BMW a décidé d’occuper le marché de la voiture électrique là où il n’est accessible qu’à une minorité. Avec son couple phénoménal et sa présentation à la fois épurée et luxueuse, le SUV électrique iX M60 en est la parfaite illustration. Que penser de ce véhicule hors normes ?

Petite comparaison

La version M60 représente la plus récente et la plus puissante évolution du BMW iX. À côté, la xDrive50 semble assagie. Jugez plutôt ! Les 2 modèles embarquent 2 moteurs à rotor bobiné, dont celui à l’avant développe une puissance de 190 kW (258 ch). C’est à l’arrière que ça s’envole, avec 364 kW (489 ch), contre 233 kW (313 ch) sur le iX xDrive50.

De concert, ils mettent à la disposition du conducteur 455 kW (618 ch). À comparer aux 385 kW (523 ch) du modèle que nous avons essayé en septembre 2021. Le couple maximal évolue également de façon conséquente. Il était de 765 Nm. Il passe avec la M60 à 1 015 Nm (mode Sport), et même à 1 100 Nm lorsque le Launch Control est activé.

Pas de retouche au niveau du pack lithium-ion NCA (nickel-cobalt-aluminium) d’une capacité énergétique utile de 105,2 kWh pour 111,5 kWh au total.

Châssis adapté

Pour servir au mieux les performances promises par BMW, le iX M60 est assis sur un châssis spécifique. Il reçoit des suspensions pneumatiques recalibrées et une barre antiroulis majorée. Le conducteur peut intervenir depuis son siège sur le réglage de certains paramètres qui vont agir sur le confort de pilotage.

L’exemplaire à notre disposition repose sur des jantes en alliage 22 pouces (21 pouces de série) montées avec des pneus larges, mais à talon peu épais (275/40) développés spécialement par Pirelli pour le nouveau venu (+ 2 150 euros). Elles cachent à peine les étriers de frein bleutés, à 4 pistons à l’avant, et monopiston à l’arrière.

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Notre BMW iX d’essai échappe au blanc Alpin par défaut. Le rouge Aventurine métallisé qui l’habille est facturé 2 500 euros. Il est mis en valeur au moyen de joncs couleur bronze à la base des vitres latérales et des rétroviseurs extérieurs (+ 650 euros), mais aussi par une présentation en noir fumé des feux arrière. Le conducteur appréciera les phares lasers de série. Un sigle « M60 » trahit la version du SUV électrique. Il est possible de s’en passer, gratuitement.

Un habitacle spacieux

Les dimensions du BMW iX sont conservées sur la version M60 : 4,95 x 1,97 m concernant l’empreinte au sol, pour une hauteur de 1,70 m. Derrière le hayon, le coffre n’apparaît pas très large. Son volume de 500 litres passe à 1 750 l en rabattant le dossier en 3 parties qui va former un plancher plat. Relativement profond, le double fond ne permettra cependant pas de ranger bien plus que le petit compresseur électrique de secours et les câbles de recharge.

À bord, les passagers seront accueillis par une épaisse moquette et seront sans doute étonnés de remarquer la première fois la présence d’un revêtement carbone qui vient solidifier l’encadrement des portes. Ces dernières sont débarrassées des entourages des vitres. Fumées à l’arrière, elles sont loin de descendre intégralement.

L’absence de tunnel central de service au sol permet d’accueillir 3 personnes sur la banquette, avec pas mal d’espace aux jambes. Les 2 occupants installés sur les côtés bénéficieront de prises USB-C, de divers rangements dont une aumônière rigide, d’une ventilation séparée et de sièges chauffants.

Ergonomie

La finition apparaît impeccable sur cette nouvelle voiture électrique. Les boutons façon diamant permettent de régler à l’avant les sièges multifonctions chauffants et ventilés proposés de série avec le BMW iX M60. Ils sont recouverts de cuir avec surpiqûres, tout comme la planche de bord.

Cette dernière supporte une enfilade incurvée de deux écrans, respectivement de 12,3 pouces derrière le volant pour l’instrumentation et tactile de 14,9 pouces à sa droite afin de gérer les fonctions du véhicule. Compatible Apple CarPlay et Android Auto, il se montre assez fluide et réactif, sans pour autant être le plus performant sur le marché.

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Une application smartphone permet également d’animer le véhicule à distance. Pas seulement en jouant sur la recharge de la batterie ou la température à bord. Vous pouvez aussi déclencher le klaxon, allumer les phares ou verrouiller les portes.

D’une forme peu conventionnelle, le volant sera forcément diversement apprécié des conducteurs de l’engin. La branche de gauche supporte les réglages de dispositifs d’assistance à la conduite, dont le régulateur de vitesse. Celle à l’opposé est dédiée au système multimédia.

