Voiture électrique et vacances estivales en 2017
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Chaque début d’année, on espère une mobilité électrique davantage facilitée au moment des vacances estivales à venir. A ce jour, le bilan se présente chaque fois en demi-teinte. La location à destination, qui s’est bien développée en 2016 et 2017, est à exploiter.

Des problèmes : quels problèmes !?

En 2017 subsiste toujours une évidence : tous les électromobiliens ne sont pas à armes égales à l’heure de partir en vacances en voiture électrique, même en restant en France.

Certes, les réseaux de recharge s’étoffent, mais encore trop inégalement sur le territoire. Trois modèles sont toujours privilégiés. Tout d’abord les Tesla Model S et X, grâce au réseau de superchargeurs du constructeur et à une autonomie utile le plus souvent inscrite dans une fourchette de 300-450 kilomètres. Au niveau mondial, on en compte déjà presque 6.000, répartis dans pas loin de 900 stations. Parce que ce sont les grands axes qui sont privilégiés, il peut être nécessaire de faire un détour plus ou moins important ou de choisir un itinéraire plutôt qu’un autre pour traverser la France en Model S ou X.

Mais, globalement, partir en vacances avec ces engins survoltés ne pose plus de problèmes majeurs depuis pas mal de temps. D’autant plus qu’au réseau de superchargeurs s’ajoute celui bien plus dense des recharges à destination implantées dans des hôtels, restaurants, campings, casinos, gîtes, golfs, centres commerciaux et autres lieux à fort potentiel. Désormais plus de 300 sites répondant à ce label sont recensés en France.

Renault Zoé

Autre modèle de voitures électriques bien servi par le maillage français : la Renault Zoé. D’autant plus que la nouvelle batterie d’une capacité légèrement supérieure à 40 kWh permet d’envisager d’effectuer environ 300 kilomètres entre 2 recharges. Faire le plein du pack, sur les bornes accélérées que l’on trouve un peu partout dans l’Hexagone, hormis quelques déserts qui rétrécissent heureusement d’année en année, ne prend guère plus du temps nécessaire à une bonne pause déjeuner. Si un point de charge est indisponible, il y en a certainement un autre pas très loin.

Différents équipages engagés en Zoé 40 à des rallyes comme le Tour de la Vienne véhicules électriques, programmé les 8 et 9 juin derniers, ainsi que le Défi 300 km nouvellement lancé au sein du Vendée énergie Tour 15 jours plus tard, ont prouvé que la citadine du Losange sait désormais avaler cette dose de kilomètres sans passer par la case ravitaillement.

200 km et recharge rapide

En dehors des Tesla et de la Zoé, rejointes dans quelques mois par la Model 3 du constructeur américain et l’Opel Ampera-e, il vaut mieux disposer d’une voiture électrique ayant une autonomie réelle avoisinant ou dépassant les 200 kilomètres et équipée pour la recharge rapide.

Cette définition correspond, parfois grâce à de nouveaux packs batteries de meilleure capacité, aux modèles suivants actuellement disponibles sur le marché du neuf : Nissan Leaf, BMW i3, Hyundai Ioniq, Kia Soul EV, Volkswagen e-Golf (classement selon les volumes d’immatriculation de mai 2017). Partir en vacances avec ces voitures branchées sera plus ou moins facilité par la couverture en bornes de recharge idoines tout au long du trajet et sur place.

A étudier de près avant de se lancer sur la route, en n’oubliant pas la possibilité de faire le plein en énergie des accumulateurs aux heures d’ouverture dans les concessions de la marque de son propre véhicule. En dessous de 200 kilomètres réels de rayon d’action, un déplacement long s’apparente souvent à une succession de sauts de puces qui peut se retrouver contrariée par la moindre borne rapide défaillante.

Réseau de recharge public

La Manche, le Calvados, la Sarthe, la Mayenne, le Limousin, l’Auvergne, une bonne partie de la région Grand Est, pour ne citer que ces territoires, sont mal pourvus en bornes de recharge rapides pour véhicules électriques et hybrides rechargeables.

Si l’on met de côté les milliers de points que l’on attendait de Bolloré, de toute façon limités à 22 kW au mieux, ce sont les politiques des syndicats départementaux de l’énergie et assimilés qui sont à pointer. Ceux de Vendée et du Morbihan, par exemple, ont compris très tôt les véritables enjeux d’un maillage efficace au service de la mobilité électrique à l’échelle nationale. Certes, les bornes rapides vont être exploitées en particulier par des voyageurs venus d’autres territoires, mais les Morbihannais et Vendéens auront également des besoins à l’extérieur qu’ils sont en droit d’espérer satisfaits. D’autres départements ont suivi, ou sont déjà engagés dans un programme aussi complet. Ainsi l’Ille-et-Vilaine, l’Yonne, la Dordogne, la Gironde, les Landes, pour ne citer qu’eux.

Trop nombreux encore sont ceux qui n’ont pas intégré qu’il n’existe pas que la Renault Zoé en voitures électriques, et que pour bien des modèles, se brancher sur une borne accélérée signifie devoir attendre jusqu’à 5 heures et plus pour retrouver une autonomie de 100-120 kilomètres, l’opération étant facturée souvent à un prix exorbitant, en comparaison.

