Opel a convié Automobile Propre à Paris pour une présentation statique de sa première voiture 100% électrique vendue en France, la nouvelle Corsa-e 2020.

Une ruelle étroite parisienne, un parking à plusieurs étages faisant face à un chantier, l’ambiance est particulière. À l’entrée, une Corsa de 1982 nous donne un indice, nous sommes au bon endroit. Au sommet, Opel France nous retrouve avec des vieilles Corsa GSi ou Rallye, et bien sûr sa petite Corsa-e.

Enfin petite. Depuis 37 ans et 13,6 millions d’exemplaires, la citadine a bien grandi, avec aujourd’hui 4,06 mètres de long. Une sixième génération, également appelée « Corsa F » en interne, dont les enjeux sont importants puisque la Corsa reste la voiture la plus diffusée par la marque. Encore en 2018, elle figurait au Top 10 en Europe avec 217.036 unités, soit un quart des ventes réalisées par Opel. Un chiffre que le constructeur souhaite voir progresser. En France, le Blitz veut passer cinquième selon AutoActu, dépassant même Dacia.



Et cela passera aussi par l’électrique. Une motorisation qui n’est pas seulement tendance, mais obligatoire pour passer sous les 95 g/km de CO2 en 2021, sous peine de lourdes sanctions financières.

Un projet réalisé à vitesse grand V

Pour son offensive, Opel a fait dans la rapidité. Rachetée par PSA en 2017, la marque a jeté le projet de Corsa F de l’époque GM, alors déjà en phase finale, pour la bâtir sur une plateforme française. Pas de surprise donc si la silhouette des deux exemplaires présents nous rappelle la Peugeot 208 ayant servi de muse.

Or le design est bien distinct, réalisé sous la coupe de Martin Schaufler. Par ailleurs, il n’est pas spécifique sur la Corsa-e. « On a demandé aux clients s’ils voulaient une version électrique qui faisait électrique », confie le designer, « mais ils nous ont répondu qu’ils ne voulaient pas de style différent ». Nous notons toutefois des petits badges « e » sur le pilier central ou l’arrière, ainsi que des jantes spécifiques.

Le designer Martin Schaufler nous explique la conception de l’Opel Corsa-e

L’Allemand se félicite de son bébé, dont les premières esquisses ont été réalisée en février 2017, soit une réalisation très accélérée. Il préfère la nouveauté largement à l’ancien projet, notamment par ses proportions plus trapues. En effet, la Corsa perd 5 cm en hauteur, soit 1,43 m au total, tout en gagnant 3 cm d’empattement. Le coffre progresse aussi en capacité, avec 309 litres (+24), et n’est pas tronqué sur la version électrique.

Les batteries sont en effet logées dans le plancher, comme la Peugeot e-208. La Teutonne en reprend le pack lithium-ion de 50 kWh et le moteur 136 ch (100 kW), dont l’autonomie est quasi identique : 330 km en cycle WLTP.

Une Opel Corsa-e sérieuse mais techno

À l’intérieur, Opel a tenté de nous charmer avec les compteurs numériques et le grand écran 10 pouces. Les premiers ne seront toutefois accessibles que sur l’édition de lancement tandis que le second sera optionnel. Néanmoins l’atmosphère, certes un peu monotone, ravira ceux n’étant pas fans de l’excentricité de la cousine au Lion. Pas d’affichage 3D, de surfaces moussées, ou de petit volant… la Corsa-e se fait sage.

Cela ne l’empêchera pas d’être très moderne, avec un équipement de série incluant régulateur vitesse, climatisation automatique, rétroviseurs électriques dégivrants et un écran tactile 7 pouces avec Android Auto/Apple CarPlay. Nous avons pris une photo de ce dernier, présent sur l’autre exemplaire essence présenté, pour comparaison.

Le constructeur d’outre-Rhin a aussi tenu à souligner une première pour le segment des citadines. La Corsa-e propose, en option, des phares à diodes matriciels. Ainsi, bien qu’avec deux paires de 4 diodes (contre 8 pour l’Astra ou 16 pour l’Insignia), ils seront gérés de manière automatique, sans éblouir les voitures croisées. « Le cône d’ombre sera présent » rassure Grégoire Vitry, directeur Opel France, « évidemment, la finesse ne sera pas la même que sur les modèles supérieurs. Mais nous voulions démocratiser cette technologie avec un prix abordable, c’est un des enjeux d’Opel » poursuit-il.

Pas encore d’essai Corsa-e, mais bientôt des rivales

Question conduite, que ce soit de nuit ou de jour, il faudra attendre pour juger la Corsa-e. Début 2020 au mieux. Lors de cet essai, il sera notamment intéressant de tester si les 500 kg supérieurs à la version thermique – 1.530 kg – ne pénalisent pas le dynamisme de cette déclinaison électrique.



La prise Combo CCS permettra de récupérer 80% en moins de 30 minutes

Un essai qui sera aussi l’occasion de tester la recharge – promise jusqu’à 100 kW – et de dresser un bilan sur les qualités et les défauts de la citadine face à ses principales rivales :

Peugeot e-208 : même système, à partir de 32.100 €.
Renault ZOE « II » : 136 ch, batteries 52 kWh, 390 km d’autonomie WLTP, environ 33.000 €
Honda e : 150 ch, batteries 35,5 kWh, 200 km d’autonomie WLTP, prix estimé à moins de 30.000 €
Volkswagen ID.3 Standard Range : 136 ch, batteries 45 kWh, 330 km d’autonomie, prix de base sous 30.000 €

Déjà disponible en précommande

Comme les Peugeot ou Honda, Opel teste sa clientèle avec des pré-réservations ouvertes depuis le 5 juillet 2019. A ce stade, seules les finitions Edition et First Edition sont proposées. Les commandes suivront en septembre avec l’introduction du modèle d’entrée de gamme sous la finition Sélection :

• Opel Corsa-e Sélection : 29.900 €
• Opel Corsa-e Edition : 30.650€ ou 189€/mois
• Opel Corsa-e First Edition : 33.250 € ou 219€/mois

Les premiers exemplaires de la citadine allemande seront livrés à partir de février 2020. Les véhicules sortiront de l’usine de Saragosse, en Espagne, où devrait être aussi implantée la future déclinaison électrique du Mokka, le Mokka-e.

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