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La DS Numéro 8 vient jouer dans le segment des grandes berlines où trône la Volvo ES90. On compare les deux philosophies.
On ne peut pas vraiment dire que la branche haut de gamme du groupe Stellantis a su pérenniser l’esprit de la DS de Flaminio Bertoni. À l’exception de la DS 9, discutable expression en série du Numéro 9 Concept, aucune grande berline n’a vu le jour pour évoquer l’héritage des grandes Citroën. C’est désormais chose faite, ou presque, avec la Numéro 8. Mais comme toutes les modernes, celle routière joue inutilement les surélevées, et ce sans recourir à la position haute de feue la suspension hydropneumatique. Voilà une trajectoire que suit aussi la Volvo ES90, permettant à la firme suédoise de renouer avec le segment des routières. On compare ces deux berlines premium au profil perturbant.
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Comparatif vidéo – BMW i5 Touring vs Audi A6 Avant e-tron : quel est le meilleur break électrique de luxe ?D’une longueur de 4,82 m, la DS Numéro 8 repose sur la nouvelle plateforme STLA Medium, une lointaine cousine de la plateforme EMP2 qui sert aussi de base au Peugeot e-3008. Deux versions traction sont proposées au catalogue, dont une déclinaison Long Range équipée d’une batterie ACC 400 V de 97,2 kWh de capacité utile (sur le papier) et d’une machine avant pouvant délivrer un maximum de 180 kW (245 ch). L’autonomie WLTP de cette version est donnée pour 750 km (15,9 kWh/100 km).
| Batterie utile | Puissance | Puissance nette (P.2) | Poids (case G1) | Autonomie WLTP | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 97,2 kWh | 245 ch / 343 Nm | 143 ch | 2 180 kg | 750 km |
| Volvo ES90 Single | 88 kWh | 333 ch / 480 Nm | 190 ch | 2 335 kg | 638 km |
En face, la Volvo ES90 fait une tête de plus et monte à une longueur de 5,0 m. Elle est fabriquée sur une base technique dédiée baptisée SPA2. Trois motorisations sont aussi proposées au catalogue, mais la version monomoteur est uniquement associée à une batterie 800 V de 88 kWh de capacité utile (102 kWh pour les bimoteurs). Elle alimente une machine arrière de 245 kW (333 ch) et promet une autonomie de 638 km pour ce modèle d’essai (16,3 kWh/100 km).


