AccueilEssaisBilan Supertests 2025 : voici la meilleure voiture électrique de l'année... et la plus décevante

Bilan Supertests 2025 : voici la meilleure voiture électrique de l'année... et la plus décevante

Sommaire

La suite de votre contenu après cette annonce

Une nouvelle saison de Supertest vient de s’achever. C’est l’occasion de faire le bilan sur nos meilleures références, mais aussi sur nos déceptions.

Vous connaissez maintenant le principe des Supertest. Faisant suite aux impressions recueillies lors d’un premier essai par l’un de nos journalistes, ces essais longue durée permettent de pousser dans les cordes les dernières nouveautés électriques. Mais il n’est pas seulement question d’enchaîner des kilomètres. Il s’agit surtout d’un approfondissement aussi complet que précis, afin de chiffrer les consommations, les performances, les temps de recharge et d’observer le comportement des chaînes de traction des voitures électriques. Voilà qui permet alors de chiffrer dans le monde réel les gains de certains choix techniques arrêtés par les constructeurs.

À lire aussi
Supertests Automobile Propre : voici comment se déroulent nos mesures !

Pour mener à bien notre mission et, surtout, pouvoir comparer les voitures sur une même base, nous avons développé au fil des années un protocole strict : parcours et trajectoires identiques, roulage de nuit pour éviter l’influence du trafic et du soleil, différentiel de température extérieure et intérieure fixe et contrôlé par des sondes indépendantes, vitesses mesurées au GPS et maîtrisées via le régulateur/limiteur… Seuls les tests en laboratoire garantissent une maîtrise plus précise des conditions, alors que les écarts d’une voiture à l’autre sont inférieurs à ceux d’un essai le même jour mais avec des conducteurs différents.

Cette année, 17 voitures électriques sont passées dans nos colonnes, de la Hyundai Inster au Mercedes G580 EQ, en passant par le MG Cyberster ou la Lotus Emeya. Une année chargée, sans jeu de mots, avec son lot de surprises, de records mais aussi de déceptions. Car, si les résultats ont été notés, nous avons également pris en compte le comportement technique des voitures pour dresser le bilan. Voici la liste de nos meilleures références de l’année 2025 au Supertest Automobile Propre.

Le cas du Tesla Model Y Propulsion

Consommation de citadine, puissance de recharge moyenne parmi les plus élevées pour une batterie 400 V, temps de trajet de berline routière… Qu’on se le dise : le Tesla Model Y Propulsion, comme la Tesla Model 3 Grande Autonomie l’an dernier, affiche une homogénéité et une polyvalence au dessus du lot. Surtout pour un grand SUV doté d’une batterie de 60 kWh seulement. Reste que cette pertinente version, arrivée deuxième sur le podium avec son prix de 44 990 € au moment de son essai, a subitement quitté le catalogue, pour laisser sa place à une version plus abordable dite Standard (39 990 €). Avec une chaîne de traction inchangée et davantage de sobriété (+34 km WLTP), le rapport prix/prestation monte mathématiquement d’un — léger – cran. Mais son prix de vente serré est le fruit d’une cynique chasse aux économies, jusqu’aux poches aumônières près. Bonjour tristesse !

Les meilleures références des Supertests 2025 :

