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Longtemps cantonnée à un rôle de spécialiste confidentiel en Europe, Subaru accélère enfin son offensive électrique. Après le Solterra et l’e-Outback, la marque japonaise dévoile l’Uncharted, un SUV compact de 4,54 m directement dérivé du Toyota C-HR+. Mais, derrière cette base commune, Subaru revendique une personnalité propre, des tarifs agressifs et une promesse d’aventure fidèle à son ADN. Nous avons pris son volant en Champagne pour découvrir si ce nouveau venu a les arguments pour sortir de l’ombre.
Longtemps associée aux moteurs Boxer, aux transmissions intégrales permanentes et aux exploits de l’Impreza en rallyes, la marque Subaru traverse aujourd’hui une période charnière de son histoire. En Europe, les ventes de la marque japonaise se sont progressivement érodées sous l’effet du durcissement des normes environnementales, des malus qui lui sont liés et de l’évolution rapide du marché vers l’électrification. En France, elles sont même pour ainsi dire nulles depuis maintenant deux ans.
Après une première tentative avec le Solterra développé en partenariat avec Toyota, Subaru accélère désormais sa transition avec une offensive composée de trois modèles 100 % électriques : le Solterra restylé, l’e-Outback et, donc, ce nouvel Uncharted. Positionné sous le Solterra, l’Uncharted s’attaque à l’un des segments les plus disputés du marché : celui des SUV compacts électriques. Avec ses 4,54 mètres de longueur, il vient directement concurrencer les Hyundai Kona Electric, Volkswagen ID.4, Renault Scenic, Skoda Elroq, Volvo EX30, Peugeot e-3008 ou, surtout, le Toyota C-HR+ dont il est le cousin direct.
Derrière son nom évocateur — « inexploré » en français —, ce SUV symbolise aussi un territoire nouveau pour Subaru. Pour la première fois depuis les années 1990, la marque propose même une version à deux roues motrices, signe que la conquête de nouveaux clients est devenue une priorité. Reste à savoir si ce cousin technique du Toyota C-HR+ possède suffisamment de personnalité pour exister par lui-même. Nos premiers kilomètres réalisés à son volant en Champagne apportent déjà quelques éléments de réponse.
Premier point : le Subaru Uncharted ne cherche pas à masquer sa parenté avec le Toyota C-HR+, dont il partage l’architecture e-TNGA. Mais les designers ont tout de même pris soin de lui offrir une identité propre, plus conforme aux codes de la marque à la pléiade. Avec ses 4,54 mètres de longueur, 1,87 mètre de largeur et 1,63 mètre de hauteur, l’Uncharted se positionne entre les SUV urbains et les modèles familiaux compacts. Son empattement de 2,75 mètres promet un espace intérieur correct tout en conservant des dimensions extérieures compatibles avec un usage quotidien.
Son profil se caractérise par une silhouette fastback très marquée. La ligne de toit plongeante contribue à donner du dynamisme à l’ensemble et rapproche visuellement l’Uncharted des SUV-coupés actuellement en vogue. Les passages de roues généreusement dessinés, les protections de carrosserie noires et les porte-à-faux contenus renforcent quant à eux son aspect baroudeur.


