Dernier modèle hybride en date chez Volvo, le XC40 T5 Recharge est aussi le plus abordable. Par rapport aux modèles haut-de-gamme déjà proposés dans la gamme du constructeur suédois, il adopte une mécanique plus simple, mais efficace et agréable.

Volvo a lancé son SUV compact XC40 il y a deux ans. Avec un certain succès puisqu’il a remporté le titre européen de voiture de l’année 2019. Une manière sans doute pour le jury de récompenser le constructeur suédois pour l’ensemble de son œuvre, après avoir remplacé l’ensemble de sa gamme en quelques années. Un redressement spectaculaire, sous l’impulsion de son nouveau propriétaire, le chinois Geely. Si les gammes 60 et 90 reposent sur la même plateforme SPA, c’est une autre architecture, dénommée CMA, qui sera à terme partagée par tous les modèles compacts du groupe (dont les Polestar 2 et Lynk&Co 01).

Ce qui change

Il est à première vue bien difficile de distinguer un Volvo XC40 hybride des versions thermiques. Seule la trappe de charge sur l’aile avant gauche donne véritablement un indice. A noter que, à partir de 2020, tous les modèles à batterie de la marque prendront l’appellation Recharge. Ce XC40 hybride rechargeable est donc officiellement dénommé XC40 Recharge T5, alors que son frère 100 % électrique, promis d’ici quelques mois, s’appellera XC40 Recharge T8. Malgré cela, on trouve toujours sur le hayon un badge « Twin Engine », dénomination utilisée jusque-là par les hybrides rechargeables de la marque.

Le style scandinave

Depuis son lancement, le Volvo XC40 a séduit par son originalité esthétique. Loin des lignes agressives de la plupart des concurrents, il mise sur des volumes simples et des lignes géométriques. Avec quelques détails singuliers, comme ce petit drapeau suédois, proposé en accessoire et qui dépasse du capot à la manière d’une étiquette au revers d’un vêtement.

A l’intérieur également, le style se veut apaisé. Le choix des matériaux n’est toutefois pas aussi soigné que sur le XC60, certes d’une catégorie supérieure. Les assemblages sont soignés, il y a quelques originalités dans les textures, mais certains détails comme le plastique de la console centrale déçoivent. Egalement, on reprochera à l’écran central des menus un peu complexes. L’habitabilité est par contre généreuse pour un modèle long de 4,35 m. Et le coffre de 460 litres n’est pas amputée par la batterie, située dans le tunnel central.

La technique

Contrairement aux autres hybrides rechargeables de la gamme Volvo, ce XC40 Recharge T5 ne dispose pas de transmission intégrale. Pour limiter les coûts, le constructeur a choisi une mécanique plus simple, ne disposant que d’un unique moteur électrique. D’une puissance de 82 ch, celui-ci est intégré à une boîte automatique à double embrayage et sept rapports spécifique. Il peut entraîner seul la voiture jusqu’à une vitesse de 120 km/h, en utilisant les deuxième et quatrième rapports.

La moteur thermique est quant à lui un trois-cylindres essence, issu de la famille Drive-E, conçue en interne par Volvo. Identique à celui proposé sur les verisons d’entrée de gamme T2 (129 ch) et T3 (163 ch), il a vu ici sa puissance portée à 180 ch. Au total, la puissance disponible est de 262 ch en combinant les deux sources d’énergie, la partie électrique n’étant pas bridée par la batterie. Celle-ci, d’une capacité de 10,7 kWh, promet sur la fiche technique une autonomie pouvant aller jusqu’à 50 km, assez classique dans la catégorie.

Au volant du Volvo XC40 Recharge T5

Dans les faits, nous avons pu parcourir à son volant 38 km en mode Pure, avant que le recours au trois-cylindres essence ne soit absolument nécessaire. Soit une valeur assez honorable pour la catégorie. En mode électrique, ce XC40 conserve une vivacité satisfaisante et une grande douceur d’utilisation. Le poids (1796 kg) étant conséquent, il est toujours possible de réveiller le trois-cylindres en pressant le kick-down, lorsqu’un besoin de puissance se fait sentir. Mais, dans la quasi-totalité des cas, en conduite de tous les jours, les ressources sont suffisantes.

En mode hybride, ce XC40 donne également satisfaction. Volvo prévient que ce n’est pas un modèle sportif, mais les relances sont des plus correctes, malgré la masse. Seul grief : un boost qui s’épuise relativement vite en conduite dynamique, une fois la batterie vidée. Mais il faut dire que les concurrents directs ne font pas mieux… C’est surtout pas sa souplesse et son agrément que le tandem séduit au quotidien. Car le moteur électrique agit à bas régimes, là où le trois-cylindres est le moins réactif. Au final, l’addition des deux permet de profiter d’une onctuosité enviable. Mieux : la consommation apparaît assez contenue pour un modèle de ce type. Il faut compter aux environs de 8,5 l/100 km en ville ou sur autoroute, et un peu plus de 7,0 l/100 km sur route, une fois la batterie vidée.

On aurait pu craindre que le poids élevé de cette version hybride rechargeable ne dégrade le comportement d’un XC40 déjà assez peu dynamique à la base. Il n’en est rien, du moins avec notre exemplaire d’essai, en finition R-Line et par conséquent doté du châssis sport de série. Celui-ci offre une agilité convenable, alors que le confort est sauvegardé, malgré quelques percussions sur des reliefs comme par exemple les plaques d’égout.

Pour conclure

L’hybridation Volvo a réussi son passage à l’échelle inférieure. Mieux : nous ne sommes pas loin de penser que ce XC40 est le modèle le plus réussi de la gamme hybride rechargeable du constructeur suédois. Car les consommations sont équivalentes, voire inférieures à celles des versions thermiques du même modèle, ce qui n’est pas le cas avec les T8, assez gloutons. Alors certes, ce XC40 n’est pas donné, puisque le tarif des versions Recharge T5 débute à 47.900 €. Mais les concurrents (BMW X1, Peugeot 3008…) ne sont pas plus abordables.