Essai : l'Audi Q4 e-tron restylé au même prix que le Renault Scénic électrique ! Oui, mais...

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Audi ne pouvait pas se rater avec le restylage de son Q4 e-tron. Troisième véhicule le plus vendu pour la marque allemande, ce SUV électrique occupe une place centrale au sein du catalogue français. Pas de véritable changement à l’extérieur, mais il y a du nouveau à l’intérieur. Les deux atouts principaux de ce Q4 e-tron restylé sont certainement son prix et son éligibilité à l’éco-score.

Une mise à jour à fort enjeu

Cinq ans après son lancement, l’Audi Q4 e-tron s’est imposé comme l’un des piliers de la marque aux anneaux. En France, il occupe même une place stratégique. Il permet au constructeur d’accélérer sur l’électrique, après avoir longtemps été en retrait par rapport à la moyenne du marché. La part des voitures électriques dans les ventes d’Audi est passée de 12 % en 2024 à 31 % en 2026, contre 27,8 % pour la moyenne française. Le Q4 e-tron est aujourd’hui la troisième meilleure vente d’Audi dans l’Hexagone. Ce restylage arrive donc à un moment important. Audi doit rassurer ses clients historiques, séduire les entreprises et rester dans la course face à une concurrence de plus en plus agressive.

Et pour y parvenir, la marque a choisi une stratégie assez claire : ne pas bouleverser le design extérieur, mais revoir en profondeur ce qui compte au quotidien : l’habitacle.

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Un extérieur retouché avec prudence

À l’extérieur, Audi n’a pas cherché à transformer son SUV électrique. Toujours disponible en SUV ou Sportback, le Q4 e-tron conserve sa silhouette, ses proportions et son positionnement. Les évolutions se concentrent sur quelques détails : une nouvelle calandre avec inserts, un diffuseur arrière redessiné, des boucliers plus expressifs et des éléments aérodynamiques retravaillés. Le résultat donne un véhicule un peu plus affirmé, sans tomber dans l’excès. Ce choix est plutôt cohérent. Le design du premier Q4 e-tron n’a pas vraiment vieilli et Audi n’avait pas intérêt à brusquer sa clientèle.

La marque introduit aussi de nouvelles teintes, notamment le Vert Sauge, déjà vu sur le nouveau Q3, ainsi que le gris Tambora et le bleu Plasma. Sur les routes normandes, ces couleurs changent agréablement des traditionnels gris, noir et blanc que l’on associe souvent aux SUV premium allemands. Le Q4 e-tron mesure 4,6 m de long, avec un empattement de 2,76 m. À bord, l’espace disponible est très généreux. Étonnament, le coffre annonce 515 litres sur la version SUV et même 527 litres sur le Sportback. Banquette rabattue, le volume grimpe jusqu’à 1 487 litres sur le SUV et 1 460 litres sur le Sportback. Pour un modèle de ce gabarit, c’est très correct.

Un habitacle revu

C’est à l’intérieur que le Q4 e-tron évolue le plus. Et c’est aussi là qu’il corrige l’un des principaux reproches faits à la première génération. Le précédent modèle donnait parfois l’impression d’être un Volkswagen ID.4 badgé Audi.

Cette fois, l’ambiance est plus convaincante. Les matériaux sont mieux choisis, les contre-portes gagnent des surpiqûres, la console centrale a été repensée et certaines surfaces paraissent moins fragiles qu’auparavant. Audi a aussi ajouté de nouveaux rangements pour atteindre un total de 24 litres dans l’habitacle. Ce n’est pas spectaculaire, mais cela participe à rendre la voiture plus pratique au quotidien.

Une vraie montée en gamme numérique

La plus grande nouveauté vient de la planche de bord. Le Q4 e-tron reçoit désormais un grand écran panoramique incurvé, composé d’une instrumentation numérique de 11,9 pouces et d’un écran tactile central de 12,8 pouces. En option, le passager peut même bénéficier de son propre écran de 12 pouces, le plus grand jamais proposé dans une Audi. Ce dernier dispose d’un mode sombre pour ne pas distraire le conducteur.

Le système repose dorénavant sur Android Automotive OS et intègre l’Audi Assistant avec ChatGPT. Mais pour quoi faire, me direz-vous ? C’est assez simple : lorsque l’assistant vocal classique atteint ses limites, ChatGPT prend le relais pour répondre de manière plus naturelle à certaines demandes. À voir à l’usage ce que cela donne…

Des équipements enfin au niveau

Le Q4 e-tron restylé profite aussi de plusieurs équipements modernes attendus sur ce type de véhicule : clé numérique, stationnement mémorisé capable de reproduire certaines manœuvres, une marche arrière assistée ou encore le Remote Park Assist, qui permet de déplacer la voiture sans être à bord. C’est pratique dans un garage étroit ou lorsque les portes sont difficiles à ouvrir. La recharge gagne également en simplicité avec le Plug & Charge. Sur les bornes compatibles, la voiture s’identifie automatiquement une fois branchée, lance la session et gère la facturation. Les futurs clients vont apprécier !