La face avant constitue sans doute l’élément le plus distinctif. On y retrouve une interprétation moderne de l’identité Subaru, avec une signature lumineuse composée de six modules LED évoquant les six étoiles du logo de la marque. Le bouclier, très sculpté, adopte des formes anguleuses qui lui confèrent une présence affirmée. À l’arrière, le lettrage SUBARU traversant toute la largeur du hayon permet avant tout de distinguer immédiatement l’Uncharted de son cousin Toyota.
Si notre modèle d’essai 2 roues motrices est équipé de jantes 18 pouces chaussées de pneus Dunlop SP Sport Maxx dont les flancs paraissent d’ailleurs exagérément hauts, les versions 4Xperience sont équipées de jantes de 20 pouces qui musclent nettement l’allure du véhicule. La garde au sol de 21 centimètres est plutôt généreuse pour la catégorie et rappelle que Subaru n’entend pas renoncer à sa réputation en matière d’outdoor.
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Voiture à prolongateur d’autonomie : Subaru étudie une idée étonnanteL’ensemble apparaît finalement plus original que la plupart des propositions concurrentes directes. Sans révolutionner les codes du segment, l’Uncharted dégage une personnalité visuelle suffisamment forte pour séduire la clientèle qui recherche d’une alternative aux SUV électriques les plus répandus.
La cabine de l’Uncharted offre une présentation moderne, mais pas forcément très sobre avec ses nombreux angles et ruptures de lignes. L’ergonomie souffle le chaud et le froid, avec des éléments bienvenus et d’autres… un peu moins.

La planche de bord s’organise autour d’un écran tactile central de 14 pouces commun aux dernières productions développées avec Toyota. Compatible avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil, il regroupe l’essentiel des fonctions du véhicule. L’interface réclame néanmoins un certain temps d’adaptation en raison de menus particulièrement nombreux et du découpage de l’affichage par segments. Le tiers inférieur affiche en permanence les informations de climatisation, une barre latérale supérieure gauche propose les raccourcis vers les applications et réglages de la voiture, le reste étant occupé par la réplication smartphone ou l’affichage des informations du véhicule. Incrustées sur l’écran dans les coins inférieurs, deux molettes permettent de régler la température de consigne du climatiseur (la pompe à chaleur est d’ailleurs de série dès le premier niveau de finition).
L’ambiance générale se révèle accueillante. Les sièges avant offrent un excellent maintien sans tomber dans l’excès sportif et les réglages permettent rapidement de trouver une bonne position de conduite. On apprécie aussi le format du volant, presque carré avec son double méplat, ainsi que la présence de poignées de maintien aux quatre places principales. On regrette en revanche amèrement l’absence de boîte à gant, mal remplacée par la profondeur du rangement sous l’accoudoir central, déjà très occupé par la bible de près de 1 100 pages que constitue l’ensemble des très bienvenus manuels utilisateurs papier.
La visibilité vers l’avant est satisfaisante, même si la lunette arrière réduite par la silhouette fastback fait que l’on pourra préférer s’en remettre davantage aux caméras et aux nombreux capteurs embarqués pour les manœuvres. Parlant de caméra, celle du rétroviseur central vidéo est à notre avis totalement inutile, mais il est heureusement possible de basculer en mode miroir normal. L’absence de cet équipement — de série sur notre modèle — aurait sans doute pu abaisser un peu la facture finale.

Le reste de l’équipement technologique apparaît plutôt complet. Selon les versions, l’Uncharted peut recevoir des caméras panoramiques à 360 degrés, le fameux rétroviseur numérique, un système audio Harman Kardon, des sièges ventilés, un volant chauffant ou encore les dernières évolutions du système d’assistance EyeSight.
L’habitabilité est correcte sans être exceptionnelle. Les passagers avant profitent d’un espace généreux, mais la garde au toit à l’arrière devient comptée pour les grands gabarits. Quant au coffre, il affiche 404 litres, une valeur juste correcte et inférieure à celle de certains concurrents. Son seuil de chargement relativement élevé n’améliore pas la praticité au quotidien.
L’impression générale reste toutefois très positive. Sur la plupart des revêtements, l’insonorisation contribue à créer une atmosphère sereine. La présence de véritables commandes physiques pour certaines fonctions essentielles évite certes l’écueil du « tout tactile » qui affecte encore de nombreux véhicules électriques récents mais, nous l’évoquions, donne aussi le sentiment que Subaru semble avoir eu du mal à choisir. Le volant est ainsi surdosé en boutons pas toujours faciles à identifier, tandis qu’au contraire, la console centrale aurait mérité de voir certaines commandes disparaître de l’écran pour devenir physiques et, donc, plus simples à manipuler à l’instinct.
La gamme Uncharted s’articule autour de trois niveaux de puissance (nous y reviendrons).
Notre variante – traction de 221 ch (167 kW) – est équipée d’une batterie de 77 kWh et capable d’atteindre jusqu’à 585 km selon les données communiquées. Et, sur la route, notre Uncharted souffle là encore le chaud et le froid. Ou disons plutôt le tiède.
Ainsi, malgré une masse proche des deux tonnes, le SUV fait preuve d’une remarquable agilité et sa motricité est difficile à prendre en défaut. La batterie implantée sous le plancher abaisse fortement le centre de gravité tandis que la plateforme e-Subaru Global fait montre d’une rigidité appréciable. Résultat : le roulis demeure limité et la direction se montre suffisamment précise pour procurer un réel plaisir de conduite. Pour autant, cette même direction se montre aussi totalement muette en remontée d’information et si l’auto ne prend pas de roulis, les trépidations et mouvements verticaux de la suspension deviennent rapidement fatigants sur chaussée dégradée.