Réseaux privés accessibles au public

A ce réseau public porté par les syndicats départementaux et assimilés, s’ajoutent tous ceux mis à disposition par des acteurs privés. Ces maillages sont inégalement fiables et accessibles, pas toujours dotés de la recharge rapide, et exigent parfois de disposer d’une carte d’une enseigne. Pour autant, parfois, ils sont d’un grand secours.

Ceux des constructeurs automobiles, en particulier Nissan et Renault, jouxtent avec ceux de la grande distribution, notamment Leclerc, mais surtout Lidl qui se veut très dynamique actuellement sur le sujet. Lorsque ces solutions ont été épuisées, il reste encore plein de pistes à suivre, notamment du côté des hôtels, des restaurants et des campings. Ces derniers exploitent d’ailleurs souvent un engin électrique pour les besoins de service, ne serait-ce que sous la forme d’une golfette. Parfois plus modernes et durables dans leur démarche, des établissements vont plus loin. comme celui de Fréhel, dans les Côtes-d’Armor, qui vient tout juste de s’équiper d’un Peugeot Partner Electric.

Location sur place : dans les concessions…

Rouler au cours des présentes vacances estivales en voiture électrique peut aussi prendre la forme d’une location lors d’une étape ou à sa destination finale en cas de séjour stationnaire. Par l’intermédiaire de Renault Rent, il est possible de repartir à la journée, depuis une concession proposant le service, avec une Zoé ou un Twizy, contre, respectivement, un minimum de 46 et 24 euros, avec un crédit de 100 kilomètres pour la citadine.

C’est possible également avec Peugeot Rent, à moins de 50 euros la journée pour une iOn, avec toujours 100 km inclus. Citroën en fait de même avec la C-Zero et la E-Méhari, dans la même gamme de prix.

…ou ailleurs

En revenant à l’hébergement de plein air, certains établissements se mettent à louer une voiture branchée, ajoutant une offre de service à une liste parfois déjà bien intéressante. Ainsi le camping Le Paradis, à Saint-Léon-sur-Vézère, propose désormais, après avoir testé la formule avec une Renault Zoé, une Nissan Leaf Black Edition, contre 40 euros la journée, avec 100 kilomètres inclus, tarif dégressif. Pour les Tesla Model S ou Model X, il est également possible de se faire plaisir sur une courte durée, ou plus, via différents prestataires, dont Hertz, ou le spécialiste Blooweels qui dispose d’une vingtaine d’agences en France.

Il suffit parfois d’un peu de chance, juste de taper dans un moteur de recherche Web sa destination de vacances, pour apprendre qu’il existe une adresse louant à proximité toute une gamme d’engins électriques. Ainsi, en saisissant Saint-Malo, en Bretagne, on tombe sur le site de Mobilect qui compte dans sa flotte branchée des Bolloré Bluesummer et Bluecar, des BMW i3, mais aussi des scooters Artelec 470 et 670, tout comme des vélos à assistance électrique de marque Easybike.

Plus globalement, il est possible d’exploiter des plateformes comme Drivy, où des professionnels et des particuliers cherchent à rentabiliser l’achat d’un ou plusieurs de leurs véhicules. Pour exemple, la Leaf du camping de Saint-Léon-sur-Vézère figure dans l’inventaire Drivy des engins disponibles.

Autopartage

S’il existe à proximité d’un lieu de vacances, plus ou moins régulièrement rejoint, un programme de location libre-service de voitures électriques, c’est sans doute intéressant de l’exploiter. On pense immédiatement à Autolib’, mais il existe heureusement d’autres coins de France qui disposent d’une offre similaire. Ainsi Wattmobile  met à disposition dans quelques gares (Paris, Lille, Lyon, Marseille, etc.) des Renault Zoé 40 et Twizy, ainsi que des scooters Peugeot e-Vivacity et BMW C Evolution. Le réseau Clem’ est principalement présent au nord d’une ligne Rennes (35) – Strasbourg (67). Quelques exemples : Alençon (61), Condé-sur-Noireau (14), Montigny-lès-Cormeilles (95), Marne-la-Vallée (77), etc. Attention : Clem’ gère aussi des réseaux fermés qui sont inaccessibles aux automobilistes extérieurs à une communauté. Plus connu pour être implanté à Bordeaux (33), Bluecub existe aussi à Arcachon (4 stations). Des Bluecar roule également sur le Grand Lyon avec Bluely. A La Rochelle (17), une trentaine de voitures électriques sont réparties dans 13 stations. La liste est loin d’être exhaustive.

Les deux-roues aussi

La mobilité électrique ne se limite pas aux voitures. Des scooters et vélo à assistance sont de plus en plus souvent proposés à la location. Egalement des engins un peu moins conventionnels, pour le fun, la balade ou le tourisme. C’est le cas des gyropodes et monoroues branchées, mais aussi, dans nombre de stations balnéaires, de planches électriques.

Insolites Board est le spécialiste parisien pour la location de ces petits véhicules de mobilité douce. Les tarifs de location peuvent dérouter : sur une même durée, jusqu’à 2 fois celui d’une Renault Zoé pour un hoverkart, et presque 3 fois pour un gyropode !

Bonnes vacances

Automobile Propre et moi-même souhaitons à nos lecteurs d’excellentes vacances. Les quelques pistes amorcées ici pour une bonne mobilité électrique estivale restent à creuser et à adapter à chaque situation.