Présent pour la première fois à EVER Monaco, le 2CV Méhari Club Cassis y exposait sa petite EDEN électrique. L’occasion pour Automobile Propre d’échanger avec l’équipe et de réaliser un premier tour d’essai dans les rues de la Principauté.

Si Citroën a bien tenté de faire revivre sa mythique Méhari avec une déclinaison électrique produite par Bolloré, il existe une autre version que les fans du modèle original devraient beaucoup plus apprécier. A l’origine du projet : le 2CV Méhari Club Cassis, une entreprise familiale fondée autour de la restauration de Méhari et de 2CV qui a décidé il y a quelques années de lancer la production de son propre modèle.

D’extérieur, pas de chevrons ni de marquages Méhari. Si la société n’a pas pu réutiliser le nom commercial de la voiture, les deux modèles se ressemblent comme deux gouttes d’eau. « Le fil rouge de ce projet c’est que le véhicule soit, au niveau du look, conforme au modèle original » nous explique Maxime Cabanel, l’ingénieur en charge du projet, que nous avons pu rencontrer à l’occasion d’EVER Monaco.

Maxime Cabanel nous a expliqué en détails le fonctionnement de la petite EDEN

Aujourd’hui vendue comme une voiture à part entière, la Méhari électrique d’EDEN a fait l’objet d’une homologation de série. Airbag, portières, pare-choc… l’homologation « M1 » imposant trop de contraintes, ses concepteurs ont choisi de se tourner vers une homologation L7e, ou quadricycle lourd. Une solution qui offre bien plus de liberté mais qui imposent tout de même quelques contraintes tels que l’ajout des ceintures à trois points et d’un arceau de sécurité.

Côté motorisation, EDEN a également dû se conformer à la législation des quadricycles à moteur qui impose une puissance limitée à 15 kW. « Coup de poker, cela nous permet de retrouver la puissance d’origine de la Méhari mais avec un moteur beaucoup plus coupleux puisque on a un couple nominal de 98 Nm avec des pointes allant jusqu’à 120 Nm. Par rapport à la Méhari d’origine, on est deux fois plus coupleux » note le responsable d’EDEN. En vitesse de pointe, le véhicule est limité à 80 km/h. De par son homologation, il ne peut évidemment pas prendre l’autoroute.

Intégrée en lieu et place des réservoirs pour conserver l’habitacle du modèle d’origine, la batterie repose sur une technologie lithium-fer-phosphate et offre une capacité nominale de 11 kWh. Homologuée avec 131,6 km d’autonomie, elle réalise dans la réalité environ 100 kilomètres. « Le projet suivant, ce sera de grimper à 14 kWh pour avoir à peu près 150 kilomètres réels en utilisation type montées – descentes» complète le responsable d’EDEN.

Sur la partie mécanique, EDEN a choisi de garder certains composants. Fait étonnant pour un véhicule électrique, l’engin reçoit une boite manuelle qui permet d’offrir davantage de démultiplication. Celle-ci peut toutefois être remplacée par une boite automatisée, la « Easy », qui se compose d’un sélecteur à trois positions (neutre, drive et reverse). « C’est une version moins polyvalente mais simplissime d’utilisation » note notre interlocuteur qui cite pour exemples des flottes pour de la location ou des campings.

24.000 € TTC batteries comprises

Fabriquées en petite série à Cassis, l’EDEN se décline à la fois en VU et VP. Avec ses batteries, elle débute à partir de 24.000 € une fois le bonus déduit (900 € pour un quadricycle). Un tarif de base qui pourra évoluer en fonction des options choisies. La boite de vitesse automatisée « Easy » est par exemple facturée 990 €. Quant aux couleurs, le choix est large et va des teintes historiques de la Méhari à des couleurs plus personnalisées en fonction des besoins et des demandes des clients.

Au niveau des délais, la fabrication artisanale impose un minimum de patience. « Pour une commande réalisée aujourd’hui, nous sommes à une livraison mi-septembre » nous annonce Maxime Cabanel. Présente à Rétromobile il y a quelques semaines avec un stand 100 % électrique, la PME familiale a remporté joli succès. « On a rempli plusieurs mois de commandes. On doit être à environ 45 commandes et on est en train de produire la 34ème EDEN sur une cadence d’environ 2 EDEN par mois » chiffre-t-il, nous annonçant travailler à faire gonfler l’effectif pour augmenter les cadences.

Premiers tours de roues à Monaco

A Monaco, nous avons pu monter à bord de la Méhari électrique d’EDEN durant une petite vingtaine de minutes. Dans sa conduite, le véhicule reste dans l’esprit du modèle d’antan. Aussi, n’espérez pas retrouvez le même confort que les voitures électriques commercialisées aujourd’hui. Cela d’autant que la voiture est homologuée en quadricycle avec beaucoup moins d’équipements liés à la sécurité et au confort que sur une voiture homologuée en catégorie M1.

Véritable poids-plume, la petite EDEN ne pèse que 550 kilos avec sa batterie et s’aventure sans sourciller dans les hauteurs de Monaco. A l’usage, un petit sifflement est présent. « Le bruit que l’on va entendre va être la pignonnerie de boîte » nous explique le responsable d’EDEN.

Dans l’habitacle, on retrouve également une présentation assez fidèle au modèle d’origine. Le tableau de bord est ainsi très simple dans sa présentation. « L’objectif n’est pas d’avoir une voiture avec un design classique et un écran full-LED gigantesque » rappelle notre interviewé. Au-delà du sélecteur, un petit écran permis de suivre l’autonomie restante. Comme pour un téléphone mobile, la valeur est indiquée en pourcentage.

La 2CV électrique pour prochaine étape

Si le 2CV Méhari Club Cassis continuera à faire « vivre » sa petite EDEN en la proposant à certains loueurs dès cet été, la PME a également d’autres projets en tête.

Souhaitant profiter de l’évolution de la législation sur la conversion, l’idée serait de pouvoir dupliquer le principe sur la mythique 2CV. On a hâte de voir le résultat !