Plus légère de 155 kg mais aussi moins puissante, la DS affiche un ratio de 9,3 kg/ch, contre 7,3 kg/ch pour la Volvo. Cette dernière prend logiquement l’avantage en matière de performances avec un 0-100 km/h en 6,5 s contre 8,0 s pour la Française. En matière de reprises de 80 à 120 km/h, les deux sont en revanche plus proches avec 4,1 s pour la Suédoise et 4,3 s pour la Française.
| 0-100 km/h | 80-120 km/h | 400 m D.A | 80-120 km/h K.D | Vitesse max. | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 8,0 s | 4,1 s | 15,9 s | 4,3 s | 190 km/h |
| Volvo ES90 Single | 6,5 s | 3,7 s | 14,7 s | 4,1 s | 180 km/h |
Le système de freinage de la Numéro 8 est composé de disques ventilés de 365 mm à l’avant et de 356 mm à l’arrière. On retrouve des disques de 366 mm à l’avant et de 360 mm à l’arrière au sein de la Volvo. En situation de freinage d’urgence, les deux voitures sont très proches, avec 61 m pour la Numéro 8 et 60 m pour l’ES90.
En matière de freinage régénératif, la DS propose trois modes accessibles depuis les palettes au volant et une fonction One-Pedal. La Volvo ES90 joue la carte de la simplicité : deux modes sont proposés, avec une roue libre et un One-Pedal. Avantage à la DS ici avec un système très puissant, qui permet d’arrêter la voiture en 106 m depuis 80 km/h, contre 129 m pour sa concurrente.
| 130-0 km/h (dissipatif) | 80-0 km/h (dissipatif) | 80-0 km/h (Regen max.) | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 61,3 m | 22,9 m | 106,1 m |
| Volvo ES90 Single | 59,9 m | 22,2 m | 129,1 m |
Sur notre parcours mixte de 100 km aller/retour, la Française a présenté une consommation de 16,1 kWh/100 km. Comme le laisse supposer sa valeur d’homologation, la Volvo ES90 dotée de jantes de 22 pouces s’est montrée plus gourmande, avec une valeur finale de 17,2 kWh/100 km. Voilà qui confère à la Numéro 8 une autonomie totale théorique de 605 km sur parcours mixte, contre 510 km pour la Volvo ES90. On note dans les deux cas un écart de 20 % entre l’autonomie mixte WLTP et celle que nous avons calculée.
| Route | Voie rapide | Ville | Total | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 16,4 / 593 km | 18,1 / 537 km | 13,9 / 699 km | 16,1 / 604 km |
| Volvo ES90 Single | 16,7 / 527 km | 20,1 / 438 km | 14,9 / 591 km | 17,2 / 512 km |
Avant d’entrer dans le détail des chiffres, rappelons que la DS Numéro 8 est créditée d’un Cx de 0,24 pour un SCx de 0,630. La Volvo ES90 promet un Cx de 0,25 pour un SCx de 0,647. Voilà qui suffit en partie à expliquer les résultats, la résistance aérodynamique étant prépondérante à haute vitesse. Sur notre parcours de 500 km entre Lyon et Paris, la première a passé la ligne d’arrivée avec un appétit moyen de 20,5 kWh/100 km, contre 22,6 kWh/100 km pour la seconde. Voilà qui se traduit par des autonomies totales théoriques de 475 et 390 km respectivement (85 km d’écart). En raison d’un décalage de sa jauge, la Numéro 8 peut parcourir 315 km de 80 à 10 % de charge, contre 275 km. L’écart réel est alors réduit de moitié, à 40 km.


Pour éviter de possibles variations venant influer sur la consommation sur une si longue distance, nous avons aussi comparé les consommations à des vitesses rigoureusement fixes avec le système de climatisation éteint. À 90 km/h, on note un écart de 1,6 kWh/100 km entre les deux berlines (13,5 kWh/100 km pour la DS, 15,1 kWh/100 km pour la Volvo). À 130 km/h, l’écart est plus important (1,9 kWh/100 km) avec 21,6 kWh/100 km et 23,5 kWh/100 km respectivement.
| 90 km/h | 110 km/h | 130 km/h | Long trajet | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 13,5 | 17,2 | 21,6 | 20,5 / 474 km |
| Volvo ES90 Single | 15,1 | 18,6 | 23,5 | 22,6 / 389 km |
C’est là que tout se joue. Avec sa batterie 400 V assez roturière, la DS Numéro 8 promet un pic de recharge rapide de 160 kW. Bénéficiant d’une architecture dite 800 V, la Volvo ES90 avance une puissance maximale de 300 kW. Quand tout va bien, et on insiste, la batterie ACC peut réaliser le 10-80 % en 33 minutes à une puissance moyenne de 120 kW. Celle de la Volvo demande 22 minutes, avec une moyenne de 178 kW.
Mais rappelons ici que le 10-80 % de la DS Numéro 8 ne correspond pas à 70 % de la capacité totale annoncée en raison d’un mauvais calibrage de la jauge. Pour ingurgiter cette capacité, il faut pousser la recharge à 87 % de charge, ce qui se traduit par un exercice en 39 minutes (111 kW de moyenne). Enfin, précisons que le plein complet sur une borne de recharge rapide (10-100 %) demande 1 h 26 avec la DS et 59 minutes avec la Volvo.
| 10-80% | 10-100 % | Puiss. max. annoncée | Puiss. moy. (10-80 %) | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 33 min | 1 h 26 | 160 kW | 120 kW (111 kW réels) |
| Volvo ES90 Single | 22 min. | 59 min. | 300 kW | 178 kW |