Du V2L/V2H, mais pas de V2G…

Le Q4 e-tron devient le premier modèle électrique Audi à proposer le V2L (Vehicle-to-Load) et le V2H (Vehicle-to-Home). Des fonctionnalités très utiles qui permettent de recharger un vélo électrique, de brancher une glacière, ou d’alimenter machine à café lors d’un déplacement. Voire de transférer l’énergie stockée dans la batterie vers le domicile afin de l’utiliser comme source d’alimentation de secours pour le cas du V2H. Mais il faut le dire, Audi arrive après la bataille sur ce sujet. Des marques comme Renault, Hyundai ou Kia ont déjà démocratisé ce genre d’usage sur leurs modèles électriques.

On regrette également que le Q4 e-tron ne soit pas V2G compatible… Le Vehicle-to-Grid, cette fonctionnalité qui permet d’alimenter le réseau électrique et d’être rémunéré en conséquence, fera bientôt partie des arguments phares en faveur de l’électrique.

Plus efficient, sans changer d’architecture

Techniquement, le Q4 e-tron reste basé sur une architecture 400 volts. Il ne bascule donc pas dans le monde du 800 volts, comme le fait par exemple l’Audi Q6 e-tron sur une autre plateforme. Mais Audi a revu plusieurs éléments importants, à commencer par l’intégration d’un nouveau moteur : l’APP350, déjà connu dans l’univers du groupe Volkswagen. La gamme française repose sur deux batteries NMC.

La première affiche 63 kWh bruts (59 kWh nets), et permet jusqu’à 442 km d’autonomie selon la version. La seconde monte à 82 kWh bruts (77 kWh nets), avec jusqu’à 580 km annoncés sur le Q4 Sportback e-tron performance. Audi revendique une autonomie en hausse de 6 %, une consommation en baisse dans les mêmes proportions et une efficience globale améliorée d’environ 10 % par rapport à l’ancien modèle.

  • Batterie de 63 kWh : jusqu’à 442 km d’autonomie
  • Batterie de 82 kWh : jusqu’à 580 km d’autonomie

Côté aéro, on a également un Cx en progression. Il passe de 0,28 à 0,27 sur la version SUV. Et même à 0,26 sur le Sportback.

Trois motorisations au programme

La gamme se compose de trois niveaux de puissance. Le Q4 e-tron d’entrée de gamme développe 204 ch en propulsion. Le Q4 e-tron Performance grimpe à 286 ch, toujours en propulsion. Enfin, le Q4 e-tron quattro performance ajoute un moteur à l’avant pour atteindre 340 ch et bénéficier d’une transmission intégrale. De notre côté, nous avons testé le 286 ch, et autant dire que c’est largement suffisant sur ce genre de véhicule.

  • Audi Q4 e-tron : 204 ch
  • Audi Q4 e-tron performance : 286 ch
  • Audi Q4 e-tron quattro performance : 340 ch

Vitesse de recharge ? On s’attendait à mieux

Côté recharge rapide, le Q4 e-tron ne progresse que très légèrement. La puissance maximale atteint désormais 185 kW avec la grosse batterie, contre 175 kW auparavant. Audi annonce un passage de 10 à 80 % en 27 minutes, soit seulement une petite minute de moins qu’avant. Ces chiffres sont corrects, mais vraiment pas exceptionnels. Certains concurrents font beaucoup mieux. On pense notamment au Xpeng G6 et son architecture 800 volts qui offre une puissance de charge en pic de 451 kW et un 10-80 % de recharge en 12 minutes. Même chose avec les équivalents Mercedes et BMW électriques.

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  • Vitesse de recharge en pic : 185 kW
  • 10-80 % de charge : 27 minutes

Sur la route : agréable et sobre

Notre essai s’est déroulé en Normandie, entre Deauville et la Suisse normande. Nous avons notamment réalisé une boucle de 164 km qui mélangeait routes secondaires, autoroute, virages, relances et relief. Pas exactement le terrain le plus favorable à une consommation minimale. Pourtant, le Q4 e-tron s’en est très bien sorti, avec une moyenne relevée autour de 16 kWh/100 km. C’est l’une des bonnes surprises de l’essai et cela confirme que les évolutions apportées à la chaîne de traction ne sont pas seulement théoriques. Cela ne veut pas dire qu’il tiendra systématiquement ses meilleurs chiffres WLTP, mais il donne le sentiment d’être bien né sur le plan de l’efficience.

