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Témoignage : le Hyundai Kona électrique d’Olivier a passé les 218 000 km et va en faire bien plus

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Le Hyundai Kona Electric d'Olivier
Le Hyundai Kona Electric d'Olivier

Olivier n’est pas près de lâcher son Hyundai Kona électrique qu’il a commandé en 2018. S’il est très satisfait des 218 000 km déjà parcourus à son volant, il compte bien le mener jusqu’au bout, dans bien des années, il l’espère.

240 km par jour pendant 6 ans

Commercialisé en France depuis l’été 2018, le Hyundai Kona électrique existe en deux versions de batteries lithium-ion polymère à cellules LG Chem : 39 ou 64 kWh exploitables. On comprend de suite que l’autonomie WLTP en cycle mixte sera très différente : 305 km au mieux ou 223 l’hiver avec la première, 484/354 km pour la dotation supérieure. Les spécificités ne s’arrêtent cependant pas là.

Les performances du moteur sont également touchées. Pour un même couple maximal de 395 Nm et une vitesse de pointe identique de 167 km/h, on a respectivement une puissance de 100 ou 150 kW (136 ou 204 ch). Si le poids à vide varie de 1 610 à 1 760 kg, pour un même PTAC de 2 170 kg, la différence de consommation de la première génération du Hyundai Kona est minime selon les chiffres officiels : 14,3 et 14,7 kWh/100 km l’été, 19,7/20,3 l’hiver.

Pour ses besoins, Olivier ne pouvait que prendre la version avec la plus grosse batterie : « En 2018, j’ai eu une opportunité intéressante m’amenant à travailler à Orléans. J’habitais dans les Yvelines. Pendant six ans, j’ai eu à parcourir 240 km par jour. Je voulais donc une voiture électrique capable de couvrir cette distance sans complément intermédiaire, y compris en hiver, et qui puisse se recharger dans la nuit. En 2018, il n’y avait pas à hésiter avec beaucoup d’autres modèles ».

Tout de suite emballé par le Kona

Un court essai d’une trentaine de minutes a suffi à notre lecteur pour prendre sa décision : « C’est en regardant ce qui se passait sur le marché de l’électrique que j’en suis arrivé à m’intéresser au Hyundai Kona électrique. Lors de l’essai, j’ai tout de suite été emballé. Confort de conduite, souplesse, reprise et silence de fonctionnement : tout me convenait. J’ai immédiatement imaginé que sa fiabilité serait meilleure qu’avec une thermique pour mon usage, avec des dépenses en énergie imbattables par rapport à l’essence ».

Olivier a dû attendre plusieurs mois avant de pouvoir profiter de sa première voiture électrique : « Commandée neuve en 2018, je l’ai reçue en mai de l’année suivante. C’est un vrai chameau à l’usage : en ville à 50 km/h, j’ai observé une conso de 12 kWh/100 km ; avec une majorité de voies rapides à 110, j’ai entre 14 et 15 kWh ; et si je prends l’autoroute, ça reste raisonnable, 19-20 kWh/100 km. Je peux en général compter sur une autonomie de 300-350 km, dépendant bien sûr de bien des facteurs ».

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Pour retrouver une batterie complètement régénérée le lendemain matin avant de repartir à Orléans, il fallait une solution de recharge efficace à domicile : « J’ai opté pour une wallbox 7 kW qui a été installée dès le départ en suivant les conseils d’Automobile Propre, trouvant par cet intermédiaire l’adresse d’un électricien. J’ai alors pu bénéficier d’un crédit d’impôt, sur le matériel uniquement, pas sur la pose ».

Ajout d’un Skoda Enyaq 85

Une utilisation aussi intensive exigeait des recharges complètes : « Au début, j’avais tout de même demandé à Hyundai s’il y avait des préconisations particulières. Comme il n’y en avait pas, je rechargeais chaque fois à 100 % à la maison, aux heures creuses, sauf en hiver où ça débordait un peu du fait d’une consommation plus élevée. Je n’ai utilisé la recharge rapide que pendant les vacances, arrêtant à 80-85 % en général. Je n’ai vu qu’en été la puissance maximale de 77 kW aux bornes ».

