non comme une simple curiosité technologique. La marque sait que sa première voiture électrique sera observée sous toutes les coutures. Autonomie, recharge, performances, agrément de conduite, mais aussi sécurité : tous les aspects seront comparés aux références du marché premium électrique.
Dans cette optique, décrocher une bonne note Euro NCAP permettrait à Ferrari d’envoyer un message clair : malgré son prix extravagant et son blason prestigieux, la Luce entend être jugée selon les mêmes standards que les autres véhicules électriques haut de gamme. Reste désormais à savoir si Ferrari ira jusqu’au bout de la démarche. La marque n’a pas confirmé officiellement la participation de la Luce aux essais Euro NCAP, mais le simple fait d’évoquer cet objectif constitue déjà un changement historique pour un constructeur qui a toujours préféré laisser ses voitures loin des murs en béton des centres de crash-tests.
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