Porsche Taycan Turbo GT Manthey : on a découvert de près ce missile électrique

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La Porsche Taycan Manthey Racing pousse les potentiomètres encore plus loin. Comment fait-elle pour y arriver ? Nous sommes allées la voir de près.

Lancée en 2019, la Porsche Taycan continue son petit bonhomme de chemin, au gré des évolutions stylistiques et techniques. Toujours au catalogue, la berline sportive allemande est déclinée en de nombreuses versions, depuis la relativement sobre version propulsion désormais capable de viser 700 km d’autonomie WLTP, à l’exclusive Turbo GT Weissach pensée pour la piste. Mais le préparateur Manthey Racing a décidé de pousser encore les potentiomètres !

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De la fibre de carbone en masse

À l’instar des autres engins sortis de Meuspath, en Allemagne, la Porsche Taycan Manthey se distingue par son kit aéro digne d’une voiture de course. Lame avant, ailes élargies, ouïes d’aération, déflecteurs et, bien sûr, l’imposant aileron arrière : la nouvelle robe a fait l’objet d’études poussées pour améliorer les performances aérodynamiques. Mais la voiture reçoit aussi de très nombreuses améliorations moins visibles, à l’image des différents appendices. C’est le cas des déflecteurs situés derrière les roues avant, rallongés par rapport à la Turbo GT qui sert de base pour mieux diriger les flux aéro’ sous la caisse. Contrairement aux autres pièces, celle-ci est réalisée dans un matériau souple et dispose même d’un témoin d’usure !

Tous les autres appendices sont réalisés en fibre de carbone, au tissage parfaitement exécuté même sur les pièces les plus complexes. C’est notamment le cas de l’imposant bas de caisse, moulé d’un seul bloc entre les deux ailes ! Avec l’aileron arrière, il s’agit de la plus grande pièce en carbone du kit. Et cet aileron, justement, est plus impressionnant en vrai que sur les photos. Certes, il casse autant la ligne que la traînée de la Porsche Taycan. Mais ses dimensions généreuses permettent d’atteindre des niveaux d’appui aérodynamiques près de trois fois supérieurs. À 200 km/h, Manthey indique une force de 310 kg, contre 95 kg sur la Turbo GT. À la vitesse maximale de 310 km/h, le kit aérodynamique génère 740 kg ! Pour encaisser les forces exercées sur la malle, les ingénieurs ont été contraints d’installer des renforts à l’intérieur du coffre.

Un gain de poids jusqu’aux boulons

L’autre axe d’amélioration concerne le châssis. Sans surprise, la suspension ainsi que les cotes et la géométrie des trains roulants ont fait l’objet de modifications. Le Porsche Active Ride Control monté en série adopte aussi des lois spécifiques à cette version pour mieux s’adapter au comportement dynamique de l’auto. Pour transmettre la puissance au sol, Manthey a fait le choix des très performants pneus Pirelli P Zero Trofeo RS montés sur des jantes maison de 21 pouces.

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Creusées et perforées au maximum pour réduire la masse tout en préservant la rigidité, ces jantes de 21 pouces économisent un total de 2,4 kg (600 g par jante) par rapport à celles d’une Turbo GT Weissach, et un total de 18 kg par rapport aux jantes Mission E Design de la Turbo ! Enfin, ces jantes sont plaquées à l’aide de boulons en titane qui économisent près d’un kilo.

Le système de freinage, qui bénéficie lui aussi aux masses non suspendues, est ici assuré par des disques en carbone-céramique. Le diamètre des disques est porté à 440 mm à l’avant et 410 mm à l’arrière. Les étriers sont ceux de série, avec 10 pistons à l’avant et 4 pistons à l’arrière. Malgré cette recherche obsessionnelle, et touchante pour une voiture électrique dotée d’une batterie de plus de 100 kWh bruts, la Taycan Manthey accuse 15 kg de plus que la Weissach. Pour rappel, cette dernière économise 70 kg par rapport à la Turbo GT « civilisée ».

De nouveaux onduleurs SiC

La préparation mécanique est toujours délicate avec les motorisations électriques. Ici, pas de turbo à booster (malgré l’appellation du modèle), de cylindrée à augmenter ou d’échappement à revoir. Néanmoins, les ingénieurs Manthey ont posé de nouveaux onduleurs SiC, qui font passer le courant de décharge de 1 100 à 1 300 A. Cela se traduit par un pic de puissance supérieur de 20 kW, pour un total de 600 kW, soit 816 ch pour 1 270 Nm de couple. En mode Attack, l’overboost de 10 s grimpe à 730 kW, soit 993 ch. La puissance totale de 760 kW (1 034 ch) disponible pendant deux secondes avec le Launch Control ne change pas.

Voilà pourquoi les temps d’accélération sont parfaitement identiques, avec un 0-100 km/h en 2,2 s, un 0-200 km/h en 6,4 s et un 80-120 km/h lancé en 1,1 s. Soit des temps quasi identiques à ceux d’une Lucid Air Sapphire, vérifiés par nos services. La vitesse a été augmentée de 5 km/h, pour un maximum de 310 km/h. En revanche, la Taycan Manthey Racing devrait se montrer nettement plus volontaire en reprise ou en sortie de virage, là où la puissance continue supérieure fera la différence.

Au final, c’est sur un tour de circuit complet que cette version se démarque de la Turbo GT qui lui sert de base. Et, sur la célèbre boucle nord du Nürburgring, la berline a pu gagner 12 s par rapport au temps de la Turbo GT, avec un chrono final de 6’55’’533. De quoi corriger la Xiaomi SU7 Ultra (7’04’’632).

Un prix stratosphérique !

Pour le reste, la chaîne de traction est techniquement identique. On retrouve les deux mêmes machines électriques ainsi que la batterie de 97 kWh de capacité utile. Cette dernière est toujours capable de se recharger à un pic DC de 320 kW pour un 10-80 % enregistré par nos soins en 17 minutes. Cependant, en raison des résistances à l’avancement accrues, dont un Cx dégradé à un peu plus de 0,36, la consommation explose : elle passe de 20,6 à 24,8 kWh/100 km sur le cycle d’homologation mixte, pour une autonomie qui dégringole de 556 à 460 km par rapport à la Weissach. Bien sûr, ces considérations ne sont pas les principaux critères d’achat, mais elles démontrent les effets des améliorations aérodynamiques et techniques.

La Porsche Taycan Manthey Racing est disponible sous la forme d’un pack optionnel à cocher dans le configurateur, et à ajouter obligatoirement au pack Weissach de la Porsche Taycan Turbo GT. Comme cette dernière, la Manthey ne dispose plus de banquette arrière, le port de recharge AC gauche a été supprimé (seulement DC), et l’autre n’est plus motorisé. Le nom de modèle (Porsche Taycan Turbo GT Pack Weissach et kit Manthey Racing) est aussi long que le nombre de chiffres à aligner sur le chèque final : il faut ajouter 109 816 € aux 248 000 € demandés par le modèle de base, soit un total de près de 360 000 € !

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