1 – Xpeng G6 RWD Long Range

Mesuré finement en début d’année, le Xpeng G6 a évolué en 2025. À bord, la présentation est nettement moins triste qu’auparavant, et l’équipement est toujours complet. Surtout, il profite de ce subtil restylage pour évoluer techniquement. Certes, la nouvelle batterie LFP offre 6,7 kWh de moins qu’auparavant pour compenser le surpoids de cette technologie. Mais en raison d’un meilleur pilotage du système de climatisation, la consommation mesurée dans le monde réel est similaire, ce qui se traduit par une autonomie mixte de 435 km (-25 km) et un rayon total de 350 km sur autoroute (-15 km). Surtout, son comportement sur les bornes de recharge rapide lui fait prendre le large : non seulement il expédie les recharges rapides comme aucune autre voiture électrique sur le marché, mais il est capable de cette prouesse sur des bornes 300 kW de plus en plus courantes. Il arrive donc à tenir ses promesses, et ce sans que l’utilisateur n’ait à se gratter la tête pour y arriver. Ce qui n’est pas toujours le cas avec les voitures dites 800 V, pour lesquelles il faut un parfait alignement des planètes. Bien joué, G6 ! La puissance moyenne de 302 kW sur le 10-80 % (12 minutes et 30 secondes) est un record. Ce ratio autonomie/temps de recharge lui permet de faire des voyages une simple formalité. Notons qu’il se montre aussi raisonnablement performant (0-100 km/h en 6,2 s) et sécurisant (130-0 km/h en 60 m). Bref, avec son prix de vente de 46 990 €, il présente le meilleur rapport prix/prestation de la liste. Le Xpeng G6 est la référence du moment, à qui il ne manque qu’une correction logicielle pour améliorer les aides électroniques et pour le rendre compatible avec les bornes 400 V, parfois utiles hors des autoroutes.

2 – Hyundai Inster 49 kWh

Près de 350 km d’autonomie mixte, près de 240 km sur autoroute, une recharge rapide en 30 minutes à une puissance moyenne de 73 kW… La Hyundai Inster ne bat pas des records. Mais c’est la plus sobre de notre classement cette année sur parcours mixte (14,1 kWh/100 km). Elle prend aussi la tête à un chapitre inattendu : c’est celle qui tient le plus ses promesses avec un écart de seulement 3,5 % entre l’autonomie WLTP et l’autonomie mixte mesurée, quand la moyenne de nos relevés se situe à 18 % ! La différence est si faible que nous avons répété notre cycle de mesures à trois reprises, avec toujours le même résultat. Sur autoroute en revanche, pas de surprise, ou presque. L’autonomie est bien celle d’une citadine électrique (240 km), mais elle ne s’en tire pas si mal face à la concurrence. Elle fait même mieux que la Renault 5 E-Tech à la stricte comparaison des chiffres. Mignonne, pratique, vaste et amusante à conduire, elle est aussi équipée comme une grande. Et si son prix de 29 600 € a de quoi effrayer pour une citadine de 3,83 m de long, son rapport prix/prestation n’est plus très loin de celui du Xpeng G6. Un très bon choix pour qui recherche une voiture quotidienne pratique et capable de s’éloigner des villes si besoin.

3 – MG S5 EV Luxury

Cette troisième place a été disputée sur des critères autant objectifs que subjectifs. Mais c’est le MG S5 EV qui monte sur le podium. Le SUV s’est montré étonnamment sobre sur nos bases, avec un écart très mesuré par rapport à la valeur WLTP (13 %). La batterie de 62 kWh ne lui permet pas d’avoir les meilleures autonomies, mais elle se recharge raisonnablement vite pour la catégorie. Les voyages par l’autoroute peuvent se faire avec aisance, avec un temps de trajet de 5 h 00 pour 500 km. Cela correspond à ce que l’on attend d’un véhicule familial de cette catégorie. Surtout, quand on fait le tri dans nos relevés, on s’aperçoit qu’il se débrouille aussi bien que des SUV dotés de batteries de 80 kWh en moyenne. Bien fabriqué, ludique à rouler, doté d’équipements modernes et utiles, il propose un bon niveau de polyvalence à un prix de 38 490 €. Les autres voitures qui pouvaient monter sur le podium sont plus onéreuses.

Les trois déceptions des Supertests 2025 :

