Grands trajets et recharge électrique, une France à deux vitesses ?

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Recharge électrique
Recharge électrique

Les voyages en voiture électrique sont faciles sur les grands axes, un peu moins sur le réseau secondaire. Photographie d’une France de la recharge à deux vitesses.

Pour les électromobilistes, les grandes vacances sont souvent synonymes de grand test. Alors qu’en France, l’infrastructure de recharge continue à se déployer rapidement, et que l’on a tendance à penser que les soucis liés à la recharge ne sont plus que de mauvais souvenirs appartenant désormais à la préhistoire, quelques mauvaises expériences viennent à point nous rappeler qu’il reste encore un peu de chemin à parcourir pour voyager sereinement partout au volant d’une voiture électrique.

J’ai pu moi-même expérimenter quelques moments chauds à l’occasion de plusieurs roadtrips estivaux dans des contrées éloignées des grands axes routiers, qui m’ont sèchement rappelé à une réalité : non, rouler en électrique en France en 2026 n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Et non, dans certains cas, ce n’est pas devenu aussi simple qu’en thermique. Toujours pas. Ou pas toujours.

Pire, on a l’impression assez déconcertante qu’une France à deux vitesses est en train de se dessiner sous nos yeux en matière d’infrastructures liées à la recharge, qu’elle soit publique ou privée. En effet, si voyager en électrique sur autoroute ne pose plus aucun problème, en dehors de quelques journées particulièrement chargées lors des grandes migrations estivales, prendre les chemins de traverse représente un autre type de défi. Comme si le mirage du haut débit autoroutier nous faisait perdre de vue un certain sentiment d’abandon des infrastructures rurales.

Autoroute : question réglée

Sur autoroute, on sait désormais que cent pour cent des aires de service — et même maintenant quelques aires de repos — sont dotées de stations de recharge à haut débit permettant de récupérer en trente minutes en moyenne (voire moins selon le véhicule) de quoi rouler trois heures supplémentaires. La disponibilité des bornes est optimale et leur nombre suffisant la plupart du temps, à quelques exceptions près. Une sécurité qui permet même aux plus aguerris de ne plus activer leur planificateur d’itinéraire et de voyager comme en thermique, en faisant une halte recharge lorsque la jauge est descendue au minimum, comme on fait un plein d’essence.

Cela prend un peu plus de temps mais offre l’avantage de pouvoir faire autre chose pendant la charge, comme prendre un café, déjeuner ou jouer avec ses enfants pour détendre tout le monde. C’est la recharge en temps masqué. Une halte qui n’est d’ailleurs pas vraiment exclusive aux électromobilistes puisque l’on sait que la Sécurité Routière conseille de faire un arrêt toutes les deux heures, et que la durée moyenne d’une pause autoroutière se situe entre 20 et 25 minutes, quel que soit le moyen de locomotion (voiture, bus, moto, camion) et l’énergie utilisée (électrique ou thermique).

Sur le réseau secondaire, autrement dit sur route départementale et même nationale, c’est une autre mayonnaise. L’infrastructure de recharge (ne parlons même pas de réseau) est encore trop parsemée et peu fiable, ce qui peut mener à une expérience de voyage assez chaotique, stressante, voire désastreuse. Alors certes, les initiés savent qu’avec un peu d’expérience et d’habitude on peut très bien s’accommoder de ces fameuses « petites bornes » que l’on trouve sur les places de village, mais il demeure des failles et des incertitudes qui ne sont plus vraiment admissibles en 2026.

Tout d’abord sur la puissance délivrée par ces bornes, qui, pour la plupart, se situe entre 11 et 22 kW, avec un débit réel souvent moindre. Résultat, si l’on prend une puissance moyenne de 10 kW, il faudra au moins une heure et demie à deux heures pour récupérer de quoi faire… 100 kilomètres. Bien sûr c’est mieux que rien, mais s’arrêter pendant deux heures tous les 100 kilomètres risque de lasser assez rapidement le plus convaincu des électromobilistes. Sans parler de sa famille ou de celles et ceux qui voyagent avec lui.

