Interview : la première Renault Megane électrique taxi de France ?


Renault Mégane taxi électrique - Yoann Gaudence

À moins de 25 ans, Yoann Gaudence n’a pas choisi par hasard une Renault Megane pour son activité de taxi dans la Vienne. Amateur de la marque, d’Alpine et de Formule 1, il a éprouvé un vrai coup de cœur pour cette voiture, surtout en rouge. En revanche, le passage à l’électrique est plus surprenant, alors qu’il pensait au départ acheter un modèle diesel. Portrait.

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Megane EV60 Super Charge

Affiché à partir de 43 200 euros (bonus non déduit et hors option) au 9 août 2022 sur le site du Losange, le modèle choisi par Yoann Gaudence se présente sous le nom développé exact de « Renault Megane e-Tech EV60 220 ch Super Charge Techno ».

Ce qui signifie déjà que sa voiture électrique embarque la batterie lithium-ion disponible aujourd’hui avec la plus importante capacité énergétique pour ce modèle. Ses 60 kWh exploitables, contre 40 kWh pour l’entrée de gamme, autorisent le constructeur à communiquer sur une autonomie de 450 km en cycle mixte WLTP.

Ce modèle est aussi le plus puissant, avec un moteur synchrone à rotor bobiné qui développe, non pas 96 kW ou 130 ch, mais 160 kW (220 ch), pour un couple maximal de 300 Nm. La mention « Super Charge » indique que, sur une borne rapide, la puissance de recharge peut sur le papier s’élever jusqu’à 130 kW de puissance. Mais aussi que l’engin a reçu un chargeur AC 7,4 kW, contrairement à la déclinaison Optimum Charge montée avec un appareil 22 kW.

La finition Techno s’inscrit en milieu de gamme. Elle apporte, entre autres, des jantes alliage 20 pouces, un vitrage avec finition chrome, et à l’arrière un surteintage et des feux LED. La peinture rouge flamme métallisée est une option à 850 euros.

Du bac STMG au siège de taxi

À bientôt 25 ans, Yoann Gaudence est chauffeur de taxi depuis moins d’un an. Peut-être est-il le premier de sa profession à avoir choisi une Renault Megane électrique. S’il ne l’était pas, il serait sans doute le plus jeune.

Hormis les modèles entièrement autonomes qui circulent de façon plus ou moins expérimentale, existe-t-il des Renault Zoé taxi en France ? Et des Kangoo électriques ? Pas sûr. Notre interlocuteur pourrait bien être dans les tout premiers à proposer des courses en Renault électrique à pack lithium-ion.

« Avant de devenir chauffeur de taxi, j’ai navigué à droite et à gauche. Il faut de toute manière avoir au minimum 21 ans pour exercer cette profession. Mon bac STMG me destinait plutôt aux ressources humaines. J’ai passé du temps à la fac », commente-t-il.

« Je suis fils et petit-fils de routier. Ce qui explique certainement que j’aime les métiers de la route. Je l’ai bien ressenti quand je suis devenu auxiliaire ambulancier. J’ai beaucoup discuté avec des chauffeurs de taxi. Puis j’ai passé le permis spécifique », complète-t-il.

Une voiture française très bien faite

Ce n’est pas avec un véhicule électrique que Yoann Gaudence a commencé à exercer sa profession. « J’ai débuté avec une Peugeot 508 130 chevaux diesel dont je ressors assez déçu. En électrique, je n’avais essayé, pour découvrir, qu’une e-208, pas compatible en France avec le métier de taxi. Auparavant, pour mes déplacements personnels, j’avais eu une Megane rouge que je regrettais pas mal », compare-t-il.

« J’étais resté en contact avec l’agent commercial Renault. Il m’a invité à découvrir la nouvelle génération de ce modèle. Je l’ai trouvée vraiment belle. Et quand je l’ai vue en rouge, j’ai eu le coup de foudre. Je pensais d’abord à l’acquérir en diesel, mais elle était électrique. Je me suis renseigné pour savoir si elle pouvait convenir avec l’activité de taxi. Et j’ai signé pour un exemplaire que j’ai reçu il y a quelques jours », rapporte-t-il.

« J’avais envie de rouler dans une voiture française très bien faite. Et puis les prix des carburants sont trop élevés. C’est aussi un peu grâce à Automobile Propre et à tous les conseils donnés dans les articles que j’ai pu passer à la voiture électrique », ajoute-t-il.

Le plein d’énergie chez Tesla

« Le métier de taxi est très diversifié. En ville, il est possible d’effectuer plein de petites courses à la journée sans totaliser un gros kilométrage journalier. Moi, j’exerce en campagne. J’accompagne régulièrement des personnes d’ici pour les emmener de chez eux à l’hôpital ou pour leurs courses. Je prends aussi en charge des voyageurs à la gare pour les déposer à l’hôtel. J’emmène souvent des enfants dans un centre de soin, chaque même jour de la semaine et à une même heure », détaille Yoann Gaudence.

