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Témoignage : « Il faut que XPeng se bouge ! », estime Gérard, utilisateur d’un G6

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La XPeng G6 de Gérard
La XPeng G6 de Gérard

Ayant utilisé précédemment pendant trois ans une Tesla Model Y et pu découvrir dernièrement en situation le FSD, Gérard trouve parfois dangereux le comportement des aides à la conduite de sa XPeng G6. Dans certaines conditions, les freinages intempestifs et déconnexions totales du maintien dans la voie sont fréquents.

Des expériences rares de conduite

À 83 ans, au bout d’une vie professionnelle bien remplie qui l’a amené à travailler à l’étranger, Gérard, fils de garagiste, a conduit des véhicules très divers : « J’ai dû avoir une cinquantaine ou une soixantaine de voitures, beaucoup de 4×4 avec parfois de gros V8 essence qu’on ne trouve pas en France. J’ai pu me rendre compte au volant combien il était difficile et physique de manœuvrer un autobus à impérial, mais moins un Caterpillar de 50 tonnes qui se manie avec un joystick ».

Tout juste avant de basculer à l’électrique, il avait une Audi Q7 : « J’en étais très content, mais elle prenait de l’âge avec de lourdes et coûteuses interventions à prévoir. En plus des bras de suspension, disques des freins et pot catalytique à faire remplacer, j’avais ce problème connu de fuite entre la boîte de transfert et le moteur. Au final, ça faisait trop de frais ».

Le choix de l’électrique résulte pour lui d’une grande réflexion : « Déjà, je ne voulais plus d’un gros diesel, mais d’une voiture plus petite. À essence ? Pourquoi pas ! Une hybride ? Non, pas question pour moi de traîner un moteur thermique quand on roule à l’électrique et une batterie si on l’on avance avec le bloc essence ou diesel ! Au final, je me suis dit que j’allais essayer l’électrique ».

57 000 km sans problème en Tesla Model Y

Gérard a alors essayé plusieurs modèles de voitures électriques : « Ainsi la Q4 parce qu’Audi voulait me garder comme client, la Ford Mustang Mach-E et la Kia EV6. À l’époque, elle n’était plus vendue en Europe, mais j’aurais aimé la Tesla Model X. C’est pourquoi je me suis rabattu sur la Model Y que j’ai prise en leasing sur trois ans, pour voir. En la recevant en février 2022, j’ai ainsi pu découvrir l’électrique. J’avais alors en tête de pouvoir éventuellement revenir au thermique au terme de cette expérience ».

La confiance a vite été prise : « Depuis le Var où je suis, j’ai rapidement fait un tour en Italie en passant par Florence et Milan. Je m’étais alors dit que je pourrais me recharger facilement grâce au planificateur et aux Superchargeurs Tesla. Quand j’ai découvert qu’en plus j’avais la possibilité de brancher dans les hôtels où je descendais, je n’ai plus jamais été inquiet concernant mes longs trajets en voiture électrique. En outre, la Model Y gère très bien la capacité de la batterie par rapport à la destination demandée, et, à la maison, j’ai fait installer une borne ».

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Au bout des trois ans, l’expérience a été suffisamment concluante pour vouloir rester à l’électrique : « En 57 000 km, je n’ai rencontré absolument aucun problème avec ma Tesla Model Y. En cherchant bien, je pourrais juste citer un rétroviseur extérieur à faire remplacer parce que je l’avais moi-même endommagé. Si elle avait été disponible, je serais passé à la nouvelle Model Y. J’étais prêt à attendre davantage, mais Tesla n’a jamais pu me donner un délai. C’est pourquoi j’ai cherché un autre modèle ».

Plusieurs essais avant d’élire le XPeng G6

En 2025, de nouveaux modèles de voitures électriques ont donc été essayés par Gérard : « Les Mercedes EQC 400 et Audi Q4 redécouvertes à cette occasion sont, pour moi, sur d’anciennes technos dépassées. Parmi les autres modèles que j’ai testés, il y avait les BMW iX1 et iX2, Volvo XC40 et Peugeot e-3008. La BYD Sealion 7, je l’ai essayée trois ou quatre fois. C’est une voiture d’une belle qualité avec une belle finition, mais j’avais l’impression de conduire un bateau qui tanguait dans les virages et les alarmes étaient trop intrusives ».

