Pour Guillaume Deslandes qui possède sa moto électrique Zéro Motorcycles DS ZF 14.4 depuis mars 2018, c’est le premier long voyage en hiver. Pas de neige ni de verglas sur les routes, mais le froid que la machine a mieux supporté que lui.

Lolo Cochet

Lolo Cochet est un youtubeur qui accumule depuis plusieurs années les vidéos mettant en scène des deux-roues. La plupart du temps, les modèles qu’il présente son équipés d’un moteur thermique. Mais il lui arrive aussi de parler des électriques. En 2012, par exemple, il testait un Paris-Marseille en 4 jours avec une Zero DS.

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Le rapport avec notre interviewé ? Son déplacement de Tours (37) à Lyon (69), réalisé les 10 et 11 janvier derniers, avait pour objectif principal de retrouver la star du Web à Limas (69), près de Villefranche-sur-Saône, à l’occasion d’une soirée « Initiation au voyage et aux Road Trips » organisée chez Spring Bike 69.

L’idée de ce périple a pris naissance avec une proposition déposée sur le groupe facebook Motards électriques.

8-10° C : peu de pertes sur l’autonomie

A l’aller, la température était comprise entre 8 et 10° C. Même la pluie n’est pas parvenue à altérer l’autonomie de la Zéro DS de Guillaume Deslandes. « En été, je compte habituellement sur une autonomie de 150 à 200 kilomètres avec le plein d’énergie de la batterie de 12,6 kWh utiles. J’avais prévu 3 arrêts pour la recharge, mais 2 ont suffi au final. Lors du premier, après 135 km parcourus, il restait environ 30-35% d’énergie, comme en été », témoigne-t-il.

De Tours, il était partie à 8 heures du matin, pour arriver tranquillement 10 heures plus tard à son hôtel, et rejoindre rapidement ensuite l’événement pour lequel il s’était déplacé. « J’ai utilisé les poignées chauffantes à mi-puissance à l’aller le vendredi 10 janvier, et la moto s’est très bien comportée », nous confie-t-il.

Bornes 22 kW

Travaillant depuis chez lui, Guillaume Deslandes n’utilise que peu sa moto électrique au quotidien. Son compteur affiche pourtant déjà 18.000 km. L’engin lui sert plutôt pour des déplacements à moyennes ou longues distances, notamment pour se rendre en région parisienne.

« Je distingue un gros d’un trajet moyen par le nombre de recharges intermédiaires : Au-dessus d’un arrêt pour ravitaillement en énergie, soit environ 300 km au final, il s’agit pour moi de déplacements longs. Mon record est de 650 km dans une journée pour un Paris-Stuttgart en été », commente-t-il.

Il exploite les bornes AC 22 kW très présentes en France. « Elles sont super pratiques et sont très efficaces pour la recharge des batteries des motos électriques. Peu souvent en panne, contrairement aux bornes rapides, rarement utilisées quand j’arrive, elles me permettent de me déplacer sans souci avec ma Zero », rapporte notre interlocuteur.

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Au top pour la recharge

Pour minimiser encore le risque de ne pas pouvoir exploiter ces bornes, il a pris soin de toujours avoir avec lui au moins 2 pass permettant d’utiliser chacune d’elles. « J’ai avec moi 5 badges : ChargeMap que j’utilise le plus souvent, Izivia qui venait ensuite mais auquel je vais désormais préférer NewMotion du fait de nouveaux accords pour l’itinérance, ainsi que le KiWhi Pass et la carte Freshmile », complète-t-il.

Dans la valise droite, les câbles et autres accessoires. « Celle de gauche est préparée pour une puissance de recharge à 11 kW, incluant le chargeur embarqué de série (1,3 kW), le Charge Tank acquis en option (6 kW) et un ensemble ajouté de 4 chargeurs 1 kW connectés via ports Anderson. Le tout est supervisé par une carte contrôleur intermédiaire. L’ensemble des chargeurs est activé via un connecteur T2 en entrée, à relier à la borne 22 kW », détaille-t-il.

« Ainsi je peux recharger la batterie en 1 heure ou lieu de 2 », se réjouit-il. « Une immobilisation de 2 heures, c’est acceptable pour un road-trip, mais moins pour des trajets de liaison », justifie-t-il.

