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BloombergNEF prévoit 23 millions de véhicules électriques vendus dans le monde en 2026, soit une hausse de 11 % sur un an. La dynamique reste portée par la Chine et les pays émergents, malgré un recul marqué aux États-Unis.
Le cabinet d’analyse BloombergNEF (BNEF) vient de publier son rapport « Electric Vehicle Outlook 2026 ». Les prévisions tablent sur 23 millions de voitures électriques écoulées cette année, soit une hausse de 11 % par rapport aux 21 millions d’unités écoulées en 2025. Sur le segment des voitures particulières, la part de marché mondiale de l’électrique devrait grimper à 27 % cette année. Traduction : plus d’un véhicule neuf sur quatre dispose désormais d’une prise de recharge. À titre de comparaison, cette proportion ne dépassait pas 9 % il y a cinq ans.
Selon l’étude de BNEF, cette progression s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. Les batteries lithium-ion coûtent moins cher, permettant aux constructeurs de proposer des modèles plus abordables. Les marchés émergents affichent une croissance rapide. Les analystes évoquent aussi l’impact indirect du conflit iranien : la hausse des prix du carburant pousse certains acheteurs vers la voiture électrique, même si le lien reste difficile à mesurer précisément.

La Chine conserve sa première place mondiale, avec 64 % de son marché domestique désormais électrifié. Mais la croissance ralentit : +10 % attendu en 2026, contre 39 % en 2024. En cause : un gouvernement chinois qui a réduit de moitié les avantages fiscaux et durci les critères d’éligibilité aux primes. Le marché arrive également à maturité avec une concurrence accrue entre fabricants locaux.
Aux États-Unis, les ventes devraient reculer de 19 % cette année. Les constructeurs américains ont freiné leurs projets électriques après le retrait des aides fédérales et l’abandon des normes de consommation strictes sous l’administration Trump. L’Europe maintient une croissance stable, sans connaître les soubresauts des deux autres géants.

L’écart de prix avec les thermiques varie fortement selon les zones. En Chine, les électriques coûtent désormais moins cher que leurs équivalents essence. En Europe, le surcoût atteint encore 17 % en moyenne. Aux États-Unis, il grimpe à 24 %, contre 34 % il y a deux ans. Une fois encore, la Chine bénéficie d’un contexte particulier avec une concurrence féroce entre constructeurs qui tirent les tarifs vers le bas.
L’essor des pays émergents
L’Asie du Sud-Est, l’Amérique latine et d’autres régions émergentes prennent le relais de la croissance. Singapour affiche 50 % de véhicules électriques dans ses immatriculations 2025, le Vietnam 39 %, la Thaïlande 27 % et la Turquie 22 %.
Les constructeurs chinois y jouent d’ailleurs un rôle déterminant : 96 % des électriques vendus au Brésil portent une marque chinoise, 88 % en Thaïlande. Certains pays développent toutefois leur propre filière. Au Vietnam, VinFast capte 98 % du marché local avec 179 000 ventes en 2025.

Les marques chinoises représentent 68 % des voitures électriques vendues dans le monde en 2025. Cette domination s’exerce aussi bien sur le territoire national qu’à l’export. D’ici 2030, la part chinoise devrait passer de 63 % à 52 % du marché global, estime l’étude de BNEF. Une baisse relative justifiée par la montée en puissance de l’électrique dans d’autres régions du monde, mais qui laisse la Chine largement en tête avec plus de la moitié des volumes mondiaux.
BloombergNEF estime que les ventes mondiales atteindront 35,4 millions d’unités en 2030. À cette échéance, seuls six marchés dépasseront la moyenne mondiale de 38 % de part électrique : la Chine (76 %), le Royaume-Uni (67 %), l’Allemagne (58 %), l’Australie (54 %), la France (51 %) et la Corée du Sud (40 %).
Les projections de BNEF montrent aussi que l’électrification ne progresse pas au même rythme selon les usages. Les bus urbains restent le segment le plus avancé : dans plus de 20 pays, plus de la moitié des ventes de bus municipaux sont déjà électriques en 2025. Cette part devrait atteindre 60 % des ventes mondiales du segment en 2030.
Les utilitaires électriques devraient eux aussi accélérer, jusqu’à représenter 34 % des ventes mondiales de vans en 2030. Les camions électriques moyens et lourds resteraient en revanche plus en retrait, avec environ 17 % des ventes mondiales à cette échéance. Quant aux véhicules autonomes partagés, ou robotaxis, ils demeurent à un stade commercial encore précoce. Mais leur usage intensif change déjà les ordres de grandeur : aux États-Unis, les véhicules de Waymo atteignaient en décembre 2025 un rythme annuel proche de 110 000 km par véhicule, bien supérieur à celui des véhicules partagés conduits par des humains.
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L’inertie du parc roulant reste considérable : en 2040, plus d’un milliard de voitures particulières émettant encore des gaz d’échappement circuleraient toujours dans le monde. Le constat vaut aussi pour les autres segments, avec plus de 80 % du parc de camions, 52 % des vans, 48 % des deux-roues et 42 % des bus qui resteraient encore équipés d’un moteur thermique à cette date.
Le défi de l’infrastructure
Cette électrification massive des transports n’est évidemment pas sans impact sur les besoins en électricité. Selon les projections de BNEF, la consommation des véhicules électriques passerait de 367 térawattheures en 2025 à 2 700 TWh en 2040. BloombergNEF chiffre les investissements réseau nécessaires à 800 milliards de dollars d’ici vingt ans.
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