Chez Olivier, le Kona Electric n’a donc pas servi qu’aux allers-retours pour rejoindre le bureau : « C’était la voiture principale, celle avec laquelle nous sommes aussi allés en vacances, au Pays basque et ailleurs dans le sud de la France. Avec l’arrivée des petits-enfants, le coffre [NDLR : 332 litres] est devenu un peu trop petit. D’autant plus que, pratiquant l’astronomie, j’embarque aussi un télescope dans le coffre ».

Plusieurs solutions ont été envisagées : « Comme nous avions une voiture thermique qui arrivait en bout de course, nous pouvions bénéficier de la prime à la conversion en plus du bonus. En prenant une petite voiture électrique, nous aurions loué un véhicule plus grand sur notre lieu de vacances, thermique ou électrique, selon l’offre. Finalement, nous avons profité d’une grosse promotion de Skoda sur l’Enyaq. Commandé en septembre 2023, il nous a été livré en mars 2024 ».

Rappel pour remplacement de la batterie

En 2021, on apprenait que Hyundai devait procéder à un rappel de 75 680 Kona électriques pour un remplacement de la batterie. Une décision prise après une quinzaine d’incendies recensés dans le monde. L’opération était alors évaluée à 750 millions d’euros, dont 70 % pris en charge par LG Chem. Le constructeur avait diffusé un communiqué de presse indiquant faire « de la sécurité des clients la priorité absolue », vouloir « éviter que des cas similaires ne se produisent », espérant « regagner la confiance des consommateurs ».

Olivier a connu cet épisode : « Me concernant, le remplacement sous garantie de la batterie a été effectué à la fin de l’année 2021. Mon Kona avait alors 133 000 km et presque trois ans ». La nouvelle batterie n’a donc pas le kilométrage total de la voiture, mais environ 85 000 km : « Je ne constate pas de dégradation de l’autonomie à ce jour, mais, de formation ingénieur en électronique, je souhaiterais pouvoir suivre l’évolution de son état de santé. J’ai pensé à prendre un dongle pour la prise OBD ».

Notre lecteur a connu deux problèmes depuis le changement de pack : « La voiture a été immobilisée pendant huit mois pour une cellule en court-circuit. J’ai essuyé les plâtres du SAV Hyundai. Il fallait déjà trouver quelqu’un d’habilité, capable d’effectuer le diagnostic et formé pour résoudre une panne comme celle-là. Trois mois ont été nécessaires pour que la cellule arrive en France. Après, il fallait encore que soit disponible un appareil pour effectuer l’équilibrage des cellules ».

Autres pannes

Nouvelle immobilisation concernant la batterie : « Cette fois-là, l’indisponibilité a duré trois mois. Au tableau de bord, j’ai eu une alerte pour un problème de circuit haute tension dû à l’humidité. Une fuite de liquide de refroidissement de la batterie a un temps été suspectée, mais, après mise en pression, il ressort que l’alerte était fausse. Peut-être causée par de mauvaises vis de fixation, remplacées depuis. L’alarme ne s’est pas reproduite ».

La gestion de la batterie 12 V a aussi posé quelques soucis : « Avec une voiture thermique, il est souvent possible de sentir arriver la panne. C’est très différent avec une électrique plus binaire : c’est tout ou rien, et la panne tombe d’un coup. Alors que le Kona avait été stationné le temps de faire des courses, il n’a plus voulu démarrer ensuite. Pas d’alerte au préalable : c’est donc difficile d’anticiper. Ma femme est venue avec des câbles de dépannage. Depuis, j’ai un booster dans le coffre. Ça m’est arrivé deux fois ».

Un seul problème mécanique depuis la livraison en 2019 : « Je n’ai jamais eu la défaillance de roulement du moteur ou du réducteur. Mais un écrou sur le train avant a dû être remplacé, pris sous garantie. J’avais un clac-clac à basse vitesse. Comme on ne peut pas tracter une électrique, s’il y a une panne bloquante, la voiture doit être déplacée avec un plateau. Le problème, c’est qu’un assureur comme le mien ne veut bien prendre en charge que deux fois dans l’année un tel enlèvement ».

« Je compte conserver mon Kona jusqu’au bout »

Malgré tout, Olivier met dans le positif pour le Hyundai Kona électrique « la fiabilité, la conso, son côté pratique, sa conduite, et ses dimensions [NDLR : 4,21 x 1,80 m] adaptées à la ville. C’est une voiture que j’apprécie beaucoup ». Il n’était en revanche « pas fan de la calandre des premiers modèles de 2018. Accentué par le défaut d’isolement aux passages de roue, les pneus Nexen d’origine étaient bruyants, et même dangereux sous la pluie. J’ai dû les remplacer par des Michelin Primacy 4 excellents pour la tenue de route et l’ambiance à bord ».

