Ces voitures électriques dont la valeur s'effondre (et, non, cela ne concerne pas que les modèles de luxe)

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Une voiture qui perd 60 000 € en deux ou trois ans est-elle forcément une catastrophe ? Pas pour tout le monde !

Si le premier propriétaire a signé un bon de commande à plus de 120 000 €, puis absorbé la partie la plus violente de la décote, le deuxième récupère parfois la même mécanique, les mêmes performances et le même niveau de confort pour le prix d’une banale berline familiale.

Encore faut-il savoir pourquoi la valeur s’est effondrée. Certaines voitures chutent parce qu’elles cumulent les ennuis mécaniques, les défaillances électroniques, avec pour conséquence une confiance ébréchée. D’autres sont simplement victimes d’un marché récent et incertain (ou réputé tel), d’une technologie qui évolue vite ou d’une clientèle d’occasion trop réduite.

Cette décote est réputée concerner plus particulièrement les voitures électriques haut de gamme. Un effondrement qui est souvent présenté comme une faiblesse propre à cette motorisation. Pourtant, si l’on regarde bien, on constate que les grandes berlines thermiques et les limousines de luxe connaissent parfois des trajectoires tout aussi brutales. Bref, hormis quelques icônes automobiles et marques mythiques, la perte abyssale de valeur concerne l’ensemble du secteur, qu’il soit électrique ou thermique, particulièrement sur le marché des berlines.

Mais si vous rêviez de rouler au volant de l’une des meilleures Porsche jamais produites, avec le confort d’une Panamera et les performances et sensations d’une 911, vous allez peut-être trouver votre bonheur dans ce qui suit. Et aussi dans les sites de petites annonces automobiles d’occasion, qui regorgent de ce type d’offre.

En croisant les données de différentes études parues depuis 2025 dans différentes sources françaises et internationales, on peut dresser un petit inventaire de la décote version électrique. Et on aura une pensée émue pour les premiers acheteurs.

Ford Mustang Mach-E, la décote qui venait du constructeur

Le Mustang Mach-E Propulsion de 269 ch coûtait 61 650 € fin 2022. Un exemplaire de cette année affichant 47 530 km est proposé à 29 901 € en août 2026. La différence atteint 31 749 €, soit une décote brute de 51,5 %. Kelley Blue Book évalue pour sa part la perte de valeur d’un Mach-E 2022 à 43 % sur trois ans. Certaines versions à grande autonomie dépassent même 50 %.

Il faut dire que Ford a lui-même contribué à cette baisse en réduisant à plusieurs reprises le prix du véhicule neuf. En France, le tarif d’entrée a diminué de 4 660 € en avril 2023, puis de nouveau de 4 000 € à la fin de la même année. Au total, le modèle de base avait perdu 8 660 € sur son prix neuf en douze mois. Ces repositionnements, engagés pour répondre au Tesla Model Y, ont mécaniquement réduit la valeur des exemplaires déjà en circulation. Le modèle a aussi souffert de ventes irrégulières et de plusieurs rappels, dont un problème de surchauffe pouvant provoquer une perte de puissance sur près de 49 000 véhicules aux États-Unis.

Volkswagen ID.4, une bonne idée gâchée par une évolution trop rapide

En janvier 2022, le Volkswagen ID.4 Pro de 174 ch coûtait 47 800 €. Un exemplaire de la même année totalisant 74 219 km est aujourd’hui affiché à 26 990 €. La perte atteint 20 810 €, soit 43,5 %. Pour l’ID.4 Pro Performance de 204 ch, vendu neuf 49 400 €, une annonce à 23 990 € avec 119 342 km représente une baisse de 25 410 €, soit 51,4 %. Kelley Blue Book aboutit à un résultat similaire : 52 % de décote en trois ans pour un ID.4 de 2022. Les premiers ID.4 ont été pénalisés par une évolution rapide du modèle. Dès 2024, Volkswagen a introduit un moteur de 286 ch plus puissant et plus efficient, une autonomie pouvant atteindre 556 km, ainsi qu’un nouveau système multimédia et une nouvelle génération logicielle, tout en conservant un positionnement tarifaire voisin. Les exemplaires de 2021 et 2022 ont également souffert de critiques sur leur logiciel et de plusieurs campagnes de rappel. Face à un ID.4 récent plus abouti, les anciennes versions doivent donc compenser par une forte baisse de prix.

BMW i7 : excellente à conduire, difficile à revendre

Côté haut de gamme, voici un gentil monstre avec une grosse calandre bien clivante qui n’a pas vraiment séduit les foules, nonobstant un certain succès de BMW avec ses premiers pas dans l’électrique. Pourtant, avec environ 544 ch, elle transpose le confort de la Série 7 G70 à une motorisation entièrement électrique, ce qui au final a beaucoup de sens quand on connait les aspirations au confort absolu — et donc au silence — des utilisateurs fortunés de ce genre de limousine.

