Voiture autonome : cette loi qui menace les robotaxis de Tesla

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Aux États-Unis, les autorités du New Jersey s’apprêtent à autoriser les voitures sans conducteur, mais à une condition : qu’elles soient équipées de capteurs LiDAR. Problème, Tesla ne dispose pas de LiDAR…

Les LiDAR bientôt obligatoires ?

Derrière ce projet de loi local dans le New Jersey, se cache un débat beaucoup plus large sur l’avenir de la conduite autonome. Faut-il laisser les constructeurs choisir librement leur technologie, ou imposer un socle matériel commun au nom de la sécurité ? L’État du Nord-Est des États-Unis pourrait devenir l’un des premiers à répondre clairement à cette question. Et la réponse ne ferait pas vraiment les affaires de Tesla. Le texte actuellement en discussion prévoit la création d’un programme pilote de trois ans pour encadrer les essais et l’exploitation commerciale de véhicules entièrement autonomes.

Les entreprises qui souhaitent déployer des robotaxis dans l’État devront obtenir une autorisation préalable, déclarer leurs accidents et accumuler au moins 80 000 km d’essais supervisés sans incident majeur avant de retirer le conducteur de sécurité. Mais la disposition la plus sensible concerne les capteurs. Le projet de loi imposerait aux véhicules autonomes d’utiliser des caméras, et au moins deux autres types de technologies de détection. Dans les faits, cela revient à exiger la présence d’un LiDAR et d’un radar. Une approche défendue par plusieurs acteurs du secteur (Waymo ou Zoox), qui misent sur la redondance des capteurs pour mieux analyser l’environnement du véhicule.

Tesla sur la touche

Tesla défend depuis des années une philosophie radicalement différente. L’entreprise d’Elon Musk estime que des caméras associées à une IA suffisamment avancée peuvent permettre à une voiture de se déplacer seule. Tesla part du principe que les humains conduisent avec leurs yeux, donc une machine pourrait en faire autant avec des caméras.

Cette stratégie a évidemment un avantage économique… Se passer de LiDAR et de radar permet de réduire les coûts du matériel embarqué. Mais vous l’aurez compris, le New Jersey n’est pas convaincu par cette approche.

Les défenseurs du texte estiment qu’un seul type de capteur ne suffit pas encore pour gérer toutes les situations de conduite, notamment de nuit, par mauvais temps ou dans des environnements complexes. Au contraire, le LiDAR offre plus de sécurité. Il est capable de créer une représentation en 3D de ce qui entoure le véhicule. Son utilisation est particulièrement utile pour mesurer les distances et identifier les obstacles avec précision.

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Si cette loi était adoptée en l’état, elle pourrait donc exclure de facto Tesla ses robotaxis du marché local. Sauf si le constructeur acceptait de modifier son matériel. Mais cela semble tout à fait improbable. Surtout que la marque mène déjà des actions de lobbying contre le texte. En effet, Tesla affirme que la proposition ne se concentre pas sur les performances réelles de sécurité, mais impose une architecture technique qui l’écarterait du New Jersey.

Le gouvernement fédéral va devoir trancher

Rappelons au passage que les États-Unis ne disposent toujours pas d’un cadre fédéral complet pour les véhicules autonomes. Chaque État avance dans son coin. La Californie impose des autorisations et des rapports publics, tandis que le Texas se montre beaucoup plus souple. Enfin, le New Jersey pourrait choisir une voie plus interventionniste en dictant une partie du matériel nécessaire pour faire circuler des véhicules sans conducteur.

Tesla peaufine son FSD, mais…

En parallèle Tesla continue de préparer l’écosystème autour de son FSD et de ses futurs robotaxis. Selon un morceau de code repéré dans la dernière mise à jour de son application iOS, la marque travaillerait sur une fonctionnalité capable de vérifier l’identité du conducteur grâce à la caméra présente dans l’habitacle avant d’autoriser l’activation du logiciel Full Self-Driving. Si le système ne reconnaît pas un profil autorisé, il pourrait bloquer l’accès à la fonction. Jusqu’ici, la caméra intérieure de Tesla servait surtout à surveiller l’attention du conducteur… Une vérification d’identité aurait une toute autre vocation. Et cela pourrait susciter des inquiétudes.

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Une telle fonctionnalité permettrait notamment de contrôler qui peut activer une fonction payante (dans le cadre d’un abonnement FSD, d’une flotte, d’un véhicule de location ou d’un futur service de robotaxis). Mais là encore, la question du matériel revient au premier plan. La caméra d’habitacle des Tesla reste un capteur classique. Ce n’est pas un système biométrique avancé avec cartographie de profondeur… Bref, avec cette stratégie 100 % caméra, la marque risque à terme de se retrouver dans une impasse. À moins qu’elle ne prouve à tout le monde que c’est elle qui avait raison. Ce qui n’est pas à exclure.

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