  • Consommation mixte WLTP : entre 15,6 et 16,9 kWh/100 km

Un comportement sain et rassurant

Très bonnes sensations au volant également. La direction est précise, le train avant se place correctement et la voiture reste bien posée dans les courbes. Le poids se fait parfois sentir, comme souvent sur les SUV électriques, mais il ne vient pas gâcher l’agrément général. Le rayon de braquage constitue aussi un vrai point fort. En ville ou lors des manœuvres, le Q4 e-tron se montre étonnamment facile à manier.

Audi a par ailleurs revu les modes de récupération d’énergie. Le conducteur peut désormais choisir une gestion automatique, qui adapte la décélération à la route et au trafic, ou une gestion manuelle avec différents niveaux via les palettes au volant. Un mode de conduite one-pedal fait aussi son apparition, avec une décélération beaucoup plus marquée. Voilà qui permet de mieux doser sa conduite, notamment sur les routes vallonnées de la Suisse normande. Là encore, le Q4 e-tron se met au niveau de ce que l’on attend aujourd’hui.

Un prix d’appel stratégique

Enfin, la surprise vient du tarif. En effet, le nouvel Audi Q4 e-tron débute à 45 990 € en France avec la batterie de 63 kWh (capacité brute). C’est un peu moins cher qu’avant. Il se positionne dans une zone de prix où l’on ne s’attend pas forcément à retrouver un SUV électrique premium. Un positionnement prix mûrement réfléchi. Les équipes françaises nous confient même que le sujet a fait l’objet d’âpres discussions avec la maison mère allemande. Proposé sous les 47 000 €, il peut prétendre au bonus. Surtout que, comme le Q6 e-tron, le Q4 e-tron restylé sera très bientôt éligible à l’éco-score ADEME.

Ce label évalue l’empreinte carbone des étapes qui précèdent la mise en circulation : extraction des matières premières, production de la batterie, assemblage du véhicule et transport jusqu’au point de vente. Pour le Q4 e-tron, la production à Ingolstadt a évidemment joué. Pour les particuliers, cela ouvre aussi la voie à la prime « Coup de pouce », dont le montant est compris entre 3 450 et 5 170 euros selon les revenus du ménage. Pour les professionnels, l’intérêt est également de taille. L’obtention du score environnemental permet au SUV électrique de profiter d’un abattement de 70 % (plafonné à 4 582 €) sur le calcul de l’avantage en nature, contre 50 % auparavant. Sans éco-score, retour au régime classique, le même que pour les thermiques et hybrides.

Au même prix qu’un Renault Scénic, mais…

Un positionnement très séduisant, mais à nuancer. Dans sa version avec la petite batterie, le Q4 e-tron démarre à 45 990 euros. Il est ici plus cher que le Renault Scénic électrique, qui démarre lui à 39 990 euros avec sa batterie de 60 kWh. Mais on peut en revanche comparer les deux modèles dans leurs versions « grande autonomie ». Avec la grosse batterie (82 kWh) le Q4 e-tron s’affiche à 46 990 euros (un positionnement qui interroge d’ailleurs… Qui va préférer la petite batterie avec si peu d’écart de prix entre les deux options de batterie?). En 87 kWh, le Scénic électrique est lui aussi à 46 990 euros.

Si on compare les Q4 e-tron 82 kWh et Renault Scénic 87 kWh, on a donc deux véhicules exactement au même prix. Le Q4 e-tron restylé offre jusqu’à 580 km d’autonomie, tandis que le SUV français grimpe à 625 km… C’est mieux ! Côté consommation, on est à 15,6 kWh/100 km sur l’Allemand, contre 16,8 kWh/100 km pour le Français. Enfin, la vitesse de recharge est quasiment équivalente : 185 kW pour le Q4 et 175 kW pour le Scénic. À prestations quasiment équivalentes, les acheteurs devront donc faire un choix : celui du premium allemand avec le Q4, ou du made in France avec le Scénic.

Attention en revanche, dès qu’on ajoute le moindre pack sur le Q4 e-tron, le prix grimpe et on peut vite dépasser les 60 000 €… Voire beaucoup plus ! Notre version d’essai (Q4 e-tron performance S line) s’approche par exemple des 85 000 euros. Mais cela n’empêche pas de profiter de la prime « Coup de pouce », étant donné que c’est le prix de base qui compte… La finition S line a par exemple été transformée en pack optionnel. La marque assure ainsi l’éligibilité de l’ensemble de la gamme Q4 e-tron au bonus. Malin !

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Pari réussi ?

Bref, Audi avait besoin de remettre son Q4 e-tron dans le match et le pari semble réussi. Le SUV allemand est plus sobre, plus agréable et surtout bien placé financièrement. Il ne révolutionne pas le segment, mais il ne serait pas étonnant de la voir entrer dans le Top 10 des ventes sur le tout-électrique en France dans les prochains mois.

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