Proche de 0°C au retour

Le lendemain, samedi 11 janvier 2020, Guillaume Deslandes quitte la région lyonnaise plus tard que prévu, vers 13h30. La raison ? Un petit tour chez le concessionnaire Zero local où il a étonné de futurs clients qui ne s’attendaient pas à rencontrer des motards branchés venus de loin. En plus de notre interviewé, Fred, également sur une moto électrique de la marque, venait de Haute-Savoie.

Si le trajet du retour s’est fait plus au sec, la température extérieure a chuté progressivement : 6° C, puis 5, et 3 en fin de dernière recharge à 22 heures. Il lui reste encore 136 km à parcourir pour rentrer chez lui. L’humidité est tombée.

Il pense devoir ravitailler en énergie encore une fois en route, mais il arrive à se passer de cette étape. Le thermomètre affiche 1° C à 23h30 lorsqu’il arrive enfin chez lui avec une estimation de 9 km d’autonomie restante.

SENA CAMERA

Densité de l’air

La surconsommation au retour, Guillaume Deslandes ne l’attribue pas au froid. « La batterie tient plutôt bien les 30° C grâce aux recharges qui durent 1 heure, à l’activité des cellules et au refroidissement passif qui finalement permet dans ces conditions de conserver les calories », confirme-t-il.

Pas plus qu’il n’incrimine les poignées chauffantes poussées à fond au retour ni les antibrouillards et longues-portées qui lui ont permis d’éviter in extremis quelques animaux, vivants ou déjà écrasés. « Tous ces équipements grignotaient pas plus d’un kilomètre d’autonomie sur un parcours de 150 km (2,4 A en 12 V pour l’ensemble en service) », assure-t-il.

« La densité de l’air est plus forte lorsqu’il fait froid. C’est elle qui a le plus impacté négativement l’autonomie. Je ne pouvais compter que sur un rayon d’action de 135 km au retour. Pour rejoindre la maison, et aussi parce que le froid me saisissait, j’ai dû être plus léger que d’habitude sur l’accélérateur », affirme-t-il.

Au final, 4 recharges intermédiaires pour le retour, en partie « pour pouvoir profiter un peu des petits cols à l’Ouest de Lyon, sans avoir à me prendre la tête avec l’autonomie », chiffre-t-il.

Se protéger du froid : la panoplie conseillée

Finalement, ce n’est pas la moto électrique qui a souffert du froid au retour, mais bel et bien le pilote. « La Zero s’est vraiment très bien comportée. D’autant plus que je n’ai effectué aucune recharge complète pendant mon déplacement », s’enthousiasme-t-il.

S’il qualifie « d’instructif » son déplacement hivernal, c’est surtout parce qu’il sait maintenant comment il doit s’équiper pour limiter le froid ressenti sur lui.

« En plus des poignées chauffantes sans lesquelles j’aurais dû m’arrêter plus souvent pour me réchauffer, ma moto est équipée de protège-mains. J’avais enfilé des gants hiver. S’alléger pour piloter en cette saison n’est pas une bonne idée. Il vaut mieux avoir avec soi quelques vêtements de plus. Ainsi, en dépit de ma tenue touring (veste + pantalon) avec doublure hiver, j’ai dû ajouter en route, au retour, un sous-pull et un polo. Dans mes bottes, la prochaine fois, je porterai des chaussettes plus épaisses et je rajouterai un vêtement chaud aux jambes », conseille-t-il.

« Le gilet airbag avec lien filaire relié à la moto par mousqueton a aussi contribué à me préserver du froid », complète-t-il.

Le mot de la fin

« Je trouve la gestion des longues distances à moto électrique plus facile qu’avec une voiture. Peut-être parce que la moto, thermique comme électrique, est par essence moins adaptée à parcourir 1.000 kilomètres ou plus dans une journée », réfléchit-il.

« J’ai remarqué que la moto branchée est mieux perçue par les non motards », conclut-il en se remémorant ses longs déplacements réalisés en 2019, au cours desquels des personnes sont venus le rencontrer lors des arrêts pour la recharge.

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Guillaume Deslandes pour son retour d’expérience proposé spontanément.

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