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Témoignage : Jean-Michel nous raconte ses 5 ans d'expérience avec son Mazda MX-30

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La Mazda MX-30 de Jean-Michel
La Mazda MX-30 de Jean-Michel

Si les caractéristiques techniques de la Mazda MX-30 ne sont pas les meilleures pour une voiture électrique, ses utilisateurs lui sont pourtant bien souvent très attachés. Alors qu’il vient de mettre en vente la sienne sur le site de la Centrale, Jean-Michel explique pourquoi il a choisi cette japonaise branchée et comment il en ressort après cinq ans d’utilisation.

Sage SUV coupé électrique

Exposée dans les concessions françaises à partir du second semestre 2020, la première voiture électrique de Mazda peut se confondre avec la CX-30 essence ou diesel. En cas de doute, il suffit de regarder les portes. Comme sur la BMW i3, celles de la MX-30 sont antagonistes. Les deux de l’arrière sont plus petites et sans poignée d’ouverture visible. En outre, le museau de l’engin est plus affiné.

Laissons de côté l’improbable version à prolongateur d’autonomie rotatif pour nous concentrer sur l’architecture qui anime les roues avant de l’exemplaire de notre lecteur. Pour un couple maximal de 271 Nm, le moteur électrique développe une puissance de 107 kW (143 ch). Les prétentions du SUV japonais coupé sont donc plutôt sages, avec 9,7 secondes pour boucler l’exercice du 0 à 100 km/h avant de pouvoir filer vers la vitesse de pointe de 140.

Sauf avec des conducteurs vraiment très motivés, la MX-30 n’est pas une autoroutière. D’une capacité énergétique brute de 35,5 kWh pour 30 exploitables, la batterie ne crédite cette voiture que d’une autonomie de 200 km en cycle mixte WLTP, ou 146 en hiver : « Je m’en sers principalement pour mes déplacements dans les Yvelines, à raison de 75 % de routes secondaires, 15 % en ville et 10 % sur voies rapides ».

La marche vers la Mazda MX-30

À 58 ans, Jean-Michel a déjà eu entre les mains pas mal de voitures : « J’ai voulu essayer les moteurs V6, V8 et six cylindres en ligne. Avant de passer au VE, je roulais en Audi S5 cabriolet. J’avais pourtant toujours été attiré par l’électrique à partir du moment où j’ai découvert le service d’autopartage à La Rochelle avec des Peugeot 106 ». Il s’agit de l’expérience Liselec ensuite rebaptisé Yélomobile, lancé en 1999. Accessible 24/7, il proposait une cinquantaine de Peugeot 106 et Citroën Saxo à batterie nickel-cadmium.

Les voitures électriques ont heureusement bien évolué depuis : « J’ai constaté le changement avec l’arrivée de la Renault Zoé et de quelques autres modèles. J’ai toujours aimé les voitures un peu décalées. Les portes antagonistes de la Mazda MX-30 m’ont amusé. Ce n’était pas un problème en 2021 quand nous avons acheté cette voiture, puisque nos enfants étaient déjà grands et ne montaient plus à l’arrière. Comme c’était pour nous une seconde voiture, nous n’avions pas besoin d’une grande autonomie, 200 km nous suffisaient ».

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L’exemplaire acquis par le foyer francilien fait partie des premiers arrivés en France : « Il est de septembre 2020. C’était un modèle d’essai que nous avons acquis un an plus tard avec 1 500 km au compteur, pour 21 000 euros en concession. Pour la trouver, j’avais fait une recherche sur Internet. Je regarde toujours le marché quelques mois avant d’acheter une nouvelle voiture ».

Jamais à plus de 120 km de la maison

Notre lecteur n’a pas eu besoin d’un long essai pour se forger son opinion concernant la Mazda MX-30 : « J’ai dû l’essayer vingt à trente minutes à la concession de Melun, et je me suis laissé tenter. Je n’ai pas eu besoin de plus. C’est pour moi souvent la première impression qui prédomine. J’ai de suite ressenti un bon feeling avec cette voiture. Comme première électrique, je ne voulais pas acheter un ‘gros modèle’. Pour les grands déplacements, nous utilisons pour l’instant un Lexus RX 450 hybride ».