Lenteur et pannes, les plaies du réseau secondaire

Ça, c’est quand il n’y a pas de problème. Car des problèmes il y en a malheureusement assez souvent : borne en panne, procédure de recharge compliquée, frais d’occupation de la borne à la fin de la charge même en pleine nuit, ce qui vous oblige à mettre votre réveil à deux heures du matin pour aller déplacer en pyjama de travers votre carrosse, places squattées par des abrutis en thermique (oui cela arrive encore, j’y ai eu droit hier), et bien sûr le nouveau fléau des câbles sectionnés pour le compte de mafias du cuivre. Admettez que cela fait beaucoup pour le voyageur moyen…

Voilà pour les problèmes les plus visibles, et les plus connus. Mais la recharge électrique réserve aussi parfois d’autres surprises plus… exotiques et encore plus inattendues : les bonnes blagues qui nous sont offertes par les applications de navigation comme, au hasard, Google Maps. J’en ai encore fait les frais — et ce n’était pas la première fois — il y a quelques jours avec une station de recharge haut débit que j’avais saisie comme destination, avec les options Éviter les péages et Éviter les voies rapides, ce qui signifie normalement que je ne souhaitais pas prendre l’autoroute. J’arrive donc à la station de recharge par une bucolique départementale, pour constater une fois sur place que celle-ci est… sur une aire de service autoroutière. Le plus savoureux dans l’histoire étant que Google Maps m’indique bien l’accès aux bornes via l’entrée de service de la station, évidemment barricadée derrière l’imposante enceinte séparant la route de l’autoroute.

Comme souvent dans ce cas de figure, un petit détour par le Superchargeur Tesla (très occupé en ce week-end d’août) situé à dix kilomètres de là aura réglé le problème en quelques minutes. Alors bon d’accord, si l’on prend la peine de regarder son écran Maps en détail, on peut voir cette mention « Cet itinéraire comprend des voies privées ou des zones de circulation restreintes » mais cela ne dit à aucun moment que cette foutue station est en fait une aire autoroutière. Méfiance donc quand vous planifiez une recharge via une application de navigation. Fiez-vous plutôt à celle de votre voiture, ou à une app spécialisée comme ABRP ou Chargemap.

La solution est au final assez triviale, et rappelle une pratique déjà connue des voyageurs qui se rabattent sur un McDo quand tous les restaurants ruraux sont fermés ou ne servent plus après une certaine heure : se rapprocher d’une zone d’activité périphérique hors autoroute dans laquelle on trouve généralement toutes les grandes enseignes d’opérateurs de recharge, avec du haut débit et une bonne disponibilité.

C’est ainsi qu’après avoir galéré pendant quelques dizaines de kilomètres en ruralité vous vous retrouverez finalement dans une de ces superbes zones commerciales à brancher votre monture sur un Electra ou un Powerdot salvateur sis sur le parking ô combien enchanteur du Leclerc local. Mais si c’est à ce prix que vous pourrez continuer votre périple campagnard, alors soit, chargeons à haut débit dans la joie et la bonne humeur entre un Action et un Grand Frais avant de retourner très vite sur la départementale que l’on n’aurait jamais voulu quitter.

Enfin, dans ce portrait à charge de la France qui recharge, il reste une autre difficulté à laquelle les acteurs concernés devront s’attaquer rapidement, celle de la charge à destination dans les lieux de séjour, et plus particulièrement les campings et autres resorts. Un sujet que nous avons évoqué dans le détail cette semaine, et qui reste brûlant si l’on se fie au nombre de réactions que notre article a suscitées. D’autant plus brûlant que le secteur est en pleine mutation, connaissant une nouvelle croissance portée par des investissements massifs, et dont les bailleurs et gestionnaires feraient mieux de se soucier rapidement de la clientèle des électromobilistes.

Alors oui on peut se déplacer sans problème en voiture électrique en France et à peu près partout en Europe occidentale… sur les grands axes. Le prochain enjeu concerne plus que jamais le réseau secondaire, où les points d’amélioration sont nombreux… et urgents !