Dès que les conditions le permettent, nous étudions les performances des systèmes de préconditionnement de la batterie et la recharge à froid. Dans les deux cas, le système peut être automatique ou manuel.
| Durée | Conso. totale | Performances | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 45 min. | 2,3 kWh (2 %) | 1,6 kWh/10 °C |
| Volvo ES90 Single | 28 min. | 2,8 kWh (3 %) | non mesuré |
Pour réchauffer sa batterie, la DS Numéro 8 a besoin de 45 minutes pour une consommation de 2,3 kWh (1,6 kWh/10 °C). En face, la Volvo ES90 n’a besoin que de 28 minutes grâce à la puissance considérable du système : on a noté une puissance d’au moins 10 kW au départ, quand la moyenne des systèmes étudiés par nos soins ne dépasse pas les 5 kW. Cela se traduit donc par une consommation plus importante de 2,8 kWh. Nous estimons le ratio final à au moins 2,1 kWh/10 °C.
Dans le cas où le conducteur n’active pas la fonction de préchauffage, le 10-80 % (affiché) est réalisé en 45 minutes avec la Numéro 8 contre 28 minutes avec l’ES90. La perte de temps est très importante avec la Française dans ces conditions. Le préconditionnement est donc une nécessité avec cette dernière pour ne pas s’éterniser sur les bornes de recharge rapide.
| Sans préco. (min./kW) | Avec préco. (min./kW) | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 45 / 87 | 33 / 120 |
| Volvo ES90 Single | 28 / 141 | 22 / 178 |


En prenant en compte la véritable autonomie calculée sur l’autoroute et les temps de recharge, la DS Numéro 8 peut reprendre 170 km en 15 minutes contre 215 km pour la Volvo ES90. En revanche, la chute de puissance dès 45 % de charge avec cette dernière permet à la DS de rattraper son retard : en une demi-heure, elle récupère 305 km d’autonomie contre 315 km.
Dans les deux cas, une seule pause recharge est nécessaire sur ce trajet exclusivement autoroutier de 500 km entre Lyon et Paris. Cependant, en raison de sa sobriété et de son autonomie dans ces conditions, la DS Numéro 8 peut pousser jusqu’à la station de recharge suivante. Ce qui lui permet par ailleurs d’écourter le ravitaillement pour atteindre la ligne d’arrivée avec un taux de charge résiduel de 20 %. Dès lors, 13 minutes de recharge rapide ont été nécessaires avec la Numéro 8, contre 14 minutes pour la Volvo.
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Essai – 4 000 km en Lucid Air Grand Touring : et si c’était elle, la meilleure voiture électrique du monde ?Au final, les deux voitures passent la ligne d’arrivée avec une minute de différence, en 4 h 37 pour la première et 4 h 38 pour la seconde. Malgré son architecture 400 V basique et les bizarreries de son BMS, la DS Numéro 8 donne une leçon à l’architecture 800 V. Saluons sa performance qui continue de nous étonner ! Cependant, il convient de tempérer notre enthousiasme : cette performance n’est possible que dans le meilleur des cas. Ce qui n’est pas toujours possible avec la DS Numéro 8 en raison du comportement erratique de cette batterie ACC, alors que la Volvo ES90 s’est révélée indéboulonnable tout au long de notre essai longue durée !
| Recharge | Trajet total | |
| DS Numéro 8 FWD LR | 13 min. | 4 h 37 |
| Volvo ES90 Single | 14 min. | 4 h 38 |
Il ne fait aucun doute que ces deux voitures préfèrent les rythmes paisibles, en distillant un niveau de confort de haute volée. À condition de ne sélectionner que les finitions haut de gamme respectives, où l’on trouve le DS Scan Suspension d’un côté et la suspension pneumatique de l’autre. Nous n’avons pu essayer que cette dernière avec la Volvo. En revanche, notre DS d’essai dotée d’une suspension classique ne s’est pas révélée aussi ouatée que le système piloté par caméra, bien que les ralentisseurs se fassent sèchement ressentir à bord. La Suédoise isole davantage les passagers avec une sensation de tapis volant marquée, et une insonorisation impeccable.