En tout chemin, en revanche et contre toute attente, l’amortissement devient d’une douceur appréciable. Sur ces mêmes voies hors bitume, l’électronique qui gère la motricité permet d’ailleurs de compenser en partie l’absence de transmission intégrale. Bref, préférez les voies rapides… ou les chemins de traverse !
Côté performance, le SUV japonais marque davantage par la disponibilité de la puissance que par sa brutalité. Les relances sont franches et la réserve de kilowatts rassure lors des dépassements. Un point nécessitera toutefois d’être revu lors d’un essai futur : dans notre exemplaire, la précision de l’indicateur de vitesse a paru très variable. Très précis à allure basse, il a ensuite surestimé assez classiquement la vitesse de 3 ou 4 km/h jusqu’à environ 105 km/h puis… a inversé la donne. Pour 110 km/h au compteur, notre GPS mesurait plutôt 113 ou 114 km/h. Troublant, mais surtout interdit et cela nécessitera d’être revérifié lors d’essais plus complets.
Nous avons souvent été déçus par les propositions japonaises en matière de recharge, aussi faut-il ici souligner le très bienvenu chargeur embarqué de 22 kW de série pour les pleins du quotidien.
Côté charge rapide, c’est moins impressionnant, avec jusqu’à 150 kW en courant continu qui permettent de passer de 10 à 80 % en une trentaine de minutes dans des conditions optimales. À noter cependant que le préconditionnement de la batterie est de série et que, selon des courbes de recharge présentées par la marque, le pic de puissance atteint en réalité plutôt 170 kW, pour finir autour de 65 kW lorsque le SoC atteint 80 %. La brièveté de notre essai ne nous a malheureusement pas permis de confronter ces données à la réalité, mais gageons que notre super-testeur Soufyane saura le faire sans concession à l’occasion d’un futur super-test dont il a le secret.

Au volant, la régénération est modulable à partir de palettes et va d’une vraie roue-libre au niveau le plus fort selon quatre paliers. Pas de mode One pedal, cependant, et il faut noter que les écarts de puissance de décélération entre chaque palier est assez faible, le palier supérieur étant lui-même encore relativement doux.
Côté consommation, enfin, sur notre parcours d’essai constitué majoritairement des routes viticoles très vallonnées de la Champagne et donc peu optimal pour représenter un usage type, nous avons obtenu une consommation moyenne de 16,5 kWh/100 km.
L’Uncharted arrive en ce moment sur le marché français. Sa gamme s’articule autour de trois niveaux de puissance et de deux capacités de batterie.
En entrée de gamme, la version 2Xperience Start, traction de 166 ch équipée de la batterie de 57,7 kWh, devrait constituer le cœur de l’offre aux particuliers à la recherche d’un SUV électrique accessible. Comptez 36 990 euros pour l’acquérir cash, mais Subaru a également mis au point un programme de financement pour le moins original, à 399 euros par mois sur… 10 ans. Selon les termes de cette LOA dont on peut sortir à tout moment, la restitution de l’auto à 100 mois se fait sans coût supplémentaire, tandis que Subaru garantit ensuite une reprise au moins égale à la valeur des batteries à 120 mois.
Au-dessus, notre déclinaison traction 2Xperience ER de 221 ch avec batterie de 77 kWh privilégiera l’autonomie (près de 600 km annoncés) tout en améliorant la dotation en équipement de série, notamment avec le toit vitré, le système audio Harman Kardon ou encore les sièges électriques et chauffants à l’avant. Pour celle-ci, comptez 41 990 euros.