L’électromobiliste sexagénaire a pris une décision : « Je compte conserver mon Kona jusqu’au bout. Ca m’intéresse de savoir jusqu’où il peut aller. Je vais bientôt être à la retraite : peut-être qu’il m’emmènera jusqu’à ce que je ne puisse plus conduire. Une voiture électrique, c’est quand même une grosse dépense au départ. Heureusement l’entretien est moins cher que sur une thermique, même si les concessions ont augmenté leurs tarifs par rapport au début ».

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Concernant la durabilité des VE, notre lecteur a son idée : « Elles doivent pouvoir tenir au moins 200 000 km. On ne sait pas comment va évoluer le marché de l’occasion qui n’émerge vraiment que depuis un ou deux ans. Maintenant, il va y avoir une vraie offre pour des personnes qui n’ont pas beaucoup de kilomètres à parcourir ». Il déplore toutefois : « Il y a eu des électriques qui sont parties prématurément à la casse car leurs propriétaires hésitaient à les réparer ».

Le réseau de recharge est devenu efficace

Pour Olivier, le Hyundai Kona est une bonne affaire en occasion : « Il a réussi à convertir ma femme et deux de mes enfants, et tous sont passés dessus. Mon fils aîné roule aujourd’hui en Skoda Elroq et ma fille en Ford Mustang Mach-E. En raison de son coffre un peu petit, le Kona est à privilégier pour la ville et les moyennes distances. Il reste malgré tout confortable pour faire de la route ».

Notre lecteur ouvre toutefois de plus grandes perspectives pour ce SUV urbain coréen de première génération : « En 2021 et 2022, j’avais rencontré des problèmes de bornes rapides. Dans les stations Ionity, je trouvais parfois deux bornes sur trois qui ne fonctionnaient pas ou s’arrêtaient au bout de dix minutes. Depuis 2024, et bien mieux encore en 2925, les stations sont vraiment devenues plus nombreuses et plus fiables. Maintenant, sur l’autoroute, comme avec des thermiques, on s’arrête et on recharge, sans stress ».

Ce qui le laisse dubitatif, c’est que « beaucoup trop de gens restent avec l’idée que l’autonomie et la recharge sont encore des problèmes qui empêchent de passer à l’électrique. Ce n’est plus vrai du tout. Est-ce qu’on s’inquiète de l’autonomie d’une moto en raison de son petit réservoir ? ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Olivier pour son très bon accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Au-delà du retour sur le Hyundai Kona, ce qui ressort une fois de plus de ce témoignage, c'est l'impression qu'ont désormais les électromobilistes d'un réseau de recharge dense et fiable, sur les autoroutes en particulier. Aujourd'hui, en plus des aires de services, celles dites "de repos" commencent aussi à accueillir des bornes rapides. Ce qui montre que des efforts importants ont été réalisés en relativement peu de temps, au point de pouvoir identifier un net point de bascule en 2024. Concernant le risque d'incendie des batteries, Hyundai et LG Chem ont bien réagi, évitant que l'image du Kona Electric se dégrade. La pérennité du modèle au catalogue, plusieurs fois amélioré depuis, explique aussi que cet épisode a pu être dépassé. La Jaguar I-Pace, lui, n'a pas eu cette chance, et l'image des batteries défectueuses lui colle encore trop à la carrosserie. Nous l'avons bien vu dans les commentaires à la suite du témoignage d'un lecteur qui se réjouissait avec nous de pouvoir rouler au quotidien dans un tel modèle. Ce qui est intéressant aussi chez Olivier, c'est que maintenant, dans la famille, en comptant les enfants adultes dont le plus jeune a 26 ans, c'est qu'il y a désormais quatre voitures électriques. C'est donc bien que l'électromobilité est convaincante, et possible pour beaucoup, contrairement à ce que nombre d'automobilistes veulent encore faire croire. Il reste bien sûr un grand pas à faire pour ceux qui n'ont pas de moyens de recharge personnel, notamment au niveau des tarifs de la recharge sur les bornes publiques.

Philippe SCHWOERER

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