Des électriques au salon des véhicules anciens, ce n’est pas une nouveauté ! Mais que la FFVE expose exclusivement des modèles à batterie de traction, et que des constructeurs comme Porsche, Peugeot, DS et Skoda lui emboîtent le pas avec un fil électrique comme conducteur de leur histoire automobile est une première. Le rétrofit était également représenté à Rétromobile (5-9 février, Paris Porte de Versailles) avec la marque R-Fit du 2CV Méhari Club Cassis.

FFVE

Tous clubs de véhicules anciens qui organisent des manifestations ouvertes au public se doivent d’être adhérents de la Fédération française des véhicules d’époque qui leur donne une légitimité.

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C’est cet organisme qui se bat pour défendre les intérêts des collectionneurs et amateurs de deux-roues, voitures et poids lourds d’hier. Notamment en négociant avec les pouvoirs publics pour aménager les contraintes de circulation pour ces véhicules et comme acteur incontournable sur le sujet des cartes grises Collection.

La FFVE, c’est la mémoire, le présent et le futur de toute l’entièreté de l’histoire automobile, dont l’électromobilité est un des pans qu’elle maîtrise tout autant que les autres. Et c’est pour cela que dans un tout prochain article nous vous livrerons les propos de son directeur général, Laurent Heriou, recueillis dans une interview exclusive pour Automobile Propre.

Krieger, Bugatti, Rosengart…

Sur son stand au salon Rétromobile 2020, LA FFVE exposait 4 voitures et 1 scooter électriques produits dans un intervalle de 1908 à 1942.

Habituellement exposée au musée des 24 heures du Mans, la limousine Krieger électrique de 1908 date d’un temps où l’on s’interrogeait encore sur la technologie (vapeur, électrique, pétrole) qui s’imposerait dans les voitures à courte et moyenne échéances. A quelques mètres était présentée la Bugatti Type 56 (1931) voulue par le patron lui-même pour se déplacer sur son site industriel et ses environs.

Entre les 2, sur le stand de la FFVE, un coupé Rosengart Supersept Sutosix de 1938 équipé d’un moteur électrique ajouté en 1940 et bien mis en évidence sur une caisse en bois. Une seule de ces voitures dévoilait ses entrailles lors de notre passage : une des 200 CGE Tudor produites entre 1941 et 1942.

Enfin, en deux-roues, un scooter électrique Socovel fabriqué en Belgique de 1941 à 1943, dans un contexte de rationnement d’essence. Tous ces modèles appellent à s’y intéresser de plus près dans des articles spécifiques à venir.

PSA

Chez Peugeot, la voiture électrique était présentée comme une continuité dans l’histoire de la marque. Tout d’abord avec une VLV (voiture légère de ville) de 1941 parfaitement dans la continuité du stand de la FFVE. Une 106 équipée de batterie nickel-cadmium, produite pendant quelques années à partir de 1996, témoignait d’une distance prise pendant plusieurs décades par le Lion avec l’électromobilité, sauf travaux expérimentaux.

Encore un maillon avant d’arriver à l’actuelle Peugeot e-208 également exposée à Rétromobile : le concept EX1 de 2010, de type roadster biplace à 4 roues motrices, dont celles à l’arrière sont rapprochées.

Et la Peugeot e-Legend qui s’est appropriée le style de l’ancien coupé 504 avec une chaîne de traction électrique ? Elle y était, avec quelques exemplaires à vendre… pour 45 euros. Une présence réduite à une échelle voisine du 1/43e.

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Enfin, à quelques mètre de là, DS exposait son incroyable concept asymétrique X E-Tense, entre roadster et luxueux coupé.

Porsche

« Porsche – Pionner de l’électromobilité ». Pour justifier le nom de son stand, Porsche exposait 2 voitures que 120 ans séparent : la Lohner-Porsche Semper Vivus de 1900 et la Taycan Turbo qui arrive sur nos routes.