La Mazda MX-30 de Jean-Michel
La Mazda MX-30 de Jean-Michel

Avec sa puissance maximale sur le papier de 50 kW pour la recharge rapide, la MX-30 n’invite pas vraiment à se déplacer loin : « En pratique, c’est plutôt 36 kW. À 95 000 km au compteur aujourd’hui, je peux compter sur une autonomie de 190 km l’été et 150 l’hiver. J’ai perdu de l’ordre de 10 km depuis l’achat. Sur l’année, j’ai relevé une consommation moyenne de 16,5-16,8 kWh/100 km ».

Jean-Michel ne s’est jamais vraiment très écarté de chez lui avec sa voiture électrique : « Dernièrement, je suis allé chercher ma femme à l’aéroport de Roissy avec la Mazda. Ce qui fait un aller-retour de 160 km. Il restait 3 % d’énergie dans la batterie, ce qui ne m’a pas inquiété, car même à 0, je peux encore parcourir quelques kilomètres. Je ne suis jamais allé à plus de 120 km de chez moi avec cette voiture, ce qui demandait une recharge intermédiaire ».

« Une voiture rare et attachante »

Très majoritairement, la Mazda MX-30 de Jean-Michel est rechargée à la maison : « Elle est branchée tous les soirs dans le garage sur une prise renforcée, aux heures creuses principalement. Comme je ne vide pas la batterie, c’est suffisant. J’arrête au mieux à 90 %. S’il avait fallu que je recharge sur les bornes publiques, je n’aurais pas pris ce modèle. Comme la voiture pèse moins de deux tonnes, je l’utilise aussi pour aller à Paris. Je peux ainsi bénéficier du stationnement gratuit tout en rechargeant en même temps ».

L’hiver, notre lecteur apprécie plus particulièrement certaines fonctionnalités de sa voiture électrique : « Avant de partir, j’essaye de réchauffer l’habitacle quand la voiture est encore branchée. C’est une fonction que je peux déclencher depuis un smartphone avec une application. J’utilise aussi le siège et le volant chauffants. On s’habitue vite au confort des électriques. Ma femme, et mes enfants qui ont aussi une Fiat 500e, la conduisent à l’occasion ».

Conscient de rouler « dans une voiture rare et attachante », l’électromobiliste quinquagénaire fréquente les communautés qui se sont créées autour de ce modèle : « J’échange à l’occasion sur le forum international dédié à la Mazda MX-30. Sur un groupe Facebook, nous échangeons nos vécus. Je trouve sympa de faire partie de communautés comme celles-là. Et comme j’aime bien aider, je m’intéresse aux problèmes que les autres peuvent rencontrer avec cette voiture ».

« C’est une voiture très fiable »

De son côté, Jean-Michel n’a pas rencontré de panne avec sa MX-30 : « J’ai juste parfois de petits bips pendant cinq secondes, comme si je ne tenais pas le volant. Pour moi, c’est une voiture très fiable. Sur le forum, il est juste remonté de petits bruits insupportables dans les portières sur certains modèles, une batterie 12 V à prévoir de changer au bout de quatre ou cinq ans pour éviter les problèmes de recharge ».

Les utilisateurs eux-mêmes trouvent des solutions quand il le faut : « Plusieurs ont connu une transmission qui est devenue sonore avec le temps. Pour en sortir, ils ont remplacé l’huile. Nulle part Mazda n’indique qu’il faut effectuer cette procédure ».

Après plus de quatre ans d’usage, notre lecteur reste sur de très bonnes impressions concernant le SUV électrique japonais : « C’est une voiture très agréable à conduire et très silencieuse. Ce modèle qui bénéficie d’un grand capital de sympathie est bien amorti et d’un comportement sain sur la route. J’aime beaucoup son design ».

Très bon équipement

Ce qui est aussi très apprécié, c’est le niveau d’équipement : « Il y a tout ce qu’il faut sans avoir à recourir à des options, contrairement à ce que l’on voit chez les constructeurs allemands ». L’exemplaire de Jean-Michel est en finition Industrial Vintage qui apporte une sellerie spécifique « denim noire avec du simili cuir marron. J’ai aussi le toit ouvrant électrique ».