Le choix de notre lecteur s’est finalement porté sur la XPeng G6 : « C’était après un essai captif où hélas on ne peut pas trop pousser la voiture, faire 100 km d’autoroutes ou évaluer son comportement sur les routes de montagne. Je l’ai trouvée plus confortable et plus agréable à l’intérieur que la Tesla Model Y. Au niveau de la finition, c’est aussi bien que dans la BYD Sealion 7 ».

Et l’extérieur ? « L’esthétique de la G6 a beaucoup plu à ma femme. Moi, j’étais plus réservé, mais ce n’était pas grave car quand je conduis, je suis dedans, pas dehors. Est-ce qu’elle ressemble au Model Y ? Oui et non ! Je fais beaucoup moins attention qu’avant aux lignes de mes voitures. Nous avons reçu la nôtre en version Performance au mois d’avril 2025 ; elle a maintenant plus de 20 000 km ».

« Agréable, confortable et silencieuse »

Globalement, Gérard est assez satisfait de sa nouvelle voiture électrique : « Pour mon type d’usage, elle est très agréable, confortable et silencieuse, à part son petit bruit à basse vitesse que je n’entends pas trop avec les fenêtres fermées. Avec un pilotage très facile, je n’ai pas trouvé une énorme différence avec la Tesla Model Y. En ville, la conduite de la G6 ne me pose aucun problème. Elle offre cependant moins d’espace dans le coffre. Bien que ça aurait été possible en disposant mieux les éléments sous le capot, il n’y a pas de frunk ».

Comme la Tesla Model Y, la voiture électrique du constructeur chinois est utilisée assez régulièrement pour aller en Champagne ou dans le Périgord. Avec cependant une petite différence : « La G6 consomme un peu plus, de l’ordre de 5 à 7 % selon les conditions, en tout cas pas plus de 10 %. Mais elle à une batterie plus capacitaire. Avec la Model Y, j’avais besoin de deux arrêts pour la recharge quand je me rendais à Brive depuis Saint-Raphaël [NDLR : Un peu plus de 600 km séparent les deux villes]. Une seule étape suffit avec la G6 ».

En raison du pack 800 V, notre lecteur ne recharge plus chez Tesla : « Je n’ai pas envie que la puissance aux Superchargeurs soit limitée. Employant le badge Ulys ou le Plugsurfing, je m’arrête quand j’en ai besoin, sans trop me soucier du réseau de recharge sur lequel je vais tomber. Comme je ne roule pas les jours de grand départ, je ne rencontre jamais de problème d’affluence. Avec ma Model Y, j’avais dû attendre quelques fois aux superchargeurs Tesla d’Aix-en-Provence après l’ouverture du réseau à toutes les marques de VE ».

Comportements dangereux

C’est en allant par exemple vers Nice que les choses se compliquent avec la XPeng G6 : « L’autoroute passe par les Adrets où la vitesse est parfois limitée à 110 km/h. Là, on a des courbes dans les montées et descentes. Avec l’Autopilot, la Tesla passait comme sur des rails, sans ralentir. C’est très différent avec la G6 qui fait tomber la vitesse entre 80 et 90 dans certains virages, surprenant les automobilistes derrière : J’ai droit à des appels de phares. Pour en avoir le cœur net, j’ai essayé en conduisant moi-même, elle passe alors très bien à la vitesse limite ».

Ce n’est pas tout : « Il y a aussi des freinages qui pour moi sont incompréhensibles, par exemple dans les virages quand il y a une voiture dans la courbe ou arrêtée sur le côté. En pleine ligne droite, j’ai déjà subi de brusques ralentissements de 110 à 50 km/h sans raison. A la nuit tombante, une ombre suffit à faire freiner la G6, mais à l’ombre suivante elle ne réagit pas. Je trouve que c’est dangereux tous ces comportements ».

Gérard est du style à faire avec les défauts tout en cherchant à faire améliorer les choses : « Dans les virages où je sais que la voiture risque de faire tomber la vitesse, je suis prêt à appuyer sur l’accélérateur au besoin. J’ai interrogé le concessionnaire, puis XPeng France : on me promet des améliorations, mais je ne les vois toujours pas venir. Je n’ai jamais remarqué le moindre changement au fil des mises à jour ».