« Et puis j’ai des transports de dernière minute, avec parfois des déplacements lointains. Depuis que j’exerce, mon voyage aller le plus éloigné totalisait 550 km, pour déposer une personne au nord de la région parisienne. Avec de grandes amplitudes, je situe ma moyenne quotidienne dans une fourchette de 350-450 km », calcule-t-il.

« Je recharge chaque nuit la voiture chez moi à partir d’une wallbox 7 kW. J’ai déjà connu un coup de stress en prenant en charge une cliente de dernière minute alors qu’il ne me restait que 15 % d’énergie dans la batterie. Mais j’ai la chance de pouvoir compter près de chez moi sur une station Tesla, ouverte récemment à Châtellerault avec 16 stèles. Je retrouve ainsi 40 % de capacité en 20 minutes », témoigne-t-il.

Le café offert aux clients pendant les recharges éventuelles

« Beaucoup de chauffeurs de taxi appréhendent le passage à l’électrique. Et pourtant la recharge est si rapide et le fonctionnement des bornes est intuitif. J’ai autant la passion des technologies que de la voiture, et j’aime mon métier de taxi », plaide Yoann Gaudence.

« Je discute pas mal avec d’autres chauffeurs. Pour certains, une voiture comme la mienne, c’est d’emblée non. D’abord en invoquant une mauvaise réputation pour les Renault. Et ensuite parce qu’elle est électrique. Mais d’autres réfléchissent, en se souvenant du plein de gazole à 120 euros à effectuer tous les 2-3 jours, quand je dépense entre 9 et 12 euros pour parcourir 400 km », oppose-t-il.

« Il y a des bornes maintenant partout sur mes trajets, et j’arrive à une consommation de 13,5-14 kWh/100 km. Quand je m’arrête 15-20 minutes pour recharger en pleine course, j’offre le café à mes clients. Ils apprécient cette attention. De toute façon, même avec une voiture diesel, je m’arrêterais tout autant pour me dégourdir les jambes et reposer ma vue », assure-t-il.

Une voiture qui interpelle

« Extérieurement, la nouvelle Megane interpelle et les gens se retournent sur son passage. La couleur rouge attire. Il y a aussi le nouveau logo. Les autres taxis et ambulanciers sont curieux et veulent découvrir la voiture. En remarquant le grand écran, un de mes clients a été bluffé. Il pensait qu’il était dans une Tesla et que Renault n’était pas capable de proposer un tel équipement avec un accès sur Internet », souligne Yoann Gaudence.

« De dehors, la Megane peut apparaître un peu trop compacte, voire petite. Ce n’est plus le cas quand les personnes montent à bord. Ils constatent que l’espace à disposition est généreux. Avec ses 440 litres, le coffre est peut-être un peu juste, mais j’arrive à y loger 3 grosses valises », poursuit-il.

« C’est une voiture qui plaît bien. Les passagers s’assoient facilement dedans, y compris les personnes âgées que je transporte pour des raisons médicales, car les sièges sont à la bonne hauteur. C’est beaucoup mieux qu’avec la Peugeot 508 et le confort est bien meilleur. Quand ils s’aperçoivent que c’est une voiture électrique, ils sont très surpris », s’amuserait-il presque.

Que du positif ?

« En général, les clients aiment bien les taxis jeunes qui font dans la modernité. Ayant bien apprécié le voyage dans la Megane, une dame d’une soixante d’années m’a dit que sa prochaine voiture serait électrique. On me pose souvent un peu les mêmes questions : Pourquoi n’y a-t-il pas de vitesses à passer ? Pourquoi la voiture est silencieuse ? Comme se recharge-t-elle ? », révèle Yoann Gaudence.

« Aujourd’hui, je ne vois que du positif à utiliser la Megane électrique pour mon activité de taxi. Peut-être aurai-je des points négatifs à remonter après une durée d’utilisation supérieure », réfléchit-il.

« Ah, si, la recherche de points de recharge n’est pas assez fine. Si je demande des bornes rapides, par exemple, je ne vais pas trouver que les stations Ionity ou Tesla. Je vais avoir aussi celles installées sur les parkings des magasins Lidl ou Ikea. Elles sont pour moi bien moins intéressantes et j’aimerais avoir la possibilité de ne pas les recevoir dans la sélection retournée par l’application », espère-t-il.

L’heure est aux vacances pour notre interlocuteur. Il va découvrir davantage encore sa Renault Megane électrique en effectuant de longs trajets personnels. En allant particulièrement au Pays basque et en région parisienne. Ce qui lui servira au retour pour son activité professionnelle.

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Yoann Gaudence pour sa réactivité, sa disponibilité, sa sympathie et le temps qu’il nous a accordé. Nous lui souhaitons de bonnes vacances et de bien continuer à vivre son activité de taxi en voiture électrique.

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