SVOLT Energy Technology, un fabricant chinois de cellules pour batteries, annonce avoir mis au point deux nouvelles technologies de batteries lithium-ion. L’une ne contient pas de cobalt et l’autre associe 4 métaux dans sa cathode (NCMA). Selon SVOLT ces nouveaux accumulateurs seraient plus performants et moins chers que les batteries lithium-ion classiques.

La famille des batteries lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques comprend plusieurs variantes (appelées communément « chimies ») qui diffèrent en fonction des métaux utilisés dans les cathodes des cellules. La plupart des constructeurs utilisent des cathodes qui associent dans des proportions variables du Nickel, du Cobalt et du Manganèse : elles sont donc dénommées « NCM ». Il y a quelques années la proportion de ces 3 métaux dans les cellules était identique, et cette « chimie » était appelée NCM 333 ou 111, les 3 chiffres indiquant la proportion des 3 métaux. Il y avait donc environ 33 % de cobalt dans les cathodes. Mais ce métal « stratégique » étant plus rare que les deux autres, il est aussi plus cher. A moyen terme, avec l’expansion de l’électromobilité, un risque de pénurie mondiale n’est pas exclu. En outre les principales réserves de cobalt se situent en République du Congo où certaines mines artisanales exploitent des enfants. Pour toutes ces raisons, les fabricants essaient de réduire la proportion de cobalt dans leurs cellules tout en augmentant leurs performances en termes de densité d’énergie et de durée de vie.

Les cathodes actuellement utilisées par de nombreux constructeurs sont du type NCM 622 ou 523 : dans les 2 cas elles ne contiennent plus que 20 % de cobalt. Récemment, des cellules de type NCM 811 qui ne renferment que 10 % de cobalt sont apparues. Elles sont déjà commercialisées depuis quelques mois, notamment par le fabricant coréen de cellules SK Innovation. Quant à Tesla et Panasonic, ils exploitent dans leur gigafactory du Nevada une autre chimie pour les cathodes de la Model 3. Dénommées NCA, ces celulles utilisent de l’aluminium au lieu du manganèse. Elles sont réputées comporter moins de cobalt que les NCM 622. C’est du moins ce qu’affirme régulièrement Elon Musk qui ne cache pas sa volonté de mettre au point une chimie lithium-ion sans cobalt.

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Un objectif que le fabricant coréen SVOLT annonce maintenant avoir atteint.

Selon M. Yang Hongxin, le boss de SVOLT, la chimie de cathode sans cobalt développée par son entreprise (et qu’il dénomme NMx) est aussi performante que les cellules les plus récentes de type NCM 811. Elle permettrait en outre de réduire les coûts de fabrication de 5 %. SVOLT ne dévoile par contre aucun détail sur la composition et la structure de ces cellules. Et aucune date n’est annoncée pour leur commercialisation. Cette « innovation » est donc encore entourée de beaucoup de mystère.
SVOLT annonce avoir développé une autre technologie de cellules associant cette fois 4 métaux : Nickel, Cobalt, Manganèse et Aluminium : NCMA donc. Mais l’entreprise ne révèle pas leurs proportions dans les cathodes. Yang Hongxin déclare que ces nouvelles cellules seraient plus performantes que les NCM 811. Elles auraient notamment une durée de vie plus longue, une meilleure résistance à la chaleur et seraient plus « sûres ». Mais SVOLT ne donne aucun détail concernant ces affirmations. Nous aimerions évidemment connaître la proportion de cobalt qu’elles contiennent encore.

Cinq usines dont une en Europe

SVOLT est une filiale du constructeur automobile chinois Great Wall initialement spécialisé dans les véhicules utilitaires de type pick-up. Depuis 2010 Great Wall est le plus grand constructeur chinois de SUV.
SVOLT a entamé à Changzhou la construction d’une première usine de cellules pour batteries, d’une capacité initiale de 12 GWh par an.

Dans une 2e phase elle devrait produire 70 GWh. Selon M. Yang Hongxin, un total de 5 usines est planifié dans le monde, dont une aux USA et une autre en Europe. La construction de cette dernière, d’une capacité de 20 GWh débutera au 2e semestre 2020 et elle devrait être opérationnelle en 2022. L’entreprise y investira plus de 2 milliards d’euros. Le lieu de construction n’est pas encore connu.

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