Le FSD Tesla pour comparaison

Gérard peut d’autant mieux évaluer la perfectibilité de sa G6 qu’il a pu découvrir le Full-Self Driving (FSD) Tesla avant Noël dernier : « J’étais en passager, et jamais le conducteur de chez Tesla n’a eu à reprendre les commandes. C’était à la nuit tombante, entre 17h15 et 18h15, et avec les illuminations de Noël en ville. La voiture a parfaitement géré les piétons, cyclistes, ronds-points, ralentisseurs et accès sur l’autoroute ».

Plus précisément : « La Tesla s’est arrêtée pour laisser passer les piétons et a ralenti tranquillement pour aborder les ralentisseurs. À chaque fois elle est repartie tranquillement. D’elle-même, sur l’autoroute, elle a attendu le bon moment pour dépasser un camion et se rabattre, en activant à chaque fois les clignotants. Quand une moto est arrivée derrière, la voiture s’est serrée à droite pour faciliter le passage, ce qu’on fait rarement faute de détecter à temps les deux-roues dans le rétroviseur ».

D’une certaine manière, cette découverte a provoqué comme un choc chez notre lecteur : « Même si le FSD n’est pas encore disponible en France, on se rend compte que XPeng est à des années-lumière de Tesla à ce niveau. C’est vraiment là que la G6 me déçoit. Tout cela n’est que de l’informatique et de la gestion d’images, mais avec le nombre de modèles en circulation, Tesla disposent sans doute de grosses bases de données que l’autre constructeur n’a pas ».

« Il faut vraiment qu’ils se secouent »

Avec un tel témoignage, on pourrait s’attendre à ce que Gérard veuille remplacer au plus vite sa G6 : « Nous l’avons en location pour 4 ans, et j’hésite à la racheter avant terme pour la revendre ou la conserver. Pourquoi ne pas reprendre une Tesla après, mais il y a mon âge aussi. J’avoue que j’apprécie d’avoir un écran d’instrumentation derrière le volant, plutôt que de devoir régulièrement regarder vers la droite pour avoir les indications concernant la route ».

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Le comportement erratique des aides à la conduite de la G6 n’est pas permanent : « Sur une autoroute normale, je me sens davantage en sécurité. Les mauvaises expériences ne se produisent que sur certains types de trajets ou dans des conditions délicates de roulage. Par deux fois, le maintien dans la voie avec régulateur de vitesse s’est déconnecté brusquement alors que je doublais un camion. C’est surprenant, il faut vraiment rester attentif ».

Dans l’entourage de notre lecteur, deux autres électromobilistes roulent aussi en XPeng G6 : « J’avais clairement expliqué à l’un d’eux ce que je ressentais avant qu’il en prenne une. Il a la sienne depuis août. Lui aussi a observé des freinages intempestifs qu’il n’avait pas sur sa Peugeot 5008. Sans les décourager forcément, à ceux qui s’intéressent à ce modèle, je n’hésite pas à leur faire faire un tour dans ma voiture afin qu’ils sachent à quoi s’attendre. En revanche, il faut vraiment que les gens de la marque se secouent pour faire beaucoup mieux que ça ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Gérard pour son accueil, sa sympathie et son témoignage que nous avons sollicité.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

D'une façon générale, les constructeurs devraient insister sur l'attention à conserver impérativement en roulant avec les assistances plus ou moins autonomes à la conduite. Et plus encore quand des situations potentiellement dangereuses peuvent être reproduites lors de l'utilisation normale d'une voiture. Faire baisser brusquement la vitesse sur l'autoroute sans raison apparente ou déconnecter le maintien dans la voie peuvent causer des accidents. Exactement l'inverse de ce qui est recherché en utilisant ces aides dites de sécurité. Ne faudrait-il pas d'ailleurs que les systèmes en cause soient tout simplement inhibés le temps de régler les problèmes reproductibles ? Voilà bien une question délicate, si l'on estime qu'en les conservant ainsi on évite malgré tout davantage de blessés ou de tués sur les routes. C'est un débat qui existe aussi depuis longtemps avec les airbags et les ceintures de sécurité. Ca reste une histoire de cas particuliers qui ne rentrent pas dans les cases, face à des cas généraux. Sur cette question, j'aimerais bien connaître les avis des lecteurs d'Automobile Propre. Personnellement, je n'utilise jamais ces aides que je déconnecte systématiquement à chaque utilisation de ma voiture. Ce n'est pas faute de les avoir essayées. Et vous ?

Philippe SCHWOERER

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