15 – Mercedes G580 EQ

On ne s’attendait évidemment pas à un miracle en prenant le volant du Mercedes G580 EQ, qui a immédiatement piqué notre curiosité. Il est donc assez difficile de parler de déception au sens propre du terme. Surtout que, on a -presque- honte de l’avouer, cet engin est vraiment attachant. Mais on pourrait au moins s’attendre à une meilleure démonstration technologique que de simples tours de manège grâce aux quatre machines électriques dans les roues. Surtout à ce niveau de prix (196 351 €). Car si cette architecture mécanique est redoutable en hors piste, le SUV allemand reste assez roturier techniquement. La puissance de recharge moyenne de 153 kW figure parmi les meilleures pour une batterie 400 V. Mais c’est tout… Et cela ne suffit pas à compenser les 47 kWh/100 km sur autoroute, soit 250 km d’autonomie. Là encore, on ne peut pas lui reprocher objectivement ou subjectivement son appétit démesuré. Il s’agit d’un frigo XXL qui pousse l’air. Mais le Mercedes G580 EQ n’offre alors pas plus d’autonomie qu’un Smart #3 Brabus. Et à l’épreuve du long trajet, qui a avant tout pour mission d’éprouver l’endurance des voitures, le SUV demande autant de temps qu’une Hyundai Inster pour 500 km d’autoroute. Bien sûr, ces basses considérations pratiques ne sont pas des critères pour la clientèle visée, qui n’est peut-être même pas concernée par ces sujets. Mais il manque ce petit truc au modèle pour en faire le Classe G des électriques, et pas seulement un Classe G électrique. Nuance. Aussi très cher par rapport à ses résultats, la Lotus Emeya, par exemple, fait une meilleure démonstration de sa technologie de pointe.

16 – Vinfast VF6 Plus

Qu’il est mignon ce petit SUV urbain, avec son attendrissant regard de chat endormi. Hélas, affiché au prix de 37 990 €, le VF6 peine à convaincre. Avec sa masse considérable (2 083 kg pour 4,23 m de long seulement), il affiche des consommations dignes d’un grand SUV, avec 17,7 kWh/100 km sur parcours mixte et 23,6 kWh/100 km sur autoroute. Cela pèse lourd sur la batterie de près de 56 kWh. La recharge est plutôt correcte, mais le SUV souffre d’un système de gestion électronique prudent lorsque la température des cellules monte : nos mesures ont montré que les recharges s’allongent au fur et à mesure qu’elles s’enchaînent sur un long trajet. Pour bénéficier de la meilleure recharge rapide, il faut brancher la voiture avec une température batterie comprise entre 25 et 27 °C. La température est affichée sur l’écran, bravo, mais elle est impossible à maîtriser en l’absence du système de preconditionnement. À cela s’ajoute un comportement routier perfectible, une finition basique et une habitabilité dans la moyenne, sans plus. Bref, ses prétentions tarifaires sont trop élevées par rapport à ses prestations et sa plateforme technique naissante.

17 – BYD Atto 2 Boost

Essayé dans sa version Boost avec la batterie de 45 kWh de capacité brute (43 kWh utiles selon nos mesures), le BYD Atto 2 suit la même trajectoire que le Vinfast VF6. À la différence près que le SUV urbain chinois se montre bien plus rigoureux sur la route. Son poids moindre n’y est pas étranger, ce qui lui permet aussi de freiner plus court. À bord, à l’exception d’une climatisation mal pilotée, le confort est de bon aloi et l’habitabilité suffisante pour une petite famille. Mais cette dernière pourrait réfléchir à deux fois avant de partir en vacances avec ce véhicule : avec plus de 6 h 00 pour parcourir 500 km, dont 1 h 35 d’immobilisation aux bornes (!), il ne se montre pas plus polyvalent qu’une micro-citadine. La faute à une petite batterie d’une part, et qui ne se recharge pas vite d’autre part. Le 10-80 % en 36 minutes se traduit par une puissance moyenne de 60 kW, parmi les plus faibles depuis la création de la rubrique. Dommage, car les consommations ne sont pas si catastrophiques : on a mesuré 22,8 kWh/100 km sur autoroute et 15,3 kWh/100 km sur parcours mixte. Proposée au prix de 33 990 €, cette version ne se refuse donc rien au moment de faire signer le client, alors que le ramage n’est absolument pas à la hauteur du plumage. Reste à savoir si la nouvelle version Comfort affichée à 35 990 € (64,8 kWh, recharge rapide 155 kW max., 430 km WLTP) présente un meilleur rapport prix/prestation. Réponse l’année prochaine…

Qu’en est-il des autres ?