En matière acoustique, justement, les deux voitures proposent un système audio de (très) haute volée. La Française fait confiance à la société stéphanoise Focal, qui propose le système HiFi Electra 3D en option à 1 100 €. De son côté, Volvo s’associe à Bowers & Wilkins avec un dispositif exceptionnel de 25 enceintes (contre 14 au sein de la DS) et d’une puissance de 1 610 W (contre 690 W). Nous n’avons pas l’expertise acoustique, ni des outils dédiés ni même une quelconque oreille absolue. En revanche, pour les amateurs que nous sommes, le système de la Volvo se montre absolument époustouflant, avec de surcroît de nombreux réglages pour transformer l’auto en salle de concert !


Après avoir fait joujou avec le volume grâce au rouleau central dans la Volvo, observons l’habitacle. Ici, l’ambiance diffère. De son côté, la DS Numéro 8 veut en mettre plein la vue avec un poste de conduite spectaculaire, mais finalement plus classique dans sa présentation. On remarque aussi des matériaux basiques et des pièces communes à bord. La Volvo cultive l’esprit art déco d’un salon scandinave. Pas d’ostentation ici, ou d’autres pirouettes stylistiques qui en font trop, au profit d’un poste de conduite épuré. Si bien que la dalle verticale, quoique relativement grande et dotée de l’excellent système Google, perturbe ici. Mais cette philosophie entraîne des choix ergonomiques critiquables : il faut toujours passer par l’écran pour des fonctions quotidiennes comme l’ouverture de la boîte à gants ou le réglage des rétroviseurs.


Avec 20 cm d’empattement en plus, la Volvo ES90 offre une place arrière digne d’une limousine. Aucun passager ne se sentira à l’étroit, ni même dans une inconfortable position. Certes, le plancher surélevé implique de remonter un peu plus les genoux, mais les dossiers peuvent être inclinables et les assises chauffantes. Les passagers installés à l’arrière de la Numéro 8 sont moins à l’aise, avec un rayon aux genoux plus serré et moins d’attentions. La banquette se montre toutefois confortable.


Enfin, côté coffre, les deux voitures disposent d’un hayon. La Numéro 8 propose un volume de 580 l au total, en prenant en compte la malle et le sous-plancher. Son coffre est plus profond mais plus étroit entre les passages de roue. La Volvo ES90 cumule 446 l de volume (sans précision sur la norme de calcul) mais y ajoute un espace sous l’imposant capot avant de 27 l.


En version Pallas d’entrée de gamme et avec la motorisation de cet essai, la DS Numéro 8 est affichée à 63 850 € et peut monter à 77 150 € en finition haut de gamme Jules Verne. Avec ses quelques options, notre modèle d’essai approchait des 65 000 €. Chez Volvo, la mise de départ est plus élevée, à 74 400 € en finition Start. Il faut compter 86 550 € pour la version Ultra, voire près de 94 000 € pour ce modèle d’essai greffé de quelques options.

Le match apparaît serré entre ces deux autos et montre que DS se donne les moyens de réussir dans un segment particulièrement exigeant. Reste que tout n’est pas aussi simple pour la berline française. Certes correctement présentée, particulièrement confortable si elle dispose des bonnes options, et capable de donner des leçons à la crème des machines électromécaniques grâce à son efficience travaillée, la DS Numéro 8 est une sacrée surprise ! Mais le comportement erratique de la batterie ACC fait voler en éclat tout le travail des ingénieurs : courbes de recharge disparates, temps de recharge trop allongés sans préconditionnement, calibrage de la jauge qui ne permet pas d’exploiter toute la capacité de la batterie, capacité totale elle-même disponible que dans de très rares cas… Non pas que ces écueils soient pénalisants, nos mesures le prouvent bien. Surtout que rares seront les utilisateurs à s’en apercevoir, à l’exception sans doute de la recharge à froid. Mais l’étude technique mérite moins d’éloges.
En face, la Volvo ES90 montre ce que doit être une voiture premium avec une présentation plus léchée, des équipements qui répondent aux attentes de l’exigeante clientèle visée, des performances suffisantes et, surtout, une stabilité des performances électriques. De quoi rendre les voyages davantage sereins qu’ils ne le sont déjà à bord de ce cocon qui soustrait efficacement les passagers de l’environnement extérieur. Sur le papier, la Volvo ES90 Single l’emporte… mais à quel prix !
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