Covoiturage

Ils ont entre 18 et 30 ans, ont un penchant pour la « bagnole » nettement moins fort que leurs parents et aiment raconter à qui veut bien les entendre qu’ils sillonnent régulièrement la France – voire l’Europe – à des prix défiants toute concurrence : c’est la génération covoiturage.

Leur motivation est d’abord économique avant d’être écologique. Pour beaucoup, elle est aussi sociale : convivialité du voyage à plusieurs, découverte, itinérance. Pour tous, le covoiturage est une alternative parmi d’autre d’une nouvelle ère de la mobilité : faire plus avec moins.



Sur les 2,3 millions de membres que compte le 1er site de covoiturage français, près des 2/3 ont moins de 30 ans. Avec 3500 nouveaux inscrits chaque semaine, le covoiturage n’est plus un simple effet de mode conjoncturel. Il est en train de devenir une alternative de déplacement à part entière, à mi-chemin entre l’auto-solo et les transports collectifs.

Actuellement, les adeptes du covoiturage ont en commun le fait de voyager à un tarif ultra-concurrentiel compris entre 0,04€ et 0,06€ le kilomètre selon les destinations. Même dans la perspective future du « 2€ le litre », le covoiturage constituera encore une alternative très compétitive. Alors forcément, lorsque vient le jour d’investir dans une voiture qui coûte à minima 0,35€/km, la tentation de continuer à faire sans est grande.

Surtout qu’en fois rendu à destination, le « covoitureur » se transforme inévitablement en marcheur à pieds, en cycliste, en utilisateur de transport collectif, etc… bref, en citoyen multi-modal.

Certes, un jour ou l’autre, faute d’alternative viable, notre covoitureur se transformera en automobiliste. Mais avec un peu de chance, il ne manquera pas de se rappeler au bon souvenir du temps ou le covoiturage était son principal mode de transport pour les longs trajets. À son tour, il proposera alors des places dans son auto à chaque occasion qui se présentera. Histoire de boucler la boucle et faire ainsi du covoiturage un mode de transport à part entière 1.

1. À l’échelle des grandes aires urbaines françaises, le covoiturage constitue à ce jour un des plus importants potentiel de report modal par rapport à l’auto-solo sur les trajets domicile-travail. Outre les économies engendrées pour les bénéficiaires, le covoiturage a l’immense avantage d’être économiquement neutre pour la collectivité contrairement au transport public qui a besoin d’importantes subventions pour fonctionner (en investissement comme en fonctionnement).