Si nous avons présenté nos références et nos déceptions, d’autres ne sont pas à oublier totalement. C’est le cas de la DS Numéro 8 au bilan plutôt mitigé. Au strict regard de ses résultats, c’est une très belle surprise : la Française atteint des remarquables niveaux d’autonomie grâce à sa sobriété. Ce qui n’est pas le cas des SUV concurrents directs. Au final, elle parvient à voyager aussi rapidement (4 h 37) que les meilleures routières comme l’Audi A6 e-tron Avant (4 h 35). C’est ainsi la seule voiture 400 V à vraiment chatouiller la crème des 800 V ! Cette performance technique ajoutée à sa sobriété auraient pu lui permettre de finir sur le podium. Mais le comportement erratique de la batterie ACC fait voler en éclat tout le travail des ingénieurs : performances bridées à froid, courbes de recharge disparates, temps de recharge trop allongés sans préconditionnement, calibrage de la jauge qui ne permet pas d’exploiter toute la capacité de la batterie, capacité totale elle-même disponible que dans de très rares cas… Non pas que ces écueils soient pénalisants, nos mesures le prouvent bien. Surtout que rares seront les utilisateurs à s’en apercevoir, à l’exception sans doute de la recharge à froid. Mais les Supertest ne s’intéressent pas seulement à la partie immergée de l’iceberg. Tout le monde sait le faire (quoique…). L’étude technique est tout aussi importante et à ce chapitre, la Numéro 8 mérite moins d’éloges. Dommage.

De son côté, l’Audi A6 e-tron Avant, s’est montrée parfaitement à la hauteur. Certes, la consommation est un peu plus élevée, mais pas pénalisante puisque l’Allemande, elle, exploite toute la capacité annoncée de sa batterie. De plus, la plateforme PPE se révèle indéboulonnable au fil des kilomètres avec une bonne gestion par temps froid et des recharges rapides homogènes. En prenant en compte sa note moyenne en fonction de ses résultats, elle aurait aussi pu viser la 3ᵉ place du podium. Mais le break, aussi plaisant soit-il, est cher : il faut compter près de 85 000 € pour une version S-Line, hors nombreuses et chères options.

Autre voiture plutôt séduisante mais qui rate le podium : le Skoda Elroq 85. Mais cet excellent véhicule familial fait justement ce que l’on demande de faire à un excellent véhicule familial affiché à 44 990 €. Le bilan est identique pour le Kia EV3 Long Range, avec toutefois un rapport encombrement/habitabilité plus intéressant que le SUV tchèque. Comme ce dernier, la chaîne de traction est correcte et homogène. On n’en attendait pas moins, mais les prix sont élevés : à 46 290 €, ce GT-Line tutoie le Xpeng G6 dans cette configuration d’essai.

Au rang des déceptions, ou presque, les Audi Q6 e-tron Quattro ou BYD Sealion 7 ne réveillent personne la nuit. Intéressante au sein de l’A6, la plateforme PPE du SUV allemand est correcte sans plus. Elle creuse l’écart par rapport à l’Audi e-tron de première génération, mais les consommations n’ont rien d’éclatantes (25,4 kWh/100 km sur l’autoroute). Pire encore avec le Chinois (28,1 kWh/100 km), pour lequel on souligne toutefois ses capacités de recharge rapides (10-80 % en 24 minutes à 179 kW de moyenne). C’est assez inédit pour une BYD, d’autant que la batterie ne souffre plus de pertes de puissance dès que la température des cellules augmente. Enfin, le bilan de la Lotus Emeya est lui aussi mitigé : d’une efficacité extraterrestre, la grande berline n’accepte aucune fantaisie, et se révèle tout aussi gourmande qu’un grand SUV. On ne peut parler de déception au sens littéral du terme, mais on en attendait un peu mieux d’une berline basse et effilée qui, à contrario, catapulte les recharges rapides comme aucune autre.

On vous donne rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle saison de Supertest, avec des voitures électriques de dernière génération qui affronteront nos appareils de mesure : du BMW iX3 à la Renault Twingo e-Tech, en passant par la Mercedes CLA ou la Nissan Leaf, il y en aura pour tous les goûts et tous les besoins. Et certaines voitures ont déjà commencé à décrocher la mâchoire avec des résultats records !

Nos guides