La Mazda MX-30 de Jean-Michel
La Mazda MX-30 de Jean-Michel

Dès l’entrée de gamme, la convaincante dotation offre en particulier déjà un affichage tête haute, des phares Led, et des palettes au volant pour régler la puissance de régénération ». Rappelons aussi que cette voiture était livrée en France en 2020 avec l’aide au stationnement avant et arrière, un régulateur de vitesse adaptatif, un dispositif de surveillance des angles morts avec correction de trajectoire automatique, le maintien de la trajectoire, et un freinage automatique en cas de trafic transversal. Le système d’infodivertissement est compatible Apple CarPlay et Android Auto en Bluetooth.

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On trouve en plus avec la finition Industrial Vintage un vitrage arrière surteinté, un fauteuil conducteur avec réglages électriques huit voies à mémoire, des sièges avant et le volant chauffants, des rétroviseurs extérieurs à rabattage automatique, celui de l’intérieur est photochromatique et sans cadre, des phares Led cette fois adaptatifs, une caméra à 360 degrés, un système audio Bose avec 12 haut-parleurs, une reconnaissance active d’obstacles mobiles en marche avant, etc.

En vacances avec la prochaine voiture électrique

En points négatifs pour la Mazda MX-30, Jean-Michel note tout de même « l’autonomie, la puissance de recharge en courant continu, la visibilité de trois quarts arrière comme sur beaucoup d’autres voitures, et les petites vitres aux places arrière. Ce sont davantage des hublots, à éviter par les claustrophobes ». Le passage par ce modèle reste positif : « Ma première expérience en voiture électrique est très convaincante malgré la faible autonomie qui ne me permettait pas de réaliser de longs déplacements ».

Ce qui devrait changer dans l’année : « J’ai déjà mis ma MX-30 en vente sur le site de la Centrale, à 11 500 euros. À ce jour, j’hésite entre deux modèles pour lui succéder : la Skoda Elroq ou la Kia EV4. J’aime bien la présentation très identifiable des Kia. Avec ma future voiture électrique, je pourrai effectuer des trajets plus lointains, et même aller en vacances. Y compris en prenant l’autoroute. Ressentant le besoin de m’arrêter au bout de deux heures de conduite, la recharge ne sera pas un problème ».

Depuis 2021, il a remarqué : « La densité du réseau de bornes s’est bien améliorée. Il n’y a plus vraiment besoin de planifier à l’avance les longs trajets ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Jean-Michel pour son très bon accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

En ressortant de mon essai de la Mazda MX-30 en octobre 2021, j'étais partagé entre déception et enthousiasme. La ligne, l'ambiance intérieure, le niveau d'équipement, la double teinte, et le comportement routier m'avaient laissé d'excellentes impressions. Au point d'avoir vraiment eu envie d'en avoir une. Avec son autonomie trop limitée et sa puissance de recharge en courant continu qui n'avait pas décollé des 20 kW sur la tranche 40-80 %, elle ne correspondait pas à mes besoins. Ce sont juste ces deux points qui empêchent cette voiture électrique d'être très à l'aise sur l'autoroute. En outre mes grands enfants voyageaient encore très régulièrement avec moi et n'auraient pas enduré d'être assis à l'arrière. De Dinan à Saint-Brieuc et dans des conditions idéales sur routes à 4 voies en roulant à 110 km/h, j'avais noté une conso de 15,6 kWh. Je m'étais pourtant autorisé quelques accélérations un peu musclées. A une allure de promenade, sous une température de 10-12° C, j'avais observé 12,6 kWh/100 km pour rejoindre Sables-d’Or-les-Pins depuis Dinan par les départementales. C'était vraiment pas mal, à la hauteur des Hyundai Kona et Kia e-Soul ou e-Niro de la même année. J'appréciais aussi ce côté décalé dont parle Jean-Michel, et que j'avais déjà goûté chez Mazda fin des années 1980 avec une 929 Luce de 1979. Pour qui est sensible au charme de la MX-30 et n'aurait pas besoin d'effectuer de longs déplacements, avec des prix en occasion autour des 10 000 à 12 000 euros, c'est un modèle branché à envisager sérieusement. Surtout avec un forum international actif qui permet aux membres de se soutenir en cas de besoin.

Philippe SCHWOERER

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