Enfin, facturée 47 990 euros, la version 4Xperience AWD de 338 ch représente la vitrine technologique de la gamme. Dotée de deux moteurs électriques développant une puissance cumulée de 338 ch, elle promet un 0 à 100 km/h en seulement cinq secondes. Cette configuration met surtout en avant l’un des principaux marqueurs historiques de Subaru, à savoir la transmission aux quatre roues.
Cette stratégie tarifaire agressive permet en tous les cas à la marque de se positionner sans complexe face à sa concurrence tout en conservant un avantage sur le niveau d’équipement et en offrant jusqu’à 10 ans de garantie.
Enfin, le configurateur ne propose que peu d’options sinon le choix de la teinte carrosserie métallisée, de 833 à 1125 euros selon que l’on fera ou non l’impasse sur le toit bi-ton. La finition ST-E, qui passe par la pose d’accessoires et des reprises de peinture, est facturée 1 990 euros avec les jantes 18 pouces et 2 490 euros avec les jantes de 20 pouces, sachant que les jantes d’origine sont restituées au propriétaire, lequel disposera alors d’un jeu hiver à moindres frais. Cette personnalisation évoque évidemment le glorieux héritage sportif de la marque… lequel, dit-on, pourrait se conjuguer à nouveau dans un futur pas trop éloigné…

Avec l’Uncharted, Subaru ne se contente pas de compléter son catalogue d’un troisième véhicule électrique. Le constructeur d’Ōta cherche clairement à redéfinir sa place sur le marché européen en conservant le marqueur qui a toujours fait sa singularité : une réelle compétence en matière de motricité.
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Subaru Solterra : plus d’autonomie et prix en baisse pour le SUV électriqueCertes, l’Uncharted n’est pas un projet totalement inédit. Son architecture technique et une grande partie de ses composants sont intimement liées au partenariat avec Toyota. Pourtant, Subaru est parvenu à lui insuffler une personnalité distincte, notamment à travers son design spécifique et surtout le travail réalisé sur les réglages du châssis et de la transmission. Face à sa concurrence pour le moins dense, le principal atout du SUV japonais réside certes dans sa capacité à offrir une expérience de conduite rassurante, mais aussi une fourchette de tarifs très compétitive malgré l’absence de prime coup de pouce (sinon 400 euros à déduire pour les batteries).
L’ergonomie reste simple bien que perfectible, le comportement routier inspire confiance et les aptitudes hors bitume dépassent largement ce que proposent la plupart des SUV électriques compacts.
En revanche, le coffre demeure relativement modeste, l’habitabilité arrière pâtit du dessin fastback et le confort se dégrade nettement dès que le bitume n’est plus lisse. Autant de réserves qui n’effacent pas les nombreuses qualités du modèle. Surtout, l’Uncharted apparaît ainsi comme l’une des propositions les plus originales de sa catégorie. Arborer un logo Subaru vous fera à coup sûr remarquer dans le trafic et dans un marché du SUV électrique très uniforme, cette personnalité pourrait bien constituer son meilleur argument.
Crédit photos : © Alexandre Lenoir / AP et Julien Thoraval / Subaru France
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