Premiers tours de roue

Trois modes de conduite sont au choix du conducteur : Personal, Sport et Efficient. Ce dernier est plus particulièrement adapté pour évoluer en ville, avec à la clé sur le papier, une moindre consommation. Le gabarit du véhicule laisse imaginer un diamètre de braquage relativement élevé. Il est effectivement de 12,3 m. À noter que les roues arrière sont légèrement directrices de série, afin de faciliter les manœuvres.

Les premiers mètres parcourus témoignent d’une sonorité artificielle spécifique pour la version M60 du SUV électrique de BMW.

L’engin pèse 2,585 tonnes. Et pourtant le pilotage sur les routes de campagne ne le fait pas ressentir. Le bon équilibre du véhicule, le jeu des suspensions pneumatiques et une direction assez directe expliquent en partie cette impression. Le système de freinage est à la hauteur des performances du SUV électrique allemand.

Sur autoroute

Sur autoroute, le mode Sport dynamise encore davantage le BMW iX surpuissant. On comprend de suite que le 3,8 s estimé pour boucler le 0-100 km/h n’est pas un nombre jeté au hasard. Il fallait 4,6 s pour la version xDrive50. La vitesse de pointe a été également révisée à la hausse : 250 contre 200 km/h. Même en roulant déjà à 120 km/h, les reprises apparaissent monstrueuses.

« Une M4 ne fait pas mieux, il faudrait prendre le modèle xDrive à 4 roues motrices pour réussir à suivre à l’accélération ou une M5 », compare Maxime Fontanier.

À haute vitesse, la direction reste légère et bien calibrée. Sans le vitrage feuilleté, des bruits d’air sont perceptibles, mais sans excès pour un SUV du gabarit du BMW iX. En outre, les pneus larges et sportifs se font facilement oublier. « On a un confort sonore assez exceptionnel », estime notre spécialiste en véhicules électriques.

Équipé pour lire les panneaux, le véhicule adapte sa vitesse à la signalisation routière, facilitant, par exemple, les sorties des voies rapides. La version M60 est dotée de série de toutes les assistances à la conduite. « Elle roule presque toute seule, cette iX », apprécie notre essayeur.

Capacité de remorquage

À souligner : une capacité de remorquage de 2,5 tonnes pour le BMW iX M60. Maxime Fontanier indique que l’attelage est facturable 1 250 euros. Au 23 mai 2022, le site Internet de BMW France impose contre 5 300 euros le pack Limited Edition Pro. Vouloir le supprimer se traduit par l’affichage de ce message : « Suite à une mise à jour de l’offre produit, il est momentanément impossible de supprimer cette option de votre configuration ».

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Or, parmi les 15 options que comprend cet ensemble se trouve justement l’attelage. Mais aussi le toit vitré panoramique Sky Lounge, la climatisation automatique 4 zones, le Park Assist Pro qui permet de guider de l’extérieur la voiture à une place de parking trop étroite, la clé mains libres, la fermeture des portes sans bruits de claquement, le tuner radio numérique DAB, le système Hi-Fi Bowers & Wilkins Diamond Surround Sound, etc.

Consommation et recharge

Lors de notre essai, en enchaînant différents terrains, nous avons enregistré une consommation moyenne de 24,3 kWh. Des chiffres élevés, certes, surtout en les alignant sur ceux d’un Tesla Model Y. Moins en effectuant cet exercice avec un Model X.

Sur un chargeur ultrarapide, le BMW iX M60 tient les 195 kW sur une plage relativement importante. C’était encore le cas à un peu plus de 60 % d’énergie dans la batterie. Avec l’application BMW, pas besoin de sortir un badge : le lancement et l’arrêt de la recharge peuvent être effectués à partir d’un smartphone.

Tarifs

La grille tarifaire du BMW iX démarre normalement au 23 mai 2022 à 86 450 euros. Le site du constructeur ajoute cependant sans action de votre part des options qui vont vite vous faire sortir de ce périmètre. Ainsi, même en sélectionnant la configuration d’entrée de gamme, vous voilà déjà à 94 060 euros. C’est pénible ! Il faut aller vérifier ce qui a été ajouté pour essayer de le supprimer… quand c’est faisable.

Ici, c’est déjà un pack Limited Edition, impossible à retirer, et dont il n’est pas proposé facilement un détail des équipements qu’il inclut. De même, la version M60 est affichée à partir de 141 800 euros, au lieu des 136 500 euros annoncés à juste titre dans la vidéo. Jantes, peinture métallisée, etc. : ajoutez encore plus de 5 000 euros d’options identifiées sur l’exemplaire à notre disposition. Là aussi, le delta correspond au pack Limited Edition Pro imposé a priori et dont nous avons déjà parlé.

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Concernant le configurateur et les fonctions associées, le site Internet de BMW est sans doute le plus compliqué et dissuasif à utiliser parmi ceux des constructeurs qui proposent des offres en véhicules électriques. Quoi qu’il en soit, à niveau d’équipement équivalent, Maxime Fontanier a calculé une différence de seulement 4 000 euros avec le iX xDrive50 essayé en septembre dernier. Amusez-vous à le vérifier !

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