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Zoox présente une version retouchée de son robotaxi autonome avant d’entamer la production en série à Hayward en Californie. Palette de couleurs apaisante, sièges rembourrés et communication vocale améliorée : le véhicule sans volant se prépare à conquérir de nouvelles villes.
Depuis 2014, Zoox a fait un pari audacieux qui semble de plus en plus pertinent : partir d’une feuille blanche pour concevoir un taxi autonome, plutôt que de bricoler une voiture classique en retirant le volant. Résultat : un véhicule symétrique, sans volant ni pédales, avec des sièges en vis-à-vis façon carrosse du XVIIIe siècle réinventé. Après un demi-million de trajets effectués et une présence croissante à Las Vegas, la filiale d’Amazon dévoile les évolutions de son robotaxi avant la montée en cadence de production. Et cette approche « from scratch » pourrait bien être la seule qui tienne la route pour imaginer le véhicule de demain.
Imaginez : vous montez dans une cabine où personne ne fait face à la route. Vos genoux touchent presque ceux d’un inconnu assis en face, comme dans un compartiment de train. Sauf que là, pas de fenêtre avant avec un conducteur, juste quatre sièges qui se font face et un sentiment légèrement troublant que tout repose sur des capteurs invisibles. Zoox a compris que cette configuration inédite nécessite un environnement rassurant. Exit les couleurs vives qui hurlent « regardez notre tech ! », place à des sièges vert aloe monochrome et un revêtement gris pierre. L’objectif ? Créer un environnement « calme » qui « ne demande pas l’attention du passager », selon le constructeur.
Traduisez : vous détendre assez pour ne pas fixer nerveusement l’écran tactile en vous demandant si l’IA a bien vu ce piéton. Cette sobriété chromatique a aussi un avantage prosaïque : faciliter la détection des objets oubliés — téléphones, sacs — sur le plancher désormais équipé de rainures antidérapantes ou sur le pad de recharge sans fil. Les sièges gagnent en rembourrage (parce qu’un trajet sans volant ne dispense pas des nids-de-poule), l’écran devient plus vif, et les porte-gobelets s’élargissent pour éviter qu’un virage autonome mais brusque ne transforme votre café en projectile.
Chris Stoffel, directeur du design industriel chez Zoox, résume la philosophie : « La simplicité du design intérieur n’exige pas l’attention du passager comme tant de fonctionnalités dans les voitures d’aujourd’hui. Les passagers peuvent se détendre et profiter de l’espace pendant qu’ils sont transportés à travers la ville. » C’est joli sur le papier. Dans les faits, on parie que les premiers passagers passeront quand même la moitié du trajet à surveiller l’écran et l’autre moitié à raconter leur expérience sur les réseaux sociaux. Mais l’intention est louable : dans un monde où Tesla et Xpeng préparent aussi leurs robotaxis, Zoox veut se différencier par l’expérience à bord plutôt que par une surenchère technologique visible. Le pari : faire oublier l’absence de volant en soignant chaque détail, du revêtement antitache à la luminosité de l’écran.
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Vu de l’extérieur, le robotaxi semble inchangé. Pourtant, Zoox a retravaillé les réflecteurs bidirectionnels (ils changent de couleur pour distinguer l’avant de l’arrière) et les a repositionnés pour une meilleure visibilité. Surtout, le système audio embarqué dans les portes passe en bidirectionnel : les passagers, le support Zoox et même les services d’urgence peuvent désormais communiquer avec le véhicule. Une évolution discrète mais essentielle dans un contexte où le Tesla Cybercab défraye la chronique pour ses promesses de simplicité extrême. Chez Zoox, on préfère ajouter des micros plutôt que de tout miser sur l’interface tactile. Un choix pragmatique qui reflète une vision différente : le robotaxi n’est pas qu’un gadget technologique, c’est un service de transport qui doit fonctionner dans le monde réel, avec ses imprévus.
L’usine de Hayward, en Californie, s’apprête à produire jusqu’à 100 véhicules par semaine pour alimenter le déploiement prévu cette année à Las Vegas et dans d’autres villes américaines, sous réserve d’approbation réglementaire. Avec un demi-million de trajets au compteur, Zoox dispose d’un retour d’expérience rare dans l’univers encore balbutiant des robotaxis. Mais attention au triomphalisme : passer de quelques dizaines de prototypes à une flotte commerciale de plusieurs milliers d’unités représente un saut technologique et logistique considérable. La promesse d’une mobilité autonome accessible à grande échelle est séduisante, mais les autorités et surtout les usagers auront le dernier mot.
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