Malheureusement, cela ne s’est pas vraiment passé comme prévu : alors que son tarif neuf avoisinait pourtant 130 000 € hors options, des exemplaires de 2023 commencent déjà à apparaître entre 70 000 et 85 000 €, soit une perte de 40 000 à 50 000 € en deux ou trois ans. Une baisse qui résulte essentiellement d’un marché minuscule. En France, les immatriculations d’i7 (et de Série 7) se comptent en faibles volumes. Les principaux clients sont des sociétés de transport haut de gamme, de grands hôtels, les entreprises (véhicules de direction) et quelques particuliers. Lorsqu’un propriétaire souhaite revendre, le nombre d’acheteurs potentiels est donc très limité. Résultat, une i7 d’occasion peut être une affaire remarquable pour celui qui souhaite la conserver longtemps, mais elle devient plus risquée si l’objectif est de la revendre rapidement.

La forte décote n’est pas toujours un défaut

Alors, que nous apprennent ces cinq voitures ?

D’abord, que la forte décote n’est pas une spécialité du haut de gamme. Certes, parmi celles qui décotent le plus, on peut également citer la Porsche Taycan, l’Audi e-tron GT, la Tesla Model S ou la Mercedes EQS, qui peuvent effectivement perdre énormément. Mais au final, tous les modèles peuvent subir le même sort, et les voitures mentionnées dans cet article n’en sont qu’un échantillon. Dans les modèles dont la valeur s’effondre le plus, on retrouve des voitures du segment moyenne gamme, voire des compactes. C’est le cas de la Fiat 500e, de la Nissan Leaf ou même de la Renault Zoé !

Les raisons ne sont simplement pas toujours les mêmes. Sur les électriques premium, la technologie avance très vite. Les batteries progressent, les autonomies augmentent, les prix neufs bougent et les nouvelles générations rendent rapidement les précédentes moins désirables. Mais sur l’électrique, avec l’occasion il reste une grosse réticence, ou une grande crainte, celle de la longévité et de la fiabilité de la batterie. Cette crainte est-elle justifiée ? Pas vraiment ! D’abord les batteries sont souvent garanties pendant 7 ans ou 150 000 km voire plus. Ensuite, à l’achat on peut obtenir le SOH de la batterie, autrement dit son état de santé ou sa capacité restante, et on est souvent au-delà de 85% voire jusqu’à 95%. Mais la peur d’avoir une batterie HS sur des autos de ce prix est effectivement un facteur bloquant, qui contribue encore à faire chuter leur prix sur le marché de l’occasion.

Il y a un autre facteur, auquel on pense moins, mais qui fait probablement beaucoup de mal au premium électrique européen, celui de l’arrivée massive de modèles chinois aussi performants, souvent mieux équipés et plus avancés technologiquement. Vous me direz qu’on ne compare pas une Porsche à une BYD ou une Xiaomi, ou du premium à la voiture de Monsieur Toutlemonde ? C’est vrai, sauf que quand la BYD ou la Xiaomi propose les mêmes prestations pour le tiers ou le quart du prix, et bien si, on commence à comparer. Et le blason, aussi prestigieux soit-il, ne suffit plus à être un totem d’immunité. Ce qui tendrait d’ailleurs à confirmer l’idée selon laquelle les constructeurs, notamment les marques premium, ont un peu trop forcé sur les prix, trop confiants qu’ils étaient dans leur prétendue suprématie sur le marché, alors qu’en matière d’électrique ils étaient des débutants comme les autres. Avec le recul, il apparait de plus en plus évident que facturer plus de 100 000 euros un modèle avec à peine plus de 350 kilomètres d’autonomie et une puissance de recharge anémique était pure folie. Comme dirait l’autre : Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?

Le problème c’est que ce sont les premiers clients qui ont payé les pots cassés, ainsi que les sociétés de leasing, qui misaient sur de fortes valeurs de reprises. Mais ça c’est moins grave.

En tout cas, il y a des opportunités à saisir pour qui possède un petit pécule et veut découvrir les sensations de conduite de voitures qui restent exceptionnels. En revanche, je ne parierais pas sur une augmentation de leur cote avec le temps. N’est pas 911 qui veut…

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Patpatil y a 43 minutes

La valeur résiduelle d'une voiture a toujours fortement varié, qu'elle soit électrique ou thermique. Si je prends mes anciennes voitures, sur base du prix réellement payé :

  • Une Fabia TDI : revendue 37% de son prix d'achat après 5 ans
  • Un Gd Scenic DCI : revendue 35% de son prix d'achat après 4,5 ans
  • Une 500L Multijet : revendue 50% de son prix d'achat après 9 ans
  • e-Golf : revendue un peu plus cher que son prix d'achat après un an et demi (revendue au moment du pic pétrolier lié à la guerre en Ukraine)
Mon ID.4 Pro de 2023 n'était pas à 47.800€ mais à 42.000€ (hors option) après remise. La perte ne serait donc pas la même. Après, j'espère le garder une dizaine d'années et minimum 200.000km. La valeur résiduelle a moins d'impact à ce moment...

Par contre, le problème, c'est qu'avec l'envolée des prix, la perte en % représentent beaucoup plus en € qu'avant le Covid.

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