L’ancêtre exposé n’est pas un pur électrique. Il s’agit d’un hybride série, désigné aussi comme électrique à prolongateur d’autonomie. La même architecture que le Renault Kangoo Elect’Road et certaines versions de BMW i3.

Dans la Semper Vivus, un moteur 4 cylindres Daimler recharge les batteries qui alimente les deux moteurs électriques, chacun installé dans une des roues avant. Quelques mois auparavant, Jakob Lohner et Ferdinand Porsche avaient présenté un premier modèle 100% électrique.

Sur le stand du constructeur allemand, il était plus facile de faire le tour du Semper Vivus que de s’installer à l’intérieur de la Taycan Turbo littéralement prise d’assaut. En total contraste également avec la Peugeot e-208 qui semblait parfois longtemps délaissée dans cette antre dédié à la passion de l’automobile.

Skoda

Au bout d’une histoire commencée il y a 125 ans, Skoda présentait son concept de SUV électrique Vision E qui rencontrait un beau succès à Rétromobile. Une belle surprise que de trouver ici cet engin alors que la citadine branchée Citigo e iV va électriser les routes européennes cette année.

Pour la marque d’origine tchèque, le Vision E, qui préfigure la déclinaison coupée du SUV Kodiaq, rappelle une feuille de route annoncée il y a 3 ans environ et prévoyant la sortie de 5 voitures électriques à horizon 2025.

Pas d’ancienne à batterie de traction sur le stand de Skoda, mais un classique vélo.

Les quadricycles électriques sur base d’anciennes

A l’édition 2020 de Rétromobile, 2 entreprises françaises présentaient leurs modèles de quadricycles électriques bâtis sur la base de voitures anciennes et mythiques. Tout d’abord la Nosmoke qui prolonge le concept de la Mini Moke développé à l’origine pour répondre à une demande de l’armée britannique de disposer d’un véhicule militaire léger et parachutable. A l’image de la robuste Jeep américaine. Dès 1963, l’engin s’est tourné vers le grand public, au point de devenir un des symboles de la série télévisée Le Prisonnier. Dans quelques jours, nous publierons une interview réalisée sur place de Luc Jaguelin, qui préside à la destinée de l’entreprise Nosmoke.

Dans le même esprit, le 2CV Méhari Club Cassis exposait son Eden qui s’appuie sur la base de la traditionnelle Méhari proposée à Citroën par le Comte Roland Paulze d’Ivoy de la Poype, héros de la Seconde Guerre mondiale et industriel visionnaire.

R-Fit

Sur le stand du 2CV Méhari Club Cassis, la grande nouveauté était la présence de la marque R-Fit qui s’attelle à la conversion électrique de Citroën 2 CV – y compris les fourgonnettes -, et Méhari d’origine, pour un budget qui démarre à 13.900 euros TTC, pose comprise, sur une base en parfait état. Les kits employés pour le rétrofit bénéficient de l’expérience de l’Eden.

Membre de l’AIRe (Acteurs de l’industrie du rétrofit électrique), l’entreprise est parfaitement informée de la prochaine publication de textes qui autoriseront en France une telle opération sous conditions, parmi lesquelles le passage impératif par un artisan agréé. R-Fit sera l’un d’eux.

A Rétromobile, nous avons interviewé sur le sujet Stéphane Wimez, directeur général du 2CV Méhari Club Cassis. Nous publierons ses propos dans quelques jours également.

Les VE font parler

De nombreux visiteurs du salon Rétromobile se sont étonnés d’une présence aussi forte de véhicules électriques, dont des modèles récents ou en passe d’investir nos routes. Sans compter les reproductions plus petites pour enfants. Si de nombreux commentaires fusaient pour exprimer des doutes sur le bien-fondé d’un avenir électromobile, la plupart des VE présentés sur place rencontraient déjà du succès aux premières heures du salon.

Vous avez jusqu’à ce dimanche 9 février 2020 pour le visiter, dans son classique écrin du parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

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