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Une Xiaomi SU7 hérissée de capteurs, branchée sur une borne de recharge rapide en Alsace : la scène a de quoi intriguer. Nathanaël, lecteur fidèle d’Automobile Propre, a photographié ce véhicule de développement hier soir sur un parking de Saint-Louis (Haut-Rhin), à quelques kilomètres de l’Allemagne et de la Suisse. Une nouvelle apparition qui confirme que Xiaomi poursuit ses essais sur les routes européennes, alors que son lancement sur le continent est annoncé pour 2027.
La célèbre SU7, ici dans une teinte rose, a été surprise en pleine recharge sur une borne Izivia affichant 150 kW. Impossible de connaître la puissance réellement délivrée au moment où les photos ont été prises.
Une voiture électrique branchée sur une borne rapide n’a évidemment rien d’inhabituel. Celle-ci est en revanche beaucoup plus intéressante : Xiaomi ne commercialise encore aucune voiture officiellement en Europe et cette SU7 est bardée d’équipements de mesure.
Dans le détail, on distingue sur le toit un dispositif sur mesure qui accueille un LiDAR rotatif à 360° de marque Hesai, monté sur un mât central. Deux caméras grand-angle ont également été ajoutées à l’avant de la voiture. À l’arrière, un second mât accueille une antenne GPS/GNSS haute précision, dressée au-dessus de l’aileron.
Un autre détail donne une indication sur l’origine du véhicule : sa plaque d’immatriculation allemande. Elle débute par M, l’indicatif de Munich, et se termine par E, le suffixe allemand utilisé pour les véhicules électrifiés répondant aux critères prévus par la réglementation.
La plaque munichoise n’est probablement pas un hasard. C’est justement dans la capitale bavaroise que Xiaomi a installé son centre européen de R&D et de design, où le constructeur travaille notamment à l’adaptation de ses technologies au marché européen.

La photo de l’habitacle confirme qu’il s’agit bien d’un véhicule de développement. Un bras articulé est ancré dans le porte-gobelet central, avec une pince orientée vers le conducteur. Vide au moment du passage de notre lecteur, ce support peut notamment accueillir un écran de contrôle ou un équipement d’acquisition. Au-dessus de la colonne de direction, du ruban de masquage laisse également apparaître une installation provisoire.
Tout indique donc que le poste de conduite sert par ailleurs à superviser les équipements installés à bord pendant les essais.
Une fiche collée sur la portière apporte une information supplémentaire sur la campagne d’essais. Le texte, bilingue anglais-hongrois, précise que « le véhicule est équipé d’un système d’enregistrement vidéo à des fins de développement, visant à améliorer la sécurité routière ».
Particularité intéressante : le document désigne TÜV Rheinland Kraftfahrt GmbH, dont le siège se trouve à Cologne, comme responsable du traitement des données personnelles enregistrées par le véhicule, par exemple les visages ou les plaques d’immatriculation susceptibles d’apparaître dans les images.
La finalité technique précise de toutes les données collectées n’est pas indiquée. Mais leur enregistrement peut notamment participer au développement et à la validation des aides à la conduite pour les routes européennes : reconnaissance de la signalisation, détection des autres usagers ou encore adaptation aux particularités locales.
Un travail particulièrement important pour les constructeurs chinois, dont les aides à la conduite peuvent parfois manquer de pertinence lorsqu’elles sont transposées telles quelles sur les routes européennes, comme le soulignait récemment Éric Dupin dans cet article.
Cette SU7 alsacienne n’est d’ailleurs pas la première voiture de développement de Xiaomi aperçue en France. Automobile Propre avait déjà relayé en mars dernier l’apparition d’une SU7 équipée de nombreux capteurs, après qu’un autre prototype eut été observé à Metz fin février. Six mois plus tard, cette nouvelle rencontre montre que les essais européens se poursuivent.
Et le calendrier commence sérieusement à se préciser. Comme l’a évoqué Valentin il y a 3 jours à peine, Xiaomi a confirmé son intention de commercialiser ses voitures en Europe à partir de 2027. À l’occasion de l’IFA de Berlin, début septembre, la marque expose notamment la SU7 et a commencé à rechercher des partenaires pour constituer son futur réseau de distribution européen. La France n’a toutefois pas encore été officiellement confirmée parmi les premiers marchés concernés.
Pendant que Xiaomi prépare son réseau commercial, ses équipes techniques semblent donc poursuivre leur travail sur les routes européennes. Il y a fort à parier que les SU7 bardées de capteurs ne seront pas les dernières Xiaomi de développement croisées chez nous avant le lancement officiel.
Une opinion sur le sujet ? Impatient de découvrir les SU7 et YU7 en concessions ? Partagez votre avis en commentaire.
Un grand merci à Nathanaël pour ses photos. L’actualité se partage aussi sur Automobile Propre grâce à vos contributions.
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