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Toyota traverse une zone de turbulences. La firme accuse son quatrième mois consécutif de baisse des ventes et met en cause la hausse du prix des carburants. Mais il y a une lueur d’espoir : le tout-électrique est en forte progression.
Champion mondial de l’automobile et leader incontesté sur le segment de l’hybride, Toyota se retrouve aujourd’hui face à une équation de plus en plus complexe. Le constructeur japonais continue de vendre des volumes considérables à l’échelle mondiale, mais certains marchés commencent à envoyer des signaux inquiétants. Le mois de mai 2026 marque le quatrième mois consécutif de baisse des ventes pour la firme nipponne.
En mai, Toyota n’a vendu « que » 834 279 véhicules dans le monde (avec Lexus). C’est 7,2 % de moins qu’un an plus tôt. On constate toutefois que la situation n’est pas uniforme selon les régions. L’Amérique du Nord reste quasiment stable, l’Europe ne décroche pas vraiment, et le Japon se montre même plus solide. Le vrai point faible vient surtout de Chine. Sur ce marché devenu incontournable, Toyota a vu ses ventes reculer de 31,7 % en mai, à 102 299 unités. Depuis le début de l’année, le constructeur en est à 579 419 véhicules vendus en Chine, soit 15 % de moins que sur la même période en 2025.
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« Que tout le monde passe à l’électrique, c’est ma plus grande crainte » : le cri du cœur du patron de ToyotaToyota évoque « un environnement difficile » marqué par « la hausse des prix de l’essence ». Mais cette explication ne suffit pas à résumer la situation dans son ensemble. En Chine, la pression vient aussi de la montée en puissance très rapide des marques locales. BYD, Geely, Leapmotor, Xiaomi ou encore Xpeng proposent des modèles électriques de plus en plus compétitifs, souvent mieux adaptés aux attentes du marché chinois. Sans surprise, les modèles thermiques et hybrides de Toyota perdent de leur attractivité en Chine.
En parallèle, Toyota progresse là où il a longtemps été critiqué : sur le 100 % électrique. En mai, ses ventes mondiales ont bondi de 170 % sur ce segment. Elles ont atteint 37 313 unités au cours de cette période. Depuis janvier, Toyota a vendu 155 074 VE, soit une hausse de 138 % par rapport aux mêmes dates l’an dernier. Le bZ3X, développé avec GAC Toyota, rencontre notamment un bon accueil en Chine. En 2026, les voitures électriques représentent 7 % des ventes sur l’ensemble du mix chez Toyota. Cela peut sembler faible, mais c’est beaucoup mieux que les 1,4 % de 2024.
La dynamique est là, mais elle ne suffit pas encore à compenser le poids historique des modèles thermiques et hybrides dans les résultats du groupe. Toyota reste fidèle à sa stratégie « multi-énergies », qui consiste à proposer de l’hybride, de l’hybride rechargeable, du thermique, de l’hydrogène et du 100 % électrique. Cette approche a longtemps permis au constructeur de limiter les risques. Mais la situation en Chine montre que ce n’était peut-être pas la meilleure option. Même si le grand patron n’en veut pas, le tout-électrique risque de devenir un passage obligé pour éviter de perdre du terrain.
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