EDIT du 18/08/2026 – 18h30

Dans mes notes de voyageur électrique pour cet article, j’ai omis de mentionner un autre point de friction important, vécu à plusieurs reprises ces derniers jours (et lors d’autres périples) : l’absence fréquente de bornes de recharge sur les parkings (parfois obligatoires) de sites et de cités touristiques. Pour des raisons de protection de leur patrimoine, certains villages à forte fréquentation touristique ont construit des parkings à l’extérieur de leur site, où il est obligatoire de stationner, les accès au centre étant exclusivement piétonniers. Des parkings où le stationnement est parfois assez coûteux. Or, peu d’entre eux ont eu la bonne idée d’y installer des bornes, alors que leur implantation apparait tellement comme une évidence pratique, logistique et commerciale, idéale pour recharger tranquillement en temps masqué pendant une visite…

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Rochainil y a 23 jours

Vous serez surpris de constater que tous les messages relatant des expériences catastrophiques n'avaient de raison d'être que parce qu'ils rapportait des faits très exceptionnels. En trois ans de VE, après 9 ans de PHEV, et 52 de fumantes et pétaradantes, si je devais rapporter les cas où cela s'est mal passé avec une recharge de VE, je me rends compte que je n'aurais rien à ,dire. Mais si vous voulez des aventures, j'en ai un plein sac avec mes 50 premieres années d'automobiliste, quand les pompes étaient tenues par le garagiste du village qui fermait la boutique à 19h et n'était pas ouvert le WE.... quand en semaine, il ne fermait pas entre midi et 14 heures. D'accord, à l'époque le pompiste vous servait, vous n'ériez pas obligés de vous mettre de la gazoline plein les mains, mais il fallait être là au bon moment et surtout savoir qu'il y avait une pompe dans le patelin qui vous voyait passer pour la première fois. Ben oui, les cartes Michelins ne signalaient pas les pompes, ni le carburant disponible, et dans les contrées reculées, c'était surtout des tracteurs qui émergeaient un peu partout et justifiaient la pompe à mazout, les boucheries chevalines ouvraient leur porte, l'agriculture avait trouvé leur remplaçants. Mais les voitures des particuliers s'accordaient mal avec autre chose que l'essence raffinée, les diesel c'était pour les camions à cette époque. Ca me fait rire quand on me parle de difficulté de charge avec les VE.

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Sasil y a 23 jours

Je pars en vacances dans une zone rurale de montagne, le plateau ardéchois, vers les sources de la Loire. Les petits villages sont bien équipés en bornes AC 22 kW, ça tombe bien, mon véhicule accepte cette puissance. Et bien ce n'est pas du tout gênant, au contraire, un tour au marché, et je charge en temps masqué. Une visite touristique, idem. Un bon petit resto, pareil. Donc pour de petits déplacements pendant les vacances, ces bornes sont le top. Et pour tracer sur de longues distances, on s'arrête dans les petites villes ou on trouve du DC à haute puissance.
Comme le dit le titre de l'article, il s'agit bien de recharge à deux vitesses, pour aller à destination, on veut du rapide, DC obligatoire, une fois sur place, la charge dite accélérée suffit largement. De toute façon, les petites communes n'ont pas les moyens de se payer des bornes rapides DC, surtout si en plus c'est pour que les gens ne s'arrêtent pas pour visiter ou consommer, ce que m'a confirmé un maire d'une de ces communes.

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Yo2Tremil y a 23 jours

Actuellement en vacances en camping (Mobil-home) près de Sarlat, je me rend compte que c'est la misère pour la recharge dans ce coin.
Cela doit fonctionner pour les locaux en période creuse mais là en Août. C'est très difficile de charger.
En gros, y'a deux bornes rapides fonctionnelles à Sarlat au Mc Do, 4 bornes e-totem qui fonctionne pas où mal à 30m de celle du Mc Do, un Lidl plus loins avec des bornes HS.
J'ai essayé également à Montignac à côté de Lacaux les Powerdot environ 6 bornes de 100 à 150kW vu le monde ça chargeais seulement à 20kW pour tous.
Je suis donc à 6h00 du matin au Mc Do pour charger car sinon les bornes sont prises d'assaut. Je vais probablement charger à 100% pour ne pas avoir à refaire ça.
Franchement, j'essayais activement de convaincre mes proches de passer à l'électrique. Aujourd'hui, je vais modérer mes propos auprès d'eux. Il y a énormément d'avantages mais si c'est pour passer des vacances aussi galère ce n'est pas la peine.
Dans le camping, où je suis interdit de charger au Mobil-home et aucune borne à disposition. Un camping plus loin propose des bornes mais c'est 0,71cts/kW !
Je me rend compte également que finalement une grosse batterie c'est peut-être plus utile qu'une charge très rapide et bien sûr mieux vaut une bonne efficience ce qui n'est pas le cas de mon Id Buzz vu son profil.

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